samedi 30 juillet 2011

Au Monastère de Gandzasar (XIIIe s.) - Artsakh




Un paisible silence enveloppe le monastère ;
les moines qui chantaient tout à l'heure se sont tus ;
nous chuchotons, de crainte que nos voix, en ce lieu solitaire,
ne troublent l'harmonie d'un si parfait exil.
Dans le jardin, sur la pelouse verte,
humide encore d'une récente pluie,
se dresse un arbre unique : tel un guetteur fidèle
il veille sur le repos des âmes inquiètes.
On porte loin le regard, bien au-delà des murs,
sur les cimes embrumées qu'un jour pluvieux dessine.
L'esprit s'empare alors de cet ailleurs
qui s'enracine, car il est nôtre,
et vole vers ceux qui ne sont plus
si vivants dans nos coeurs,
et dont la présence, en cet instant,
cruellement, nous manque.



Dzovinar

lundi 25 juillet 2011

L'ART ARMENIEN REVELE au Musée de l'art byzantin de Thessalonique


Vidéo de l'exposition de la Collection Kalfayan en 2010
au Musée Byzantin de Thessalonique (Grèce)
Musique : Platon Andritsakis

Rares étaient ceux qui connaissaient les richesses de la collection Kalfayan, cette famille de Thessalonique au destin hors du commun. Consacrée à l’art arménien, cet ensemble unique par sa qualité est donc présenté pour la première fois au grand public.Comme beaucoup de collections, elle retrace en creux l'histoire de la famille depuis ses humbles débuts en Cappadoce (Turquie). Bien que les Kalfayan aient joué un rôle prépondérant dans leur communauté, bien qu'ils aient acquis avec le temps un patrimoine impressionnant, le coeur de la collection ne date que des années 1970. À cette époque, les achats se font plus systématiques, se focalisant sur les pièces exceptionnelles qu'il est possible de trouver dans les galeries à travers le monde. Aujourd'hui, c'est donc un pan entier de la mémoire arménienne depuis le XVIe siècle qui est mis en scène avec ses objets cultuels, ses rares céramiques Kutahya, ses manuscrits. À noter également un ensemble somptueux de porcelaines chinoises importées au XVIIIe siècle ainsi qu'une section consacrée aux textiles. Beaucoup de ces objets décoratifs démontrent combien la culture arménienne se caractérise par un raffinement surprenant.

samedi 16 juillet 2011

Souvenirs d'Artsakh

DADIK
(Pastel et feutres - Dzovinar)


Lorsque Dadik* à mon entrée posa sur moi ses yeux,
son regard intense, scrutateur,
 (- quel est ton coeur ?-)
je me sentis soudain toute petite,
 timide comme une enfant,
inquiète de son verdict
 (- mérites-tu d'être ici ?)
- Comment t'appelles-tu ? 
dit-elle brusquement 
- Dzovinar

Alors ses yeux s'éclairèrent, elle appela : Natacha, Krikor !
Elle s'appelle Dzovinar ! c'est un prénom d'ici,
elle est vraiment des nôtres ! Tout va bien !
Elle me serra sur son coeur puis me prenant le bras
m'entraîna dehors : viens, je vais te montrer le jardin.

Elle avait une canne pour la marche, mais comme
elle était leste ! Nous nous donnions la main sans savoir
qui menait l'autre. La pente était douce jusqu'à la rivière.
Elle me dit, attristée à la vue des fleurs et des plantes assoiffées :
nous n'avons pas d'eau ; il n'a pas plu.

Dadik, je t'ai aimée à l'instant même où je t'ai vue ;
au moment où je t'ai dit : ne bouge pas, je te photographie,
tu as lissé tes cheveux et t'es prêtée
avec un plaisir touchant au jeu de la coquetterie. 
J' emporte ta précieuse image et celle de tes enfants.


* Dadik : grand-mère

Dzovinar


********


Le soleil matinal d'Artsakh baignait dans sa lumière
les rochers, les buissons, les arbres de la rivière,
Trouant de disques d'or les ombres de ses rives.

Seule dans ce lieu habité par l'esprit des anciens
je m'enivrai en me glissant dans les remous de l'onde
qui généreuse m'accueillit dans sa fraicheur sombre

et je me sentis pure, innocente, lavée de tout,
humaine vivante comme au premier matin du monde
nue, enveloppée toute, dans ses bras fluides et doux.




Dzovinar

Elena, enfant d'Artsakh



Elena, enfant d'Artsakh

Elle étala sur la table
ses cahiers d'écolière ; 
les lettres de notre langue
 d'une écriture régulière
s'alignaient sagement.
Sans tache ni rature,
la page s'ornait de dessins :
fleurs, feuilles, insectes,
l'histoire de la nature
en textes illustrés
jour après jour était contée.
Son regard interrogateur
sur moi posé attendait
la critique, le compliment :
Oui, c'est très bien !
L'institutrice avait noté
 
à la fin du cahier, à la fin de l'année
à l'encre rouge
"Tu ne m'as donné, *hokis
que des satisfactions. *Abriss ! "

Emue aux larmes
je lui réclamai ses crayons
qu'elle courut chercher :
cinq ou six feutres de couleurs
qu'elle déposa avec orgueil
devant mes yeux
(oh ma mignonne, comme c'est peu
pensai-je le coeur serré)
Alors, de quelques traits,
je fis une feuille puis une fleur
ajoutai de l'ombre pour la lumière.
Attentive, quand je lui dis :
vois-tu chérie, il suffit de quelques
ombres pour tout à coup
à la fleur, à la feuille, donner vie.
Son père qui de loin suivait
nos conciliabules ajouta :
- écoute bien ma fille.
Une lueur dans son regard anxieux brilla :
qui  disait - Merci de  l'aider ... de l'aimer.

Dzovinar

*  hokis : mon âme
* abriss : que longue vie te soit donnée 

Pour toi, Arménie

Pour que, toujours, vive notre terre

Je voudrais que chaque rose
qui sur ton sol s'épanouit
soit pour chaque vie perdue
ainsi qu'une âme qui renait ;
Et que toujours sous les nues
que déchirent les hautes cimes
de la montagne d'Arménie,
joyeux et fiers les chants d'amour
portés jusques à l'infini
exaltent aux yeux du monde
La force de notre sang
L'ardeur de notre espoir
Le sens de notre vie.

Dzovinar


(feutres)

samedi 9 juillet 2011

Sites archéologiques de Mycènes.

Sites archéologiques de Mycènes.

À Mycènes et à Tirynthe subsistent les ruines imposantes des deux plus grandes cités de la civilisation mycénienne, qui domina le monde de la Méditerranée orientale du XVe au XIIe siècle avant J.-C. et qui joua un rôle essentiel dans le développement de la culture de la Grèce classique. Ces deux cités sont indissolublement liées aux épopées homériques de l'Iliade et de l'Odyssée dont la profonde influence sur la littérature et les arts persiste depuis plus de trois millénaires.

 L’architecture et la conception de Mycènes, avec, par exemple, la porte des Lions (photo ci-dessous),...


... le trésor d’Atrée  (photos ci-dessous) ...


Le tombeau (Tholos) de Clytemnestre.

Voûte intérieure (haut. 13,5m diamètre 14,5m)


La colline dite Panagitsa


... et les murailles de Tirynthe, sont des exemples remarquables du génie créateur de l’homme. La civilisation mycénienne, telle que l’illustrent Mycènes et Tirynthe, a eu un profond impact sur le développement de l’architecture grecque classique et de l’urbanisme, et par conséquent également sur les formes culturelles contemporaines. Mycènes et Tirynthe représentent l’apogée de la civilisation mycénienne, qui a posé les fondations de l’évolution des cultures européennes ultérieures. Mycènes et Tirynthe sont indissolublement liées aux épopées homériques l’Iliade et l’Odyssée, dont la profonde influence sur la littérature européenne et les arts perdure depuis plus de trois millénaires.

  http://whc.unesco.org/fr/list/941

Les premières fouilles à Mycènes ont été menées par l'archéologue Grec Kyriakos Pittakis en 1841. Il a retrouvé et restauré la porte aux Lions. En 1874, l'archéologue Allemand Heinrich Schliemann est arrivé sur les lieux et a procédé à une fouille complète. Schliemann crut à la vérité historique des récits Homériques et interpréta le site en conséquence. Lors de la découverte d'un crâne humain sous un masque mortuaire en or dans l'une des tombes, il a déclaré : "J'ai regardé le visage d'Agamemnon". Depuis l'époque de Schliemann plusieurs fouilles ont eu lieu à Mycènes, principalement par les archéologues Grecs, mais aussi par la British School at Athens. Elles ont révélé que Mycènes était habitée dès le IIIe millénaire par une population préhellénique proche de celle de la Crète Minoenne contemporaine. L'Acropole a été fouillée en 1902 et les collines environnantes ont été méthodiquement étudiées. Mycènes possédait probablement le plus prestigieux des palais de l'époque. Mais son site renfermait aussi : Un complexe administratif, des habitations, des cours ornées de fresques et de sculptures, des sanctuaires et des magasins etc...


Au Musée archéologique de Nàfplio sont exposées les photographies réalisées lors des premières fouilles entreprises ; en voici quelques-unes :






Quelle extraordinaire aventure ! On imagine sans peine leur enthousiasme, leurs émotions, leurs joies au fur et à mesure des découvertes !

Chemin de ronde

Cercle des tombes où ont été retrouvés des objets d'or dont le "masque d'Agamemnon".


Mur dit "cyclopéen" - (mode de construction primitif, constitué de grosses pierres non équarries, simplement entassées de manière à former un mur défensif ou une jetée, un barrage, un pont, une route.)


Vue des ruines de l'acropole

************************

PROMENADE A NAUPLIE (Nàfplio) - Péloponnèse

Nauplie (Nàfplio)-Palamidi - Première capitale grecque (1828-1834)
(Eponyme de Nauplios, fils de Poséïdon et d'Amymoné, fondateur de la ville, selon la mythologie ( ?e s. av. J.C.). 

Sur la côte Est du golfe argolien, à l'ombre d'un éperon rocheux et d'une haute colline abrupte, le ville émerge de l'élément liquide qui l'entoure, encadrée par un admirable paysage naturel.

Vue partielle de la côte

Palamède (Palamidi) et la citadelle

La citadelle vénitienne couronne l'éperon rocheux, au pied duquel s'étend la ville néoclassique. On accède à Palamède, soit à pied par les 857 marches qui débutent près de l'hôtel Xenia, soit par la route (3 Km) qui passe à travers la nouvelle ville. De longs murs réguliers ferment cette forteresse édifiée entre 1711 et 1714, par l'architecte français Lasalle. Les bastions conçus pour résister indépendamment ont toutefois été pris, un an après leur achèvement, par les Turcs...

Il vaut mieux s'y prendre le matin pour la balade (si l'on veut survivre - vertical le soleil !) et découvrir la vue superbe sur la ville, le golfe et l'Îlot Bourtzi, et l'Argolide



La petite route qui redescend vers la vieille ville ...

...longe la citadelle ...

...la petite chapelle St Andréas, non loin de laquelle fut emprisonné Théodoros  Kolokotronis ...

...des figuiers de Barbarie.

Retour en ville ...

...Place Syntagma (Place de la Constitution) dite "Place Vénitienne" d'où l'on accède au musée archéologique, autrefois arsenal pour la flotte, puis caserne (1713).

Eglise devenue lieu culturel, salle de concert, où nous avons pu entendre une pianiste turque, invitée par la ville... La résonnance était telle que les "fortissimo" transformaient le jeu, disons, puissant de l'interprète, en véritable bataille de guerre des sons  ! (J'ai pensé à l'expression "taper comme un sourd" ! Allez savoir pourquoi ...)

Une dernièe promenade dans le parc de Nàfplio ...

... où les enfants ont leur espace ...

...les grands hommes, leur statue, tel Théodoros Kolokotronis, grand résistant pendant la guerre de libération menée et gagnée en novembre 1822, contre les Turcs...

...sous un dôme luxuriant de feuillages et de fleurs.




Nàfplio, cité posée sur la mer, garde intacte, dans ses ruelles, ses maisons, ses pierres, la mémoire de ceux qui, parfois aimés, souvent haïs, ont présidé à sa destinée.

MUSEE DES ARTS POPULAIRES DE NAFPLIO

MUSEE DES ARTS POPULAIRES DE NAFPLIO

Ce musée s'attache à montrer tout ce qui a trait à la vie quotidienne,
 aux moeurs, aux goûts vestimentaires, artistiques ainsi que le style de l'ameublement ayant cours dans les familles bourgeoises des XIXe et XXe s.

Au mur une toile (peinture à l'huile) de Vassilis Hatzis (1870-1915) -
Une coiffeuse (XIXe s.)

Jouet d'enfant (XIXe s.)

Objets précieux dans une vitrine qui n'a rien à envier à celles des salons parisiens.

Robe de mariée et de sa demoiselle d'honneur - (1947)

L'art délicat de la broderie s'exprime ici superbement (1904) ...

... le goût des belles matières (robe de soie - 1872) et des dentelles (robes de baptême 1920) ...

...et sobriété des vestes et manteaux militaires - (1900).

Salle à manger bourgeoise (1880)


Berceau d'antan et coffres richement décorés

Métier à tisser

Charme des tenues traditionnelles ...


... élégance citadine.

Costumes nationaux
- à gauche Karagouna
- à droite "Foustanella" portée
par les hommes


 mobilier en usage dans les cuisines ...

"L'assiette au beurre, Rue de la Paix" - Peint par D. Galanis - 1906


Portraits du Roi Othon (fils de Louis de Bavières) premier roi de Grèce
 et de la Reine Amalia par K. Haupt - 1903.

Les élégantes de Nàfplio s'inspireront des tenues de la Reine,
 donnant ainsi naissance au style "Amalia" : ci-dessous :






Manteaux richement brodés.

Evzone (ou Tsolias)
uniforme national porté par les diplomates
et les guerriers
et dont la jupe (foustanella) comporte 400 plis
en référence aux années d'occupation ottomane


Sur la console, lampe de porcelaine peinte à la main.


Costumes du Péloponnèse

Coffret à flacons


*******