lundi 28 novembre 2016

Le Dr Akçam confirme l’intention génocidaire des Turcs - Harut Sassounian



Le Dr Akçam confirme l’intention génocidaire des Turcs en prouvant la validité des télégrammes de Talaat

De Harut Sassounian 
The California Courier 
www.TheCaliforniaCourier.com

Éditorial du 24 novembre 2016
Harut Sassounian

Le professeur Taner Akçam a porté un coup dur au négationnisme turc du génocide arménien, lors d’une conférence hautement instructive qui a eu lieu au musée Ararat-Eskijian –chapelle Sheen à Mission Hills, en Californie, le 20 novembre. Le Dr Akçam, un historien turc, occupe la chaire Robert Aram & Marianne Kalousdian et la chaire Stephen & Marion Mugar au département des Études arméniennes de l’université Clark.
Dans son livre récemment publié, Les mémoires de Naïm Efendi et les télégrammes de Talaat Pacha, le professeur Akçam a enterré les négations turques persistantes sur l’existence et l’authenticité des télégrammes que Naïm Bey avait vendus à Aram Andonian et que ce dernier avait publiés au début des années 1920, dans son livre Medz Vodjire (Le Grand Crime), traduit en anglais, en français et en arménien. Andonian, un survivant du génocide, a rencontré Naïm Bey, un officiel ottoman, pour la première fois dans le camp de concentration de Meskene en Turquie en 1916, et plus tard à Alep en Syrie en 1918.
Dans un télégramme d’une importance cruciale, en date du 22 septembre 1915, le ministre de l’Intérieur, Talaat, donne « l’ordre que tous les droits des Arméniens sur le sol turc, tels que le droit de vivre et de travailler, ont été supprimés, et personne ne doit rester [en vie]- pas même les enfants dans leur berceau ; le gouvernement en assume l’entière responsabilité. » Dans un autre télégramme adressé au gouverneur provincial d’Alep le 29 septembre 1915, Talaat a écrit : « Il a été rapporté précédemment que la décision d’éliminer et d’exterminer tous les Arméniens présents en Turquie a été prise par le gouvernement sur les ordres du Comité [Union et Progrès]… quelle que soit l’horreur des mesures d’extermination, et sans aucune considération de sentiments de culpabilité, qu’il s’agisse de femmes, d’enfants ou de personnes handicapées, ils doivent tous être exterminés. »
En 1983, la Société d’histoire turque a publié un livre de Sinasi Orel et Sureyya Yuca, affirmant que les télégrammes de Talaat publiés par Andonian étaient des faux et que Naïm Bey n’avait jamais existé. Orel et Yuca ont avancé 12 arguments expliquant pourquoi ils croyaient que ces documents étaient des faux. Bien que le Dr Vahakn Dadrian ait publié une réfutation détaillée des arguments d’Orel et Yuca en 1986, certains historiens ont conservé leurs doutes sur le matériel contenu dans le livre d’Andonian.
Après de longues et difficiles recherches basées sur les archives ottomanes rendues accessibles ces dernières années, le professeur Akçam a été en mesure de prouver définitivement que les accusations d’Orel et Yuca étaient fausses et sans fondement. Dans son livre récemment publié en turc, et lors de la conférence du 20 novembre, le professeur Akcam a déclaré :
1) Un officier turc du nom de Naïm Bey a bien existé. Des documents ottomans originaux confirment son existence. De fait, le volume 7 des Archives militaires turques, publié en 2007, contient un document qui le décrit ainsi : « Naïm Effendi, fils de Huseyin Nuri Effendi, âge 26 ans, de Silifke, marié, ancien officier de répartition à Meskene, actuellement employé en tant qu’officier à l’entrepôt céréalier de la municipalité (nov. 14-15, 1916). » Akçam a confirmé qu’il y a trois autres documents ottomans contenant le nom de Naïm : deux d’entre eux se trouvent à la bibliothèque Boghos Noubar à Paris.
2) Le professeur Akçam a annoncé qu’il avait en sa possession une copie des mémoires originales de Naïm Bey, écrites de sa main en turc ottoman. Il a découvert ces mémoires dans les archives du chercheur de renom, le père Krikor Guerguerian, qui avait photographié le manuscrit de 35 pages de Naïm Bey lors d’une visite à la bibliothèque Noubar à Paris en 1950. L’orignal a disparu de la bibliothèque depuis.
3) Les noms des individus et des événements que Naïm Bey a décrits dans ses mémoires sont corroborés par les documents qu’Akçam a obtenus récemment des Archives ottomanes.
4) Akçam a été en mesure de confirmer que les principaux arguments d’Orel et Yuca portant sur divers aspects des télégrammes de Talaat, y compris le type de papier utilisé et les techniques de chiffrage, étaient erronés.
Dans sa quête universitaire visant à prouver que les télégrammes de Talaat contenus dans le livre d’Andonian sont authentiques et à réfuter les affirmations turques disant qu’ils étaient faux, le professeur Akçam a fait une révélation encore plus importante. Le télégramme de Talaat du 22 septembre 1915 confirme que les dirigeants turcs ont ordonné le massacre total de tous les hommes, femmes et enfants arméniens, et pas uniquement leur déportation, comme le prétendent les négationnistes turcs depuis plus d’un siècle. En authentifiant ces télégrammes, le Dr Akçam a démontré que Talaat avait une INTENTION meurtrière – un élément crucial permettant de qualifier de génocide les massacres de masse, selon la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, des Nations Unies.
©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 24 novembre 2016 – www.collectifvan.org


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