dimanche 29 mai 2011

UNE JOURNEE CHEZ DENIS DONIKIAN ECRIVAIN POETE PLASTICIEN ...

UNE JOURNEE DANS L'ATELIER DE DENIS DONIKIAN
ou
INCURSION DANS L'UNIVERS FANTASTIQUE
D'UN ARTISTE AUX MULTIPLES FACETTES

MOTEUR !


Rencontre matinale et concertation entre Denis Donikian, vedette du jour et Achkhène, camerawoman, pour la mise au point du plan de travail d'un film qui comportera : prises de vues des tableaux et sculptures,  lecture par des comédiens de textes extraits des oeuvres de Denis et des interviews. (Près de Denis, George Festa, un admirateur inconditionnel de notre grand homme - mais il n'est pas le seul ...)


J'en profite pour promener mon regard indiscret sur les espaces privés, intimes pourrait-on dire ...



sur l'étagère un moulage expressif de la main de la maman de Denis ; Plus bas je reconnais le bocal et le cerveau de la couverture du livre "Hayoutioun"



Surprenante, la collection d'insectes révélatrice de l'intérêt de notre écrivain- poète-plasticien pour l'univers des coléoptères (coleo qui veut dire étui et pteron : aile. En fait les coléoptères ont des ailes en chitine qui servent à protéger les ailes faites pour voler...)

un très beau tableau offert par son ami le peintre Der Markarian

Aquarelle "Manifestation" (Donikian)


  humour grinçant de Denis  "L'épine dans le pied de l'Arménie" ...


et encore





Ici, chaque objet raconte une histoire ...


Le premier "Mac" sur lequel Denis a écrit "Le peuple Haï"

Comme le souligne toujours un de mes amis, il faut prendre le temps de regarder une oeuvre, car l'artiste lui en a consacré beaucoup pour transmettre son message ...

Sculptures






L'oeuvre qu'il préfère


"J'offre les couleurs à la toile, je les projette, et c'est elle en fin de compte qui décide, par un travail mystérieux qu'elle réalise, de l'aboutissement de l'oeuvre" explique Denis -






Tous les intervenants sont arrivés  ;  Denis a prévu de donner des forces à chacun : rien ne manque ! (Nous avions déjà pas mal grignoté grâce aux "amuse-bouche" à l'attrait desquels il était impossible de résister !)
Notre Denis a préparé de ses blanches mains une marmite pleine de dolmas, un plat rempli de beureks, et son épouse, fait dorer de délicieux nems, et réalisé pour dessert un crumble aux fruits rouges qui a enthousiasmé, bien plus qu'il n'est décent de l'avouer, nos papilles !




Gérard Torikian, Bénédicte Flatet, comédiens, et George Festa  professeur mais aussi créateur du blog "Armenian Trends - Mes Arménies" http://armeniantrends.blogspot.com/



Anh Dao, l'épouse de Denis, discrète mais efficace nous a abreuvés de café - totalement nécessaire pour retrouver un peu de vivacité après de telles libations !


Gérard Torikian cherche l'inspiration ...


... et la meilleure posture pour lire son texte ...


Sous le regard dubitatif du Maître ..


.. commence la lecture, par Gérard Torikian, d'un extrait de l'oeuvre-totem extrêmement originale qu'est "Poteaubiographie"  histoire d'une vie, celle de l'auteur ; on lit de bas en haut ; aucune ponctuation ne vient en aide au comédien. Il lui appartient de trouver ses repères.


autre extrait lu par Bénédicte Flatet

 

préparation de l'interview de Denis,  dont nous attendons qu'il lève un peu le voile sur l'univers torturé de ses oeuvres-totem, et celui de ses créations picturales



En partageant cette journée avec nous, tu nous as confortés dans cette idée que nous avions déjà - ainsi que le développera avec beaucoup d'éloquence George Festa  au cours de son interview - celle d'un homme dont la vie et l'oeuvre ont été profondément  marquées par un héritage trop lourd. Déchirures, doutes, interrogations, tout est dit pour qui sait voir et lire.

Pendant cette promenade sur le chemin qui longe les  berges, à Ris Orangis, dans la brume d'un matin  hivernal, où nous avons évoqué les voies que nous avons suivies au cours de nos vies, d'où l'on peut apercevoir sur l'autre rive, la maison d'Alphonse Daudet, celle de Delacroix, c'est avec un regard -toujours cette inquiétude et cette profondeur- chargé à la fois d'étonnement et d'émotion que tu m'as confié que tes ouvrages étaient archivés à la Bibliothèque Nationale de la rue Terian à Yerevan.

Reportage-photos Dzovinar -  Février 2010


Film réalisé par Achkhène-Isabelle Yvos - http://www.larbrafilm.fr/


vendredi 27 mai 2011

Eveil de l'arménité ...

Au téléphone :

- Je te réveille ma chérie ?
- Non (elle a la voix claire, elle travaille déjà)
- Tant mieux ! Alors écoute bien : l'équipe d'Arménie est championne du monde du tournoi d'échecs !
- (elle rit) Ah ! j'aurais passé une très mauvaise journée si je n'avais pas eu connaissance de cette nouvelle !
- Ne te moque pas, c'est formidable non ?
- Mais oui petite maman ! C'est génial !
- Bon ! Je vais réveiller ton frère maintenant ! Tu sors aujourd'hui ?
- Oui ; j'étais prête à partir : j'ai un tournage de trois jours à faire, pour les toubibs.
- Les toubibs ?
- Oui ; ils veulent une vidéo qui montre aux étudiants que le chemin de la médecine est très difficile, qu'il demande beaucoup de travail, de capacité d'investissement de soi dans la durée ...
- Vraiment ? ça me semblait évident.
- Non ; trop de jeunes se précipitent dans cette voie en ne se préoccupant bien souvent que de la perspective de revenus matériels conséquents, en occultant la priorié qu'est la vocation, celle de soigner le genre humain.
- Bon travail mon ange. Je vais réveiller ton frère !
Nous rions.   

- Bonjour mon fils, je te réveille ?
- B'jour manma* (il émerge à peine !)
- J'ai une sacrée nouvelle à t'annoncer : l'équipe d'Arménie ...championne du monde d'échecs ! ... Tu as entendu ?
- Super ... oui, oui, c'est bien
- (hypocrite) : tu dormais mon pauvre petit ; tu as fermé tard hier ? (un fast-food, à la montagne)
- Non, non ; j'allais me lever
- Il y a du monde là-haut ?
- Non, hier il y avait une tempête de neige ; j'ai travaillé un peu...
- Quand même, l'Arménie ...
- Oui, on a gagné.

Mon petit ! Il a dit "on" !

* maman

***

Nous en sommes là
à frémir de joie
parce qu'un enfant
de la diaspora
plus diasporique
que hay*
avoue, sans le savoir,
par un simple mot,
un mot ordinaire,
qu'il a senti en lui
timide, c'est vrai,
fleurir, si petite encore,
la première fleur 
de l'arménité.
Je suis fière de toi
mon fils, car tu as dit "on"
qui signifie "nous"
nous, les arméniens.

Qui peut mesurer notre désespoir
d'avoir mis au monde nos enfants
en terres étrangères
qui les ont happés,
dont ils se réclament ?

Alors, non, ce n'est pas puérile
que d'être inondée de joie
lorsque son enfant
d'un seul mot, 
 renoue avec son passé !
"On a gagné"

* arménien

26 novembre 2008

Dessin inspiré d'enluminures arméniennes
feutres - Dzovinar

mercredi 25 mai 2011

SMYRNE, ou la douceur de vivre d'antan

(pastel d'après gravure - Dzovinar)

Smyrne d'antan

Considérée comme une des "échelles du levant", 
dont l'importance économique et culturelle s'accrut
progressivement durant les 500 ans où elle fit partie
de l'empire ottoman, Smyrne en devint aussi la
cité la plus riche.
En ces temps anciens de paix, de douceur de vivre, les turcs et les communautés franques, juives, grecques, arméniennes, se côtoyaient dans une certaine harmonie... 




FEMMES MARONITES A LA FONTAINE


(Pastel - Dzovinar d'après Vernet-Lecomte)

***
Prière maronite

"Par l’intercession de Ta Mère,
 écarte Seigneur, de la terre et de ses habitants,
les coups de Ta colère.
 Fais cesser les troubles et les séditions.
 Eloigne de nous la guerre, le pillage, la famine et les épidémies.
 Compatis à notre misère, console-nous, nous qui sommes malades,
 secours notre faiblesse, délivre-nous de l’oppression et de l’exil.
 Donne à nos défunts le repos
 et accorde-nous de sortir en paix de ce monde
 et nous te rendons gloire à jamais". 

LE MASSACRE DE SMYRNE

http://www.imprescriptible.fr/documents/smyrne1922.htm

"Quelles paroles pourraient dépeindre cette nuit de massacre et ces funérailles? Quelles larmes répondraient à nos malheurs : une ville antique s'écroule dont l'empire avait duré tant d'années, des milliers de cadavres jonchent ses rues, ses demeures, les saints parvis des Dieux. Partout la cruelle désolation, partout l'épouvante et toutes les faces de ta mort." 
Aeneid II, 361-369.


"La captive" d'après Jan-Baptist Huysmans
(Pastel - Dzovinar)

Le sacrifice
Nikos Lygeros

Je me souviens de Cynégire qui perdit la vie
à la bataille de Marathon en retenant de la main
un navire ennemi qui lui fut fatal ;
de leurs haches les barbares tuèrent le brave.
Je me souviens aussi des innocents qui perdirent leur vie
à la catastrophe de Smyrne en tenant avec leur âme
les icônes byzantines et la chrétienté ;
de leurs couteaux les barbares égorgèrent la paix.

La lamentation devient légende seulement par la croyance
et le grec hellénisme seulement par le sacrifice.


** 13 septembre 490 av.J.-C.: la bataille de Marathon
http://www.lefigaro.fr/histoire/monde/2014/09/12/26004-20140912ARTFIG00297-13-septembre-490-avj-c-la-bataille-de-marathon.php
*****************

http://www.armenews.com/article.php3?id_article=73019
14 septembre 1922 - Le génocide de Smyrne


vendredi 20 mai 2011

TANGO ARGENTIN


(Pastel de Dzovinar d'après affiche))


Est-ce faiblesse qu'aimer la beauté
quand au détour d'un regard
soudain elle apparaît
dans l'ombre d'un cabaret
où se mêlent musique et fumée
où le plaisir de la danse s'invite
à votre table ...
Jeunesse somptueuse
tu m'émeus
ma taille consentante
accepte ton bras impérieux
qui m'entraîne dans le jardin fleuri
des sensations oubliées ...
Beauté de deux corps
qui parfaitement s'épousent
au gré mouvant des figures
d'un sensuel tango argentin.

mardi 17 mai 2011

Mardiros Saryan (1880-1972)

video

Un authentique talent
au service de l'expression picturale
portée aux plus hautes cimes de l'art
tel est  celui de Mardiros Saryan


Exposition dans le Parc à Erevan sous le regard du Maître
où l'on constate avec bonheur que la nouvelle génération
 d'artistes arméniens fait honneur aux peintres du passé ...














quelques coups de coeur ...
Mais c'est en Arménie qu'il faut les voir. 

Au théâtre d'Epidaure



Au théâtre d'Epidaure
où les gradins s'élèvent
et se déploient,
en son centre est une pierre :
- Si tu te tiens en ce point précis,
le souffle de ta voix
montera jusqu'au ciel ...
Alors, debout sur la pierre,
dans ce lieu où l'acoustique
atteint la perfection,
j'ai chanté "Grun'k" ...
Offrande, sur cette terre grecque,
aux âmes disparues
qu'un même destin tragique
lie à jamais.
Dans ce théâtre antique
à ciel ouvert, Epidaure,
je sus que ce chant arménien,
inattendu, surprenant sans doute,
parvint jusqu'au plus haut gradin,
que ceux qui l'entendirent,
sans comprendre le sens,
en touchèrent l'essence.

Dzovinar

lundi 9 mai 2011

H.A. Haïrabédian - Comme tel


Ils ont des petites étoiles au fond des yeux.
Des cascades de sourires sur les lèvres
et des mots de tendresse s'éparpillent gentiment
quand ils ouvrent la bouche.
Dans leur coeur sont nichées des colombes
et leur âme, rayonne parfois d'un mot doré
qu'ils offrent pour tresser des chaînes impalpables.
Sur les frémissements qui passent à leur côté
c'est d'un doigt de velours qu'ils osent une caresse
auxquelles les griffes acérées ne savent résister.
Ils ne sont pas d'ici ressemblent à nos rêves,
et leur souffle a déjà chassé plus d'un nuage.
Vous les reconnaîtrez, ils ont au fond des yeux
des petites étoiles.
hah

George FESTA - Poème




 
Quand se déposent le sable
Les siècles
Effacer du doigt
Ce qui reste
Des larmes
Vague
Coulée d’ombres
Qui mêlent leurs strates
Mouvantes
Les pellicules incertaines
Entre nuit
Et aubes
Lorsque la vision
Se tord
Superposer
Les secondes
Comme l’on arrache
La boue
Ce qui traverse
Limon nourricier
S’ensevelir
Les déserts gagnent
Tôt ou tard
Quels repères flous
Gagner bientôt
L’autre rive

© georges festa – 05.2011

http://armeniantrends.blogspot.com/

mercredi 4 mai 2011

ARMOIRIES DE L'ARMENIE

Les quatre quartiers représentent les quatre anciens royaumes indépendants de l'Arménie (Ourartou, Arsacides, Bagratides, Cilicie). L'écusson central montre le mont Ararat, symbole de la nation arménienne. À son sommet est figurée l'arche de Noé. 
Au bas du bouclier, une chaîne brisée symbolise la liberté et l'indépendance. 

Le bouquet d'épis de blé représente le caractère industrieux des Arméniens.
La plume évoque l'héritage culturel et industriel de l'Arménie. 
Le ruban tricolore, c'est le drapeau.


Le Drapeau Arménien

Il est composé de 3 couleurs:
- Le rouge, pour évoquer le sang des Arméniens.
- Le bleu, pour le ciel de l'Arménie
- L'orange (or), pour la rétribution du travail honnête.