mercredi 29 mai 2013

Oeuvre de l'artiste-peintre d'Arménie
 "Lala"

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Voir la nouvelle page

"Contes et légendes d'Arménie"

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mardi 28 mai 2013

Poèmes de Nikos Lygeros



 Dans la nuit ...
Avec un son humain
Lorsque tu as entendu les mots ...
A travers les actes de l'ouvrage ...
Nous lisions dramatiquement ...
Nous entendions dans la nuit ...
Chacun avec sa douleur ...
Chaque instant est important ...
Avec les mains liées ...
Après l'absurde ...

 Personne ne dit bonne crucifixion ...

 - Musique Lévon Minassian - Duduk
-  Komitas : Orchestre de chambre d'Arménie - direction Alexandre Siranossian

lundi 27 mai 2013

26e Festival du Premier Roman - Mai 2013 - Chambéry (Savoie)

- 24 mai -


Quand d'heureuses circonstances incitent à
"voir du pays", il ne faut pas hésiter ...
et je n'hésite pas !


 Devant l'Hôtel de Ville de Chambéry,  les chapiteaux
dressés seront les abris (ce qui ne sera pas inutile en ces jours pluvieux) et les témoins de la fièvre de culture ! Des livres, des livres... des livres !
"3000 lecteurs, en France et à l'étranger, qui lisent en amont et choisissent les auteurs invités" parmi lesquels, cette année, notre ami Denis Donikian pour son roman "Vidures". 

L'indispensable "Point Infos" qui propose aux visiteurs, des rencontres avec les auteurs, des ateliers d'écriture ou de traduction ...

 Le "Café des Lecteurs" (très fréquenté) pour la chaleur et la détente autour d'une tasse de café, thé, ou d'un verre de vin de Savoie ... et de délicieuses pâtisseries faites "maison".


 Une belle opportunité se présente l'après-midi même de mon arrivée : rendez-vous au Palais de Justice pour assister à la  rencontre de trois écrivains :  le choix n'est pas anodin ; ce sont des écrivains "engagés". 

De gauche à droite : Makenzy Orcel (Haïti)  - Denis Donikian (Arménie) -
 Le modérateur Yann Nicol et Florin Irimia (Roumanie)
Denis Donikian (Vidures) et Florin Irimia (Defekt) ont abordé dans leur ouvrage respectif, la réalité tragique que constitue le quotidien de pays où la démocratie en est encore à ses balbutiements ...Florin Irimia explique que la vision sombre qu'il a de la Roumanie est partagée par les jeunes gens de son pays  ;  Denis se défend d'avoir écrit un livre sur l'Arménie, "c'est avant tout un roman"  ... qui s'inspire quand même de très près du dénuement d'un peuple abandonné à lui-même !

Makenzy est un poète ; il parle du sort des prostituées de Port-au-Prince et la folie de vivre malgré l'épouvante du tremblement de terre qui ravagea la ville en 2010 (Les Immortelles). Il avoue écrire pour la poésie de l'écriture et
ne se sent pas de "responsabilité" en tant qu'auteur - au contraire de Donikian et Irimia - mais nous dit en confidence, qu'il milite pour offrir, partout dans son pays, à grande échelle, des livres aux enfants déshérités afin de leur permettre l'accès à la culture...

- 25 mai - 



  Au "Café des lecteurs", à 9 h du matin, sont réunis, autour de Denis pour partager un petit-déjeuner offert par le festival, quelques lecteurs-admirateurs de son livre. Le mot n'est pas trop fort : ils ont adoré Vidures et veulent en savoir davantage ; ils ne seront pas déçus ! Denis leur parlera longuement de l'Arménie, du génocide des arméniens, des abricots d'arménie ... Un bonheur pour moi de constater que notre grand et talentueux écrivain - que la communauté arménienne semble ignorer - est à ce point apprécié par nos amis français ...
Myriam Anderson me dira pour me consoler, lorsque je lui ferai part de ma déception devant l'indifférence des nôtres : "Ferdinand Céline a été conspué avant d'être reconnu"

Myriam Anderson, Lectrice aux Editions Acte Sud
 Des signatures sont prévues tout l'après-midi : une autre occasion d'assister à l'intérêt des lecteurs venus nombreux, le livre en bandoulière, pour recueillir les précieux paraphes des auteurs et surtout profiter de cette opportunité pour les connaître davantage  




- 26 mai -

Nous avons rendez-vous à l'espace Larith avec Olivier Brunhes et Denis Donikian.
Une occasion pour découvrir la ville qu'il faut traverser

La fontaine aux éléphants dite "la fontaine des quatre sans culs"


Le musée savoisien

qui mériterait une visite ... Une autre fois peut-être

Autour du thème "L'espoir des sans rien"
Olivier Brunhes évoque son parcours d'homme de théâtre : comédien d'abord, il prend la décision de travailler autrement,  en s'intéressant aux personnes handicapées mentales. Son premier roman "La nuit du chien", entre violence et poésie, aboutit à la résurrection finale du personnage.   

 Olivier Brunhes

Denis Donikian quant à lui, souligne que "Vidures", malgré la noirceur du récit, conduit les personnages vers l'espoir d'autres lendemains.


Le festival fermera ses portes après avoir tenu son pari avec maestria : celui d'avoir su procurer plaisirs, émotions, découvertes, au gré des rencontres de qualité permettant ainsi aux visiteurs venus en confiance, de trouver là de quoi  satisfaire leurs curiosités, leurs goûts du rêve, leurs désirs de connaissances et d'évasion...

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Editions Acte Sud "Vidures" et "La nuit du chien"
Editions Brumar (Roumanie) "Defekt" 
Editions Zulma (Haïti) "Les immortelles"

 et d'autres romans :  www.alphalire.com

Contact "Festival du Premier Roman" de Chambéry-Savoie

lundi 20 mai 2013

Musée des instruments anciens de Céret " Músic "



"Céret peut désormais s'enorgueillir d'avoir deux musées. Après plus de dix ans d'études, de recherches de financement et de dossiers, la fabuleuse collection d'instruments (en grande partie due au don du couple de voyageurs Heinz Stefan Herzka et Verena Nil) est enfin accessible au public. "Nous avons voulu proposer un voyage sur le sensible, faire entrer le visiteur dans l'imaginaire, lui ouvrir des horizons, lui faire percevoir l'universalité des sons et surtout ne pas isoler les instruments de leur contexte", précisait Paul Macé le directeur. Dans les différentes salles, toutes baignées de pénombre, un archipel de vitrines éclairées invitent aux escales : la Catalogne, l'Orient, les Piémonts, les Finistères, les déserts, la Route de la soie, les fleuves sacrés, le Nouveau Monde… A chaque étape, vidéos et bande-son créent les ambiances, informent sur le contexte, illustre l'utilisation des instruments. Une scénographie où tout est fait pour que s'installe une certaine intimité propice à l'imaginaire et au voyage intérieur. Des bornes interactives et des casques audio permettent d'accéder à des informations plus précises. Músic s'inscrit donc dans la modernité afin de faire vivre plus de 400 objets, alors que le fonds en possède près de 2 500. Une salle de projection, un lieu d'accueil pour les scolaires et une boutique complètent cet équipement culturel inauguré ce matin à 10 h 30 en présence du président du Sénat Jean-Pierre Bel. 14 rue Pierre-Rameil à Céret. Tél. 04 68 87 40 40 et sur www.music-ceret.com Une scénographie qui invite à un voyage culturel ayant pour guide les instruments de musique. Ci-dessous, Paul Macé le directeur de ce nouveau musée."




http://www.lindependant.fr/2013/05/18/voyage-au-coeur-de-music,1755646.php

 Voir aussi :

http://www.lindependant.fr/2013/05/19/music-au-coeur-des-senateurs,1756003.php

Nous avons eu le privilège, Knar Sakalian et moi, d'être invitées à cette inauguration qui nous a permis de voir couronner le travail considérable de toute une équipe - Laura, Laure, Jean-Luc - menée de front par Paul et Christine Macé, équipe qui s'est totalement investie dans la réalisation sans faille de ce musée exceptionnel à qui nous souhaitons succès, prospérité - ce dont nous ne doutons guère !

Sous le soleil revenu comme pour en illuminer le ciel catalan en ce jour chargé de promesse,
les invités présents pour l'inauguration attendent l'arrivée des officiels.

Cadre et environnement propices aux nombreux projets qui sortiront des cartons du Musée ...


Ce dont Paul Macé semble prendre toute la mesure ... Eh oui,
"tout commence" ainsi qu'il le dira lors de son discours humaniste :
"nous ouvrons les portes d'un vaste chantier : celui du partage et de la
transmission des connaissances qui fleurissent partout dans le monde
 mais, surtout, de la connaissance de l'Autre."



Entouré, à sa droite par le Maire de Céret, Mr Alain Torrent président de la Communauté de Communes du Vallespir,
 à sa gauche par Mme Hermeline Malherbe Présidente du Conseil Général des Pyrénées-Orientales,
 Mr Christian Bourquin Sénateur, Président de la Région Languedoc-Roussillon,
 Mr Jean-Pierre Bel Président du Sénat,
 le donateur de la majeure partie de la  riche collection du Musée,  Mr Stéphane Herzka.




Du plus insolite au plus élaboré, témoignages culturels venus de tous les pays du monde, Orient, Asie, Afrique ...
les instruments du Musée "Music" de Céret (P.O.)  vous invitent à un voyage au long cours

C'EST ICI :

14 rue Pierre Rameil  66400 Céret
contact@music-ceret.com
T(33)04 68 87 40 40

https://www.facebook.com/CIMPMuseeDesInstrumentsCeret?fref=ts

http://musicamscire.blogspot.fr/2013/05/inauguration-du-musee-des-instruments.html?m=1

http://www.music-ceret.com/

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Un autre regard sur cet événement ici :

http://musicamscire.blogspot.fr/

jeudi 16 mai 2013

La légende de ARA et SEMIRAMIS (Jacqueline-Siranouche Markarian) - 3


        La légende de ARA et SEMIRAMIS


Sémiramis,  reine d'Assyrie, se réveilla un matin avec un sourire sur les lèvres quoique regrettant d'avoir ouvert les yeux. En effet, son réveil avait interrompu un rêve agréable.........

Elle se trouvait dans un jardin féérique, seule, enfin débarrassée de ses courtisans et de leurs intrigues. Elle se déplaçait avec ravissement parmi les fleurs multicolores, lorsqu'une force mystérieuse la poussa vers un bosquet. Et c'est là qu'elle aperçut un beau jeune homme au regard captivant, à la taille élancée, d'où émanait la force  ... Son cœur se mit à battre la chamade...

-Qui es-tu? lui demanda-t-elle en s'immobilisant devant lui.

 -Je suis Ara, prince d'Arménie.

 -Tu me plais beaucoup, viens avec moi, proposa Sémiramis en étendant son bras vers lui.


Ara ouvrait la bouche pour répondre, quand Sémiramis se réveilla.


Ce matin-là, la reine paressa dans son lit moelleux. Les questions d’État pouvaient attendre. Elle se fit apporter un miroir et examina minutieusement son visage. Elle était jeune. Des cheveux ondoyants d'un noir d'ébène couvraient ses épaules magnifiques. Ses yeux brillaient d'un éclat particulier. Un nez droit, des lèvres écarlates en forme de cœur, un cou de cygne, un corps de déesse complétaient le tableau.

Oui, elle était belle! Ainsi gâtée par la nature et par la vie, elle avait développé un caractère autoritaire, surtout depuis la mort du roi son mari, qui lui avait confié le trône de la toute puissante Assyrie. Elle exigeait d'être obéie sur le champ, qu'il s'agisse des affaires du royaume ou de ses affaires de cœur.


Ce matin-là, donc, elle n'avait nulle envie de penser aux problèmes politiques. Elle se trouvait encore sous le charme de son rêve et du regard d'Ara. Elle fit venir son scribe et lui ordonna de rédiger une invitation adressée à ce prince lointain, brûlant déjà d'impatience d'en connaître la réponse .


Ara était un homme heureux. Son peuple l'adorait en raison de sa bonté, mais aussi de sa force et de sa beauté et l'avait affectueusement surnommé Ara le Bel. Marié à une femme qu'il aimait et qui le lui rendait bien, leur ménage offrait l'image parfaite du bonheur conjugal, de la loyauté absolue.


Grands furent son étonnement et son indignation quand il reçut la lettre de Sémiramis et en comprit la teneur véritable. "Viens auprès de moi, disait la missive. Tu ne le regretteras pas. Je te rendrai heureux et te couvrirai de présents".


L'effet de sa colère apaisée, Ara relut la lettre et arriva à la conclusion que cette Sémiramis, dont on vantait l'intelligence en même temps que la beauté, n'avait pas un esprit aussi brillant qu'on le disait. Il se rendit auprès de sa femme, la douce Nevart, pour lui demander conseil. -"Il faut trouver le moyen de ne pas céder au caprice de Sémiramis, sans pourtant la vexer" conseilla Nevart avec sagesse. "Inutile de blesser l'amour-propre de la reine d'un pays si puissant". Ara répondit donc par une lettre aux termes polis et modérés, mais qui n'en déclinait pas moins l'invitation insensée.


Au reçu de cette réponse, la fureur de Sémiramis se déchaîna. Ara refusait son invitation ! Il faisait semblant de ne pas comprendre son appel pressant ! De plus, il se moquait d'elle, en lui promettant d'aller présenter ses hommages lors d'une prochaine occasion accompagné de... sa femme Nevart ! Une telle insolence méritait punition ! 


Sémiramis ordonna donc à ses généraux d'organiser une expédition militaire pour capturer Ara et le lui ramener pieds et poings liés. -N'oubliez pas que je le veux vivant, recommanda-t-elle à plusieurs reprises. Et maintenant allez ! 

L'armée assyrienne se mit en marche vers l'Arménie. Ara, dans sa candeur, n'avait pu imaginer que le courroux d'une reine offensée prendrait de telles proportions. Maintenant, les dés étaient jetés. L'armée assyrienne approchait. Il se devait de réagir. Il réunit donc son armée et se tint prêt pour la bataille.

Du côté assyrien, chaque soldat avait été prévenu qu'il ne fallait pas tuer Ara, ni même le blesser. Mais lui ne connaissait évidemment pas les consignes. A la tête de ses hommes, il se jeta donc dans la mêlée quand les deux armées se retrouvèrent face à face. La bataille faisait rage depuis plusieurs heures déjà, quand une lance aveugle perça le corps d'Ara, qui tomba inanimé. Les généraux assyriens, tremblant à l'idée de la colère de leur reine, ordonnèrent à leurs hommes de se retirer.

Le champ de bataille fut abandonné aux morts et aux blessés. Déguisée en homme, Sémiramis avait suivi les péripéties de la bataille à l'insu de ses généraux. Elle vit de ses propres yeux la chute de l'homme qu'elle aimait. Elle se précipita sur son cadavre ; ses lamentations furent si violentes qu'elles envahirent toute la plaine.

Les généraux assyriens, reconnaissant la voix de leur reine, revinrent auprès d'elle et, tête baissée, attendirent son verdict. Soudain elle se tut. Elle avait eut une idée. Le regard illuminé par l'espoir, elle ordonna à ses hommes de transporter le corps inerte d'Ara sur les remparts de la forteresse voisine.

Dans la religion païenne, il existe des dieux spécifiques pour chaque occasion. Les païens croyaient en ces temps-là, que si le corps d'un brave, tué sur le champ de bataille, était exposé en un lieu élevé, les dieux Haralèz venaient la nuit et le ranimaient  en léchant ses blessures.

Semiramis regarde fixement le cadavre d'Ara le Beau (peinture par Vardkes Sureniants)

C'est cet espoir qui avait quelque peu apaisé Sémiramis. Le corps d'Ara fut donc transporté sur les remparts d'une forteresse, où il fut exposé en attendant la bienveillante intervention des dieux Haralèz. Ce qu'on raconte sur la suite des événements est assez contradictoire.

Les uns affirment que les dieux Haralèz ne justifièrent pas leur réputation.
Ara demeura inanimé et on finit par l'enterrer.

Les autres prétendent, qu'au contraire, les Haralèz eurent pitié de la douleur de Sémiramis et, éblouis par la beauté virile d'Ara, décidèrent d'accomplir leur tâche. Ils léchèrent les blessures pendant trois nuits consécutives et ranimèrent Ara, après avoir extorqué de Sémiramis la promesse solennelle qu'elle renoncerait à lui... Ces événements avaient eu lieu dans la région de Van dont les habitants  racontent encore de nos jours l'histoire d'Ara; ils montrent aux visiteurs les ruines de la forteresse, sur les remparts de laquelle avait été exposé le corps de ce prince. Sa loyauté envers sa femme est devenue pour les Arméniens le symbole de la fidélité conjugale. 

 NOTE wikipedia :
Aramu ou Arame est roi d'URARTU de 855 à 840 av.JC.  Il est considéré comme le fondateur du royaume d'Urartu, dont la première capitale est Arzashkun, au nord-est du LAC DE SEVAN. Le roi Sarduri lui succède.
Le souvenir de ce roi urartéen aurait notamment inspiré le personnage d'Ara le Beau de la tradition arménienne
Ara le Beau (en arménien Արա Գեղեցիկ) est un héros arménien légendaire. Il est célèbre pour l'aventure qui l'a opposé à la reine assyrienne Sémiramis (en arménien ՇամիրամChamiram). Ara le Beau est le fils d'Aram, donc le petit-fils de Haïk, père de tous les Arméniens, et le père de Kardos.
Il est parfois associé au roi urartéen Arame qui vécut au IXe siècle av. J.-C..

LA LÉGENDE DU PRINCE ARTAVASD 

  
Vers l'an 120 après Jésus Christ.
  Le Roi Artashes II, qui régnait en Arménie, était très aimé et respecté de son peuple.
 Les chanteurs de Ghogtan disent à son sujet, que lorsque le Roi fut mourant, le peuple désespéré le pleura, et  beaucoup  se donnèrent la mort, selon les coutumes des païens de cette époque. 
 Le Prince héritier Artavasd (son fils), irrité et  jaloux par toutes ces marques d'honneurs pour son père, lui fit part de son amertume :
 " -Comment vais-je pouvoir régner sur les ruines que tu me laisses ; tu emportes avec toi tout le pays entier !!" 
Son père, furieux de la réaction de son fils, le maudit et lui jeta un sort :
 "Quand tu iras à la chasse, vers le libre Mont Massis* (*Ararat), *Que les "Kajdk"* (*les esprits des montagnes) t'enlèvent et te conduisent vers lui, et que tu y restes, dans les ténèbres éternelles"
...........................
  A la mort du Roi,  tout son peuple accablé de chagrin lui fit des funérailles grandioses.
Certains de ses serviteurs et de ses concubines se donnèrent la mort.
 Après les funérailles du Roi Artashes, le Prince héritier Artavasd persuadé qu'il ne pouvait plus régner sur le territoire de son père tant aimé , conduisit ses frères et sœurs sur les terres de Aghyovd et Arberan.

Quelques années passèrent et le Prince Artavasd, comme à l'accoutumé,  se rendit à la chasse pour traquer le chevreuil et les ânes sauvages sur les rives de la Ghin.
 Alors qu'il se trouvait sur le pont de Artashat, il fut prit soudain d' une panique terrifiante qui lui fit perdre la raison...  Son cheval s'emballa vers une pente raide, et le Prince disparut à jamais dans un gouffre.....
  
Des légendes circulent encore, selon lesquelles le prince enchaîné serait enfermé dans une caverne  et que ses deux chiens rongent les chaines pour le libérer, mais celles-ci se renforcent au fur et à mesure......
  
La légende est si tenace de nos jours, que de nombreux forgerons  frappent l'enclume trois ou quatre fois le lundi, afin de renforcer, comme ils disent, les chaînes de Artavasd....
D'autres  disent qu'à sa naissance, le Prince Artashes avait été ensorcelé ... ou encore qu'un dragon avait volé le bébé Artavasd et qu'il fut remplacé par un diable ....
  
Jacqueline Siranouche Markarian
(Légende inspirée de histoire de l'Arménie, écrite par Moïse de Khorene,
sources complémentaires : "les anciennes croyances arméniennes" (Avetis Aharonian))
  
Borne frontière de Artashes - IIIème siècle avant JC, trouvée près du lac Sevan, Erevan, Musée historique d'Etat. (Photo Dickran Kouymjian)

mardi 14 mai 2013

Arméniens !

Philippe Krikorian

Arméniens !
Dans notre ciel d'orage
fulgurant
tel un éclair de feu
 limpide et clair
comme une source pure
est apparu,
aussi vaillant
que notre Dragon mythique,
l'enfant d'Arménie
être de chair et de sang
qu'aucune défaite ne rebute.
Il porte en lui
tous nos espoirs.
Providence, 
qui pèses sur le destin du monde,
 lourde
est ta mission, 
car 
désormais
c'est d'un Juste
 dont tu es en charge.

Dzovinar

Il y a encore les Justes

Quand tout semble vain
car le mal domine le monde
quand les peuples du sud meurent
sans que s'en émeuvent les peuples du nord
quand la planète toute entière
est aux ordres d'un seul dieu
que rien ne peut abattre
 hommes malades
de bonheur illusoire
livrés à son malfaisant pouvoir
l'argent
heureusement
il y a encore les Justes.

Dzovinar

http://www.lygeros.org/section.php?name=Genocide

Dans la nuit
Nous avons enregistré
le Malentendu*
pour qu'on entende
les mots du philosophe
par le biais de son oeuvre
afin que les hommes eux-mêmes
n'oublient pas
combien la barbarie
peut sembler
normale
aux bêtes
qui se sont
 fixé pour but
d'atteindre
l'absurde
et qui n'ont trouvé
aucun obstacle
même humain.
(*Albert Camus)
Dans la nuit
N. Lygeros
Traduit du Grec par A.-M. Bras

http://lygeros.org/articles?n=12150&l=fr
http://lygeros.org/articles?n=12151&l=fr
http://lygeros.org/articles?n=12152&l=fr
http://lygeros.org/articles?n=12153&l=fr
http://lygeros.org/articles?n=12154&l=fr
http://lygeros.org/articles?n=12155&l=fr
http://lygeros.org/articles?n=12156&l=fr
http://lygeros.org/articles?n=12157&l=fr
http://lygeros.org/articles?n=12158&l=fr

vendredi 10 mai 2013

SAYAT - NOVA - 1722 - 1795


Sculpture à Yerevan

ODE N° 16
Et pour rien au monde, je ne soupirerais


Pour rien, je ne soupirerais,
Tant que toi, tu vivras, pour moi.
Rempli de l'eau éternelle,
Toi - le ciboire d'or pour moi.
Assis, de l'ombre tu me fais,
Belle tente en soie d'or, pour moi.
Apprends mon crime pour me tuer,
Tu es sultan et khan, pour moi.

Taille de cyprès si mince,
Ta peau, de la soie de France,
Langue et lèvres, - un délice,
Tes dents, des perles et diamants,
Prunelles gemmées cerclées d'or,
Tes yeux noirs brillants calices.
Toi, la perle, - la noble perle,
Pur rubis de l'Asie, pour moi.

Puis-je résister au chagrin,
Mon cœur est-il si endurci ?
Tu changeas mes larmes en sang,
Mon esprit n'a plus de chemin.
C'est toi le tout nouveau jardin,
L'enclos entouré de belles roses.
Tel rossignol, je me retourne,
Ô merveille d'amour, pour moi.

Ton amour m'a tout enivré :
En éveil suis, - cœur en sommeil.
En ce monde, tous eurent leur part,
Cœur de toi, resta affamé.
Ma mie, quels mots pour te narrer ?
Au monde, plus rien ne resta.
Toi, la biche et la jument
De feu, sortie des mers, pour moi.

Me parleras-tu, - une seule fois,
Toi - l'Amie de Sayat-Nova ?
La terre, ton ombre l'embrasse,
Toi, splendide en face du Soleil.
Toute parfumée de mille épices,
Rose, violette et jacinthe, c'est toi !
Tu es la fleur pourprée des champs,
Toi, fleur de lys des prés, pour moi.



mercredi 8 mai 2013

ADOLESCENCE



Au matin de ta vie
tu promènes ton regard serein
telle une reine
consciente de sa beauté 
éphémère pourtant ...
Tu es une fleur à peine éclose
qui  ne sait pas encore
que le jour déclinera bientôt ...
Ne laisse pas venir le soir
sans avoir compris
que l'essence de ta vie
est contenue toute entière
dans la richesse du jardin
où tu choisiras de croître,
de grandir.

Dzovinar

dimanche 5 mai 2013

AUDIENCE SPECIALE DU T.G.I. DE MARSEILLE - COMMUNIQUE DE Me KRIKORIAN


Montage Denis Donikian sur un texte de Me Philippe Krikorian

COMMUNIQUE DE PRESSE
AUDIENCE SPECIALE DES REFERES DU TRIBUNAL
DE GRANDE INSTANCE DE MARSEILLE: UNE
AUDIENCE HISTORIQUE !
« La volonté parle encore quand la nature se tait. »
Jean-Jacques ROUSSEAU

Chers Amis,

Encore mille mercis à vous tous, venus nombreux, dans une salle bondée, témoigner votre soutien à une cause universelle. Comme annoncé, l'audience spéciale des référés du Tribunal de Grande Instance de Marseille ( TGI ) s'est tenue le 30 Avril 2013 écoulé. Elle a été ouverte à 10h00 et levée à 12h15.
J'ai été particulièrement fier de plaider pendant deux heures ce dossier hors du commun. Et on peut dire, sans excès, que le 30 Avril 2013 a été et restera un jour historique !
Ce, à plusieurs titres.
- D'une part, c'est la première fois, en France, qu'une juridiction judiciaire était saisie d'une demande contentieuse tendant, sur le fondement de la voie de fait, à la transposition en droit interne d'un acte de droit dérivé de l'Union européenne, en l'occurrence la Décision-Cadre 2008/913/JAI du 28 Novembre 2008 sur la lutte contre certaines formes et manifestations de racisme et de xénophobie au moyen du droit pénal.
Cette transposition est une double obligation juridique, tant en vertu de notre Constitution ( art. 88-1 ) que du droit de l'Union européenne.
On en déduit logiquement que le défaut de transposition, près de trente mois après l'expiration du délai imparti à la France pour ce faire, ne peut s'autoriser d'aucun texte national ou international. La voie de fait, qui est l'impossibilité manifeste de rattacher l'action ou l'omission de la Puissance publique à un pouvoir légalement reconnu par un texte, est, dès lors, parfaitement caractérisée en l'espèce.
La compétence du juge judiciaire des référés est, partant, évidente.
Quant à l'exercice de ses pouvoirs, sur le fondement de l'article 809 du Code de procédure civile ( CPC ), il ne fait pas davantage difficulté. L'injonction qu'il lui est demandé de délivrer au Premier ministre de déposer un projet de loi de transposition est bien de nature à « faire cesser un trouble manifestement illicite » ( art. 809, al. 1er CPC ) et assure l'exécution d'une obligation de faire dont l'existence n'est pas sérieusement contestable ( art. 809, al. 2 CPC ) : transposer la décisioncadre du 28 Novembre 2008.
…/...
2/3
- De deuxième part, cette affaire qui traite du Génocide Arménien et des autres crimes contre l'humanité, notamment sous l'angle du négationnisme, met en lumière une incongruité du droit positif français dont se prévaut l'Exécutif, savoir l'acte de gouvernement. Comme le disait justement le Doyen Paul DUEZ, au siècle passé, « tout régime qui a l'ambition de réaliser l'Etat de droit doit biffer de ses institutions ce symbole défectueux qu'est l'acte de gouvernement. » ( Les actes de gouvernement, 1935, Dalloz 2006, p. 210 ).
Cette théorie fumeuse, aux fondements juridiques vacillants, à relier à la création napoléonienne du Conseil d'Etat soucieux d'assurer sa pérennité face au pouvoir de la Restauration, ne trouve plus, aujourd'hui, aucune justification sérieuse et doit disparaître de notre ordonnancement juridique. Elle est la survivance archaïque de la « Raison d'Etat » quand seule la « Raison universelle » ( le Droit, selon PORTALIS ) doit régir l'action des hommes. Il est d'autant plus anormal que l'Etat puisse, encore, au vingt et unième siècle, s'en prévaloir, qui plus est dans une enceinte judiciaire pour prétendre exclure tout contrôle juridictionnel.
D'où ma question prioritaire de constitutionnalité ( QPC ) relative à l'article 26 de la loi du 24 Mai 1872 sur l'organisation du Conseil d'Etat qui cristallise la théorie de l'acte de gouvernement. Et si on ne doit pas spéculer sur la décision à intervenir, on peut, assurément, au vu du principe de séparation des pouvoirs ( art. 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 Août 1789 – DDH : « Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n'est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée n'a point de Constitution. » ), dire d'ores et déjà ce qu'elle ne doit pas être : l'exécution d'un diktat gouvernemental.
Comme l'énonce clairement et justement la Doctrine classique :
« ( … ) Un acte ne peut présenter, en même temps, les caractères de la voie de fait et ceux de l'acte de gouvernement, et échapper sous la seconde qualification aux conséquences qu'entraînerait pour lui la première ; acte 'manifestement insusceptible de se rattacher à l'exécution d'un texte légal ou réglementaire', la voie de fait ne saurait être réputée acte de l'autorité publique ; qu'il administre ou qu'il gouverne, en effet, l'exécutif doit fonder son action sur l'assise de la loi ; un acte auquel cette assise manque ne peut plus être considéré comme acte de gouvernement, puisqu'au moment même où il l'accomplit, et du seul fait qu'il l'accomplit, le gouvernement cesse d'agir en tant que gouvernement. Les deux notions sont donc antinomiques, et l'exécutif ne saurait échapper aux conséquences de la voie de fait en couvrant celle-ci du manteau de l'acte de gouvernement. ( … ) »
( Professeur Jean RIVERO, JCP 5542, note sous TC, 02 Février 1950, Radiodiffusion Française c/ Sté de gérance et de publicité du Poste de Radiodiffusion « Radio-Andorre » )
Ainsi, la décision du juge des référés est-elle enfermée dans l'alternative à deux branches
suivante :
- ou bien, en application de la jurisprudence Guigon du Tribunal des conflits ( 27 Juin 1966 ), il constate la voie de fait manifeste imputable à l'Etat et il délivre injonction au Premier ministre de déposer un projet de loi de transposition de la décision-cadre du 28 Novembre 2008, après, le cas échéant, question préjudicielle posée à la CJUE quant à la conformité au droit de l'Union européenne de l'article 1er, § 4 ;
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- ou bien, il s'estime ( mais ne se déclare pas ) incompétent pour connaître de l'affaire, au profit du Conseil d'Etat, en relevant qu'il s'agit de prendre un décret ( le projet de loi est présenté au Parlement sous forme de décret ) et il a l'OBLIGATION ( et non pas seulement la faculté ), en vertu de l'article 34 du décret du 26 Octobre 1849 réglant les formes de procéder du Tribunal des conflits, de saisir le Haut tribunal pour que celui-ci tranche la question de la compétence.
Toute autre décision serait contraire au Droit et devrait être attaquée par la voie juridictionnelle. Il est clair, dans ces conditions, que la décision d'incompétence rendue le 26 Novembre 2012 par le Conseil d'Etat n'est pas un échec – en tout cas, pas le nôtre -, mais, à l'inverse, le premier terme du mécanisme juridictionnel pouvant conduire à la saisine du Tribunal des conflits, ce qui, en soi, serait déjà une victoire.
Comme on le voit, c'est une responsabilité écrasante qui pèse sur les épaules du juge des référés du TGI de Marseille. Il porte la Justice, comme Atlas portait le Monde. Mais, l'histoire montre que l'autorité judiciaire sait se souvenir qu'elle a été désignée par la Constitution ( art. 66 ) comme la gardienne de la liberté individuelle ( v. TC, 02 Février 1950, Radio-Andorre ) et, au-delà, en présence d'une voie de fait, comme l'institution protectrice des droits fondamentaux, ici, le droit au respect et à la protection de la dignité humaine ( Préambule de 1946 ).
Nous pouvons, donc, être raisonnablement confiants.
- De troisième part, ce dossier illustre de façon emblématique ce que j'appelle l'Agir juridictionnel, c'est dire la mise en oeuvre devant le juge du droit constitutionnel du citoyen de concourir personnellement à la formation de la loi ( art. 6 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 Août 1789 – DDH – v. mon article publié à la Gazette du Palais, n°324-325 des 19-20 Novembre 2008 et sur mon site internet ).
La consécration dans la norme suprême du statut constitutionnel de l'Avocat défenseur ( mon article Gaz. Pal. N°334-336, 2-4 Décembre 2007 ) en sera la prochaine illustration.
Aussi, avec ou sans couverture médiatique, avec ou sans organisation représentative de la communauté arménienne, notre détermination ne faiblira pas. Celle-ci se nourrit des résistances abusives au progrès que certains misologues tentent de nous opposer en vain. Notre course inexorable vers le triomphe de la Vérité et de la Justice n'est pas achevée. Mais elle est sûre. Trempée dans la plus pure vertu, notre volonté d'acier inspirée par le Bien commun ne fléchira ni ne cassera. Guidée par la Raison universelle, elle nous conduira au succès de nos prétentions légitimes et à la paix des âmes.
Emile ZOLA ne me démentirait pas : La Vérité est en marche et rien ne l'arrêtera.
J'ajoute : le Droit, lui, ne ment pas.
Marseille, le 05 Mai 2013
Philippe KRIKORIAN, avocat au Barreau de Marseille