lundi 4 janvier 2016

LETTRE OUVERTE A MESSIEURS LES CENSEURS. - Jacques KURKDJIAN

LETTRE OUVERTE A MESSIEURS LES CENSEURS. 

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Messieurs du CCAF de Marseille. 

J'ai pris le temps de la réflexion pour vous faire part de mes étonnements s'agissant de vos comportements lors de vos différentes prestations. 

Sans vouloir être prétentieux ou arrogant permettez-moi de vous décliner 
mon CV : Officier de Marine, ancien combattant d'AFN avec décoration et reconnaissance de la Nation, Ingénieur en physique atomique, ancien Conseiller Municipal et accessoirement deux doctorats. Donc un homme de savoir, de connaissance, de réflexion d'où ce courriel. 

L'année 2015, année du centenaire du génocide arménien de 1915, a été annoncée en grande pompe à travers tous les médias et la presse. Grand moment pour tous les Arméniens du monde et de la France en particulier. 
Hélas trois fois hélas, la montagne a accouché d'une toute petite souris à l'image de la COP 21. 

J'en reviens Chers Messieurs du CCAF à mes griefs. 

Au printemps dernier, à la fac de Marseille, j'ai assisté à un débat qui se voulait 
être la première manifestation officielle du centenaire du génocide. L'affiche d'annonce était prometteuse. Il y avait du beau monde. Mais, comme pour toutes les promesses, j'en fus pour mon argent. De monde il y avait, mais pas si beau que cela. Un débat pitoyable, un spectacle affligeant donné par les différents intervenants : du grand guignol, même pas digne de Marcel PAGNOL. La coupe étant déjà pleine, l'intervention de Madame BOYER fit le reste. 
Excédé, sans demander la parole à haute voix j'interpelle la tribune en leur demandant où était passé Maître KRIKORIAN. Je n'ai eu aucune réponse, seulement des arguties sans contenu. Silence par contre très éloquent de Madame BOYER. 

En septembre la bibliothèque d'Aix en Provence présentait Madame Pinar SELEK et son livre : '' Parce qu'ils sont arméniens ''. Rien de bien transcendant si l'on connaît le sujet par ailleurs. Par contre en aparté à ma question : '' La Turquie reconnaîtra-t-elle un jour le génocide de 1915 '' ? Sa réponse fut immédiate, sans la 
moindre hésitation : '' NON ''. 
Ironiquement, j'annonçais à l'auditoire que la Turquie reconnaîtrait PEUT-ETRE le génocide en 2050 ce qui m'attira la ire des présents. 

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En octobre, à la fac des Sciences Humaines d'Aix en Provence où était annoncée la présence du nouvel académicien Alain FINKIELKRAUT qui ne brillât que par son absence avec une excuse à la clé pour achever d' endormir l'auditoire. 
Là encore ce matin là ne fut pas très glorieux. L'historien turc qui se disait spécialiste de son histoire mais sa compétence en matière du drame arménien s'arrêtait curieusement en 1896. Je me suis demandé ce qu'il faisait là. 
Quant à Michel MARIAN il s'est cru faire un cours à ses étudiants de sciences Po Paris.Un discours alambiqué voire déconstruit. Je l'interpelle en plein milieu de son exposé en lui disant : '' Excusez-moi, je n'ai rien compris. Pouvez-vous être plus claire ''. Il a quelque peu bafouillé, surpris par ma question. Je lui demande alors : '' quelle était sa position '' ? Pas de réponse si ce n'est qu'il s'est mis en colère. Étrange 
comportement. Je ne parlerai pas des autres intervenants. 

 J'en arrive à la conférence du mercredi 16 décembre dans les locaux de l'église du Prado. 
On se fait toujours des idées, on s'imagine qu'on va avoir des réponses claires à nos interrogations. Hélas, mille fois hélas nos deux éminents conférenciers – professeurs de droit à la fac de Droit d'Aix en Provence ne furent en rien à la hauteur de leur sujet sorti de lieux communs. 
 Monsieur GHEVONTIAN n'avait même pas eu – me semble-t-il – la curiosité d'aller sur le site du Conseil Constitutionnel écouter la fameuse QPC 512 puisqu'il nous dit que le verdict sera donné le 6 janvier prochain. 
Étrange lapsus, je me permets de rappeler à l'auditoire que ce n'est pas le 6 mais bien le 8 janvier. Donc pas entendu les plaidoiries de Maître Philippe KRIKORIAN et de 
Bernard KUCHUKIAN. Dans son intervention, Monsieur GHEVONTIAN évoque la 
pensée du philosophe allemand Jurgen HABERMAS à laquelle il adhère nous dit-il. 
Mais dans l'auditoire qui connaît HABERMAS ? Quelle est sa pensée ? Bref blablabla blablabla... On nous enfume rien de plus. Quant à l'affaire PERENCEK il s'interroge. Il dit ne pas comprendre la réaction des suisses. S'agissant de la loi GAYSSOT de 1990 il occulte l'essentiel de l'intervention de nos deux avocats. 
Quant à Monsieur OLIVA sur la liberté d'expression là encore des lieux communs entendus à travers les médias rien de plus. 
J'entends parler de la nouvelle loi BOYER à laquelle Monsieur GHEVONTIAN a travaillé – déçu par ailleurs que son travail fut ignoré par Madame BOYER – loi retoquée à nouveau par l'Assemblée Nationale ( de part sa forme et son contenu, rejet prévisible ) mais toujours pas de Maître Philippe KRIKORIAN. 
Mais grande fut ma stupéfaction lorsque Monsieur AZILESIAN me répond – je cite - 
''Le CCAF ne peut suivre Maître Philippe KRIKORIAN car ce dernier abonderait dans le sens du Front National s'agissant de la loi GAYSSOT et de son abrogation. 
Manifestement Cher Monsieur vous ne semblez pas bien connaître votre sujet, il aurait été plus simple d'aller entendre les propos de nos deux avocats. Pour mémoire, Maître KRIKORIAN n'a fait que se glisser par la porte entrouverte par Monsieur 

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REYNOUARD – historien – ce dernier disant que la loi GAYSSOT était injuste de part son contenu. Ce qui est le cas de toute évidence. 
De son côté  Maître KUCHUKIAN conscient du paradoxe de cette loi s'en explique devant le Président du Conseil Constitutionnel. 

Le déplaisant de vos attitudes c'est de répandre de fausses rumeurs aussi bien à Marseille qu'à Paris et dans sa banlieue ( Alfortville ). Rumeurs qui ne font que servir tous ceux qui nous combattent sans le moindre état d'âme. 
A quoi jouons-nous ? Question saugrenue voire pertinente mais qui mérite cependant une réponse. Par ailleurs, que je sache vous n'avez même pas eu la correction de 
répondre à la '' LETTRE OUVERTE …. adressé au CCAF datée du 6 mai 2010 '' que 
vous avez adressée Maître Philippe KRIKORIAN. 
Alors quand on ne sait pas de quoi on parle on évite de répandre des rumeurs infondées. 

Mais l'histoire ne se refait pas. Les faits sont bien là avec ses 1.500.000 morts. 
Voir la préface de Monsieur VIDAL NACQUET sur le génocide des Arméniens. 
J'ose citer Albert Camus face à notre responsabilité : '' Nous ne sommes pas responsable de l'histoire, mais nous le devenons si nous continuons ''. 

J'ai beaucoup de mal à comprendre votre sectarisme relevant de l'irrationnel à 
l'encontre de Maître Philippe KRIKORIAN. C'est faire preuve d'obscurantisme. 
Nous avons la chance, que cela vous plaise ou pas, d'avoir un avocat hors du commun qui connaît parfaitement tous les rouages du droit dans ses moindres particularités. 
Lorsqu'il dit qu'il ne veut que la loi et rien que la loi et sa stricte observance il sait de quoi il parle. 
Si, après 22 ans d'acharnement son travail arrive devant le Conseil Constitutionnel ce n'est pas par hasard, même si parfois ce hasard est la volonté des autres selon l'expression d'Alphonse ALLAIS. Mais ce jour là le hasard avait fait bien les choses. On ne va pas s'en plaindre. 
Son seul problème vis à vis du CCAF en particulier, voire même les autres associations arméniennes c'est qu'il soit au-dessus de la mêlée. Je puis comprendre que cela agacent certains. Ils se reconnaîtrons peut-être. 

Dernière observation sans vouloir pour autant être désobligeant, je suis affligé des sempiternelles questions, avec comme il se doit toujours les mêmes réponses. L'ignorance est toujours de mise. La stagnation semble être le mode de fonction- 
nement de nos représentants. 
Dans une lettre qui me fut adressée par Monsieur Stéphane HESSEL avant son décès, 
je cite : '' La Turquie finira par reconnaître votre génocide '' et d'ajouter : '' il faut RESISTER ''. Où  est notre résistance ? 
Lors de la visite du Président François HOLLANDE à Erévan à aucun moment de 

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son discours il n'a évoqué le problème de l'embargo que subit l'Arménie depuis tant d'années. 
Dans la Provence – journal régional – pour la première fois le lis l'influence du club 
Bosphore évoqué par Monsieur Patrick DEVEDJIAN. Bravo. 

On nous cite à nouveau l'affiche rouge, merveilleux poème d'ARAGON chanté 
par Léo FERRE avec dans sa voix toutes ces larmes Je me demande si nous en sommes vraiment digne de ces hommes qui en s'abattant on crié la FRANCE 

Pour conclure je me permets de citer Gérard de NERVAL : '' L'illusion, la 
présomption  et le paradoxe sont ennemis du bon sens ''. 
Maître Philippe KRIKORIAN n'est ni dans l'illusion, encore moins dans la présomption et encore moins dans le paradoxe. IL EST DANS LE BON SENS. 

Ce qui semble manquer au CCAF, ne connaissant pas les autres associations qui ont toujours brillé par leur absence en tant que soutien à Maître Philippe KRIKORIAN dans son combat. Et de fait le mien en tant que requérant. 

Avec mes salutations. 
Jacques KURKDJIAN 

Fait à Pertuis le 20 décembre 2015 







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