dimanche 11 septembre 2011

ANGE ET DEMON

Tamara et le démon
TAMARA ET LE DEMON - d'après Constantin Makovski (1889)
(inspiré du poème de Mikhaïl Youriévitch Lermontov "Le démon" conte oriental - composé entre 1838 et 1841)
X.
TAMARA.
Qui es-tu ? Tes paroles sont dangereuses ! Qui t'envoie vers moi ; le ciel ou l'enfer ? Que me veux-tu ?
LE DÉMON.
Que tu es belle !
TAMARA.
Mais parle ; qui es-tu ? Réponds ?
LE DÉMON.
Je suis celui que tu écoutais dans le calme des nuits ; celui dont la pensée parlait doucement à ton âme ; celui dont tu voyais l'image dans tes songes et dont tu devinais la tristesse avec peine. Je suis celui qui tue l'espérance dès qu'elle naît dans un cœur. Je suis celui que personne n'aime et que tout être vivant maudit. L'espace et les années ne sont rien pour moi. Je suis le fléau de mes esclaves de la terre : je suis le roi de la science et de la liberté ; je suis l'ennemi des cieux et le mal de la nature et tu vois je suis à tes pieds ! Je t'apporte une humble et douce prière d'amour, ma première souffrance ici-bas et mes premières larmes. Oh ! mais par pitié, écoute, tu pourrais avec une de tes paroles me rendre au bien et me rouvrir les cieux ; resplendissant de ton chaste amour je reparaîtrais là, comme un nouvel ange dans l'éclat nouveau ; mais écoute je t'en supplie, je suis ton esclave et je t'aime ! Dès que je t'ai vue, soudain au fond de moi-même, j'ai détesté l'immortalité et ma puissance et j'ai envié malgré moi les joies incomplètes de la terre. Ne pas vivre comme toi serait une souffrance pour moi ...
http://fr.wikisource.org/wiki/Le_D%C3%A9mon_(Lermontov)#PREMI.C3.88RE_PARTIE

CE QUE J'EN PENSE :
Lermontov situe le conte au Caucase, en Géorgie, évoque le Karabakh ...
Le bien, le mal ; le séducteur, l'innocente, la tentation et la mort ; tous les ingrédients sont réunis pour un conte où se succèdent les descriptions de lieux idylliques, enchanteurs, où tout n'est que beauté ; où l'héroïne fidèle préfère le couvent à la vie (!) mais où elle trouvera néanmoins la mort !
Je remarque quand même, que l'ange du seigneur sensé protéger son ouaille n'insiste pas beaucoup face à la fermeté satanique !
"... « Elle est à moi, dit-il [le démon] d'une voix dure ; laisse-la ; elle est à moi ; tu as paru trop tard pour la défendre, tu n'es ni mon juge ni le sien et, sur ce cœur plein d'élévation, j'ai posé mon empreinte ; ici il ne reste plus rien de ta sainteté ; ici je règne et j'aime. » L'ange alors abaissa ses yeux pleins de douleur sur la pauvre victime, et déployant lentement ses ailes, disparut dans les sphères célestes."
Et puis, c'est encore la malheureuse innocente qui paie son "erreur" au prix de sa vie ! Pour elle, tout se termine (même si elle gagne le paradis...). Tandis que, si la morale est sauve, et le méchant puni aussi, puisqu'il erre à jamais, sans espoir, dans l'univers ... :
 "... Et l'ange, jetant sur le séducteur un regard sévère, agita ses ailes avec joie et disparut au milieu des cieux purs [emportant l'âme de la pécheresse]. Et le démon vaincu, maudissant ses rêves pleins de folie, comme autrefois resta seul dans l'univers, sans espérance et sans amour !..." 
... il ne lui est pas interdit, finalement, de saisir une nouvelle opportunité, la bonne occasion, celle qui peut-être, le sauvera !


Dzovinar - pastel d'après Constantin Makovski
Ange et Démon
ils seront
quand les liens invisibles
au regard du monde
 secrètement lieront
d'un amour interdit
deux âmes
qui se ressemblent ...
L'une sublimant l'autre
elles seront
les miroirs 
d'un amour infini
qui défiera le temps
quand
deux âmes 
qui se ressemblent
vaincront les interdits

Dzovinar

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Quelques lignes signalant votre passage me feront toujours plaisirs. Si vous n'avez pas de blog, vous pouvez néanmoins poster un commentaire en cliquant sur "Anonyme" et signer de votre nom ou d'un avatar. Amicalement,
Dzovinar