lundi 29 avril 2013

Petit Prince


Innocent jardinier
tu aimes les roses
en boutons
que tu veux voir éclore
leur prodiguant, sans compter,
tes soins attentifs, précieux.
Elles s'épanouissent alors
se croient uniques à tes yeux
exhalent leur doux parfum
pour te plaire, te séduire.
Dans leur candide vanité
elles ignorent encore
quand, une à une,
 tu les cultives avec amour 
 que tu veux qu'un jour,
rendues au monde,
elles l'illuminent  
pour sa grandeur, sa beauté.
 Ne crains-tu pas alors
probe jardinier
que les roses fragiles
que tu ne saurais
pour toi garder
puissent faner et mourir
en quittant à jamais
 le fertile jardin
 qui les a vu grandir.

Dzovinar









dimanche 28 avril 2013

Pensées jour après jour (3)



« N’espère rien de l’homme s’il travaille pour sa propre vie et non pour son éternité.  »


« Connaître, ce n'est point démontrer, ni expliquer. C'est accéder à la vision. »


« Dans la vie il n'y a pas de solutions ; il y a des forces en marche : il faut les créer et les solutions suivent.  »

« Ce pour quoi tu acceptes de mourir, c'est cela seul dont tu peux vivre. »


« C'est tellement mystérieux, le pays des larmes. »





*******

samedi 27 avril 2013

Les contes arméniens - 2




Les légendes des temps passés

Il y a beau temps, quand la terre était encore plate, en Arménie les gens croyaient en la toute-puissance de la nature. Ils avaient peur des éléments de la nature et créaient des divinités à leur image. Mais la puissance des divinités païennes diminuait à mesure que l’humanité progressait. Leur temps est parti sans retour, disparaissant dans le gouffre de l’histoire. Il en reste seulement des mythes et des légendes associés à ces forces redoutables de la nature. Parmi toutes ces forces l’Eau était le début de tout début, la source de la vie et de l’amour.

Le collier de Sémiramis

Il y a beaucoup de légendes liées aux trois grands lacs de l’antique royaume d’Arménie, Sevan, Ourmia et Van. L’une des plus belles légendes porte sur l’impératrice d’Assyrie, Sémiramis. C’était une femme capricieuse. Ayant assassiné son mari, le roi Ninos, elle est devenue la reine autocrate du pays, ce qui était un phénomène extrêmement rare dans l’Orient Antique. Selon l’une des hypothèses, c’est pour elle que le roi de Babylone Nabuchodonosor II construisit les jardins suspendus, l’une des sept merveilles du monde. Mais il y avait une chose pour laquelle Sémiramis était prête à renoncer à son trône. Elle aimait passionnément Ara le Bel, le roi d’Arménie. 
Les ambassadeurs assyriens lui ont transmis les symboles du pouvoir, la couronne, le sceptre et l’épée avec le message de Sémiramis : « Viens, possède-moi et mon pays ! » Ayant mis le collier le plus cher avec de perles roses en sept rangs, qui, paraît-il, avait une force magique, Sémiramis se préparait déjà à la rencontre avec le roi, mais elle a reçu un refus humiliant. Furieuse, l’impératrice a commencé une guerre contre l’Arménie, ordonnant aux commandants de prendre vivant son offenseur. Mais à son horreur, Ara le Bel est mort sur le champ de bataille. Accablée de chagrin, Sémiramis est revenue en Assyrie, mais là-bas elle était attendue par des traîtres, qui l’avaient détrônée pendant qu’elle s’absentait du pays. Elle s’est enfuie en Arménie, mais aux environs du lac de Van, où elle s’était arrêtée pour se reposer, elle a été rattrapée par ses persécuteurs. Afin de ne pas tomber dans les mains des ennemies, Sémiramis a arraché de son cou le collier miraculeux et l’a jeté dans les eaux de Van. L’eau a absorbé la force vivifiante de l’impératrice et elle s’est transformée en statue de pierre. Depuis lors, l’eau du lac possède une force vivifiante ; les habitants de la ville de Van chantent encore des odes en l’honneur de la reine, qui a donné sa puissance à l’eau.

L’eau de l’amour

En Arménie païenne Astghik , la fille de la déesse-mère Anahit, était la déesse de l’eau,. Elle était la bien-aimée du dieu du feu, Vahagn. Les Arméniens appelaient son temple situé à Achtichat chambre de Vahagn. Le dieu du feu y venait voir sa bien-aimée, et le fruit de l’union du feu et de l’eau était la pluie bénéfique. La fiancée du feu surpassait en beauté toutes les femmes sur la terre et dans les cieux ; tous les jeunes hommes le connaissaient. Ils savaient aussi que la nuit, quand le soleil se couchait et la terre se couvrait d’un voile noir, Astghik allait se baigner dans les eaux sacrées de l’Euphrate. Charmés par les récits de la beauté de la déesse, les jeunes allumaient des feux sur les rochers environnants pour contempler la belle Astghik à leur lumière. Mais la déesse faisait descendre autour d’elle un rideau de brume imperméable aux regards curieux.
L’une des fêtes arméniennes les plus populaires, « Vardavar », est associée à la déesse Astghik. Selon l’une des versions, le nom de la fête provient du mot « vard » (rose) et signifie « parsemer de roses ». Mais pourquoi la fête de l’eau portait-elle le nom de la rose ? Selon la légende, Yahvan, le dieu méchant du royaume souterrain, qui avait été chassé du ciel pour avoir diffamé Vahagn, avait gardé rancune et cherchait une bonne occasion pour se venger contre lui. Apprenant de la charmante bien-aimée du Dieu du feu, il l’a enlevée et l’a enfermée en sous-sol. Alors, l’amour a disparu des cœurs des gens, et les ténèbres se sont établies. Mais le courageux Vahagn a trouvé la cachette de Yahvan, l’a abattu et a sauvé sa bien-aimée. Etant revenu sur terre, Astghik s’est mise à offrir aux gens des roses, en les arrosant de l’eau de rose ainsi faisant renaître l’amour. Depuis ce temps, tous les étés, quand les roses fleurissaient, les Arméniens les portaient au temple d’Astghik et s’aspergeaient d’eau, car l’eau symbolisait l’amour.

Sur la terre et dans les cieux

Dans les légendes relativement récentes, on trouve le prénom d’une autre femme, associé à l’élément de l’eau, Tsovinar*. Ce nom provient du mot « tsov » (mer) et signifie « marin ». Dans l’épopée « Sasna tsrer » (« Les tordus de Sassoun ») on parle de la fille du roi Gaguik, la belle Tsovinar, pour la main de qui le calife du Bagdad ennemi promettait d’arrêter les invasions sur le territoire de l’Arménie. Pour sauver le peuple du joug étranger, Tsovinar a accepté d’être sa femme, à condition que le calife ne la touche pas pendant un an. Elle ne souhaitait pas avoir des enfants d’un mari hétérodoxe. Ayant bu deux poignées d’eau d’une source magique, elle est tombée enceinte et a accouché des jumeaux, Sanasar et Baghdasar.
Le calife haïssait les frères et a voulu les tuer à plusieurs reprises, mais la reine a réussi à protéger ses enfants. Sanasar et Baghdasar ont grandi et sont devenu des preux vigoureux. Ils ont tué le calife est sont revenus avec leur mère en Arménie. L’histoire de Tsovinar s’entr’appelle avec le mythe de la Grèce Antique sur Libye, fille d’Epaphos et de Memphis qui fut aimé par Poséidon, dieu des mers, de qui elle eut les jumeaux Bélos, futur roi d’Egypte, et Agénor, roi de Tyr en Phénicie.
Selon une autre légende, Tsovinar n’était pas du tout une femme terrestre, elle était la maîtresse capricieuse de la tempête. Jouant dans les nuages, elle changeait le temps selon l’humeur, envoyant sur la terre tantôt des pluies vivifiantes, tantôt des grêles destructives. Chaque année, quand la sécheresse dévastait la terre, les enfants fabriquaient une poupée au nom de Nouri représentant Tsovinar et la portaient de maison en maison à travers le village et chantaient des chants rituels, par lesquels ils lui demandaient de persuader la déesse de leur envoyer des pluies pour qu’en automne la récolte fût abondante.

 * Tzovinar ou Dzovinar (en arménien occidental)

Tuer le dragon

Pendant l’orage, provoqué par Tsovinar, d’autres créatures mythiques s’agitaient. Ainsi, les « vichap » (les dragons) habitant au ciel, se changeaient de place avec d’autres « vichap » habitant dans les lacs et dans les montagnes, soulevant des tempêtes violentes du battement de leurs ailes. Au temps du paganisme précoce ces créatures étaient considérées comme des gardes de l’eau. Des menhirs, stèles verticales représentant les «vichaps » étaient érigées à proximité des sources. On croyait qu’en cas du danger ils se ranimaient et protégeaient l’eau. Cependant, avec le temps l’image du dragon-gardien s’est transformée dans la conscience des Arméniens en image du monstre qui buvait toute l’eau de la source. Et seulement quand les paysans lui sacrifiaient des jeunes filles, le « vichap » ouvrait la gueule, l’eau en coulait et les gens irriguaient la terre. Mais cela n’a pas duré longtemps. Le dieu intrépide Vahagn est venu en aide. Il a abattu le dragon et pour cela il a été surnommé « vichapaqagh » (vainqueur de dragons). Et pendant longtemps, quand il faisait des tempêtes terribles sur le lac de Van, les gens disaient que c’était Vahagn qui était entré au combat avec le dragon.

AU TAKADOUM : ICI L'ON PENSE ...


A Thessalonique, existe un de ces lieux, sur lequel veillent Popi et Vassilis, où la providence
a fait en sorte que les esprits curieux, assoiffés de
justice, se retrouvent pour recréer le monde,  ...
Pour le commun des mortels, c'est un restaurant, né des mains habiles, et de l'imagination créatrice du propriétaire.
Mais c'est souvent là que s'invente, s'élabore et se joue 
le destin de ceux qui collaborent au long et difficile travail
que nécessite le partage des savoirs, sous la houlette - faut-il le préciser - de leur maître et ami Nikos Lygeros.
On y vient pour écouter ses conférences, assister à
ses production théâtrales, ... ou recevoir un cours de mathématique !

Tout, absolument tout, du sol au plafond, témoigne à profusion d'une habileté,
d'un savoir-faire authentique ...
Merci Popi et Vassilis ...

... et du goût pour l'art des propriétaires.



Votre amitié me touche, Sani, Olga, Vicky et Georges que je n'oublierai pas !

« JE CHERCHE UN JUGE »...

"Il ne suffit pas de pleurer pour souffrir. Il ne suffit pas de souffrir pour mourir. Il ne suffit pas de mourir pour avoir raison. Il faut montrer la barbarie du bourreau. Sinon le crime contre l’humanité n’est qu’un crime." Nikos Lygeros


COMMUNIQUE DE PRESSE – AUDIENCE SPECIALE
DES REFERES DU 30 AVRIL 2013, 10H00, AU
TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE
MARSEILLE :

« JE CHERCHE UN JUGE »
« Et ainsi, ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort,
on a fait que ce qui est fort fût juste. »
PASCAL

Semblable à Diogène de Sinope qui cherchait un homme, avec sa lanterne, le justiciable
vertueux en quête de justice, couvert de sa seule bonne foi et éclairé du Droit, porte sa cause
universelle. Il cherche un juge.
Très tôt victime du syndrome kafkaïen de la Sentinelle ( la parabole de la loi – Joseph
KAFKA, Le procès ), il se heurte, pendant les quatorze années de son long périple procédural, à la
porte close, au déni de justice.
Pourtant, aujourd'hui, encore, plus résolu que jamais à défendre sa dignité et ses droits
fondamentaux, il sait qu'il a raison et que la Vérité finira par triompher. Il trouvera bientôt la
protection juridictionnelle qui lui est due, comme Ulysse au retour de son odyssée retrouva les
rives d'Ithaque et recouvra ses droits souverains.
En l'occurrence ( demande contentieuse de transposition en droit interne de la décision-cadre
2008/913/JAI du 28 Novembre 2008 sur la lutte contre certaines formes et manifestations de
racisme et de xénophobie au moyen du droit pénal ), deux juges sont compétents pour constater la
voie de fait ( TC, 27 Juin 1966, Guigon, Rec. 830 ) qui résulte de l'abstention inconstitutionnelle
du Premier ministre français.
Le premier juge ( le Conseil d'Etat ), toutefois, s'est, à tort, déclaré incompétent le 26 Novembre
2012. Il a ouvert, ce faisant, la voie de l'action judiciaire et, le cas échéant, du Tribunal des
conflits.
Le second ( le juge des référés du Tribunal de Grande Instance de Marseille ) doit examiner
l'affaire lors d'une audience spéciale, le 30 Avril 2013 prochain à 10h00.
Où celui-ci pourra-t-il puiser l'autorité de sa décision, sinon dans le Droit ?
N'est-ce pas le principe de prééminence du Droit qui orne le frontispice de nos codes
républicains ?
…/...
2/4
Dès lors, jusques à quand l'Etat, oublieux de ses engagements irrévocables devant la
Conscience internationale ( « Pacta sunt servanda » ) et négligent de ses responsabilités
juridiques, comme morales, se complaira-t-il dans les délices oniriques de la realpolitik?
En serions-nous, en 2013, encore sous le régime des Capitulations de François Ier et de
Soliman ? Comme si PARIS prenait ses ordres auprès de l'OTAN ou d'ANKARA ?
Comment, sous le règne du JUS COGENS, mettre en balance des intérêts mercantilistes avec
un intérêt supérieur de civilisation, des promesses de marchés avec la dignité de 1 500 000
victimes arméniennes innocentes ? Combien de consciences martyrisées pour un Airbus ?
Près d'un siècle après le génocide, la France serait-elle atteinte d'amnésie diplomatique ? Auraitelle
effacé de sa mémoire sélective sa reconnaissance solennelle du 24 Mai 1915, dénonçant
conjointement avec l'Angleterre et la Russie les « nouveaux crimes de la Turquie contre
l'humanité et la civilisation » ?
Où sont, donc, l'âme et le principe spirituel de la Nation, telle que la définit Ernest RENAN
dans « Qu'est-ce qu'une Nation ? » ?
La République, patrie des droits de l'homme, demeurera-t-elle encore longtemps muette face aux
vociférations des foules haineuses fanatisées et tétanisée par le spectre de la néantisation ?
La Raison d'Etat serait-elle supérieure à la Raison universelle ?
Foin de la misologie et des misologues ! Celui qui, recueillant la dette générationnelle, a
conservé intacte la mémoire des peuples et tiré profit des glorieux enseignements antiques, sait
que les descendants des victimes du Génocide Arménien et des autres crimes contre l'humanité,
ont droit, comme Antigone, de donner à leurs morts une sépulture décente. Celle-ci sera revêtue du
sceau de la Loi, préservant leur fragile mémoire des rostres acérés du féroce négationnisme.
On s'en souvient. A Créon qui lui demandait si elle avait intentionnellement désobéi à son édit
interdisant d'ensevelir son frère Polynice et pourquoi elle n'avait pas respecté ses lois, Antigone
répondit :
« Oui, car ce n'est pas Zeus qui les a promulguées, ni la Justice qui siège auprès des dieux
infernaux : elle n'a jamais fixé de telles lois aux hommes. Je ne pensais pas que tes édits fussent
assez puissants pour permettre à un mortel de violer d'autres lois, des lois non écrites, celles-là,
mais intangibles car ce sont celles des dieux. Elles ne datent ni d'aujourd'hui ni d'hier, elles sont
éternelles, nul ne sait quand elles sont apparues. Pouvais-je donc, par crainte d'un homme, leur
désobéir, et risquer la vengeance des dieux ? » ( Sophocle, Antigone, 442 av. J.-C. )
Plus près de nous, ce sont les mêmes voix ancestrales qui résonnent à nos oreilles :
« La République française honore la loyauté, le courage, la vieillesse, la piété filiale, le
malheur. Elle remet le dépôt de sa Constitution sous la garde de toutes les vertus. » ( art. 123 de la
Constitution du 24 Juin 1793 ).
…/...
3/4
Le crime de génocide est imprescriptible. Le poids des années d'injustice n'allège pas la peine
des victimes, mais ne fait qu'accroître la soif inextinguible de justice de leurs descendants. La
faute incommensurable de l'Etat criminel ne se dissout pas dans le déni organisé qui, à l'inverse,
met en plein jour la tache indélébile d'inhumanité qu'il porte pour l'éternité :
« L'oeil était dans la tombe et regardait Caïn. » ( Victor HUGO, La Légende des siècles, la
conscience ).
*
Ces considérations nous confortent dans notre démarche juridictionnelle qui se présente, plus
que jamais, comme la seule capable de nous procurer la protection universelle par la loi pénale
contre le négationnisme, procédure que les démocrates de tous les pays ne peuvent que soutenir.
Je ne puis, en conséquence, que renvoyer au texte dont je demande officiellement au juge des
référés du Tribunal de Grande Instance de Marseille qu'il en ordonne le dépôt par le Premier
ministre sous forme de projet de loi et qui a été judicieusement repris dans la dernière proposition
de loi que Madame Valérie BOYER, Députée des Bouches-du-Rhône et cinq autres de ses
collègues ont, avec force courage et détermination, déposée le 06 Février 2013 sur le Bureau de
l'Assemblée Nationale :
« ( … )
Article 1er
Le premier alinéa de l’article 24 bis de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse est
rédigé ainsi qu'il suit:
'Seront punis d'un emprisonnement de deux ans et d'une amende de 45 000 € ou de l'une de ces
deux peines seulement ceux qui auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence
dans les conditions visées par le sixième alinéa de l'article 24 en contestant, par un des moyens
énoncés à l'article 23, l'existence ou la qualification juridique d'un ou plusieurs génocides,
crimes contre l'humanité et crimes de guerre notoires dont la liste chronologique suit :
- Esclavage et Traite;
- Génocide Arménien;
- crimes visés par l’article 6 du statut du tribunal militaire international annexé à l’accord de
Londres du 8 août 1945.
Vaudra contestation, au sens du présent article, la négation, la banalisation grossière ou la
minimisation desdits crimes, de même que l'usage de tout terme ou signe dépréciatif ou dubitatif
pour les désigner, tel que « soi-disant », « prétendu », « hypothétique » ou « supposé ».
Article 2
Dans l’article 48-2 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, après les mots : ‘ou
des déportés’, sont insérés les mots : ‘ou de toutes autres victimes’. »;
…/...
4/4
Dans ces circonstances, le mot de LACORDAIRE n'en a que plus de résonance :
« Entre le fort et le faible ( … ) c'est la liberté qui opprime et c'est la loi qui affranchit. »
De même, comme le disait Emmanuel KANT, la politique ne peut pas faire un seul pas sans
rendre hommage à la morale.
PORTALIS a raison : « Les orateurs pourront manquer aux circonstances, mais les
circonstances ne manqueront jamais aux orateurs. »
Aussi, pour que nos légitimes prétentions « tournent toujours au maintien de la Constitution et
au bonheur de tous », après avoir dressé le constat que le fort n'est pas juste, faisons en sorte que
le juste soit fort !

Si la Justice a un nom, aujourd'hui il lui faut un visage.

Sachons, donc, le 30 Avril 2013, rappeler le Droit au bon souvenir des juges ! Face à leur
conscience, ils finiront par se reconnaître dans le miroir de l'humanité.

Marseille, le 26 Avril 2013
Philippe KRIKORIAN,
Avocat au Barreau de Marseille

vendredi 26 avril 2013

Un moment historique pour la Nation Arménienne

Les lettres de fer - Arménie

Réparations : Un moment historique pour la Nation Arménienne

Ce 24 avril 2013 a lancé le début d’une nouvelle étape pour la Cause Arménienne. Le temps est venu pour l’Etat turc de prendre en compte la juste revendication de réparation des préjudices subis par le peuple arménien. Ces réparations morales, financières, juridiques et territoriales vont bien au-delà de la simple reconnaissance du génocide des Arméniens. Elles revêtent désormais un caractère officiel par l’appel lancé conjointement par les deux Catholicos de la nation arménienne au gouvernement turc, concernant la restitution de l’ensemble des biens confisqués à l’Eglise Arménienne de 1915 à nos jours.

Dans leur requête Karekine II et Aram I énoncent ainsi notamment :
En 2015, la nation arménienne sur le sol de la République d’Arménie, de la République du Haut-Karabagh et dans toute la diaspora, commémorera le centenaire du génocide des Arméniens perpétré en 1915 par la Turquie ottomane.
En 1915 le génocide a coûté la vie à plus de 1.500.000 arméniens. Les survivants des victimes ont trouvé refuge à l’issue des déportations, en Arménie orientale, en la République d’Arménie actuelle ; en Syrie ; au Liban ; dans le monde arabe ou encore dans divers Etats à travers le monde.
Parallèlement à la perte de leurs biens privés, les Arméniens d’Arménie occidentale, de Cilicie et des autres régions qui étaient sous domination de l’Empire ottoman, ont également subi des pertes de biens publics. L’Eglise Arménienne a perdu des propriétés : des églises, des lieux saints, des monastères, des écoles, des centres culturels et de bienfaisance, des biens de valeur inestimable : des khatchkars, des manuscrits, des icônes et autres. Tous les biens appartenant au peuple arménien, victime du génocide et chassé de ses terres ancestrales, ont été spoliés par l’Etat turc sous la dénomination de «  biens délaissés ».
98 ans après le génocide, l’Etat turc actuel en tant que successeur légitime de l’Empire ottoman, ne se limite pas à nier le crime perpétré par ses prédécesseurs mais continue sa politique anti-arménienne en poursuivant la confiscation des biens et du patrimoine de l’Eglise Arménienne, qui constituent pour le peuple arménien, des valeurs culturelles et cultuelles.
Nous demandons à l’Etat turc :
1-     Reconnaître le génocide des Arméniens
2-     Réparer l’ensemble des préjudices subis par la nation arménienne dont les droits humains ont été bafoués
3-     La restitution immédiate au peuple arménien de ses biens nationaux, à titre de propriétaire légitime : les églises, les monastères, les biens et propriétés de l’Eglise Arménienne ainsi que les biens de valeur culturelle et spirituelle.
Le Bureau Français de la Cause Arménienne et le Comité de Défense de la Cause Arménienne soutiennent pleinement l’initiative des deux catholicos. Dans le prolongement de cette annonce, l’ensemble des Hay Tad du monde entier présenteront prochainement une plateforme des réparations dues à la nation arménienne sur laquelle ils travaillent avec des experts internationaux depuis de nombreuses années. Nous mettrons alors toutes nos forces pour qu’avant le centenaire du génocide arménien, la Turquie s’engage dans le processus de réparation du préjudice subi par le peuple arménien, seule voie pour assurer la stabilité, la paix et le développement des relations entre l’Arménie et la Turquie.
 Paris le 26 avril 2013
Bureau Français de la Cause Arménienne
Comité de Défense de la Cause Arménienne


mercredi 24 avril 2013

Commémoration à Thessalonique du 98e anniversaire du génocide des arméniens




La communauté arménienne de Thessalonique, qui compte quelque onze mille âmes,
a honoré la mémoire des victimes du génocide au cours duquel 1 500 000 arméniens
perdirent la vie durant l'opération d'extermination entreprise, à leur encontre, depuis
 les années 1894 par l'empire ottoman et dont le 24 avril 1915 restera un des jours
les plus sombres de leur histoire.

De nombreux discours furent prononcés dans cette salle du Centre de
 conférence "J. Vellidis" devant une assemblée recueillie, avant de rejoindre
 le monument aux morts de Thessalonique où seront déposées les fleurs du souvenir. 

Représentant de l'Ambassadeur d'Arménie
Monsieur le Maire de Thessalonique

Nikos Lygeros, invité d'honneur dont le discours inspiré, reproduit ci-dessous, soulèvera de longs
et chaleureux applaudissements

Ομιλία του Νίκου Λυγερού στην κεντρική εκδήλωση για την 98η επέτειο της Γενοκτονίας των Αρμενίων με θέμα: "Η Αρμενικότητα ως στίγμα ανθρωπότητας". Συνεδριακό Κέντρο «Ι. ΒΕΛΛΙΔΗΣ». Κυριακή 21 Απριλίου 2013


Η γενοκτονία των Αρμενίων είναι γενοκτονία και δεν είναι ούτε σφαγή ούτε δολοφονία ούτε έγκλημα. Πρέπει να το καταλάβουμε όλοι μας εδώ στην Ελλάδα και να σταματήσουμε να χρησιμοποιούμε άλλες λέξεις γιατί οι άλλες λέξεις δεν ενοχλούν κανένα. Αν στην στρατηγική χρησιμοποιείτε λέξεις που δεν ενοχλούν κανέναν,  θέλει να πει ότι τις κάνετε και τις λέτε μόνο και μόνο για προσωπική εκτόνωση δίχως κανέναν άλλο στόχο εκτός βέβαια από το να επαναλαμβάνεται την ίδια επέτειο κάθε χρόνο. Η επέτειος δεν είναι ενοχλητική για τον θύτη. Όταν δεν κάνουμε λοιπόν πράξεις ενοχλητικές δεν έχουν νόημα στο θέμα της αναγνώρισης των γενοκτονιών. Αυτό που έχει σημασία είναι να είμαστε ξεκάθαροι σε μερικά ιστορικά πλαίσια και εφόσον είναι μερικοί που είναι ικανοί να αποστηθίσουν και λόγια στα Αρμενικά και το χάρηκα να θυμούνται όμως ότι η γενοκτονία των Αρμενίων δεν αρχίζει το 1915. Αρχίζει ήδη από το 1894 θα ήταν καλό να το ξέρουμε και να ξέρουμε βέβαια ότι θα συνεχιστεί μέχρι το 1923. Θα τελειώσει μόνο και μόνο με την Συνθήκη της Λωζάννης, η οποία βέβαια δεν αναφέρεται καθόλου, καν στην λέξη Αρμένης. Η Συνθήκη της Λωζάννης είναι απαράδεκτη σε πολλά σημεία για τους Έλληνες αλλά είναι απαράδεκτη εξολοκλήρου για τους Αρμένιους,  γιατί δεν είχαν καν το δικαίωμα να διατυπωθούν ως όρος. Έχει σημασία επίσης να θυμόμαστε ότι η λέξη γενοκτονία που επινοήθηκε από τον Raphaël Lemkin επειδή δεν υπήρχε άλλη λέξη για να στιγματίσει αυτό το έγκλημα κατά της Ανθρωπότητας, επινοήθηκε χρησιμοποιώντας το παράδειγμα της γενοκτονίας των Αρμενίων, της γενοκτονίας των Ελλήνων και της γενοκτονίας των Ασσυρίων. Αυτό σημαίνει ότι ο διανοούμενος Raphaël Lemkin για να εξηγήσει στους άλλους τι εννοεί με αυτήν την νέα ορολογία χρησιμοποίησε το παράδειγμα των Αρμενίων αν θέλετε είναι τα θεμέλια αυτής της έννοιας η οποία εντάχθηκε στην χάρτα του ΟΗΕ από το 1948. Κατά συνέπεια όταν μερικοί αμφισβητούν ακόμα την ύπαρξη της γενοκτονίας των Αρμενίων δεν αντιλαμβάνονται, ή μάλλον το ξέρουν αλλά οι άλλοι δεν το αντιλαμβάνονται, ότι αμφισβητούν την ίδια την έννοια της γενοκτονίας. Είναι λυπηρό, για να μην πω άλλη λέξη,  να ακούμε Έλληνες να λένε ότι έχουν δεχτεί τους Αρμένιους εδώ λες και είμαστε μία ουδέτερη χώρα πάνω σε αυτό το πλαίσιο, λες και δεν έχουμε υποστεί την έννοια της γενοκτονίας, λες και δεν ξέρουμε ακριβώς τι είναι. Η γενοκτονία των Αρμενίων, των Ελλήνων και των Ασσυρίων είναι μία τριπλή γενοκτονία που δεν μπορεί να την διαχωρίσουμε τόσο εύκολα. Αυτές οι δύο σημαίες που έχουν αυτό το στίγμα πάνω θα έπρεπε να ήταν πιο κοντά. Όχι μόνο να τις βάζουμε εδώ επειδή υπάρχει το τυπικό γιατί το τυπικό δεν αρκεί. Θα πρέπει να υπάρχουν και συμφωνίες μεταξύ των κρατών και να υποστηρίζουν αυτά τα κράτη το ένα το άλλο. Είναι καλό να μιλάμε για ανθρώπινα δικαιώματα αλλά ξέρετε όταν ακούμε πολιτικούς να μιλάνε για ανθρώπινα δικαιώματα είναι ότι συνήθως δεν κάνουν τίποτα άλλο από το να το λένε. Γιατί τα ανθρώπινα δικαιώματα για τον πολιτικό δεν είναι πρόγραμμα, όπως το είπε η Εκπρόσωπος της Αρμενικής Εθνικής Επιτροπής πολύ σωστά στην αρχική εισήγηση η γενοκτονία των Αρμενίων έχει περισσότερες από όλες τις αναγνωρίσεις που υπάρχουν εκτός βέβαια από την γενοκτονία των Εβραίων η οποία είναι επίσημα αναγνωρισμένη από όλους. Για ποιο λόγο. Για έναν πολύ απλό είναι ότι η Αρμενία δεν είχε κράτος. Για τόσο χρόνια όλη η δουλειά έγινε μόνο και μόνο από τους ίδιους τους Αρμένιους χωρίς να βασίζονται σε καμία πρωτοβουλία από το κράτος της Αρμενίας,  το οποίο ήταν ενταγμένο μέσα σε ένα πλαίσιο που δεν του έδινε τη δυνατότητα να εκφραστεί.  Φαίνεται  ήδη από τη συνθήκη Καρς το 1921. Είναι μερικοί από εσάς που περιμένουν τα πάντα από το κράτος και τους πολιτικούς και ξεχνούν ότι το κράτος και η πολιτική δημιουργούνται από τους πολίτες. Αν υπάρχουν άνθρωποι οι οποίοι μπορούν να παράγουν έναν αγώνα και θέλουν να πάρουν μία θεσμική θέση ας το κάνουν είναι καλό και θα τους βοηθήσουμε. Αν χρησιμοποιούν την θεσμική θέση για να μας εξηγήσουν ότι έχουν διπλωματικά προβλήματα όταν μιλάμε για την γενοκτονία των Αρμενίων δεν είναι ανάγκη να μας απασχολούν περισσότερο. Μην νομίζετε ότι το θέμα της αναγνώρισης της γενοκτονίας είναι το στίγμα αν θέλετε της Αρμενικότητας. Η αναγνώριση της γενοκτονίας είναι μόνο και μόνο το πρώτο στάδιο της διαδικασίας διόρθωσης, το πρώτο, το αρχικό. Υπάρχει βέβαια και η ποινικοποίηση της άρνησης. Είμαστε ακόμα πολύ μακριά σε αυτόν τον τομέα στην Ελλάδα. Για ποιον λόγο; Γιατί στην Ελλάδα θεωρούμε ότι πρέπει να υπάρχει πάντοτε ελεύθερη έκφραση για όλα, από όλους, για οποιοδήποτε θέμα. Αυτό το ονομάζουμε ελευθερία, ενώ στην πραγματικότητα είναι μία έλλειψη και μία νοητική καθυστέρηση για να μην πω υστέρηση. Διότι στην πραγματικότητα αυτό που λέει μία γενοκτονία είναι πώς χαρακτηρίζουμε την Ανθρωπότητα, δεν μπορούμε να αφήνουμε τους άλλους να βρίζουν την Ανθρωπότητα, να γενοκτονούν και μετά στην συνέχεια να λένε ότι δεν υπάρχει καν η γενοκτονία. Γιατί ξέρετε είναι κάτι το πολύ φυσιολογικό για τον γενοκτόνο, την ώρα που διαπράττει την γενοκτονία προσπαθεί να την σβήσει. Γιατί; Γιατί όταν την σβήνετε δεν υπάρχουν θύματα, εφόσον δεν υπάρχουν θύματα, δεν υπάρχουν θύτες κατά συνέπεια για ποιο πράγμα υπάρχει η κατηγορία. Στην πραγματικότητα η Αρμενικότητα είναι αυτό το στίγμα της Ανθρωπότητας που μας απέδειξε ότι μπορούμε να είμαστε ακόμα εδώ.  Οι Αρμένιοι είναι ακόμα εδώ. Ο Μηνάς είναι ακόμα εδώ και μπορεί να πει στα Αρμενικά ό,τι και να θέλει να πει με το Αρμενικό ύφος χωρίς να μπορεί να του πει οποιοσδήποτε γενοκτόνος τίποτα. Αυτό είναι κάτι το πολύ σημαντικό γιατί στην πραγματικότητα οι Αρμένιοι εξηγούν σε όλους τους λαούς του κόσμου ότι ακόμα και οι χειρότεροι γενοκτόνοι δεν κάνουν καλά τη δουλειά τους. Δεν τα κατάφεραν. Είμαστε ακόμα εδώ. Και θα είμαστε ακόμα εδώ όσο θα υπάρχει αυτό το έγκλημα, για να υπάρχουν μάρτυρες, για να υπάρχουν κατηγορούμενοι και να υπάρχουν δικαστές. Διότι η Ανθρωπότητα δεν μπορεί να αποδεχτεί μία γενοκτονία γιατί γενοκτονία είναι μία μορφή αυτοκτονίας για την Ανθρωπότητα. Δεν το συνειδητοποιούμε και γι’ αυτό έχουμε την ιδέα ότι αφορά μόνο τους άλλους λαούς και δεν καταλαβαίνουμε ότι αυτοί οι άλλοι λαοί ανήκουν στην Ανθρωπότητα. Δεν αφορά τους λαούς αφορά το θεσμικό σύστημα. Η γενοκτονία είναι μία συστηματική καταστροφή. Αυτό που είναι το χειρότερο στην γενοκτονία δεν είναι η καταστροφή είναι το συστηματικό. Συστηματικό θέλει να πει ότι είναι προμελετημένο δεν είναι απλώς ένα έγκλημα είναι ένα έγκλημα κατά της Ανθρωπότητας άρα στην έκφραση έγκλημα κατά της Ανθρωπότητας το πιο σημαντικό είναι κατά της Ανθρωπότητας. Αυτό που αποδεικνύουν με την ύπαρξή τους οι Αρμένιοι και με τα αποτελέσματα που έχουν στον τομέα των αναγνωρίσεων γιατί είναι το παράδειγμα για τους άλλους τους λαούς είναι η αιχμή του δόρατος, είναι ότι μπορεί να είσαι ένας μικρός λαός αν όμως έχεις μία στρατηγική μπορεί όχι μόνο να αντισταθείς, αλλά μπορείς να έχεις και αποτελέσματα που ενοχλούν τον θύτη. Νομίζω ότι μιλάμε πολύ συχνά για την γενοκτονία των Αρμενίων χωρίς να αντιλαμβανόμαστε ακριβώς τι είναι. Θα ήθελα να σας δώσω ένα παράδειγμα, ξέρω ότι θα ενοχλήσει ακόμα και την γυναίκα μου αλλά τουλάχιστον θα είναι πιο χειροπιαστό για όλους τους Έλληνες. Το 2007 κάηκαν ελιές στην Ελλάδα 3 εκατομμύρια, όλοι έχετε εικόνες. Πάρτε λοιπόν μόνο 1,5 εκατομμύρια ελιές. Φανταστείτε λοιπόν τώρα ότι καίνε και αντί να έχετε ελιές βάλτε ανθρώπους. Για κάθε κορμό έναν άνθρωπο. Είναι μερικοί από εσάς που δεν τους ενοχλεί ακόμα αλλά δεν έχουν καταλάβει το συστηματικό. Γιατί ακόμα και η φωτιά δεν επιλέγει τον στόχο της και εξαπλώνεται. Στην γενοκτονία δεν υπάρχει εξάπλωση. Άρα αν θέλετε να έχετε αυτήν την εικόνα στο μυαλό σας πρέπει να φανταστείτε ότι έρχεται κάποιος και ανάβει το φυτίλι για κάθε δέντρο γιατί δεν μπορεί να πάει η φωτιά στο επόμενο πρέπει να σκοτώσει το κάθε ένα. Αυτό λοιπόν αν προσπαθήσετε να το συνειδητοποιήσετε και να φανταστείτε ότι υπήρξαν άτομα τα οποία έβαλαν φωτιά σε κάθε δέντρο για να μην υπάρχει κάθε Αρμένιος και αυτό το έκαναν 1,5 εκατομμύρια φορές, τότε μπορεί να έχετε μία εικόνα για το τι έγινε. Τότε μπορεί να αρχίσετε την λύπη σας αλλιώς δεν έχει νόημα. Δεν είναι απλώς θύματα, δεν είναι θύματα. Είναι γενοκτονημένοι. Είναι εντελώς διαφορετικό. Μπορεί να είμαστε θύματα από κλιματικές συνθήκες. Ναι, τότε είναι θύματα. Εδώ δεν είναι θύματα είναι στόχοι. Και παρόλο που ήταν στόχοι οι Αρμένιοι κατάφεραν να είναι ακόμα εδώ για να μας δώσουν το παράδειγμα ότι ένας μικρός λαός που είναι βαθιά αγκυροβολημένος μέσα στον χρόνο δεν ξεριζώνεται τόσο εύκολα. Χάρηκα γιατί ο Μηνάς μίλησε για το Αρτσάχ. Τώρα προσπαθούν μερικοί κύκλοι να μας εξηγήσουν ότι θα ήταν καλό να παίξουμε πάνω στο θέμα της γενοκτονίας και του Αρτσάχ ως αντάλλαγμα. Μου δίνεις, αυτό σου δίνω αυτό. Είναι απαράδεκτο. Το Αρτσάχ θα παραμείνει ελεύθερο. Η γενοκτονία θα αναγνωριστεί. Θέλουν, δεν θέλουν. Επειδή εμείς το θέλουμε. Γιατί υπάρχει μία μεγάλη διαφορά όταν είσαι απόγονος από θύτες δεν έχεις τίποτα που σε τιμά. Όταν είσαι απόγονος από γενοκτονημένους η ύπαρξή σου είναι μία αντίσταση. Η ύπαρξή σου, μόνο και μόνο ότι υπάρχεις είσαι ήδη αντιστασιακός. Οι Αρμένιοι ακόμα και οι πιο ραγιάδες είναι αντιστασιακοί επειδή υπάρχουν δεν μπορούν καν να κάνουν αλλιώς. Οι Αρμένιοι έχουν μία άλλη παράδοση όταν τιμούν τους νεκρούς τους χρησιμοποιούν το khatchkar, τον πέτρινο σταυρό. Εγώ όταν μιλάω με τους φίλους μου τους Αρμένιους, που μπορεί όπως λέει ο γέροντας να είναι ο τρόπος για να μιλήσεις με τον Θεό και μάλλον γι’ αυτό το λόγο είναι τόσο δύσκολη αυτή η γλώσσα, τους φαντάζομαι ζωντανούς σταυρούς οι οποίοι στο τέλος της ζωής τους θα μετατραπούν σε khatchkar. Είναι μία πολύ σπάνια ιδιότητα, δεν την έχει ο οποιοσδήποτε λαός. Οι πέτρινοι σταυροί - για να καταλάβετε όλοι σας αν δεν τους έχετε δει αλλά υπάρχει ακόμα και στο πρόγραμμα γι’ αυτό με άγγιξε - είναι όλοι διαφορετικοί. Ο κάθε ένας είναι διαφορετικός και αυτό που είναι απίστευτο που αποδεικνύουν οι Αρμένιοι με αυτόν τον τρόπο είναι ότι είναι όλοι με έναν σταυρό, είναι όλοι οι σταυροί διαφορετικοί επειδή είναι ο ίδιος ο λαός. Μπορεί αυτό να σας φαίνεται μία μεταφορά ποιητική πρέπει να θυμάστε όμως ότι ακόμα και το 2006 το μόνο που βρήκαν να κάνουν είναι να καταστρέψουν τα khatchkar που υπάρχουν εδώ και αιώνες για να σκοτώσουν ακόμα και τους τάφους. Άμα το σκεφτείτε είναι απίστευτο γιατί μπορεί να δικαιολογήσετε ένα έγκλημα γιατί μπορεί να πείτε ο άλλος νευρίασε. Πώς όμως να δικαιολογήσετε ένα έγκλημα κατά των νεκρών. Πώς να δικαιολογήσετε ότι καταστρέφετε τον σταυρό. Υπάρχει μόνο μία δικαιολογία. Είναι ότι υπάρχει παρόλα αυτά που κάνατε. Στο Αρτσάχ λοιπόν υπάρχει ένα σύμβολο Papik και Tatik, ο παππούς και η γιαγιά, και είναι τα κεφάλια τους μόνο. Η γιαγιά είναι με κλειστό το στόμα. Και είναι και ο παππούς δίπλα. Δείχνουν στον άλλο ότι εμείς είμαστε μες τη γη μας μέχρι το κεφάλι. Αν θέλετε να καταπατήσετε αυτήν την γη θα πρέπει να μας ξεριζώσετε γιατί ανήκουμε σε αυτήν την γη όπως αυτή η γη μας ανήκει. Αυτά τα σύμβολα πρέπει να τα έχουμε μέσα μας γιατί όπως οι Αρμένιοι χρησιμοποιούν σύμβολα που έχουμε εμείς στην Ελλάδα όπως είναι ο Λεωνίδας, πρέπει και εμείς να βλέπουμε ποια σύμβολα έχουν σε αυτήν την αντίσταση. Όταν πολιορκούσαν ακόμα και οι Αζέροι και ξέρετε στην Ελλάδα εμείς κάνουμε κάποιες πώς να το πω διπλωματικές κινήσεις και μιλάμε με ευφημισμός, δηλαδή έχουμε όλες τις χώρες γύρω μας αλλά μόνο μία χώρα την λέμε γείτονα ευτυχώς που ξέρουμε ποια είναι. Οι Αρμένιοι είναι πιο ξεκάθαροι, τους Αζέρους τους ονομάζουν Τούρκους  δεν μπαίνουν σε μία μικρή λεπτομέρεια γιατί δεν καταλαβαίνουν και δεν μιλάμε για γειτονικές χώρες. Όταν λοιπόν πολιορκούσαν οι Αζέροι ένα χωριό και κατέστρεφαν συνεχώς τις σκεπές, όταν ζήτησαν οι Αρμένιοι από τους χωρικούς τι θέλετε το μόνο που ζήτησαν είναι σκεπές για να μείνουν εδώ. Λοιπόν για να μην πολυλογώ και να καταλάβετε τι θέλω να πω, δεν είμαστε ούτε οι Αρμένιοι, ούτε οι Έλληνες λαοί του χώρου. Είχαμε πάντοτε πολύ λίγο χώρο. Είχαμε πάντοτε μεγάλο βάθος χρόνου. Άρα δίνουμε μεγάλη σημασία στο μικρό χώρο που έχουμε γιατί δεν έχουμε και τίποτα άλλο αλλά αυτός ο μικρός χώρος δεν είναι τίποτα σε σχέση με τους δικούς μας γι’ αυτό και οι Αρμένιοι και οι Έλληνες όταν είναι στο εξωτερικό είναι Αρμένιοι και Έλληνες σαν να είναι κινητές πρεσβείες. Ξέρω δεν είναι ανταγωνιστικό σε σχέση με εσένα Μηνά αλλά πρέπει να ξέρεις ότι αυτή η δουλειά γίνεται από όλους. Τι εννοώ με αυτό. Δίνουμε μεγάλη σημασία στο βάθος του χρόνου και αυτός ο χρόνος είναι ο χώρος της αντίστασης,  δηλαδή η διάρκεια αυτών των λαών προέρχεται από τη δύναμη του χρόνου, προέρχεται από τον πολιτισμό, προέρχεται από τα γράμματα, προέρχεται από την παράδοση γιατί είναι αυτό που προσπάθησε να ξεριζώσει η γενοκτονία. Η γενοκτονία δεν προσπάθησε να ξεριζώσει και να σκοτώσει, όπως νομίζουν μερικοί θύματα, όχι προσπάθησε να βγάλει οποιοδήποτε ίχνος πολιτισμού. Για ποιο λόγο. Διότι η γενοκτονία είναι μία πράξη βαρβαρότητας. Η Οθωμανική Αυτοκρατορία ήταν μία αυτοκρατορία της βαρβαρότητας, οι Νεότουρκοι ήταν της βαρβαρότητας, ο Κεμάλ ήταν της βαρβαρότητας είναι γενοκτόνοι και τίποτα άλλο. Άρα εφόσον μερικοί από εμάς δεν έχουν τα κότσια να μιλάνε, όπως το κάνει ο Κολοκοτρώνης για τους προσκυνημένους, τουλάχιστον να έχουν τα κότσια να κάθονται όρθιοι όταν έρχεται ο άλλος και μιλά για διπλωματία. Δεν υπάρχει λόγος διπλωματίας για τις γενοκτονίες, οι γενοκτονίες είναι ξεκάθαρες και δεν γίνονται σε φάση πολέμου. Δεν υπάρχει η εξήγηση του πολέμου για να εξηγήσουμε μία γενοκτονία αν υπήρχε πόλεμος θα λεγόταν έγκλημα πολέμου. Το πρόβλημα της γενοκτονίας και εδώ θα δείτε τώρα πώς συνδέεται με την δική μας την παράδοση, γιατί η επινόηση του Lemkin βασίζεται πάνω σε αυτήν την ιδέα, δεν διαγράφεται, δεν παραγράφεται. Ακόμα κι αν εμείς όλοι εδώ ξεχάσουμε την γενοκτονία,  θα έρθουν οι επόμενοι για να κατηγορήσουν και πάλι τον θύτη αυτό είναι το σύνθημα. Δηλαδή είμαστε και απαγορεύουμε την βαρβαρότητα Οι Αρμένιοι με την Αρμενικότητά τους δείχνουν με την ύπαρξή τους ότι δεν δέχονται την βαρβαρότητα και θα είναι εδώ μαζί μας με την Ανθρωπότητα για να συνεχίζουν να παράγουν πολιτισμό ακόμα κι αν υπάρχουν άνθρωποι που προσπαθούν να κάνουν γενοκτονίες της μνήμης. Σας ευχαριστώ πολύ.


Negro spirituals et chants arméniens interprétés par une chorale d'enfants
 constitueront l'émouvant point d'orgue d'une cérémonie empreinte de gravité.

Dépôt de gerbes


Recueillement
Avant de rejoindre la salle où l'association recevra ses invités pour un repas,
une visite au khatchkar édifié à Thessalonique.
Nikos Lygeros (à g.) et  Bedros Haltzian
 (organisateur de la commémoration)


Le prêtre a béni le repas


Bedros Haltzian prendra la parole pour rappeler le long et difficile parcours
que fut l'émigration des arméniens vers des terres d'accueil ...


et l'on comprend alors combien est toujours douloureuse l'inguérissable blessure


Impromptue, une mini réunion de travail fait suite au déjeuner, à la demande de Bedros,
qui déplore l'absence de résultats d'actions entreprises pour la cause arménienne.                
 Nikos  explique qu'une stratégie est nécessaire pour faire avancer une action
 et leur indique des pistes qu'il faut creuser ...

*******
Je remercie vivement l'association de son accueil
si chaleureux, me donnant ainsi l'occasion de 
partager avec ses membres et avec vous, amis
de ce blog, cette journée particulière.
Dzovinar
*******

vendredi 19 avril 2013

98 ANS ...



Tocsin de la mémoire
tu sonnes depuis tant d'années
"N'oublie pas !"
Non, jamais.

Miracle de la vie
malgré  la barbarie
Nous sommes là
pour dire à ceux qui veulent l'ignorer
"on nous a tués".

Loin du pays 
dont notre coeur est toujours plein
victimes de l'impensable
dorment
dans la pierre et la poussière
des chemins,
  épouses,  maris
frères,  soeurs,
  familles entières.

Pourtant, exerçant leurs talents
riches de leur culture ancestrale
ils vivaient dans la paix et le partage
ignorants du fléau qui s'abattrait bientôt
incrédules, lorsqu'il s'abattit.

 Terrible anniversaire
que celui
du génocide perpétré 
à l'encontre des arméniens
il y a 98 ans.

Dzovinar






mardi 16 avril 2013

Vie en Diaspora Les années conservatoire (suite)

Les contes arméniens

A propos de "Lumineuse et le Dragon"
de Nikos Lygeros

"La lumineuse" Encre de chine  - N. Lygeros

À première lecture, les contes arméniens sont toujours surprenants. Ce n’est pas tellement la chute elle-même qui provoque cette surprise mais plutôt l’approche du récit. Les contes arméniens sont empreints d’une gravité qui les rend très humains. Il est difficile de penser qu’ils sont conçus pour des enfants. Il est plus vraisemblable que leur auditoire soit en réalité tout le peuple arménien. C’est pour cette raison que nous sommes si sensibles à l’anthologie de notre amie Louise Kiffer qui s’y connaît si bien en fleurs sauvages. Et sans doute l’un est-il lié à l’autre. Car les contes arméniens sont comme les fleurs sauvages. Nous ne les trouvons pas dans un jardin à la française ou à l’anglaise. Ils sont libres et appartiennent à la nature arménienne. Il faut donc  aller les chercher sur place, sans avoir la possibilité de les trouver dans un lieu connu. Les contes arméniens sont aussi une forme de diaspora dans la narration arménienne. Chaque auteur a voulu enrichir le patrimoine arménien sans attendre de récompense en retour. Le sourire, la joie et la surprise des enfants suffisent à sa peine. Le reste est superflu. Car le conte est avant tout un don, un don anonyme. Voilà l’un de ses paradoxes les plus profonds. Il est créé dans un cadre social mais transcende sa condition pour s’adresser à la graine de l’humanité, les enfants. Après tout, Jacques Brel, l’a bien chanté même s’il a fallu entendre Charles Aznavour pour le comprendre. Les enfants sont tous les mêmes, ce n’est qu’après, longtemps après… Voilà pourquoi il est difficile de comprendre pourquoi les contes arméniens nous touchent autant. Car quelques détails suffisent à nous émouvoir. Comme si nous étions devant les broderies d’un costume traditionnel. Est-ce notre manière à nous de découvrir l’oubli d’une réalité, est-ce notre façon de rechercher cette réalité passée ou est-ce notre conscience de l’arménité ? Dans tous les cas, nous ne pouvons rester indifférents au récit, comme s’il puisait dans nos entrailles pour révéler les trésors de la terre des pierres. Comme si le narrateur sculptait dans notre nature humaine pour découvrir la croix nouée cachée en nous. Dans les contes arméniens, il faut avoir de grands yeux noirs pour être capable de pleurer devant l’émotion des enfants. Ainsi nous retrouvons en nous l’âme de Papik, et Tatik au moment où ils racontaient des histoires aux petits que nous étions dans le temps. Car c’est justement cet ancrage dans le temps qui nous caractérise. Innocents ou justes, survivants de la diaspora, nous sommes tous conscients que, malgré la volonté de la sublime horreur, nous sommes toujours là, à œuvrer pour l’humanité d’un peuple mais aussi pour le peuple de l’humanité. C’est l’ensemble de cela que nous retrouvons dans l’âme du conte arménien et c’est à cette âme que nous avons voulu rendre hommage avec le conte Lumineuse et le dragon. N. Lygeros