mardi 10 janvier 2017

Le génocide des Arméniens ....MAÎTRE BERNARD JOUANNEAU

Le génocide des Arméniens a privé l’humanité qui est la première victime de sa négation

MAÎTRE BERNARD JOUANNEAU

Les Arméniens qui attendent toujours de la part du pouvoir en place à ANKARA la reconnaissance explicite de leur génocide commis en 1915se font entendre et quelquefois même écouter par les autres notamment par le Bundestag qui a reconnu le génocide au début de cette année ou même à l’occasion de la commémoration du centième anniversaire le 24 avril 2015. Au parlement français, il en a encore été question au mois de décembre, lorsqu’est venue en discussion devant l’Assemblée nationale la proposition de loi de Valerie BOYER du groupe LES RÉPUBLICAINS le 4 décembre dernier. Malheureusement les groupes politiques qui partagent les mêmes sentiments sur la question ne s’étaient pas entendus sur la stratégie et le texte a été renvoyé en commission.

Il en a de nouveau été question au mois d’octobre (le 12 et le 18) devant le Sénat lors de la discussion du projet de loi « Egalité-Citoyenneté » où l’on a adopté un amendement permettant la poursuite de la négation des génocides ; mais seulement lorsqu’ils auront fait l’objet d’une condamnation par une juridiction nationale compétente ou par une juridiction internationale et, à défaut lorsqu’elle s’accompagnera de provocation à la haine.

Ces deux restrictions ne laissent pas entrevoir une ouverture décisive ; car la preuve de cette intention qui pour la Shoah est présumée sera délicate et discutable.

Pourquoi faut-il donc séparer ainsi les génocides au regard de leur mémoire et de leur transmission en s’attachant pour chacun d’eux à l’origine des victimes, alors que la première victime d’un génocide c’est toute l’humanité  ? Certes les descendants des victimes de génocide ont droit à la commisération des auteurs et de l’État au nom duquel ils ont été commis ; mais ce n’est pas suffisant ; car l’Humanité tout entière en a été affectée, dès lors qu’elle a été privée de ces 1 500 000 Arméniens qui auraient dû et pu l’enrichir.

Ce ne sont pas les Arméniens décimés, ni leurs familles qui ont à se plaindre, c’est l’humanité d’abord. Et on ne peut s’aviser de lui demander si elle a été visée ou non.

Il est temps de s’en apercevoir et d’en tirer les conséquences.
Tant que la justice ne lui sera pas rendue, l’humanité aura des comptes à demander à la TURQUIE qui continue de nier l’existence de ce génocide , en en poursuivant ainsi la perpétuation.

Peu importe que les Turcs ou plutôt le pouvoir en place en Turquie ait du mal à reconnaitre cette évidence. Ce n’est pas une question d’histoire ni de justice. Il y a longtemps que l’une et l’autre sont passées. C’est une question d’orgueil national d’un côté comme de l’autre .

J’entends dire que seul le mot « génocide » les sépare alors que « le grand crime » aurait été reconnu et que même le premier l’a été par le pouvoir ottoman, dès le lendemain de son exécution et avant même sa condamnation.

Certains comme Charles AZNAVOUR sont convaincus qu’ils verront le jour où... Autant dire qu’il est proche, en tous cas il l’assure : « Je sais qu’un jour la jeunesse de ce pays ouvrira les yeux et demandera des comptes à ses dirigeants sur les années de mensonges et de déshonneur qui l’ont maintenue dans l’ignorance de sa propre histoire. Je suis certain qu’un jour, pas si lointain, elle effacera cette tache sur le front, mais pas en se mettant la tète dans le sable ou en la couvrant de cendres, mais par une appropriation libératrice de son histoire « (le 24 avril 2015)

D’autres comme Patrick DEVEDJIAN qui répondait à ceux qui lui reprochaient d’avoir porté l’affaire devant les tribunaux et de vouloir faire l’histoire par la loi : « Les tribunaux sont une tribune qui en valent bien d’autres. Les lois ne prétendent pas faire l’histoire. Nous descendants des réfugiés arméniens voulons justice et vérité. Le génocide est mon identité. Il me structure. »

Je ne sais toujours lequel des deux a ou aura raison ; mais ce que je sais et dont tout le monde devrait convenir c’est que c’est d’abord l’humanité qui a souffert de ce crime qui porte son nom. Elle a donc qualité pour s’en plaindre et demander justice, sans avoir besoin de démontrer que ceux qui s’y laissent aller la haïssent, puisqu’ils en font partie

Paris le 1er novembre 2016 Bernard JOUANNEAU

mardi 1er novembre 2016,
Ara ©armenews.com

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