mardi 28 février 2017

EDITORIAL Sciences Po : le prix du silence - Ara TORANIAN





EDITORIAL
Sciences Po : le prix du silence

par Ara Toranian


Sciences Po et l’Institut du Bosphore viennent de s’associer pour offrir un prix aux étudiants de l’école de la rue Saint Guillaume qui « produiront une note détaillée consacrée aux relations franco-turques, axée sur les relations économiques et commerciales ». Et non, l’on s’en doute, sur la situation des droits de l’homme, l’islamisation à marche forcée du pays, la problématique du génocide arménien, la question kurde, les libertés, etc. Ni sur l’impact que ces sujets d’une actualité brûlante pourraient peut-être avoir - sait-on jamais ? - sur les « relations économiques et commerciales » entre la France et la Turquie...

Le gagnant du concours recevra un prix de 1000 euros et sera invité à assister au Séminaire de l’Institut du Bosphore à Istanbul. Il pourra également visiter le bureau de la TUSIAD (patronat turc). Des prix de 500 euros seront attribués au deuxième et au troisième. La date limite pour rendre les copies est le 8 mars.

Ce n’est pas la première fois que l’école de la rue Saint Guillaume s’adonne à ce type d’opération visant faire la promotion de l’Etat turc auprès des élites françaises en formation. Déjà, en 2007, BNP Paribas avait déclaré vouloir œuvrer pour changer la mauvaise image de la Turquie en France, en ouvrant et finançant une section « Turquie » à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris.

Pierre Mariani, membre du comité exécutif de la BNP, avait dit à ce propos le 7 juin 2007 dans le quotidien Radikal : « La Turquie est considérée par certains Français comme “le pays qui tue les pauvres Kurdes”. Vous ne méritez pas une telle image. Nous devons travailler ensemble pour changer cette image, pour vous faire connaître réellement aux Français qui vous connaissent mal. »

Consacrant des articles à cette forme d’instrumentalisation de Sciences Po par un Etat étranger (et pas des plus démocratiques), le Canard enchaîné avait dénoncé à l’époque « les turqueries de la BNP » tandis que France-Soir faisait sa « une » avec ce titre : « la Turquie s’offre Sciences Po ».


Cependant, l’école avait bien voulu montrer une autre image d’elle-même sur ce sujet le 21 septembre 2016 en prêtant ses locaux à une conférence de l’EGAM sur le thème : « Face à la tentation totalitaire en Turquie, quelles résistances démocratiques ? ».

Au cours de cette réunion (qui avait draîné beaucoup d’étudiants et provoqué l’ire des partenaires pro-turcs de Sciences po), des militants des droits humains, des journalistes, et des acteurs de la société civile avaient dressé un tableau terrifiant du climat dans ce pays.

Avec ce concours, mis en place avec l’institut du Bosphore, la direction de Sciences Po affiche clairement sa volonté de rentrer dans les clous. Et aussi, peut-être, d’effacer le mauvais souvenir qu’avait laissé son incartade de septembre chez ses partenaires et généreux donateurs pro-turcs. Comment expliquer sinon l’absence de son cahier des charges de toute référence à l’actualité, et en particulier à la dérive des autorités turques et ses répercussions politico-économiques sur les relations du pays avec la France et l’Europe - problématique ô combien pertinente eu égard à la situation présente.

Faut-il le rappeler ? L’institut du Bosphore, financé par le patronat turc (La Tusiad), est l’un des principaux lobbys pro-Ankara en France. Le « prix » organisé par Sciences Po avec ce groupe de pression serait-il donc celui du « silence » sur les sujets qui fâchent ? Ou, « cas d’école » bien sûr, celui à payer pour rétablir quelque partenariat juteux à défaut d’être très « politiquement » corrects par les temps qui courent ? À suivre en tout cas...

Ara Toranian

dimanche 26 février 2017,
Ara ©armenews.com

http://www.armenews.com/article.php3?id_article=138300

lundi 27 février 2017

KOHAR L'époustouflant orchestre symphonique d'Arménie et ses interprètes exceptionnels !


KOHAR
L'époustouflant orchestre symphonique d'Arménie
et ses interprètes exceptionnels !


«Գոհար» սիմֆոնիկ նվագախումբ - Նազան իմ յարը



Live in Concerts on 29, 30, 31 October and 1 November 2015, Lebanon In 2015 KOHAR…










UNE APRES-MIDI A L'ECOLE DE DANSE ARMENIENNE DE NOTRE AMI SARKIS




SARKIS
Un jeune homme dynamique
sorte de caméléon, qui s'est essayé avec succès, à tout type d'activités : homme d'affaires, danseur, puis créateur d'école de danses, sillonnant le monde pour parfaire sa formation, polyglotte (sept langues ...)
il est bien décidé à faire de son école de danses arméniennes "Renaissance Dance Studio"
un lieu incontournable à Perpignan !


une après-midi de musique et de danse, avec les premiers élèves d'une école ouverte à tous, arméniens et non-arméniens, pour un partage des savoirs dans une ambiance festive mais studieuse !
Avec le désir d'offrir bientôt un spectacle inédit à Perpignan : sur un thème déjà choisi (mais silence et bouche cousue !) inspiré de la culture arménienne, mais pas seulement.

AU TRAVAIL !














jeudi 23 février 2017

L'IMPORTANCE DE L'ARTSAKH pour les Arméniens (anciennement Haut Karabagh)







http://www.armenweb.org/amis-l_Artsakh/index.htm

VIVE L'ARTSAKH !!! LE PLUS BEAU PAYS DU MONDE ! NOTRE TERRE !

Le Haut-Karabagh n'est plus. Vive l'Artsakh !

Artsakhiotes se rendant aux urnes
Le plus petit des Etats du Sud Caucase a changé de nom à l’issue d’un referendum. Le Cercle d’Amitié France-Karabagh devient désormais le Cercle d’Amitié France-Artsakh
Ce lundi 20 janvier, la République du Haut-Karabagh a tenu un referendum portant sur une proposition de réforme constitutionnelle. A l’issue du scrutin auquel 76,4% des électeurs ont participé, le « oui » l’a largement emporté par 87,6% des suffrages exprimés contre 9,7% d’opinions défavorables 2,7% de bulletins blancs ou nuls. Ce vote entérine le processus parlementaire par lequel, le 17 janvier dernier, les parlementaires karabaghiotes avaient approuvé la proposition gouvernementale par vingt voix contre sept, et une abstention.
Le régime de la République du Haut-Karabagh va donc laisser place à un régime présidentiel : dès la promulgation de la réforme, le gouvernement sera directement dirigé par le Président et la fonction de premier Ministre disparaît.
« Les premiers rapports que nous avons reçus de la part des observateurs internationaux au nombre de 104 en provenance de 30 pays indiquent un scrutin régulier et conforme aux pratiques d’Etat de droit. Attendons maintenant le rapport définitif de la Commission centrale électorale ainsi que ceux des observateurs indépendants » a indiqué François Rochebloine, le Président du Cercle d’Amitié France-Karabagh, au sortir d’une conférence du Cercle à l’Assemblée nationale.
Parmi les nouvelles dispositions constitutionnelles qui entreront en vigueur dès la promulgation de la nouvelle constitution, on note le changement de nom officiel du pays qui s’appellera désormais « République d’Artsakh ».
« C’est symbolique mais important », explique François Rochebloine, « que le pays prenne le nom arménien que lui ont toujours donné ses habitants à la place de l’appellation administrative bolchevique reprise par l’Azerbaïdjan ; c’est une décision qui parachève le processus d’indépendance ». a-t-il conclu.
En cohérence avec la nouvelle dénomination du pays, le Cercle d’Amitié France-Karabagh devient le Cercle d’Amitié France-Artsakh.
Le Cercle d’Amitié France-Karabagh a été créé le 19 mars 2013. Il regroupe aujourd’hui une soixantaine de responsables politiques (députés, sénateurs, maires et autres élus). Le Cercle a pour objectif de soutenir l’action du Groupe de Minsk de l’OSCE (ce Groupe coprésidé par la France, les Etats-Unis et la Russie, est chargé de médiation pour trouver une solution au conflit du Karabagh), de sécuriser les peuples de la région, de rompre l’isolement international du peuple du Haut-Karabagh et de favoriser un espace de dialogue et d’échanges entre les peuples du Caucase du Sud.
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101 Rue de l'Université, Bureau de François Rochebloine
Paris 75007
France

L'exemple du Maroc - Les paradoxes des candidats - N. Lygeros


L'exemple du Maroc

N. Lygeros

En organisant des congrès pour la promotion des Droits de l’Homme, le Maroc donne l’exemple dans une région qui est très sensible à la montée du terrorisme. Avec sa réintégration dans l’Union Africaine, il peut dynamiser une politique qui est plus proche des hommes car elle respecte leurs droits. Sur le continent africain, il existe encore des pouvoirs en place qui se fondent sur la notion de dictature, sur celle de l’exploitation des classes les plus défavorisées pour la conservation des régimes qui ne connaissent pas les balbutiements d’une politique tout simplement humaine. La domination de régimes de ce genre et leur influence dans une sphère qui dépasse le local n’a jamais permis la développement de l’idée de démocratie. Car nous avons des pouvoirs si conservateurs et si rigides, que toute allusion à celle-ci, leur parait suspecte voir même dangereuse. Ainsi l’exemple du Maroc permet d’observer une tendance qui doit se renforcer. Certes le point de contact du Maroc avec l’Europe et sa relation privilégiée avec l’Union Européenne n’est pas sans impact dans l’évolution de ce processus de démocratisation. Cependant il faut bien réaliser que les difficultés à surmonter existent bel et bien. Il faut donc soutenir ces efforts qui vont bien au delà des frontières du Maroc. Car l’ouverture de celui-ci sur l’ensemble du continent africain, crée des nouvelles relations et même des liens entre pays qui ne vivent pas dans le même espace local, et ceux-ci ont eux aussi besoin d’aller dans le sens des droits de l’ Homme. Le Maroc peut donc devenir le fer de lance d’une politique humaine et innovante afin que les peuples d’Afrique puissent être moins sensibles aux attaques du terrorisme et résister plus efficacement à la propagation de celui-ci.

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Les paradoxes des candidats
N. Lygeros

Tenter par tous les moyens de convaincre des électeurs sur la valeur de sa candidature, représente un oxymore interne. Il est impossible de rassembler des éléments hétéroclites sans exprimer au moins un mix stratégique mais le fond n’est pas là. L’essentiel est dans le noyau du programme. Comment proposer un changement lorsque l’on appartient à une politique du passé ? Comment détourner le propos afin de dissimuler le fait de la continuation d’une politique de l’échec ? Comment oser se présenter comme un candidat indépendant et nouveau en ayant appartenu à la même structure ? Comment proposer à la société française une optique qui sous couvert d’universel, se contente de copier des méthodes qui appartiennent au passé et qui n’ont apporté que des souffrances à l’ensemble de l’Humanité ? Comment se montrer démocratique lorsque sa version du monde, est autoritaire ? C’est l’ensemble de ces paradoxes que doivent résoudre les candidats à la présidentielle. Car le peuple français doit choisir et ce choix qui semblait obsolète il y a quelques mois, a désormais un sens d’autant plus aigu que la donne a changé puisque certains points ne sont plus révélateurs. Cela implique des prises de risque de la part des candidats présidentiables sans tomber dans le piège de la propagande de ceux qui ne le sont pas et qui peuvent donc tout se permettre pour exister par la suite en disant qu’ils ont tout essayé. Les véritables candidats ne sont pas si nombreux, aussi il faut se concentrer sur ces derniers pour voir qu’au-delà du populisme, la France a bien un avenir, seulement celui-ci dépendra grandement du prochain président. Il serait donc de bon ton que ce dernier puisse soutenir concrètement un programme qui tienne la route même après les élections présidentielles.

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mercredi 22 février 2017

Hommage à "L'AFFICHE ROUGE" du groupe Manouchian


21 FÉVRIER 1944 → 21 FÉVRIER 2017

« Vous n'avez réclamé la gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servi simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des partisans
Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit, hirsutes, menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants.
Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents
Tout avait la couleur uniforme du givre
À la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand
Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie Adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan
Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le cœur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant
Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient LA FRANCE en s'abattant »
LOUIS ARAGON (1955) – LÉO FERRÉ (1959)
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Poèmes de Missak Manouchian
https://www.youtube.com/watch?v=HSv0uYprzWk


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La dernière lettre de Missak Manouchian ..Lisez bien , respect et honneur ! (DES MOTS QUI AVAIENT UN SENS POUR EUX)

Ma Chère Mélinée, ma petite orpheline bien-aimée,

Dans quelques heures, je ne serai plus de ce monde. Nous allons être fusillés cet après-midi à 15 heures. Cela m'arrive comme un accident dans ma vie, je n'y crois pas mais pourtant je sais que je ne te verrai plus jamais.
Que puis-je t'écrire ? Tout est confus en moi et bien clair en même temps.
Je m'étais engagé dans l'Armée de Libération en soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la Victoire et du but. Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront
honorer notre mémoire dignement. Au moment de mourir, je proclame que je n'ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit, chacun aura ce qu'il méritera comme châtiment et comme récompense. Le peuple allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre qui ne durera plus longtemps. Bonheur à tous... J'ai un regret
profond de ne t'avoir pas rendue heureuse, j'aurais bien voulu avoir un enfant de toi, comme tu le voulais toujours. Je te prie donc de te marier après la guerre, sans faute, et d'avoir un enfant pour mon bonheur, et pour accomplir ma dernière volonté, marie-toi avec quelqu'un qui puisse te rendre
heureuse. Tous mes biens et toutes mes affaires je les lègue à toi à ta soeur et à mes neveux. Après la guerre tu pourras faire valoir ton droit de pension de guerre en tant que ma femme, car je meurs en soldat régulier de l'armée française de la libération.

Avec l'aide des amis qui voudront bien m'honorer, tu feras éditer mes poèmes et mes écrits qui valent d'être lus. Tu apporteras mes souvenirs si possible à mes parents en Arménie. Je mourrai avec mes 23 camarades tout à l'heure avec le courage et la sérénité d'un homme qui a la conscience bien tranquille, car personnellement, je n'ai fait de mal à personne et si je
l'ai fait, je l'ai fait sans haine.
 Aujourd'hui, il y a du soleil. C'est en regardant le soleil et la belle nature que j'ai tant aimée que je dirai adieu à la vie et à vous tous, ma bien chère femme et mes bien chers amis. Je pardonne à tous ceux qui m'ont fait du mal ou qui ont voulu me faire du mal sauf à celui qui nous a trahis pour racheter sa peau et ceux qui nous ont vendus.
 Je t'embrasse bien fort ainsi que ta soeur et tous les amis qui
me connaissent de loin ou de près, je vous serre tous sur mon coeur. Adieu.

Ton ami, ton camarade, ton mari.

Manouchian Michel.

P.S. J'ai quinze mille francs dans la valise de la rue de Plaisance. Si tu peux les prendre, rends mes dettes et donne le reste à Armène. M. M

mardi 21 février 2017

Destination Munich - Etudie - 3 Alpha - Les plongeurs du ciel - Dans l'aéroport - A la suite - Peu de temps - N. Lygeros


Destination Munich


N. Lygeros

En choisissant
la destination
il est difficile
pour toi
de ne pas penser
au passé
et aux souffrances
d’Albert Einstein
avec la montée
de la barbarie
cependant
pense à l’avenir
et vois l’essence
de la réalité
grâce au Musée
Carathéodory
pour découvrir
la suite
du voyage.

*****
Etudie

N. Lygeros

Etudie
le Traité
de Sèvres
en profondeur
et pense
qu’il appartient
à l’avenir
car la délimitation
de Wilson
est toujours
d’actualité
pour les peuples
autochtones
a fin
de les aider
sans attendre
le changement
de position
de la barbarie.

*****
3 Alpha

N. Lygeros

3 Alpha
hublot gauche
préparation
mission
lumière
obscure
pour les plongeurs
du ciel
au-delà
des nuages
et des montagnes
pour affronter
l’essence
humaine
comme un cadeau
capable de transcendance
après l’enseignement
des Maîtres.

*****
Les plongeurs du ciel

N. Lygeros

Les plongeurs du ciel
étaient fin prêts
pour démarrer
la mission
transcendante
et lutter
contre la barbarie
dans les airs
car des vies
en dépendaient
aussi lorsque
tu embarquas
tu savais
à quoi
t’en tenir
et le choc
mental
activa
la ramification.

*****
Dans l'aéroport

N. Lygeros

Dans l’aéroport
de Lyon
tout était prêt
pour le décollage
et la mission
commença
sur le chemin
dès que l’ouverture
s’activa
pour laisser
place
à l’envol
d’une nouvelle
mission
plus près
de la réalité
du futur
qui voulait
avec elle
tes éléments 
du passé.

*****
A la suite

N. Lygeros

A la suite
de René de Possel
Roland Fraïssé
passa sa thèse
et entreprit
sa construction
de la Théorie
des Relations
mais il a aussi
connu
par ailleurs
le père
de l’analyse
non standard
à savoir
Abraham
Robinson
grâce
à la logique.


*****
Peu de temps

N. Lygeros

Peu de temps
avant la mort
d’Ernest Corominas
à l’occasion de l’exposé
de Roland Fraïssé
dans le Séminaire
d’Algèbre Ordinale
nous avons mentionné
nos premiers résultats
dans le cadre
de l’énumération
des ensembles munis
d’un ordre partiel
à isomorphie près
ainsi nous avons connu
cet homme toujours épris
d’apprendre des nouveautés
car il était chercheur
dans l’âme jusqu'à la fin. 


*****


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samedi 18 février 2017

Imagine un téragone - Si tu veux être humain N. Lygeros -



Imagine un téragone

N. Lygeros

Imagine un téragone
pour concevoir
le début
du processus
de découverte
et tu pourras
ensuite
éprouver le besoin
d’augmenter
les dimensions 
de l’espace
du problème
pour contempler
une vérité
mathématique
inaccessible
autrement
car elle appartient
à la bibliothèque
neuronale
de l’Humanité.

*****
Si tu veux être humain

N. Lygeros

Si tu veux être humain
n’oublie pas la Loi Kouchner
car elle précise que 
Toute personne a le droit de recevoir
des soins visant à soulager sa douleur.
Celle-ci doit être en toute circonstance prévenue,
évaluée, prise en compte et traitée.
Les professionnels de santé mettent en oeuvre
tous les moyens à leur disposition
pour assurer à chacun une vie digne jusqu'à la mort.
Car si tu oublies cela
sur le plan de la bioéthique
alors tu ne pourras pas aider
ceux qui auront besoin
de toi pour vivre dignement
l’instant ultime de leur vie
car la douleur est insupportable
et surtout inhumaine
aussi décide d’agir
sans oublier l’essentiel.

*****


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vendredi 17 février 2017

L'intouchable - N. Lygeros


L'intouchable

N. Lygeros

L’intouchable
n’appartenait
à aucune caste
non pas
parce qu’il
avait été exclu
de la société
mais parce qu’il
avait décidé
de n’appartenir
qu’à l’Humanité
puisque c’était
l’unique façon
de servir
les innocents
que recherchait
la barbarie
des systèmes
ainsi il vécut
dans le temps.

*****



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VIDEO DU POEME DE WILLIAM SAROYAN


VIDEO DU POEME DE WILLIAM SAROYAN

ET TRADUCTION EN FRANCAIS

jeudi 16 février 2017

Dans le jardin de l'enfance - Vahan TEKEYAN (1878-1945)


DANS LE JARDIN DE L' ENFANCE

Au milieu d'un parc princier et très ancien,
Dressé près du miroir immaculé d'un bassin,
Comme la statue d'un petit archer souriant, plein d'espérance,
Je vois au loin l'espoir de mon enfance… 

A part moi, très peu de gens, à peine ma vieille maman,
Connaissent le chemin qui mène à ce jardin abandonné,
Où nous allons encore, quelquefois, chacun son jour,
Ramasser les vieilles fleurs séchées…

Mais plus que les parterres de roses méprisées,
Ce qui m'attire là-bas et que personne ne sait,
C'est la petite statue de mon espoir, debout près de l'eau claire,
Et sous la voûte du ciel pur.

Avec mon enfance, je me rappelle, c'était un joli bambin,
J'aimais le tapement vigoureux de ses pieds au moment du départ,
L'accentuant ainsi de tout son corps vers le ciel, 
Comme s'il était lui-même la flèche de son arc…

Allongeant le bras en avant, dans la petite paume de sa main
On aurait cru qu'il cachait les clés inconnues de mon avenir,
Le cellier infini de mon avenir,
Dont je distinguais les portes au loin.

Elle est encore là-bas dans ce jardin, la belle statue de mon espoir,
Elancée près du miroir immaculé du bassin,
Où je vais encore, quelquefois, admirer sa taille, entourée
Des mauvaises herbes humides de mes souvenirs…

Renversé, c'est l'ange tombé du zénith,
C'est la flèche qui est revenue, n'ayant pas encore touché le ciel,
Et l'avenir, dont il avait les clés,
Reste à présent dans le passé, abandonné…
 
                   Vahan TEKEYAN (1878-1945)

                  Traduction Louise Kiffer

« Journal de déportation ». Ah quel titre ! À quel titre ? Denis Donikian

« Journal de déportation ». Ah quel titre ! À quel titre ?



Dans ses souvenirs personnels sur les années 1914-1919, intitulés Anidzial dariner, soit en français  Années maudites, Yervant Odian raconte comment il fut obligé de changer de nom. Devenu Aziz Nouri, islamisé et négociant en lampes. Une question de survie. Comme ces femmes arméniennes qui porteront sur leur peau le tatouage symbolisant leur désarménisation. Marquées au sceau d’une schizophrénie résignée.

Pour sa part, Yervant Odian n’aura de cesse qu’il réintègre son patronyme. Son livre raconte l’odyssée qui, en trois ans et demi, va de la perte à la récupération de ce nom qu’il aura mis trente ans à construire par l’écriture. Puis, après son retour à une vie normale, il intitulera par l’expression Années maudites sa chute dans l’abîme de la désidentification forcée. C’est ce qu’il a voulu donner comme nom à ces pages de son existence arrachées à l’oubli de soi. Titre on ne peut plus adéquat comme l’ultime révolte contre la malédiction qui aura pesé sur tous les Arméniens durant cette période noire d’une guerre à l’intérieur de la guerre. Guerre ethnique au sein d’une guerre mondiale.

Renseignement pris, les Éditions Parenthèses, qui ne sont pas à leur premier coup de baguette magique, ont délibérément décidé de substituer au titre choisi par Yervant Odian celui de Journal de déportation. Un éditeur a le droit de penser à sa boutique. Mais a-t-il tous les droits, même d’abuser de l’absence des ayants droits, en l’occurrence ceux de Yervant Odian ?

Il est vrai que Journal de déportation constitue un titre plus porteur qu ‘Années maudites. Il vous cible une clientèle bien plus large que le cercle de plus en plus étroit des lecteurs arméniens. Une clientèle qui commence avec la communauté juive, nation « exemplaire » dans ce domaine,  et qui englobe toutes les formes d’exil, collectif ou individuel, tous les déplacements de population qui racontent l’histoire d’une humanité en proie à la terreur.   Donc, ce titre fait vendre. Mais ce n’est pas un beau titre. Car ce n’est pas un titre vrai. Ce n’est pas un titre de Yervant Odian. C’est un titre des Éditions Parenthèses. Un titre commercial et non un titre humain. Et c’est encore le rapt d’une identité. Un tatouage tragique et farfelu sur la peau d’une couverture résignée à l’impuissance. Une affaire d’éthique.

Ce n’est pas un titre vrai car Yervant Odian n’a pas écrit son livre au jour le jour. Mais seulement après son retour à Constantinople. D’ailleurs, le pouvait-il ? Certes, durant certaines périodes d’accalmie il parvient à prendre des notes. Trois cahiers pleins qu’il dissimule dans une cachette et qu’il se résout finalement à détruire de crainte que sa découverte ne compromette ses amis et ne mette en danger sa propre existence. Mais comment peut écrire un homme qu’on chasse en permanence vers le désert pour qu’il y crève comme un chien ? L’homme traqué a la tête bien trop chaotique pour faire une pause. Harcelé, il regarde de tous côtés,  surtout devant. Il cherche une issue de survie. Mais les Éditions Parenthèses ont un cœur bien trop commercial pour l’entendre de cette oreille. Les Éditions Parenthèse forcent Yervant Odian à sortir chaque soir un papier qui n’existe pas, d’un tiroir qui n’existe pas, et à écrire sur une table qui n’a pas sa place dans une prison bondée de brigands et puant la saleté. À telle enseigne qu’on est en droit de se demander si les Éditions Parenthèses, bien pourvues en papier de toute sorte et en tables de bureau, ont pris soin de soumettre la traduction à une relecture scrupuleuse, comme on le fait dans toute bonne maison de publication avant de mettre un livre sur le marché. Histoire non seulement d’effacer les anomalies qui auraient échappé au traducteur, mais aussi de comprendre qu’Yervant Odian  n’était pas en mesure de tenir un journal concernant sa déportation. D’autant que s’il l’avait vraiment fait, son livre écrit à chaud n’aurait pas pris la forme que lui confère la distance due à ce qu’il nomme en sous-titre des « souvenirs personnels ». L’expression Journal de déportation détruit d’emblée la poétique du livre. En ce sens, disons-le tout de go, ce titre apocryphe relève aussi d’une affaire esthétique.

Malheureusement, le premier sur lequel retombe pareil faux pas est le traducteur. Les naïfs auront beau jeu de l’incriminer pour avoir trahi l’auteur en affublant son livre d’un titre fallacieux. Déjà, ici ou là, des voix protestent à son encontre. Ignorant quel homme scrupuleux est le traducteur. Et si respectueux de Yervant Odian qu’on n’aurait pas eu besoin de lui téléphoner pour apprendre de sa bouche que ce surtitre n’est pas sorti de sa plume. Mais quand on met un traducteur devant le fait accompli, que la couverture est tirée, le livre imprimé, que lui reste-t-il contre quoi se battre sinon le dégoût et la démission.  D’où il ressort de cette affaire qu’elle est également une affaire morale.

Mais le plus grave est la confusion qui découle d’une pareille bévue. Laissons au profane le soin de démêler si Yervant Odian a écrit un ou deux  livres sur son exil des années 1915-1919. Journal de déportation et Années maudites fonctionnent comme deux titres de deux textes sur une même épreuve de la souffrance. Mais le mal semble déjà avoir été fait quand on retrouve dans tel ouvrage récemment paru ou telle recension  le seul titre de Journal de déportation. Je n’ose même pas envisager le cas du chercheur peu scrupuleux mentionnant ce dernier titre comme un ouvrage de Yervant Odian. Les autres auront à spécifier dans leur bibliographie qu’il s’agit d’une mauvaise traduction du titre originel. Une faute qui se répercutera sans fin et dont le traducteur fera sans fin les frais. Une faute éditoriale.

Regrettable, me direz-vous. Non, criminel. Un crime de lèse identité. Une monstrueuse spoliation. Une bêtise.
*
Denis Donikian (2010)