lundi 29 février 2016

La sangle d'épicéa - La grande entrée - Sans te bousculer - N. Lygeros


La sangle d'épicéa

N. Lygeros

La sangle d’épicéa
que tu vois
tout autour
du Mont d’or
n’est pas seulement
un précieux luxe
mais un souvenir
d’une époque
où les hommes
ne pouvaient descendre
vendre leur lait
et pour faire
leur fromage
qui avait tendance
à s’étaler,
ils le sanglaient
pour le maintenir
en forme
mais aussi
pour le partage
des arômes
entre le bois
et le goût
du palais.

*****
La grande entrée

N. Lygeros

La grande entrée
au bout du chemin
n' est pas une rêverie
mais un souvenir
que nous ne pouvons
oublier désormais
car chacun de nos pas
rappelle le sens
d' un devoir passé
que le temps
ne peut plus changer
car il appartient
à notre histoire
et à notre futur
comme les stigmates
dans les paumes du Christ
aussi ne tente rien
pour les enlever
car nous avons appris
à vivre avec ces blessures
sans nous plaindre
car nous avons compris
qu' il s' agissait d' une étape
dans l’évolution
de notre passion.

***** 
Sans te bousculer

N. Lygeros

Sans te bousculer
je me lève 
pour partir
sans me retourner
car le choix est pris
et il ne t’appartient plus
puisque le temps
en a décidé autrement
car personne d’autre
ne peut mener cette mission
jusqu’au bout
en raison du sacrifice
désormais nécessaire
pour comprendre
le reste d’une vie
qui perdait son sens
sans l’accomplissement
de l’acte sacré
aussi ne me retiens pas
tu peux rester
dans cette société
sans t’éloigner 
car je te protégerai
avec les autres.

*****

jeudi 25 février 2016

Tente d'être concret - Nouvel objectif - Topologie neuronale - N. Lygeros



Tente d'être concret

N. Lygeros

Tente d’être concret
quant à l’impossible
afin de créer
une nouvelle utopie
capable d’engendrer
l’essence du réel
sans compromettre
un instant le passé
puisque le pont
demeure suspendu
aux lèvres
d’un danger 
inopportun
en raison d’une larme
écrasée sur le plancher
par un pied
maladroit
sensible à la marche
sur les flots
mais incapable
d’essuyer
un revers.

*****
Nouvel objectif

N. Lygeros


Nouvel objectif
en vue
et en dehors
du déjà vu
pour créer 
un objet
capable
de contenir
l’univers
d’un instant
si fragile
qu’il est urgent
de changer
car l’éphémère
doit accéder
à l’essence
d’une fonction
encore inconnue
pour cerner
le problème
d’une configuration
improbable
génératrice
de ramifications.

*****
Topologie neuronale

N. Lygeros


Topologie neuronale
dans le cerveau
à la recherche 
de différences
entre le cervelet
et le néocortex
pour reconsidérer
la nature
d’une quantification 
différente
des petits mondes
puisque les points
de son ancrage
fonctionnent
comme des sommets
de très hauts degrés
qui relient
les singularités
critiques 
pour engendrer
des chemins 
et des circuits
grâce à la connectivité
d’un réseau naturel.

*****



mercredi 24 février 2016

Si tu penses - Dans Erotocritos - Cornaros - Une myriade de vers - N. Lygeros



Si tu penses

N. Lygeros
Traduit du Grec par A.-M. Bras


Si tu penses
seulement au coût
tu ne feras
jamais de mouvements
qui apportent
vraiment
les innovations
recherche donc
le profit
car même
s’il est
minimum
il te permets
d’évoluer
là où toi-même
tu ne croyais pas
qu’il y avait
une certaine trajectoire
pour commencer
le démarrage
de l’oeuvre
qui change
les vies
avant de les vivre.

*****
Dans Erotocritos

N. Lygeros
Traduit du Grec par A.-M. Bras


Dans Erotocritos
n’écoute pas seulement
la simplicité
de la musique
examine d'abord
la complexité
du vers
pour juger
le texte
avec la lecture
car encore
la variété
de l'accentuation
apparaît
en tant qu’innovation
par rapport
à la tradition
sans que la structure
ne se distingue
de l’infrastructure
et du soubassement
car les météores aussi
marchent sur la terre.

*****
Cornaros

N. Lygeros
Traduit du Grec par A.-M. Bras


Cornaros
a utilisé
la base historique
de France
via l'Italie
pour écrire
la structure
d’Erotocritos
ainsi il a diminué
le nombre de personnages
pour enrichir
l’évolution
psychologique
mais aussi l'intrigue
en sélectionnant
des points
qui sont passés
et ont aiguillonné
les changements.

*****
Une myriade de vers

N. Lygeros
Traduit du Grec par A.-Marie Bras


Lis
Une myriade de vers
après la croisade
pour que tu voies
comment l'Orlando Furioso
a influencé
les chants de guerre
d’Erotocritos
et que tu comprennes
l’origine
du chevalier
vêtu de noir
parce que la différence
se fait
sur les communs
qui expliquent
le rare
car il n’a pas oublié
l’essence
de l’histoire
et il continue
la tradition
au-delà des limites
des siècles.

*****

Répétition corrigée - N. Lygeros



Répétition corrigée

N. Lygeros
Traduit du Grec par A.-M. Bras

Quand un conquérant assiège ta ville vingt et un ans pour éliminer une quelconque résistance à la barbarie, et que par la suite comme il a réussi à briser le front, il change le nom du château de la mer pour qu’il semble être le sien. Puisque finalement après les combats nous avons réussi à nous en débarrasser, quelques-uns des nôtres ont retenu ce nom par habitude, parce qu'ils ignoraient l'histoire. Après des siècles a eu lieu une belle restauration par notre archéologie. De telle sorte que la Crète voit à nouveau la valeur d'un monument qui peut appartenir aux Monuments du Patrimoine Mondial, comme est l'Acropole qui ne s’appelle pas poudrière car certains ont exploité de cette manière le Parthénon ou Sainte Sophie qui ne s’appelle mosquée parce que d’autres y ont travaillé dans ce but. Nous voyons alors que si nous voulons aller de l'avant et atteindre le stade de la reconnaissance, il serait bon qu’avec la rénovation de la précieuse structure poliorcétique soit rétablie la réparation de son nom d'origine et que nous laissions derrière nous, le nom désagréable d’un conquérant. Dans d'autres pays les gens changent les noms choisis par les leurs qui avaient construit les structures. Pour quelle raison maintiendrions-nous le nom d'un vainqueur qui n’a pas construit ? Parce que nous sommes un peuple de justice et de mémoire spécialement lorsque nous revendiquons notre appartenance à l'Humanité via les monuments.

mardi 23 février 2016

J'ai ouvert les yeux - Dzovinar

Mickaël

°°°

Maintenant que j'ai ouvert les yeux
sur la laideur d'un monde
où les uns s'acharnent à détruire les autres,
 cachant leurs perfidie et leurs froids calculs
derrière des principes qu'ils appliquent
aux autres, jamais à eux-mêmes,
 invoquant mensonges sur mensonges
pour mieux envahir
 les terres qu'ils convoitent... 
Jetant dans le chaos et le désespoir
 les peuples innocents. 
Maintenant que je sais
je ne peux plus sourire ni me taire
car je ne rêve plus

Dzovinar

°°°°°
°°
°


lundi 22 février 2016

Les contes - L'Humanité - N. Lygeros


Les contes N. Lygeros Traduit du Grec par A.-M. Bras Les contes appartiennent à l’Humanité et non aux sociétés et donc si tu veux apprendre à tes enfants les premiers rudiments de cette hyperstructure lis-leur l’essentiel des anciens pour qu’ils s’initient à la mémoire ce qui sera clouée dans leur intelligence et deviennent des hommes du Temps qui se distinguent de l'oubli et l'indifférence.
***** L'Humanité N. Lygeros Traduit du Grec par A.-M. Bras L’Humanité sans le Temps est de la dégénérescence parce que son essence ne peut fonctionner au présent sans déborder sur le passé et l'avenir avec les ailes ainsi coupées ne peut s’envoler au-delà des limites au-dessus des obstacles sans excès pour cela ne gaspille pas le Temps avec l’époque et regarde les siècles de la mémoire du futur.


*****

dimanche 21 février 2016

Les contes de l'enfance ou "moi aussi" - Dzovinar


Les contes de l'enfance

Ils ont illuminé ma vie
les contes de mon enfance

Celui dont je me souviens
est aussi le plus ancien dans ma mémoire ;
 qu'il ait éveillé mon intérêt
est sans doute surprenant
car il n'y avait ni fée, ni baguette magique
seulement
une fillette
dans un château
apprenant la couture...
des illustrations montrant
chacun de ses pas dans l'apprentissage
de cet art. L'aiguille, et le fil qui s'en échappait,
s'auréolant de mystère à mes yeux ...
C'était le seul livre accessible
à mes cinq ans
que j'avais découvert dans la cave
 de la maison où j'ai grandi.
Il était poussiéreux, les pages
en étaient écornées et certaines
prêtes à se détacher ..
J'ai veillé alors à sa survie
en le refermant, chaque fois,
avec soin ...
Il fut longtemps le compagnon
de ma petite enfance
et m'a donné, c'est certain,
le goût de la couture ...
 Car je pensais, obscurément, "moi aussi, je peux le faire" !
Et lorsque j'y songe,
 le vrai moteur de mes incursions 
dans tous les domaines qui m'ont tenté
en autodidacte que je suis
fut l'envie de réaliser ce que d'autres
réussissaient...

"moi aussi" !


Dzovinar

Apprends les contes - Enseigner - N. Lygeros



Apprends les contes N. Lygeros Traduit du Grec par A.-M. Bras Apprends les contes d'autres langues d'autres pays pour enrichir ta culture et appartenir encore plus à l’Humanité en touchant aux croisées des histoires des peuples qui veulent propager la vérité indépendamment de la mode des sociétés pour qu’elle ne se perde pas dans l'oubli sinon toi aussi tu te perdras dans l'inconnu. ***** Enseigner N. Lygeros Enseigner c’est apprendre deux fois car l’explication nécessite un savoir plus dense plus profond pour soutenir via l’essence la valeur des questions et élever l’autre au niveau du sens pour transcender la difficulté et répercuter le don aux autres grâce à la joie de vivre le futur

*****

samedi 20 février 2016

Et s'il n'en reste qu'un ...

Pastel Dzovinar - "DEBOUT"



Le journal local "L'Indépendant" (Perpignan) à qui j'avais adressé ce texte aux fins de parution (courrier des lecteurs),  n'a pas jugé bon de le faire paraître :
1°)  texte trop long ... 
2°) ... je ne le saurai jamais... 
le rédacteur en chef que j'ai contacté pour de plus amples informations - selon l'offre qui m'a été faite - n'était finalement pas "disponible"

Vous avez dit Indépendant ? 

Médiapart pour l'heure, n'a apparemment pas fait paraître, non plus, ce texte ...

"ET S'IL N'EN RESTE QU'UN JE SERAI DONC CELUI-LA" 

Les journaux français, TOUS LES JOURNAUX, sont muselés, eh oui !

Difficile, le courage


vendredi 19 février 2016

Si triste - Lorsque les sociétés - N. Lygeros


Si triste N. Lygeros Traduit du Grec par A.-M. Bras Si triste que tu sois il existe des gens dans la société qui ne peuvent ni le voir ni l’imaginer alors n’attends ni intelligence ni amour, continue, souris sans arrêt car il faut que tu vives sans aide seulement avec passion puisque l’oeuvre est nécessaire pour les autres qui souffrent et ont besoin de protection ***** Lorsque les sociétés N. Lygeros Traduit du Grec par A.-M. Bras Lorsque les sociétés font des petites ruses à l’Humanité elles produisent finalement de la culture parce qu’elles se trompent et se forcent à créer des entités pour se justifier de l'inaction des données ainsi de cette étrange manière nous avons l’avantage pour l'humanité car le présent ne suffit pas et débordent sur eux le passé et l'avenir à cause de la nécessité de l’évolution.

*****

Agnus Dei - Dans un rapport de durée - N. Lygeros


Agnus Dei

N. Lygeros
Traduit du Grec par A.-M. Bras

Agnus Dei
tu peins
avec une boite 
et des trous
puisqu’il est
l'innocent
en prison
mais en même temps 
ton rôle
est de le protéger
des barbares
qui l'accusent
injustement
ainsi toi aussi
tu peux voir
l’essentiel
d’une téléologie
de l’ontologie
qui n’a pas
de rapport avec l'ignorance
mais avec l’oeuvre
de l’Humanité
et du Temps.

*****

Dans un rapport de durée

N. Lygeros
Traduit du Grec par A.-M. Bras

Dans un rapport de durée
les avantages
sont des surprises
parce que la base
est toujours
les désavantages
c’est ainsi que tu en apprends
sur les couchers de soleil
quand il y en a
quarante-trois
ou même
et cent mille
car tu n’as pas lu
Jules Verne
et tu ne connais pas 
le rayon vert
que n’a pas vu
l’amour
des autres
mais si tu as compris
l’essentiel
tu réaliseras
qu’il existe
aussi à l'avenir.

*****



Dans un rapport de durée

N. Lygeros
Traduit du Grec par A.-M. Bras

Dans un rapport de durée
les avantages
sont des surprises
parce que la base
est toujours
les désavantages
c’est ainsi que tu en apprends
sur les couchers de soleil
quand il y en a
quarante-trois
ou même
et cent mille
car tu n’as pas lu
Jules Verne
et tu ne connais pas 
le rayon vert
que n’a pas vu
l’amour
des autres
mais si tu as compris
l’essentiel
tu réaliseras
qu’il existe
aussi à l'avenir.

*****



jeudi 18 février 2016

Quand s'impatiente - Avec le papillon - N. Lygeros


Quand s'impatiente

N. Lygeros
 Traduit du Grec par A.-M. Bras

Quand s'impatiente
le Petit Prince
parce que l'autre
gaspille l'essentiel
sache
qu'il a en lui
les éléments et les stigmates
de Jésus-Christ
lorsqu'il fait fuir
du temple
avec son fouet
tous ceux 
qui exploitent
la douleur
des autres
pour les manipuler
et certainement
les éloigner
de l'essentiel
des choses
qui créent
la vie
de l'Humanité.

*****

Avec le papillon

Avec le papillon
sur l'épaule
s'est assis
le Petit Prince
tout seul
sur sa planète
sans attendre
les visiteurs
et de la petite planète
tu as trouvé
le Grand Sahara
pour qu'il pense
au désert
des gens
sans humanité 
pour cela il a réalisé
 que la charité
n'est pas l'amour
et qu'un détail
 peut devenir
un gros problème
si tu ne penses pas
à l'avenir
auparavant.

*****



mercredi 17 février 2016

Si tu voulais N. Lygeros - vidéo "Le royaume du petit prince"




Si tu voulais

N. Lygeros 
Traduit du Grec par A.-M. Bras 
  

Si tu voulais
transformer 
le Petit Prince 
en Grand 
il faudrait 
que tu lises 
l'Idiot 
de Dostoïevski 
pour comprendre 
qu’il existe 
à chaque âge 
et que la difficulté 
n’est pas bien sûr  
de le trouver 
comme tu penses 
mais toujours 
de le reconnaître  
quand il te parle 
et te montre 
des étoiles 
et des épis de blé 
entre les bougies 
et la lumière. 


N. Lygeros - Le royaume du petit prince. Mairie Lyon 3e. 18/06/2013

mardi 16 février 2016

Analyse de l'historien turc Umit Kurt sur La perception de la négation du Génocide des Arméniens, en Turquie

Umit Kurt 
Auditorium d’État Alice Peters de Fresno (Californie)


GENOCIDE DES ARMÉNIENS

Historien turc : la négation du Génocide des Arméniens résulte d’une perte du sens des réalités
Razi Syed6 The Fresno Be 611 février 2016
Présentation faite à l’Auditorium d’État Alice Peters de Fresno par Umit Kurt, élevé en Turquie, sur la négation du Génocide des Arméniens par le gouvernement turc.
L’historien turc Umit Kurt a raconté comment la première fois, alors qu’il avait tout juste vingt ans, il avait entendu parler de la présence historique des Arméniens dans son pays - une présence que pendant des décennies, le gouvernement turc s’est efforcé de faire disparaître.
Étant entré dans une maison ancienne qui avait été transformée en café, dans la ville d’Aintab, Kurt raconte : “ j’ai aperçu d’étranges caractères, et j’ai pensé qu’il s’agissait de caractères arabes ou perses, parce que ma conscience historique me faisait remonter à cette époque - comme s’il n’y avait eu aucun Grec, s’il n’y avait eu aucun Arménien, comme s’il n’y avait eu aucun Juif qui aient pu vivre sur ces terres “.
Ayant questionné le propriétaire du café sur l’histoire de l’immeuble, Kurt apprit qu’il avait été un temps la propriété d’Arméniens. Depuis lors, Kurt écrit souvent sur l’appropriation par les Turcs des terres et des biens des Arméniens.
Le monument d’état au Génocide des Arméniens de Fresno avait été inauguré en avril dernier. Dans la soirée de ce mercredi, Kurt a fait une conférence à laquelle des les auditeurs étaient venus par douzaines pour s’interroger sur les raisons du négationnisme de la Turquie encore de nos jours.
La conférence ouverte à tous était organisée par le Programme d’Études Arméniennes. C’est la troisième conférence accueillie par le cycle semestriel du printemps.
Certaines sociétés sont capables de discuter ouvertement de leur histoire, a dit Kurt. D’autres sont en conflit avec elles-mêmes “ parce leur passé et leur présent s’entremêlent au point de leur faire perdre le sens des réalités “ a dit Kurt. ’ Dans la société turque, (la perte de) ce sens des réalités est manifeste quand elle nie, ou ne reconnaît pas, le Génocide des Arméniens “.
“ Affronter le passé est un problème sociétal, plutôt qu’individuel “ a poursuivi Kurt.
Le professeur d’études arméniennes Sergio La Porta a déclaré que Kurt ayant été élevé en Turquie, sa perspective sur le négationnisme turc est intéressante.
Dans le courant de l’année 1915, l’armée ottomane turque a commis des massacres d’Arméniens, a dit Kurt, et en a déporté d’autres nombreux dans des circonstances très dures, ce qui prouve que cet acte délibéré avait pour but de vider le pays des Arméniens qui s’y trouvaient.
On estime entre 800 000 et 1 500 000 le nombre des Arméniens qui ont été tués dans ce génocide.
Au lendemain des événements de la Première guerre mondiale, la république moderne turque a voulu se créer une identité nouvelle, a dit Kurt. En se dotant de cette nouvelle identité, les dirigeants du gouvernement tentaient d’oublier le passé et de se construire un passé nouveau, par lequel “ nous les Turcs n’avons pas assassiné les Arméniens - les Arméniens nous ont assassinés “, a dit Kurt.
Cet effacement de l’histoire arménienne en Turquie a été entrepris très tôt, dans les manuels et les cours scolaires qui enseignaient que le génocide - auquel on se référait par l’expression “ l’affaire arménienne “ - était un mensonge, a dit Kurt.
“ Parce que la Turquie a fondé son existence sur l’absence ’ de l’autre ’, toute conversation sur son existence engendre crainte et de anxiété “, a dit Kurt. “ La principale difficulté pour aborder la question arménienne en Turquie réside dans ce dilemme existence-absence “.
Ces événements qui se sont produits sur les Arméniens en 1915 étant rarement évoqués en Turquie, s’il arrive qu’ils le soient, et d’après Kurt, beaucoup de Turcs sont sincèrement ignorants du génocide.
Kurt a ajouté que le gouvernement turc craint les réparations et les restitutions auxquelles il devrait procéder s’il acceptait que les actes de la Turquie soient constitutifs d’un génocide.
En réponse à une question de l’auditoire, Kurt a dit qu’il était improbable que le gouvernement de la Turquie admette un jour le génocide. “ J’espère évidemment me tromper “, a-t-il dit.
Kurt est doctorant à l’Université Clark du Massachussetts ; il était chercheur de l’Université Kazan à Fresno State au cours du semestre d’automne 2015.
Traduction Gilbert Béguian pour Armenews
dimanche 14 février 2016,
Jean Eckian ©armenews.com

samedi 13 février 2016

Un article du célèbre cinéaste Henri Verneuil - paru en 1989 dans le journal Libération.

Henri Verneuil

Article du célèbre cinéaste Henri Verneuil,
 né Achod Malakian
paru en 1989 dans le journal Libération.

*****

L'élégance de Henri Verneuil dans sa mise au point historico-politique faite à Jean d'Ormesson  (1989)


Jean d'Ormesson

Une mise au point qui pourrait tout aussi bien s'adresser actuellement à tous les membres Français de l'Institut du Bosphore, mais aussi de tous ces politicards turcophiles de basses besognes qui sévissent de nos jours pour servir la pâté à la Turquie.



*Lettre ouverte à « un berceau et un creuset »*

<< Dans une semaine aussi chargée d'une actualité explosive, l'écrivain d'une « Chronique du temps qui passe » nous a conté son excursion en Anatolie. C'est bien son droit, et tout poète est libre de faire escale où bon lui semble pour rêver, l'espace d'une halte, au passé des lieux qu'il visite.

Cher Monsieur d'Ormesson, puisqu'il s'agit de vous, j'ai lu votre évocation avec tristesse car, malgré votre talent, on y décelait une sorte de remerciement à un office du tourisme qui sait si bien recevoir… « avec sa jolie ville d'Antalya, son cadre d'Aspendos, ses monuments de Sidé et ses ruines fascinantes de Termessos », etc.

Il n'y a rien de plus normal que de parcourir un pays, de l'aimer et convier ses contemporains à tenter l'expérience.

Mais on ne peut pas traverser Verdun en évoquant la conquête de Clovis en 50 ou le royaume d'Austrasie sans citer les 700000 morts (des deux côtés) de la Première Guerre mondiale. Il me parait difficile de parler de Dachau en limitant le propos à son château ou à son église du XVIIe siècle.

Dans cette « Anatolie inépuisable », en quelques jours vous avez vu défiler des millénaires, vous avez retrouvé la « Turquie profonde » ou la ville austère de Konya sans jamais rencontrer l'ombre de ces pyramides de têtes coupées qui jalonnaient votre itinéraire enchanté.

Sur ces routes, vastes ossuaires d'un million et demi de cadavres d'Arméniens sans sépulture, vous avez traversé un charnier de l'Histoire avec ces mélancolies des écrivains d'autrefois qui s'en allaient sur leurs caravelles gavées d'un Orient immuable et naïf.

Pour ces nuits des Mille et Une Nuits en compagnie des petits garçons d'Istanbul, Pierre Loti fit semblant d'ignorer que, derrière le calme trompeur des minarets qui invitaient à la prière, on massacrait de milliers d'hommes, de femmes (en forçant les plus belles à entrer au harem) et d'enfants dont les plus robustes étaient expédiés deux par deux, chez les familles turques que en faisaient la demande.

Je suis resté pétrifié devant votre vision de cette tragédie qui devient sous votre plume : « En Turquie, les civilisations se succèdent, se mêlent, se bousculent les unes les autres, s'exterminent et COEXISTENT… »

C'est vrai, elles coexistent, comme les cadavres aux pieds des assassins.

En effaçant sur votre trajet anatolien les traces de la barbarie du premier génocide de ce siècle, vous favorisez involontairement les officines d'un Etat où l'on falsifie l'Histoire pour faire partie un jour du club européen des nations civilisées. Et l'on sait bien que ces « voyages organisés » ne sont pas tout à fait innocents.

Sous quelles pressions, dans une France incorruptible lorsqu'il s'agit des droits de l'homme du Grand Robert au Petit Larousse, on peut lire : 
« Talaat Pacha : ministre ottoman, né à Edirne en 1874 et assassiné à Belin par un Arménien en 1921. »

Pas la moindre allusion à l'événement majeur placé entre ces deux dates gravées sur le mausolée que la Turquie aujourd'hui reconnaissante a érigé au grand exterminateur.

On m'a dit que les Etats avaient des « raisons d'Etat ».

Pas vous, monsieur. Vous êtes honoré, fêté, décoré, lu, applaudi ou respecté, et vous êtes surtout un homme libre, toujours prêt à dénoncer avec courage l'injustice et la barbarie.

Alors pourquoi ces indignations sélectives ?

Nous savons bien ce qu'il en coûte dans ce pays-là en années de prison et en tortures (dénoncées chaque année par Amnesty International) pour toute réserve contre l'histoire officielle imposée.

Mais vous êtes un Immortel intouchable, hors de portée des opérations de basse police.

Alors pourquoi cette crainte de décevoir Ankara ?

Un jour, monsieur, moi aussi j'irai en Anatolie. Si ce n'est moi, ce seront nos enfants, ou peut-être mes petits-enfants. Nous irons fraternellement à la rencontre d'un peuple qui aura enfin compris qu'il y a de la grandeur à assumer son passé et qu'il ne sert à rien d'arracher une page de l'Histoire universelle pour effacer une période gênante.

Aujourd'hui, l'office du tourisme de mon peuple n'a rien d'autre à vous offrir que quelques millénaires d'une riche culture, des villes détruites par le séisme et un pays au bord de la famine face à un blocus.

Vous voyez… Un bien maigre programme pour voyageurs de troisième classe.

En traversant le cimetière des innocents qui fut votre lieu d'excursion de ces jours entiers, un poète arménien a écrit ces quelques mots : « De l'os d'un enfant le vent avait fait une flûte… Et dans la paix de l'aurore il sifflait des chants immortels de la mort. »

Me pardonnerez-vous cette impertinence si je vous dis avec humilité que, cette semaine vous avez été malgré vous du côté de ceux qui arrêtent le vent et empêchent ce paisible pipeau d'égrener ses mystérieux trilles dédiés à un temps qui passe mais ne s'oublie jamais ?

 Henri Verneuil
 (Libération du 26.10.1989)