lundi 20 octobre 2014

ANOR - (POUR LUI) (vidéo)

video

Musique Berbérian
chant : Dzovinar
piano : Thérèse Sinote
sur des pastels et photos de Dzovinar
Tableaux : Aivazovski - Afremov - Lala

"Mon coeur et mon corps sont la proie d'un amour qui me broie - comme la meule du moulin broie le blé - 
quand le ciel s'éclaircira-t-il enfin et verrai-je mon aimé
aussi éblouissant que la lumière de la croix ?
Voyons, me disais-je,  je veux lui donner la rose
que tient ma main ...
s'il la refuse,  je lui donnerai une pomme d'or ...
s'il la refuse encore,  j'arracherai mes cheveux
pour les lui offrir...
s'il s'en détourne à nouveau ...
alors ...
que j'arrache mon âme et la lui donne !"

 *hokis = âme

*****

lien youtube : 

https://www.youtube.com/watch?v=qDJGfB_QNeQ&feature=youtu.be


419 – Imprescriptible, base documentaire sur le génocide arménien è D. Donikian

vendredi 17 octobre 2014

LES LIENS HISTORIQUES ET CULTURELS ENTRE ARMÉNIENS ET ARABES

Grand merci à Jacqueline-Siranouche Markarian pour ses recherches.



LES LIENS HISTORIQUES ET CULTURELS ENTRE ARMÉNIENS ET ARABES



Pr Nicolaï Hovhanissian, département arabe de l'Institut des études orientales d'Erevan.
Présentation de l'Institut - aujourd'hui le Pr N. Hovhannissian est directeur de l'Institut des Etudes orientales qui fait partie de l'Académie des Sciences de l'Arménie
Krounk, Erévan (Arménie) - 1984- XII - pp19-21


Les relations arméno-arabes plongent leurs racines dans les profondeurs des siècles. Appartenant à un même milieu géographique, le Proche-Orient, ces deux peuples antiques, porteurs d'une haute culture, ont depuis des temps immémoriaux, entretenu des rapports politiques, économiques, intellectuels et culturels, d'autant plus étroits, que par un concours de circonstances politiques, ils ont fait partie, à diverses époques historiques, des mêmes groupements d'États. En 84-86 avant notre ère, la Syrie, le Liban (la Phénicie), la Palestine et la Mésopotamie ont fait partie du puissant État arménien de Tigrane le Grand.

Plus tard, aux VII°-IX° siècles, c'est l'Arménie qui fera partie du califat arabe. Tous ces facteurs objectifs ont contribué à la connaissance réciproque des Arméniens et des Arabes, à l'interpénétration de leurs cultures.

Les faits historiques attestent que le Moyen Âge, les penseurs et les chroniqueurs arabes témoignent un vif intérêt pour les travaux des chroniqueurs arméniens, pour la pensée et la mythologie du peuple arménien, s'efforçant par le truchement de la langue arabe, de les mettre à la portée de leurs compatriotes. La traduction dès le Moyen Âge de l'Histoire des Arméniens de notre chroniqueur du V° siècle, Agathange, en est la preuve.

L'illustre chroniqueur arabe du X° siècle, Mas'udi, dans son oeuvre scientifique et historique "Sables aurifères et gisements de pierres précieuses", a inséré la légende "Ara et Sémiramis" enregistrée dès le V° siècle par le patriarche de nos historiens, Movsès Khorénatsi.

Mentionnons encore le vif intérêt que manifeste Kosta Ibn Luca pour les études scientifiques du grand savant, mathématicien et astronome arménien du VII° siècle, Anania Chirakatsi.

Les Arméniens ont témoigné un vif intérêt pour la poésie arabe du Moyen-Age, un des joyaux du patrimoine littéraire de l'humanité.

Les contacts arméno-arabes ont été particulièrement fructueux dans le domaine de la médecine. La science médicale arménienne et arabe du Moyen-Âge avait atteint un haut niveau de développement. Les recherches de Mekhitar Hératsi (XII° siècle), Grigoris (XIII° siècle) et Amirdovlat Amassiatsi (XV° siècle) avaient répandu le nom de leurs auteurs hors des frontières nationales les portant à la connaissance des peuples voisins, dont les Arabes. Il faut tout particulièrement mentionner le haut développement de la médecine en Arméno-Cilicie (XI°-XIV°siècles) où, médecins arméniens et arabes exerçaient côte à côte.

Le XII° siècle nous a légué les noms de deux sommités médicales: l'Arménien Mekhitar Hératsi et le Syrien Abu Saïd. Ce dernier entretenait des rapports étroits avec les intellectuels arméniens, en particulier avec Nersès Chnorhali et Nersès Lambronatsi.

L'original de l'oeuvre largement répandu en Arménie médiévale, "L'Anatomie de l'homme" d'Abu Saïd ayant été perdu, son ancienne traduction arménienne qui nous est parvenue, a valeur d'original.

Une nouvelle étape dans les relations arméno-arabes commença avec le retrait de l'Arménie du califat et le rétablissement de sa souveraineté en 885.

Le calife al-Mut'amid, un des premiers à reconnaître l'indépendance de l'État arménien, envoya, en signe de respect, une couronne au roi Bagratide des Arméniens, Achot 1er. D'activés relations politiques et diplomatiques s'établirent entre les deux États voisins, qui se maintinrent jusqu'à la chute de la dynastie des Bagratides an 1045.

Les chroniqueurs arabes parlent avec d'Ali Ibn Yahia al-Armani, personnalité politique et militaire d'origine arménienne du IX° siècle, qui s'était illustré lors des campagnes contre les Byzantins. Il avait occupé le poste de gouverneur d'Arminia, qui réunissait l'Arménie, la Géorgie, l'Albanie du Caucase et le Darbande. L'amiral Husun al-Dine Lullu, d'origine arménienne, était un des capitaines les plus en vue des forces navales arabes. Quant à Fostat Vahram, on le considère comme un des fondateurs du Caire.

Les Arméniens jouissaient d'une situation exceptionnelle en Egypte durant le règne des califes fatimides (960-1171). Mentionnons, parmi les plus célèbres, Baghr al-Djamal qui occupa successivement les postes de la garnison de Damas, de gouverneur militaire de la province d'Akka et de chef de l'amirauté égyptienne.

Une autre personnalité éminente, ayant occupé des postes de haute responsabilité était le prince Vahram Pahlavouni (Bahram aïl-Armani), vizir tout puissant du calife Hafiz (1130-1149). Il portait le titre de "Taj al-Daula" (couronne de l'État).

Le cours naturel des relations amicales entre Arméniens et Arabes fut interrompu à la suite des invasions désastreuses des Seidjoukides, des Mongols et des Turcs, qui anéantirent les centres culturels, détruisirent ou massacrèrent les représentants de la science et de la culture des pays arabes et de l'Arménie.

Au XVI° siècle, l'Empire ottoman conquit presque tout le monde arabe, et au XVII° siècle, l'Arménie occidentale.

Les nombreuses invasions dévastatrices et la conjoncture politique précaire, provoquèrent l'exode des Arméniens vers divers pays, y compris les pays arabes. C'est ainsi que, dès le bas Moyen-Âge, des communautés arméniennes se constituent en Egypte, en Syrie, au Liban, en Palestine, qui, malgré les fluctuations de leurs effectifs, parviennent à maintenir leur existence jusqu'à nos jours.

Les colonies arméniennes jouent un rôle exceptionnel dans le développement des relations amicales arméno-aràbes. Elles sont un des maillons reliant les peuples arabes et arméniens.

Dès le Moyen-Age, dans nombre de villes telles que Le Caire, Alep, Bagdad, Beyrouth et d'autres, les Arméniens avaient leurs propres quartiers résidentiels et leurs propres établissement nationaux: hôpitaux, écoles, scriptoria. Plusieurs manuscrits de grande valeur virent le jour dans ces derniers.

A la noble attitude du peuple arabe, les Arméniens ont répondu en apportant leur contribution au développement de la vie économique et culturelle de leurs pays d'adoption.

Au Moyen-Age, les Arméniens ont joué un rôle important dans le développement des métiers dans les pays arabes, en particulier dans le domaine de la métallurgie, l'armurerie, la maçonnerie, le tissage, la couture, la tannerie, l'orfèvrerie, la ferronnerie.

Les Arméniens et les Arabes se considéraient comme des alliés naturels. Leurs luttes contre la tyrannie ottomane prennent des allures plus organisées et plus générales dans la deuxième moitié du XIX° et au début du XX° siècles.

C'est l'époque du réveil arabe – "la Nahda". L'animation de la vie sociale et politique, l'exaltation de la lutte de libération des Arabes furent joyeusement accueillies par les peuples non turcs de l'Empire ottoman y compris les Arméniens, qui assimilaient cette lutte à leur combat contre l'ennemi commun – la tyrannie ottomane. En sorte que la participation active des Arméniens à la Nahda amorcée au Liban, en Syrie et en Egypte ne fut pas le fait d'un simple hasard.

Plusieurs témoignages et documents officiels attestent que les forces patriotiques arabes, à leur tour, soutenaient la lutte de libération des Arméniens et leurs revendications nationales.

Ainsi à la veille de la Première Guerre Mondiale, se précisaient déjà les objectifs et les terrains de coopération entre Arabes et Arméniens.

Les Jeunes-Turcs et plus spécialement le triumvirat Enver-Talaat-Cemal, les futurs bourreaux des Arméniens et des Arabes, se rendaient parfaitement compte du danger que cela présentait pour l'Empire ottoman. Mettant à profit l'aubaine que leur offrait la Première Guerre mondiale, ils décidèrent de trancher la question nationale par les massacres, choisissant en guise de premières victimes les Arméniens et les Arabes. L'historien égyptien bien connu, Amir Saïd, parlant de cette question dans son livre "Les Insurrections arabes au XX° siècle" exprime cette opinion tout à fait pertinente: "Ils (les dirigeants jeunes-turcs- N.H.) décidèrent que le moment était venu de mettre un terme aux deux puissants mouvements nationaux : celui des nationalistes arabes en Syrie, en Iraq et au Hedjaz, et celui des Arméniens en Anatolie orientale."

Ayant exterminé la plupart des Arméniens, la direction des Jeunes-Turcs ordonna de déporter les survivants vers les déserts arabes, dans l'espoir que ces malheureux seraient engloutis par les sables du désert, et qu'en leur qualité de chrétiens, ils trouvaient auprès des Arabes musulmans un accueil hostile. Mais leurs espoirs ne furent pas réalisés. Ces mêmes années furent cauchemardesques pour les Arabes.

A Beyrouth, à Alep et à Damas, dans les années 1915-1916, les bourreaux ottomans firent pendre des centaines de dirigeants du mouvement de libération arabe. Les exécutions, la terreur, l'arbitraire et la famine faisaient rage dans le monde arabe. Des dizaines de milliers de familles arabes furent refoulées vers les déserts. Les leaders jeunes-turcs appliquaient aux Arabes leur riche expérience acquise lors des massacres des Arméniens.

En dépit de leur condition critique, les Arabes tendirent aux Arméniens sans défense une main charitable. Les gouverneurs arabes de maintes régions refusèrent de suivre l'ordre du gouvernement turc leur enjoignant d'exterminer les Arméniens. Le gouverneur de Deir ez-Zor, Ali Souad, d'origine arabe, non seulement refusa d'exterminer les Arméniens réfugiés dans sa province, mais encore il fit construire un orphelinat pour l'accueil de mille jeunes Arméniens, les y installa et subvint à leurs besoins. Pour cet acte noble et humain, le gouverneur arabe fut relevé de ses fonctions.

Quand le gouverneur de Mossoul reçut l'ordre du gouvernement turc d'exterminer les Arméniens de sa province, il convoqua les dignitaires arabes de son entourage. Ceux-ci s'opposèrent catégoriquement à ce plan, en invoquant "que leur conscience ne pouvait admettre que le peuple arabe verse le sang arménien". Grâce à cette décision, une partie des Arméniens réfugiés à Mossoul parvint à échapper à l'anéantissement. On peut trouver de nombreux exemples identiques.

Selon des estimations approximatives le nombre des Arméniens habitant dans les pays arabes atteint, aujourd'hui un demi million.

Le peuple arménien reconnaissant, a toujours été prêt à payer sa dette de gratitude aux Arabes, défendant leur indépendance politique, contribuant à leur progrès économiques, scientifiques et culturels. Les liens fraternels arméno-arabes se consolidèrent plus encore à l'occasion de leur lutte commune contre les occupants étrangers, au nom de l'indépendance politique des pays arabes.

Sources ADIC- http://www.globalarmenianheritage-adic.fr/…/arabes_armenien…

Photo : Astrolabes arabes médiéval du IXème et Xème siècle avec des inscriptions arméniennes
[Histoire de l'astronomie arménienne B.E. Thoumanian, Erévan, 1964]
Photos : Sauvés par des arabes au prix de leur vie, des rescapés arméniens pendant le génocide des Arméniens.



Photo 1
Photo 2




Photo 3




Photo 4



Photo 5




Photo 6



Photo 7




Photos 1 et 2 : Astrolabes arabes médiévaux des IXe et Xe siècle avec des inscriptions arméniennes
(Histoire de l'astronomie arménienne B.E. Thoumanian, Erevan, 1964).

Photo 3 : Un groupe d'enfants arméniens recueillis par des familles de Bédouins arabes, bien nourris, en bonne santé, convenablement habillés.

Photo 4 : Malatia - Harutyun et Krikor Tashjian, originaires de Malatia, récupérés auprès d'une tribu arabe.

Photo 5 : Un Bédouin ayant sauvé des enfants arméniens à Alep, buvant une tasse de café.

Photo 6 : Un document rare a été mis au jour, témoignant l'assistance d'une tribu arabe (Afrique du sud ?) aux orphelins arméniens en 1921.

Photo 7 : Survivants du génocide qui ont rejoint le groupe de secours arménien. Les femmes et les enfants, tous sauvés par les Bédouins arabes (sans obligation d'islamisation au contraire des Turcs et des Kurdes).
   



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jeudi 16 octobre 2014

#Turkey #RecognizeTheArmenianGenocide

#2015RATG
#Turkey #RecognizeTheArmenianGenocide
Cette campagne est lancée dans le cadre de la célébration du centenaire du génocide des arméniens en collaboration avec le CCAF et la mission 2015. Elle s’adresse d’abord à la Turquie mais également aux USA et à ISRAËL.
CAR SEULE LA VERITE RECONNUE NOUS PERMETTRA DE REVIVRE
ET POUR QUE NOS ENFANTS A NAITRE PUISSENT VIVRE LIBRES !




Avec Knar Sakalian et Dzovinar

417 – Les déportations d’Edirne et des environs - D. Donikian


417 – Les déportations d’Edirne et des environs


lundi 13 octobre 2014

dimanche 12 octobre 2014

2796 ème anniversaire de Erebouni-YEREVAN ! (Arménie)

Yerevan - 2014


2796ème anniversaire de Erebouni-YEREVAN! 

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Devenue Yerevan, mon Erebouni
Toi notre nouvelle Dvi'n (siège catholicossal)
Notre nouvelle Ani (Capitale du 11e au 13e s.)
Toi, de notre petite patrie, le grand rêve,
Toi, nostalgie séculaire,
Toi, grâce de pierre.
Tu as traversé les millénaires,
Mais tu es restée adolescente
Avec ton père Massis (Ararat)
Avec ta mère l'Araxe (fleuve)
Que tu croisses en siècles Yerevan.
Dans notre coeur
Nous avons des cris de sang
Beaucoup de souhaits non accomplis
Sans toi, notre cri se perd en vain
Sans toi, notre désir ardent devient glace.
Devenue Yerevan, mon Erebouni ...etc
Dans la vie chaque amour est différent
Mais nous nous sommes énivrés de toi,
Notre amour est brûlant comme tes roches dorées
Notre amour est profond comme tes siècles qui se succèdent.
Devenue Yerevan, mon Erebouni, ...etc.

Le dernier lien - Dzovinar

416 – Rapports de voyageurs sur les atrocités de Cilicie - D. Donikian

samedi 11 octobre 2014

Conférence de Nikos Lygeros ""Oser l’impossible jusqu’au sacrifice..."

Conférence de Nikos Lygeros sur 
"Oser l’impossible jusqu’au sacrifice comme jadis Prométhée, est-ce ce qui manque à notre humanité repue"
CAFE DE LA CLOCHE 4, rue de la Charité - Lyon 2e. 10/10/2014

Partie 1
Partie 2
Partie 3
Partie 4

414 – Le massacre de Marache - Les évènements d’Erzeroum - D. Donikian

mercredi 1 octobre 2014

Instruments de musique de tradition arménienne

Instruments de musique traditionnels Arméniens 

13-10-2008    Source : Par J.N.K. – « France-Arménie »

LE DOUDOUK

La flûte hautbois « Doudouk » est considérée comme le plus « arménien » des instruments traditionnels, dans le sens où les Arméniens lui ont donné ce cachet particulier qui le rend inséparable de leur musique.
Doudouk
collection de doudouks
La flûte est un instrument remontant à une haute antiquité, dont les plus anciens spécimens, datés de 3500-4000 ans, ont été trouvés en Egypte. La forme de flûte qu’est le Doudouk est spécifique à la zone du Sud-Caucase. Il est ainsi répandu chez les Arméniens, les Géorgiens, les Azerbaïdjanais, et par influence chez les Turcs (qui l’appellent « Mey ») et les Kurdes.
Flûte cylindrique de 30.5 cm, le Doudouk est percé de 8 trous, plus un en-dessous. Aujourd’hui on trouve également des Doudouks un peu plus longs, dotés de 10 trous, utilisés pour les solos. Au contraire de la flûte moyen-orientale Ney ou Nay, dont le bout supérieur est seulement biseauté, il est muni d’une anche double en roseau, ou « ghamich », cerclé par une bague de régulation afin d’ajuster la note. Le Doudouk est d’ordinaire en bois d’abricotier, ou de poirier.
La technique de jeu particulière à cet instrument est celle du souffle circulaire, où le musicien parvient à respirer tout en soufflant. De plus, les doudoukistes jouent souvent à deux, l’un interprétant la mélodie et l’autre maintenant une note continue harmonique ou « dam ».
Le  son du doudouk, profond et plaintif, doux et velouté, légèrement nasillard, est particulièrement adapté à l’expression de la tristesse, du recueillement , mais il n’est pas cantonné dans ce seul registre et participe à toutes les manifestations de fête. C’est un des éléments essentiels de l’orchestre, pour l’interprétation de la mélodie et aussi des contre-chants.
La famille des instruments à vent

Outre le Doudouk, la musique traditionnelle arménienne possède toute une palette d’instruments à vent.
Le Chevi (ou Toutak) est la flûte piccolo des bergers, aux sons aigus et légers, très présente dans l’orchestre, en contrepoint au Doudouk.
Chevi
chevi
Le Zourna, flûte à anche double, terminée par une extrémité conique, dotée d’une forte résonance dans le registre aigu, est d’ordinaire jouée en plein air, accompagnée du Dehol, le tambour, au cours des réjouissances populaires.
Zourna
zourna
Le Pekou se rapproche du Zourna, mais n’a qu’une anche simple et est muni à son bout d’un pavillon en corne, qui lui donne un son nasillard.
Pekou
pekou
Le Ploul, commun aux Arméniens et aux Kurdes, n’a pas d’anche et se joue obliquement à la manière du Ney : son timbre est doux et velouté, et le principe de son jeu diatonique, de demi-ton en demi-ton.
Ploul
ploul
Le Srink est, comme le Ploul, une flûte cylindrique sans anche, tombée en désuétude aujourd’hui.
Srink
srink
Enfin l’Arménie possède sa propre forme de cornemuse, ou Parkapezouk.
 Parkapezouk
parkapezouk
LE TAR
Le Târ est un instrument originaire d’Asie Centrale. Luth à long manche à cordes pincées, il se distingue fondamentalement du Oud et du Saz par sa table d’harmonie en peau, généralement d’agneau mort-né, ou de poisson (silure). Târ signifie “corde” en persan; l’origine historique de l’instrument n’a pu être définie avec exactitude mais on le rattache à la famille des rebab, répandue à partir de l’Asie Centrale dans tout le Moyen-Orient. Il serait apparu  en tout cas dans sa forme actuelle vers le milieu du XVIIIè siècle, selon le spécialiste Jean Düring.
Tar
tar
Propre aux trois peuples iranien, arménien et azerbaïdjanais, le Târ a subi des modifications notables en Iran, concernant la caisse de résonance, la technique du jeu et le nombre de cordes, alors que le Caucase conservait la forme originelle de l’instrument.
Possédant une caisse moins profonde, mais aussi plus allongée, le Târ caucasien peut être tenu sur la poitrine, la main droite soutenant l’instrument et pinçant les cordes. Ces modifications entraînent une modification sensible du timbre.
La caisse du Târ est en bois de mûrier, et a la forme caractéristique de deux coeurs réunis par la pointe, la partie inférieure, plus grande, soutenant le chevalet. Le long manche en noyer comporte de 22 à 25 ligatures en boyau (ou frettes) qui peuvent être déplacées. Les cordes métalliques sont au nombre de 6 (dont deux doublées) pour l’instrument iranien sur une étendue de deux octaves et demie, mais vont jusqu’à 11 pour la variante caucasienne, dont 5 mélodiques et 6 harmoniques, et 8 couplées deux par deux. Elles sont pincées à l’aide d’une lamelle métallique sertie dans une boulette de cire (style persan), ou d’un médiator en corne.
Instrument soliste ou d’accompagnement, le Târ tient une place prédominante avec le Kémantcha, la vièle à cordes frottés, dans la musique persane et les formations traditionnelles arméniennes du Caucase jusqu’au début de ce siècle. Les Târistes arméniens, qui aussi autrefois pouvaient fabriquer eux-mêmes leurs instruments, ont apporté une contribution non négligeable à l’art de cet instrument au niveau technique, théorique et pour l’interprétation.
Aujourd’hui encore, le Târ avec son timbre éclatant, a gardé une place de choix au sein des ensembles de musique traditionnelle arménienne.

LE SANTOUR
Santour signifie «cent cordes», selon son étymologie persane. C’est dire que cet instrument, appartenant à la famille des cithares, de même que le Kanon, se caractérise par son nombre très élevé de cordes Un adage populaire indique à son sujet qu’il faut la moitié d’une vie pour apprendre à l’accorder et l’autre pour apprendre à en jouer.
Santour
santour
Instrument très ancien du Moyen-Orient, le Santour a une origine assez obscure. On en a trouvé une représentation dans une sculpture assyrienne datée du VIIè siècle avant J.C. mais aucune dans les miniatures jusqu’au XIXè siècle, époque à laquelle il fut remis en honneur en Iran.
Le Santour occupe une place de choix dans la musique persane. Dans cette tradition, il est doté d’une caisse - d’ordinaire en noyer - en forme de trapèze isocèle et dispose de 72 cordes métalliques, 36 jaunes en laiton et 36 blanches en acier Groupées en 18 choeurs - de quatre cordes à l’unisson - elles sont soutenues par deux rangées de 9 chevalets mobiles, dans un ordre d’alternance entre jaunes et blanches, et entrecroisées. L’originalité de l’instrument réside dans son jeu : les cordes sont frappées avec deux fins maillets (mezrab) en bois, tenus dans chaque main. L’étendue des sons est de trois octaves plus une note, soit trois registres, le grave, le moyen et l’aigu. Certains jeux modernes ont ajouté une quatrième octave dans un registre suraigu.
Répandu en Turquie et en Grèce, en Egypte et Mésopotamie, voire en Inde et en Chine, le Santour présente différentes variantes pour la forme et le nombre de cordes et de choeurs. Il a été introduit en Europe au cours du Moyen Age sous le nom de Doulcimèle, puis de Tympanon. Le Cymbalum, en Hongrie et en Roumanie, utilisé notamment par les Tziganes, lui est apparenté.
D’après le témoignage de Karékine Lévonian, le fils de l’achough Djivani, l’instrument est apparu dans l’Arménie du Caucase à l afin du XIXe siècle, par l’intermédiaire d’achoughs arméniens d’Erzeroum, qui avaient pour nom Santourdji Garabed, Santourdji Hovhannès, Ousta Hacht ; mais il n’y eut pas d’implantation à proprement parler, avec la création d’une école de Santour ou une transmission du savoir. Si bien qu’avec la soviétisation du pays et la fermeture des frontières, la connaissance de l’instrument s’est perdue. Il faut attendre une période récente pour voir réapparaître le Santour chez les Arméniens, en diaspora ou en Arménie. Nous noterons plus particulièrement les travaux de Jean-Etienne Akian, en France, à la recherche d’une tradition spécifiquement arménienne, ceux de Karlen Mirzoian, en Arménie, pour intégrer le Santour dans son orchestre traditionnel. En Iran, où l’instrument est véritablement populaire, et la communauté arménienne nombreuse, des joueurs ont pu aussi apparaître.
L’apport de cet instrument traditionnel, riche par sa sonorité et sa diversité d’ornementation, complétant le jeu du Kanon, est particulièrement intéressant, et laisse regretter sa quasi-absence dans les ensembles arméniens.
 
LE KEMANTCHA
L’existence d’instruments à archet, c’est-à-dire à cordes frottées, remonte à une période assez reculée en Arménie. Le terme « Tchoutag », employé aujourd’hui pour désigner le violon, est attesté dès le Xème siècle, notamment sous la plume de Grégoire de Narek, pour désigner un des lointains ancêtres de l’instrument. Une représentation iconographique unique, sur une céramique des X-Xièmes siècles, retrouvée à Dvin, montre un musicien jouant d’une sorte de vielle placée sur l’épaule ; ceci alors que la tendance en Orient, au contraire de l’Occident, est de tenir l’instrument verticalement, sur la cuisse. Tel est le cas pour le kémantcha (ou kamantcha) et son ancêtre le Rébab qui ont pu se développer en Arménie, à la faveur des contacts avec les Arabes et les Persans.
Kemantcha
kemantcha
Le Rébab, qui se caractérise par sa table d’harmonie en peau et non en bois aurait été à l’origine à cordes pincées, selon certains musicologues, avant de devenir un instrument à cordes frottées. C’est en Iran qu’il acquiert sa forme classique, sous le nom de « Kamantcheh », littéralement « petit arc » (archet). Son aire de diffusion ne se réduit cependant  pas à la Perse, puisqu’on le trouve dans le monde arabe, en Turquie, dans le Caucase, en Asie centrale et même en Inde du nord et aux Célèbes, en Indonésie. Des miniatures arméniennes le représentent dès la fin du Moyen Age mais c’est avec Sayat-Nova (1712-1795), qui en fit son instrument favori, qu’il acquit véritablement ses lettres de noblesse. Avec le Târ, il était le seul instrument qui fut admis par de nombreux achoughs de l’école caucasienne, se réclamant de l’héritage de Sayat-Nova.
Le Kémantcha se caractérise par sa caisse de résonance presque sphérique et son manche légèrement conique, sans frettes (1) en bois de mûrier ou d’abricotier. Dans certaines régions, la caisse est même constituée d’une noix de coco. Doté de deux, puis de trois cordes (deux en soie et une métallique) jusqu’au début de ce siècle, l’instrument a vu sa tessiture étendue par le musicien Sacha Oganesachvili (Sarkis Ohanessian) pour l’adjonction d’une quatrième corde (2). A l’instar du violon, toutes les cordes sont aujourd’hui métalliques. Elles sont soutenues par un chevalet placé obliquement sur la table d’harmonie en peau de poisson (silure) ou de chevreau.
Tenu verticalement sur la cuisse gauche, le kémantcha se termine par une pique métallique, qui permet au musicien de faire pivoter l’instrument sur son axe, tandis que l’archet est maintenu droit. Cette technique du jeu fait toute la difficulté et la richesse particulière du kémantcha.
Instrument de virtuosité, aux sons mélancoliques et ténus, il se prête admirablement aux solos ; mais il est aussi une pièce essentielle dans l’orchestre traditionnel, l’ « âme » de la mélodie, avec le doudouk, dans la formation musicale arménienne.
(1)         Ligatures marquant les intervalles des notes
(2)         Accordées d’ordinaire en mi5, la4, mi4, la3

LE DEHOL

Le tambour est l’un de ces instruments primitifs dont l’origine se perd dans la nuit des temps. Le tambour (ou Tempoug) a pris cependant une forme bien particulière dans le Caucase, chez les Géorgiens, les Azerbaïdjanais, les Arméniens et aussi plus au nord au Daghestan : le Dehol.
Dehol
dehol
C’est un fût cylindrique, au bois de noyer ou de pin, en règle générale d’une hauteur  de 30 cm et d’un diamètre de 33 cm. Il est recouvert à ses deux ouvertures par des peaux de chèvre ou de veau mort-né, reliées entre elles par un entrelacs de cordes, qui permettent d’en régler la tension afin d’obtenir la sonorité voulue. Le Dehol, en position assise, est placé obliquement sur la cuisse ; debout, il est accroché à l’épaule par une cordelette. On en joue des deux mains, avec des coups frappés de la paume, plus graves pour la basse, et du bout des doigts, pour le déroulement du rythme. Dans certaines occasions, le Dehol peut aussi être frappé à l’aide de deux baguettes de vois, l’une épaisse l’autre fine.
Autrefois instrument guerrier, le Dehol tient aujourd’hui une place fondamentale dans l’orchestre traditionnel, où il donne le rythme et l’impulsion. Il peut seul accompagner le chant et est particulièrement en affinité avec les flûtes Doudouks et Zournas. Ils constituent la cellule minimale de la formation instrumentale et on les retrouve immanquablement dans les fêtes, les chants et les danses, qui rythment la vie villageoise.

KANONE

Le Grand Orchestre Arménien
Connu en Arménie dès le XIIIe siècle, une miniature représente le roi David avec un kanone sur ses genoux. Son origine exacte reste floue : né probablement au Moyen-Orient, le kanone est mentionné pour la première fois dans les contes des Mille et une nuits (12è/13è siècle). Il s’est ensuite propagé de l’Iran jusqu’au Maghreb ; Au Moyen-âge en occident , il est connu sous le nom de psaltérion.
Le kanone qui signifie " la règle " fait partie de la famille des cithares sur table à cordes pincées.
Kanone
kanone
Le kanone a la forme d’un trapèze rectangle, la caisse d’une hauteur de 6 cm est en noyer ou érable. Les chevalets reposent sur une peau tendue sur la partie droite de l’instrument. Sur la gauche, se trouvent les chevilles qui servent à fixer les cordes, et des petits leviers basculants qui en soulevant les cordes permettent d’obtenir les altérations. Ainsi, tout au long des morceaux, les instrumentistes soulèvent et abaissent ces petites manettes au gré des altérations de la composition. Une clef permet d’accorder chacune des nombreuses cordes. Le kanone possède 72 à 75 cordes en nylon, groupées par trois à l’unisson. L’instrument est posé sur les genoux et les cordes sont pincées d’avant en arrière à l’aide de deux onglets fixés à chaque index par des bagues métalliques. La main gauche pince les cordes avec un léger retard sur la main droite de manière à créer un effet hétérophonique. Accordé en une gamme diatonique, son étendue est de 2 octaves et une quinte : Do3 au Sol5.
Instrument soliste mais aussi d’accompagnement dans les grandes formations traditionnelles d’Arménie, il est souvent joué par groupe de 3 ou 5 instruments principalement par des femmes. On le trouve dans la plupart des pays arabes du Moyen-Orient (Irak, Liban, Syrie, Egypte) et en Turquie.
L’apprentissage du kanone exige une parfaite dextérité manuelle notamment en raison de la rapidité nécessaire pour lever et abaisser les leviers qui altèrent les notes. Les plus illustres kanonistes sont Khatchatour Avedissian, Allevart Mirzoyan et Gariné Hovanessian.
                                                                                             
 Extraits de Wikipédia et