dimanche 11 janvier 2015

Trois poèmes - Nikos Lygeros

Si tu as écrit
N. Lygeros

Si tu as écrit
j’ai quitté mon pays
ce n’est pas seulement
parce que tu l’as improvisé 
sur le bateau du départ
mais aussi grâce 
à tous ceux qui étaient
autour de toi
et qui bien après
ton propre oubli
t’ont demandé 
de la reconstruire
à partir des souvenirs
que tu leur avais provoqué
avec tes notes
et ta guitare
aussi cette chanson
n’est pas uniquement
celle d’un chanteur
mais d’un peuple
qui n’oublie pas
les étés 
de là-bas
pour avoir été
de là-bas.

*****
Le jeu de la guitare
N. Lygeros

Le jeu de la guitare
n’est pas seulement
un éternel souvenir
mais la mémoire du futur
qui ne cesse de louer
la valeur du passé
pour construire l’avenir
avec l’intelligence 
d’une musique
qui se veut toujours
au-delà des limites
pour explorer l’inconnu
afin de transcender
les frontières
et atteindre ainsi
l’Humanité
en lui offrant
un nouveau morceau
pour compléter 
les tesselles
des hommes
avec la couleur
de l’invisible.

*****
L'Homme à la chaise
N. Lygeros

L’homme à la chaise
ne l’avait jamais quittée
quand il jouait au piano
les compositions de Bach
afin d’être le plus possible
proche de l’instrument
et respecter à sa manière
l’esprit de Bach
afin que l’interprétation 
de cette œuvre
soit elle-même unique
car pour rendre hommage
au maître de la musique
il ne suffit pas
comme le pensent
certains interprètes
qui ne sont qu’exécutants,
de le jouer
mais de le penser
pour suivre sans défaut
son raisonnement
et sa pensée musicale
mais avec l’art 
et la manière.
Tel était Gould.

*****

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