POEMES DE MINUIT

Corps en mouvement,
telle une danse lascive
attise le feu d'un désir
auprès duquel l'enfer n'est rien.
Esclave assoiffé
dans un désert aride
l'être y brûlera
jusqu'à son âme
sans la vision
de l'oasis.

*****

Tu mendies un baiser
et je succombe.
Est-ce ton corps qui me retient ?
Est-ce le mien qui t'emprisonne ?
Tes mains me caressent
et je frissonne ;
les miennes, amoureuses, 
te façonnent ;
tu découvres mon corps
lorsque j'apprends le tien ...

Voyage enivrant
que celui de la passion ;
quand les corps enfiévrés
s'épousent ardemment ;
quand les sens exacerbés
emportent les amants
pour un douloureux et long plaisir
au fond d'un gouffre incandescent ...
Douce est la mort du désir assouvi !

*****


Comme le fruit
trop longtemps
mûri au soleil
éclate,
tes lèvres se fendillent
sous la morsure
de mes dents
un goût de sang
se mêle
au frais nectar
qu'alors j'accueille
et nos corps
que le vertige surprend
se cherchent, s'embrasent
et s'accomplissent
dans le rituel d'amour
toujours recommencé.


*****


Es-tu sans épine
ma rose épanouie ?
Lorsque ma main dans son périple
s'égare dans tes sentes obscures
et chaudes
nulle résistance ne l'arrête
au contraire ...
La porte entr'ouverte s'ouvre  plus encore,
 m'invite, 
impatient je la franchis...
Ardente rose que je cueille
au plus profond de ton coeur frémissant
je pénètre ...
Ah vibrante rose !
Non, je ne te quitte pas encore !


*****


La nuit est notre amie
je l'attends comme je t'attends
impatiente ...
Viens mon aimé.
Au creux de tes mains
mes seins s'éveillent,
et se dressent plus encore 
quand ta langue les malmène ...
Ardente, à mon tour,
je m'aventure
et reconnais chaque dune de ton corps
que je parcours, 
chaque creux doux et tiède
où ma bouche s'attarde ...
Et tes cheveux que je respire ... 
Le parfum de ta peau ...
Et tes lèvres, ah tes lèvres !
puits de désir où je me perds !
Tout de toi me grise !
Pressée contre ton corps
je deviens la houle de la mer
la proie de violentes tempêtes
qui nous broient 
puis nous rejettent,
pantelants de plaisir,
sur les rives de la nuit.


*****


Dans l'ombre de la chambre
aux persiennes closes
un rayon de lune pose,
peintre de la nuit,
 une touche claire,
 sur le drap froissé
où nos corps enlacés
reposent ;
aucune étoffe ne voile tes courbes
 quand doucement
 je les effleure, les redessine ...
Et le souffle de l'amour
à nouveau t'anime
obscur objet de mon désir ...


*****


 Viens mon roi 
 mon rêve ...
 Ton regard se voile de désir 
 m'emprisonne 
 je suis ton esclave 
 tu es mon maître ...
 Alors ton souffle si doux 
 sur mes seins 
 mon ventre 
 entre mes cuisses 
 s'aventure 
 tes lèvres effleurent 
 la source du plaisir
 et ta langue la pénètre ... 
 Viens mon roi 
 mon rêve 
 qui sans cesse hante mes nuits
 je veux te connaître 
  que ma bouche découvre ton corps 
 en apprenne le goût 
 que mes mains l'épuisent de caresses 
d'amour jusqu'au jour 
  vivre avec toi l'instant ultime  
 où ton plaisir ta joie en moi se libèrent ...


 *****