mercredi 9 avril 2014

"Le monde de Vincent" - Alexandroupolis (Grèce)

C'était en 2009 ... A Alexandroupolis


 Pour l'exposition des toiles de Nikos Lygeros
"Le monde de Vincent"
précédée d'une conférence sur Vincent van Gogh

Une belle occasion pour moi de découvrir cette ville de Grèce
dont je suis revenue le coeur plein de toute l'amitié que j'ai reçue en cette circonstance de "l'équipe grecque" du maître et dont je garde encore le souvenir ému...

- Je voudrais un café s'il vous plaît
- french coffee ?
- Pourquoi, vous avez d'autres choix ?
La jeune barmaid de la taverne grecque, derrière son bar, me désigne une boîte de Nescafé ..
- No, no, yes french coffee
Elle sert le café qui s'écoule d'une cafetière
- Je cherche le "Musée d'Histoire "... (je sors mon plan d'Alexandroupolis) vous voyez, à l'hôtel on a marqué d'une croix l'emplacement du musée ... mais c'est trop imprécis ! Vous comprenez ? ça fait une heure que je cherche, questionne des passants, personne ne peut me dire où il se trouve !
Elle réfléchit, appelle l'autre serveuse et lui dit quelque chose en grec. La petite sort en courant puis revient au bout de quelques minutes. Explications entre elles. La barmaid me fait signe de la suivre dehors et m'indique la rue, là, à gauche, puis tout droit et je comprends qu'ainsi  je serai  en vue du musée.
Rassurée, je bois mon café copieusement servi dans une grande, haute, tasse de porcelaine. Elle a aussi posé un verre et une petite bouteille d'eau sur la table. Ce qui me fait sourire car je n'en avais pas fait la commande.
Prête à partir je fais signe à ma charmante barmaid "la note". Elle répond d'un geste de la main "non". Elle n'a pas compris : j'insiste, je voudrais vous payer ... elle confirme : non, non ...
Et je sais alors qu'elle m'offre ce café ! Etonnée, prise au dépourvu, je reste muette, émue et  muette ; elle rit de mon étonnement. L'hospitalité grecque ... Alors en quittant la taverne, de loin, du creux de ma main, je souffle un baiser vers elle.

Je n'ai pas trouvé de musée là où ses explications m'envoyaient.

Mais la providence veillait et j'ai croisé une femme qui parlait français et qui me conduisit jusqu'au musée ... qui était quasiment en face de la taverne où l'on m'avait si gentiment reçue !

Je suis rentrée à l'hôtel le coeur léger : la conférence de Nikos était prévue pour le lendemain : je serai sur place à l'heure dite.

La façade de verre du Musée laisse voir la salle d'exposition où se tiendra aussi la conférence. Je suis en avance sur l'horaire, et la salle largement éclairée m'attire comme une mouche par un pot de miel. Le nez collé à la vitre, les tableaux, taches lumineuses sur les murs blancs, accrochent aussitôt mon regard. Je les reconnais car nous  en avions eu la primeur sur le forum de Netarmenie*. Néanmoins, ainsi, elles sont bien plus vivantes, éclatantes.

Face à Nikos assis derrière un bureau, un groupe est déjà présent. Ce sont des jeunes gens dont certains constituent son "équipe grecque". Je l'apprends lorsque Nikos m'apercevant, se lève pour m'accueillir chaleureusement puis me présente chacun d'entre eux avec beaucoup d'humour et de bonne humeur. Le sentiment que j'ai éprouvé alors, pendant un instant, doit ressembler à celui que ressent un personnage très important à qui on fait les honneurs !

Maria et Sani membres de "l'équipe grecque"

Avant la conférence : cours de diction
Lecture sous le regard attentif du professeur, d'un poème consacré à Vincent van Gogh (Metteur en scène et auteur, Nikos s'intéresse de près au théâtre et ne rate jamais une occasion d'en partager l'enseignement)

La salle s'est remplie et c'est tout à loisir que j'ai observé l'intérêt soutenu que soulevait  la conférence sur le thème  "Vincent van Gogh" appuyée avec quel talent par les représentations picturales réalisées par Nikos : "Ce sont des tableaux qu'il faut toucher, au contraire de ce qui se pratique habituellement" m'avait dit Nikos. "C'est aussi par une sensation tactile qu'on peut en prendre connaissance".



 


quelques-un des tableaux parmi la cinquantaine exposée

 Devant "mon" tableau (un de ceux que j'aime plus particulièrement)

- Nikos, vas-tu vendre ces tableaux ?
- Non, ils ne m'appartiennent pas.
- ???
- Ces tableaux ont été réalisés grâce à l'apport de chacun des membres du groupe : l'un a acheté les toiles, un autre
 les pinceaux, un troisième la peinture ... de sorte qu'ils sont chacun propriétaires de deux tableaux.
- C'est une bien belle démarche.
toujours présents les amis ...
Mary organisatrice de l'exposition

La conférence est terminée, la salle se vide : Mary s'approche de moi et m'apprend que nous allons tous dîner dans un restaurant arménien ; la sensation que j'éprouve depuis le début d'être sur un petit nuage s'accentue encore.

Le propriétaire du restaurant venu d'Arménie  depuis une quinzaine d'années, nous sert une cuisine typique et savoureuse. 

Une occasion pour des échanges privilégiés avec le Maître ...
... et plus personnel : anniversaire de Vicky  !

A la fin du repas, le restaurateur nous propose de nous retrouver le lendemain pour une visite à l'église arménienne dont il a les clés, et qu'il ouvrira à notre intention.

 Enclavée entre de hauts immeubles, l'église arménienne d'Alexandroupolis édifiée en 1845.
On  peut y voir livres et parchemins dont celui-ci datant du XVIIIe siècle env.
Nikos, Vicky sa secrétaire, et à droite, une de ses élèves
Notre ami restaurateur et Mary

 photos-souvenirs de notre passage ...

Quelques images d'Alexandroupolis cueillies au cours de  balades dont je garde intact le plaisir bienfaisant

Le phare construit par la France en 1880 lorsqu'elle participa activement à l'édification du port d'Alexandroupolis au XIXe s. en raison de l'importance stratégique que représentait sa réalisation.
 Aux aurores (10 h du matin...) il pêche des coquillages pendant que d'autres ...
... obéissent à un rituel qui ne souffre aucune dérogation : taper la belote sur les bancs du square ...
... dans lequel arbre et soldat mènent un même combat pour la liberté ...
... et qu'une pieuse femme, après sa prière devant la stèle religieuse, pourvoit aux besoins de nombreux pigeons.
Et la mer peinte au couteau ...
... offre au promeneur solitaire, à l'infini, son horizon grandiose...
Là, tout n'est qu'ordre et beauté ...

Je t'ai aimé, Alexandroupolis 
certaines de tes ruelles évoquaient l'Arménie ...
C'était en mars 2009

*******
*Netarmenie : un journal franco-arménien en ligne sur le forum duquel j'ai "rencontré" Nikos Lygeros en 2007 à la faveur de ses nombreux travaux postés à cette époque par notre amie Louise Kiffer. Ce journal a mis un terme à ses parutions depuis deux ans environ. Ce qui a motivé la création de mon propre blog ...


2 commentaires:

  1. Bonjour Dzovinar
    Comme tu as du vivre un beau séjour ! surtout lorsque l'on se trouve dans l'aura d'une personne que l'on admire, et puis de retrouver un petit bout d'Arménie, a du produire une grande émotion.
    Pour ce qui est de la peinture, PARDON de dire cela, mais je trouve qu'elle emprunte trop fortement l'écriture de Van Gogh...Il y a des peintres merveilleux d'Amérique Latines qui ont su dans la stylisation et la simplicité, trouver une expression personnelle très originale.

    Belle journée

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  2. Ainsi que tu l'as compris tout s'est conjugué pour faire de mon court séjour à Alexandroupolis un événement très dense à plus d'un titre qui laisse une trace riche, profonde. Lorsque Nikos Lygeros étudie des êtres qui ont occupé une place essentielle dans l'évolution de l' humanité, il s'attache effectivement à les étudier en profondeur, afin d'en pénétrer le plus parfaitement possible l'esprit, d'en saisir chaque particularité, et s'approcher ainsi au plus prés de son écriture originelle et la traduire à son tour. Selon moi ...

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