jeudi 26 novembre 2020

Le rôle de l’État hébreu dans les coulisses de la crise Arménienne - par le général (2S) Dominique Delawarde

 Le rôle de l’État hébreu dans les coulisses de la                             crise Arménienne

par le général (2S) Dominique Delawarde  - 15 octobre 2020

Les médias mainstream occidentaux ont beaucoup insisté sur le rôle majeur et indéniable de la Turquie dans la crise opposant l'Arménie à l'Azerbaïdjan, mais ils sont restés extrêmement et étonnamment discrets, voire silencieux sur le rôle tout aussi important, joué, en coulisse, par Israël, et sur son positionnement dans cette affaire.

Ce rôle n'a pourtant pas pu échapper à un géopoliticien ou à un observateur averti.

Il y a, bien sûr, les discrètes navettes aériennes entre Tel Aviv et Bakou qui, au début d'octobre, ne transportaient pas des oranges, mais de l'armement sophistiqué (notamment des drones et des missiles). Une part non négligeable de l'armement azéri est d'origine israélienne. Il faut rappeler que l'Azerbaïdjan est le premier pourvoyeur de pétrole d'Israël et lui fournit 40% de ses besoins. Ceci suffirait presque à expliquer l'alliance de fait, entre les deux pays, alliance basée sur une sorte d'échange «pétrole contre armement».

https://www.jpost.com/israel-news/video-shows-azerbaijan-using-israeli-lora-missile-in-conflict-with-armenia-644327

Il y a la relative discrétion des chancelleries et des médias occidentaux - dont on sait qui les contrôle - sur l'ingérence ouverte de la Turquie, pays membre de l'OTAN, contre l'Arménie, pays membre de l'OTSC (Organisation du Traité de Sécurité Collective) aux côtés de la Russie. La coalition occidentale a bien protesté du bout des lèvres; elle a bien appelé «à la retenue» et au «cessez le feu», mais elle a laissé faire la Turquie sans vraiment dénoncer son impérialisme islamiste, désormais tous azimuts (Syrie, Irak, Libye, Méditerranée orientale, Caucase).

Il y a encore la prise de position officielle de Zelenski, premier président juif d'Ukraine, en faveur de l'Azerbaïdjan, et contre l'Arménie. Ce président aurait certainement été plus discret dans son soutien si l'Azerbaïdjan avait été hostile à l'état hébreu.

Il y a enfin cette déclaration de Georges Malbrunot, grand reporter au Figaro qui nous apprend dans un tweet:

 Georges Malbrunot  @Malbrunot

Conflit au Nagorny-Karabakh: au-delà de la station du Mossad basée en Azerbaïdjan pour espionner l'Iran et de la livraison de matériels militaires à Bakou, Israël entraîne les forces de sécurité azéris, confie un diplomate européen, qui fut basé en Azerbaïdjan.

 Mais pourquoi l’État hébreu se distingue-t-il aujourd'hui, par sa présence et son action dans cette région du monde aux côtés de la Turquie, de l'Azerbaïdjan et du djihadisme islamiste?

Avant de tenter de répondre à cette question, il faut se rappeler que l'activisme d'Israël sur la scène internationale n'est pas que régional, mais mondial. Il peut être direct ou indirect. Son empreinte est souvent perceptible et parfaitement identifiable dans la politique étrangère des grands pays occidentaux (USA, UK, FR, Canada, Australie), mais elle l'est aussi dans presque tous les grands événements qui ont affecté l'évolution géopolitique mondiale des dernières décennies: (guerres au Proche et Moyen-Orient, révolutions colorées et/ou changement de pouvoir (ou tentatives) notamment en Amérique du Sud (Brésil, Bolivie, Venezuela, Colombie, Équateur) mais aussi en Europe (Maïdan …) et en Afrique du Nord (printemps arabes, hirak algérien). A noter aussi l'ingérence plus ou moins ouverte dans les élections des grands pays de la coalition occidentale (USA, FR, UK, Canada, Australie) par des financements généreux de sa diaspora visant à promouvoir les candidats qui lui sont favorables et à détruire ceux qui ne le sont pas.

Cet activisme pro-israélien s'exerce par le biais d'une diaspora riche, puissante et organisée. Cette diaspora collectionne les postes d'influence et de pouvoir, plus ou moins «achetés» au fil du temps et des circonstances, au sein des appareils d’État, au sein des médias mainstream, au sein des institutions financières et des GAFAM qu'elle contrôle. Le Mossad n'est pas en reste et fonde l'efficacité de son action sur le système des sayanims, parfaitement décrit par Jacob Cohen dans sa conférence de Lyon. https://www.youtube.com/watch?v=2FYAHjkTyKU

L'action de ces relais et soutiens vise à défendre et à promouvoir les intérêts directs et indirects de l’État hébreu sur la planète entière et à élargir le cercle des pays et des gouvernances qui le soutiennent. Elle vise aussi à affaiblir celles et ceux qui lui sont opposés. Elle est tenace, efficace et s'inscrit dans la durée.

Pour gagner, l’État hébreu, comme le fait aussi très bien l'OTAN, n'hésite jamais à faire des alliances de circonstance, limitées dans l'espace et dans le temps, avec tel ou tel de ses adversaires (Turquie et djihadistes en Syrie par exemple). Ses actions sont souvent «préméditées», «concoctées» et «coordonnées» avec ses correspondants «néoconservateurs» de Washington. Comme partout ailleurs le mensonge d’État et la duplicité sont monnaies courantes... Pourquoi susciter et/ou mettre de l'huile sur le feu dans un conflit entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie et pourquoi maintenant ?

 Trois grands pays de la région, la Russie, la Turquie et l'Iran, sont directement concernés par ce conflit et par ses conséquences potentielles, parce qu'ils sont frontaliers avec l'une des deux parties en conflit, et parfois les deux. Israël, pour sa part, n'est qu'indirectement concerné, mais l'est tout de même, nous le verrons.


Par ailleurs, cette région du Caucase est également une «zone de friction» entre des alliances qui ne s'apprécient pas vraiment: La coalition occidentale et l'OTAN dont la Turquie et Israël jouent la partition, l'OTSC (Organisation du Traité de Sécurité Collective) dont la Russie et l'Arménie sont membres, et l'OCS (Organisation de Coopération de Shangaï) à laquelle la Russie et l'Iran sont liés (pour l'Iran, comme membre observateur et aspirant candidat depuis 15 ans).


Pour compliquer le tout, le premier ministre arménien en fonction, Nikol Pashinyan, a cru bon de devoir afficher sa préférence pour l'Occident dès sa prise de fonction et de prendre ses distances avec Moscou, ce qui met son pays en position délicate pour réclamer aujourd'hui l'aide de la Russie.

Le déclenchement de la crise actuelle est, selon moi, une opération qui dépasse largement le cadre étroit d'un conflit territorial entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie. Il s'agit d'une opération de plus - après Maïdan en Ukraine, après la tentative de révolution colorée en Biélorussie et après les affaires Skripal et Navalny - visant à mettre la pression sur la Russie, mais aussi sur l'Iran, en les mettant dans l'embarras, voire, en les poussant à la faute.

Il est clair que toute intervention rapide et musclée de la Russie dans ce conflit aurait été immédiatement condamnée par la «communauté internationale autoproclamée» - c'est à dire par l'OTAN - et suivie de l'habituel train de sanctions anti-russes, par les USA, servilement suivis par ses vassaux européens. Il ne faut pas oublier qu'aujourd'hui, mettre un terme au gazoduc North Stream II reste un objectif majeur pour les USA……

L'absence d'une ferme réaction des occidentaux dans la crise du Caucase est, en elle-même, révélatrice sur quatre points:

1 – La défense de l'Arménie n'est pas une priorité pour la coalition occidentale. Monsieur Nikol Pashinyan, premier ministre arménien, s'est donc trompé de cheval en misant sur l'Occident pour la défense de son pays. La coalition occidentale laisse souvent tomber ses alliés de circonstance comme ils l'ont fait pour les Kurdes en Syrie …..

2 – En atermoyant et en laissant venir une réaction russe qu'elle espère pouvoir sanctionner en mettant définitivement fin au North Stream II, la coalition occidentale montre, une fois de plus, sa duplicité et son cynisme. Peu lui importe l'Arménie …..

3 – En créant un foyer d'infection djihadiste aux frontières de la Russie et de l'Iran, la coalition israélo-occidentale montre, une fois de plus, qu'elle est prête à pactiser avec le diable et à l'instrumentaliser pour parvenir à ses fins, en l'occurrence l'affaiblissement de ses adversaires russes et iraniens.

4 – En laissant agir la Turquie et Israël sans réaction, la coalition occidentale reconnaît implicitement, derrière des discours trompeurs, que ces deux pays agissent à son profit.

Le quotidien israélien «The Jerusalem Post» a abordé dans un article récent les affrontements entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie non sans laisser éclater la joie israélienne de voir le Caucase devenir un nouveau foyer de crise potentiellement susceptible d'avoir un impact considérable sur le Moyen-Orient. L'impact recherché par Israël est toujours le même: alléger les pressions et les actions iraniennes et russes sur le théâtre syrien en ouvrant un «nouveau front de préoccupations» aux frontières de ces deux pays.

En conclusion, quatre points méritent d'être soulignés, à ce stade de la crise,

1 – Monsieur Pashinyan, premier ministre arménien, a fait une erreur d'appréciation en misant sur un camp occidental qui s'avère moins fiable que prévu pour défendre l'intérêt de son pays. Il devra, peut être, in fine, faire des concessions douloureuses et pourrait bien y perdre son emploi lors des prochaines élections.

2 – Monsieur Aliyev, président d'un Azerbaïdjan majoritairement chiite, regrettera peut être un jour d'avoir introduit sur son sol des djihadistes sunnites pour combattre l'Arménie. Il regrettera peut-être aussi l'instrumentalisation dont il est l'objet par la Turquie et Israël, chevaux de Troie de l'OTAN. Ses voisins russes et iraniens ne lui pardonneront pas facilement…..

3 – La Russie, dont la gouvernance et la diplomatie ne sont pas nées de la dernière pluie, n'est toujours pas tombée, tête baissée, dans le piège de l'intervention immédiate et musclée qui pourrait, après la tragi-comédie «Navalny», sonner le glas du North Stream II.

Elle interviendra, tôt ou tard, lorsque le bon moment sera venu. Les différents protagonistes directs et indirects ne perdront rien pour attendre.

4 - Israël et l'Occident otanien auront-ils gagné quelque chose à poursuivre leurs actions de harcèlement aux frontières de la Russie et de l'Iran en instrumentalisant l'Azerbaïdjan et en cherchant à détacher l'Arménie de l'OTSC dans le cadre de la stratégie d'extension à l'Est qu'ils poursuivent depuis trente ans ? Rien n'est moins sûr. L'avenir nous le dira.

Quant à la solution du problème territorial, source du conflit déclenché par l'Azerbaïdjan contre l'Arménie, elle réside probablement dans l'application de l'article 8 du Décalogue de l’Acte final d’Helsinki voté le 1er août 1975 qui régit les relations internationales entre les états participants. Cet article évoque clairement «le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes».

Lorsqu’une volonté de quitter un ensemble étatique est validé par un, voire plusieurs référendums à plus de 90%, et lorsque cette sécession a été effective durant 34 ans, sans conflit majeur - ce qui est le cas pour la république d'Artsakh (Haut-Karabakh)-, il semble légitime que la communauté internationale puisse prendre en compte la volonté des peuples et d’accepter de reconnaître ce fait en dotant ces nouveaux états d’une structure juridique particulière leur garantissant une paix sous protection internationale.

On me rétorquera que l'article 3 du même décalogue d'Helsinki rappelle l'intangibilité des frontières. Il s'agira donc, pour la communauté internationale, de déterminer si le droit des peuples à disposer d'eux même doit primer, ou non, sur l'intangibilité des frontières, après 34 ans de séparation totale et effective de vie commune entre deux parties d'un même état.

Cette décision, lorsqu'elle sera prise, ne devrait pas être sans conséquences jurisprudentielles sur le futur du Kosovo, de la Crimée, ou de la Palestine occupée……

Pour ceux qui souhaitent élargir et diversifier leurs connaissances sur ce sujet sensible, je suggère la lecture de deux articles intéressants:

- un article de Jean Pierre Arrignon, historien byzantiniste et spécialiste de la Russie

https://blogjparrignon.net/asc2i/la-guerre-du-nagornii-karabakh/

- un éditorial d'Eric Denécé, patron du CF2R (Centre Français de Recherche sur le Renseignement sous le titre: «Le conflit Arménie/Azerbaïdjan au Haut-Karabakh relancé par la Turquie».

https://cf2r.org/editorial/le-conflit-armenie-azerbaidjan-au-haut-karabakh-relance-par-laturquie/

“Analyse stratégique de l’avenir de l’Artsakh-Arménie”. - Préambule par Ovanes GARIBIAN

N. Lygeros - e-Conférence : 

“Analyse stratégique de l’avenir de l’Artsakh-Arménie”.

 Action Militante Lyon Arménie.

24 Novembre 2020

"L'heure n'est plus à pleurer notre patrie perdue car elle n'est pas encore perdue et d'ailleurs il n'a jamais servi de pleurer sur son sort. Bien au contraire, relevons la tête et retroussons les manches, la lutte du peuple arménien est à un moment crucial de son histoire. Alors aujourd'hui, vous êtes face à un choix: avoir peur de perdre votre patrie ou agir pour ne pas la perdre. Propagez autour de vous cette affirmation : les arméniens refusent l'anéantissement de leur nation !"

Action Militante Lyon Arménie

Ce 24 novembre 2020, nous étions une centaine pour suivre l'analyse stratégique de l'Artsakh-Arménie par Nikos Lygeros, professeur de stratégie et spécialiste de la cause arménienne. Cette conférence nous a fort enrichi et nous a permis d'établir deux constats indéniables :

 - nous avons perdu une bataille mais nous n'avons pas perdu la guerre,

 - en ce moment même, plusieurs combats décisifs se déroulent pour la protection de notre nation.

Nous avons collectivement perdu notre dernière bataille ce qui permet aujourd'hui à la Turquie et l'Azerbaïdjan d'être en position d'obtenir prochainement un corridor qui va lier physiquement la Turquie et l'Azerbaïdjan. Alors le rêve pan turque sera réalisé et notre nation sera anéantie. Ne soyons pas dupes, l'objectif premier de cette guerre orchestré par Erdogan et Aliyev était l'obtention de ce corridor. Après avoir obtenu un corridor, ils en voudront un second. Après le second, ils leur faudra administrer une région. Après avoir administré une partie de la république d'Arménie, la Turquie et l'Azerbaïdjan voudront un passage au nord. Et ensuite ? Nous vous laissons imaginer … 

Hier nous étions 100 à suivre la conférence, si chacun d'entre nous diffuse cette dernière à 10 personnes, nous serons 1000 à agir. Vous pourrez leur demander, à leur tour, de diffuser cette conférence à 10 autres personnes et nous serons alors 10 000, ainsi de suite …

L'heure n'est plus à pleurer notre patrie perdue car elle n'est pas encore perdue et d'ailleurs il n'a jamais servi de pleurer sur son sort. Bien au contraire, relevons la tête et retroussons les manches, la lutte du peuple arménien est à un moment crucial de son histoire. Alors aujourd'hui, vous êtes face à un choix: avoir peur de perdre votre patrie ou agir pour ne pas la perdre. Propagez autour de vous cette affirmation : les arméniens refusent l'anéantissement de leur nation !

 Ovanes Garibian

Partie I



https://www.youtube.com/watch?v=smGXoi8rgLA&t=4s

Partie II

https://www.youtube.com/watch?v=SLqLfOLrwLg 


samedi 21 novembre 2020

Conflit de l'Artsakh - tribune du Figaro Vox

Conflit de l'Artsakh - tribune du Figaro Vox  -  

L’Europe occidentale, éprise de liberté avec ses valeurs humaines, démocratiques, a de fait ses frontières aux confins caucasiens de l’Arménie géographiquement lointains mais au cœur si intellectuellement, si culturellement, si identitairement proches d’elle.

La France s’est trouvée un peu isolée dans son soutien. Restons attentifs aux conséquences de ces évènements, tout comme les 40 écrivains qui soutiennent cette tribune. CG 

«Les Arméniens du Haut-Karabagh luttent pour leur survie: la France doit les aider!»

FIGAROVOX/TRIBUNE - Plus de 40 auteurs - dont Stéphane Bern, Françoise Chandernagor, Xavier Darcos, Franck Ferrand, David Foenkinos, Yann Keffelec, Erik Orsenna, Patrick Poivre d’Arvor- implorent Emmanuel Macron d’aider les Arméniens du Haut-Karabagh, très menacés par l’offensive militaire de Bakou soutenue par Erdogan. 

Par Tribune collective

Publié le 30 octobre 2020 à 19:52, mis à jour le 30 octobre 2020 à 19:52

Marche organisée par le Conseil de coopération des arméniens de France (CCAF) pour demander la reconnaissance de la République d’Artsakh/Haut-Karabagh, à Paris, le 25 octobre. François Bouchon / Le Figaro

Tandis que, sidérés, indignés et bouleversés par l’assassinat effroyable d’un professeur, puis ceux perpétrés dans cette église à Nice, les Françaises et les Français s’interrogent sur les ressorts de cette barbarie et les moyens d’y mettre fin, un autre drame se joue à 3500 kilomètres de chez nous, où la même barbarie est en action.

Au Karabagh - en Artsakh, selon son nom arménien -, on décapite aussi. Depuis un mois, les Arméniens y livrent un combat dramatiquement inégal, désespéré, contre une coalition turco-azerbaïdjanaise appuyée par des centaines de mercenaires djihadistes. L’affaire ne se résume pas à un lointain conflit territorial pour quelques arpents de cailloux perdus au milieu du Caucase. Elle nous concerne tous. Les Arméniens combattent le même ennemi.

À LIRE AUSSI : Jean-François Colosimo: «Haut-Karabakh, soutenons les Arméniens et refusons l’indifférence»

Comme l’atteinte à un professeur, à une église - au-delà de l’abomination intrinsèque des crimes -, l’offensive déclenchée contre les Arméniens par l’Azerbaïdjan, à l’initiative de la Turquie, revêt une même dimension symbolique.Depuis des siècles en effet, depuis peut-être l’arc-en-ciel au-dessus du mont Ararat qui annonça la fin du Déluge, les Arméniens représentent un pont entre les civilisations, à travers le temps et la géographie.

Au Ve siècle, pour leur appartenance à la première nation chrétienne, en tant que gardiens du Tombeau du Christ, les Arméniens reçoivent leur quartier propre à Jérusalem.

On dit que leur langue comprend tous les phonèmes connus, raison pour laquelle les Arméniens sont doués pour la musique et souvent polyglottes. Est-ce une prédestination ou leur histoire qui a forgé leur capacité à communiquer avec les autres peuples? Au Ve siècle, pour leur appartenance à la première nation chrétienne, en tant que gardiens du Tombeau du Christ, les Arméniens reçoivent leur quartier propre à Jérusalem, à côté des juifs, des musulmans, des autres chrétiens. Ce quartier existe toujours.

La position géographique de l’Arménie lui vaut de subir dominations et influences successives - Grecs, Romains, Parthes, Perses, Mongols… Au XIe siècle, son annexion progressive par les Byzantins, puis sa conquête par les Turcs, contraignent une partie de sa population à l’exil. Où qu’ils soient, génération après génération, les Arméniens se sont intégrés dans diverses nations, sans oublier leurs racines, sans oublier leur pays amputé peu à peu. Ils ont donné des empereurs à Byzance, des vizirs aux califes d’Égypte, des ministres au royaume de Perse, des chefs militaires aux radjahs des Indes, des diplomates aux Ottomans, de glorieux généraux à l’Empire des Tsars.


Même privés d’État-nation depuis le XIVe siècle, génération après génération, les Arméniens, postés au carrefour avec l’Asie, ont toujours tenu dans l’Histoire le rôle de médiateurs entre Occident et Orient, entre peuples de langues, de cultures et de religions différentes, sur les routes de la soie et des épices, au Proche-Orient ou dans les Indes des XVIIe et XVIIIe siècles.

À LIRE AUSSI : Haut-Karabagh: «L’impérialisme turc contraint les droits du peuple arménien»

Ils ont su vivre en paix avec des chrétiens catholiques ou orthodoxes, des musulmans chiites ou sunnites, des juifs, des hindous, des mazdéens… Leur grande diaspora habite à Moscou ou à Los Angeles, à Téhéran ou à Marseille et Paris, à Beyrouth ou à Buenos Aires, à Varsovie ou à Montréal. Elle constitue un réseau aux fils immarcescibles entre les continents, entre les pays, qui perdure par-delà les conflits et les régimes politiques.

Parmi tous ces liens, il en existe un, privilégié, avec la France, attesté dès le VIe siècle. Il ne s’est jamais démenti au cours du temps, des ambassadeurs arméniens dans la délégation envoyée par le calife Haroun-al-Rachid auprès de Charlemagne, des marchands invités par Colbert à Marseille pour relancer le commerce avec l’Orient, de Roustam, le mamelouk arménien, garde du corps de Napoléon Ier, à la Légion arménienne qui combattit vaillamment sous le drapeau français au Proche-Orient entre 1916 et 1920 et à ces dizaines de milliers de réfugiés qui choisirent la France, une patrie de cœur, après la tragédie de 1915.

1915 : un million et demi d’Arméniens disparaissent, victimes d’une Turquie en proie à une hystérie ultra-nationaliste.

Depuis près de deux mille ans, les Arméniens sont des gardiens, des veilleurs. Alors, quand un peuple-pont est menacé, c’est le dialogue entre tous les peuples qui se tarit, c’est une fracture dans l’histoire du monde qui s’annonce. 1915. Un million et demi d’Arméniens disparaissent, victimes d’une Turquie en proie à une hystérie ultra-nationaliste, malgré l’indignation d’une grande partie de l’Europe et des États-Unis. L’indifférence qui suit - en raison des bouleversements géopolitiques de l’époque - fait dire à Hitler à la veille de la Shoah, pendant qu’il conçoit son terrifiant plan d’aryanisation, «Qui se souvient du massacre des Arméniens?» Un peuple-pont entre les peuples, un peuple victime d’un crime imprescriptible contre l’humanité qui sera à l’origine de la création du terme juridique de génocide.

En cette heure si grave où nos valeurs humanistes les plus essentielles sont meurtries, désormais chaque jour, est-il possible de laisser un dictateur annoncer qu’il va en finir avec les «restes de l’épée», autrement dit les descendants des rescapés de 1915? En cette heure si grave où les fondements mêmes de notre République sont attaqués, pouvons-nous nous contenter de quelques protestations quand une jeune république démocratique, pour laquelle la France a toujours été une inspiration, fait face à deux dictatures?

À LIRE AUSSI : «La Turquie organise son emprise sur l’islam de France»

Les récents événements ont conduit le Président Macron à adopter une position ferme face à la Turquie. Mais la France doit élever plus haut sa voix dans le concert des nations pour protéger les Arméniens de l’Artsakh, défendre leur droit à disposer d’eux-mêmes sur une terre qu’ils habitent depuis la haute Antiquité. Si elle trahit cette alliance multiséculaire, si nous laissons brûler ce pont, si nous n’avons pas le courage de nous dresser à l’extérieur contre cette peste du fanatisme qui nous frappe à l’intérieur, que dirons-nous à nos enfants? Que nous nous sommes contentés d’allumer des bougies et de déposer des fleurs? 

Les 42 auteurs qui ont signé cette tribune sont:

Jérôme Attal - Stéphane Bern - Emmanuelle de Boysson - Nathalie de Broc - Pascal Bruckner - David Camus - Mireille Calmel - Virginie Carton - Françoise Chandernagor - Paule Constant - Marie-Do - Chaize - François de Closets - Vincent Crouzet - Xavier Darcos - Didier Decoin - Marina Dédéyan - Arnaud Delalande - Olivier Delorme - Carole Duplessis-Rousée - Catherine École-Boivin - Franck Ferrand - David Foenkinos - Sophie Fontanel - Lorraine Fouchet - Franz-Olivier Giesbert - Catherine Hermary- vieille -  Alexandre Jardin - Michèle Kahn - Yann Keffelec - Philippe Labro Thibault de Montaigu - Erik Orsenna - Gilles Paris - Jean-Marie Rouart - Bernadette Pecassou-Camebrac - Patrick Poivre d’Arvor - Michel Quint - Tatiana de Rosnay - Gilbert Sinoué - Akli Tadjer - Valérie Toranian - Tigrane Yegavian.

  

jeudi 19 novembre 2020

PROPOSITION DE RÉSOLUTION sur la reconnaissance de la République d’Artsakh,


  N° 3436

_____

   ASSEMBLÉE NATIONALE

     CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958

   QUINZIÈME LÉGISLATURE

Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale

 le 16 octobre 2020

       PROPOSITION DE RÉSOLUTION

        sur la reconnaissance de la République d’Artsakh, 

        présentée par Mesdames et Messieurs

François PUPPONI, Guy TEISSIER, Danièle CAZARIAN, François-Michel LAMBERT, Guillaume KASBARIAN, Vincent BRU, Jean-Christophe LAGARDE, Jean-Pierre CUBERTAFON, Emmanuelle ANTHOINE, Brigitte KUSTER, Alexandra LOUIS, Marine BRENIER, Isabelle SANTIAGO, Bernard DEFLESSELLES, Anne-Laurence PETEL, Nadia ESSAYAN, Thomas RUDIGOZ, Mohamed LAQHILA, Cathy RACON-BOUZON, Jean-Michel MIS, Julien RAVIER, Éric CIOTTI, Paul MOLAC, Florence PROVENDIER, Meyer HABIB, Fabrice BRUN, Jean-Félix ACQUAVIVA, Martine WONNER, Jeanine DUBIÉ, Jean-Marc ZULESI, Pierre MOREL-À-L’HUISSIER, Aurore BERGÉ, Michèle TABAROT, Pierre-Yves BOURNAZEL 

députés.

*******

EXPOSÉ DES MOTIFS

MESDAMES, MESSIEURS,

Le 27 septembre dernier, la République d’Azerbaïdjan, avec l’appui politique et militaire de la Turquie et le renfort de mercenaires djihadistes syriens (1), a déclenché une guerre d’une violence sans précédent contre la population du Haut-Karabakh (2) (de son nom arménien, Artsakh).

    – L’intensité de ce conflit, l’utilisation d’armements conventionnels particulièrement meurtriers (missiles, artillerie lourde, lance-roquettes multiples, drones armés, drones suicides, aviation de combat, chars de combat) d’une part ;

     – les bombardements massifs et délibérés des populations et des infrastructures civiles (villes, villages, écoles, hôpitaux, centres culturels, cathédrale), le meurtre et la mutilation de civils, et le recours systématique à des munitions à fragmentation (confirmé par Amnesty International (3)) prohibées par le droit international en raison de leur effet dévastateur en zone civile, d’autre part, montrent que le différend territorial n’est qu’un prétexte, et que nous assistons en réalité à une tentative d’épuration ethnique de la population arménienne ancestrale de l’Artsakh.

Chaque jour qui passe entraîne dans la mort des centaines de jeunes Arméniens d’Artsakh et d’Arménie qui livrent une lutte existentielle à armes inégales, et dans l’exode des milliers de civils qui fuient les exactions du régime azerbaidjanais et de ses sinistres supplétifs.

Une urgence dramatique commande que les droits fondamentaux de la population d’Artsakh soient reconnus et protégés par la reconnaissance formelle de la République d’Artsakh : reconnaissance du droit à la vie, à la sécurité, à la santé, à l’éducation, au développement culturel économique et social, au libre choix de son organisation politique, et bien sûr à l’autodétermination.

L’amitié séculaire de la France pour l’Arménie comme sa tradition universelle et humaniste de défense des droits de l’homme, de lutte contre toutes les discriminations et de protection des libertés fondamentales exigent que la France ouvre la voie des nations et reconnaisse dès maintenant la République d’Artsakh, faisant de cette reconnaissance le premier rempart en droit de sa population. 

(1

 Information confirmée par le président français, Emmanuel Macron, le 1er octobre dernier : « Nous disposons d'informations aujourd'hui de manière certaine qui indiquent que des combattants syriens de groupes djihadistes ont (transité) par Gaziantep pour rejoindre le théâtre d'opérations du Haut Karabakh. C'est un fait très grave nouveau, qui change la donne » ; « Selon nos propres renseignements, 300 combattants ont quitté la Syrie pour rejoindre Bakou en passant par Gaziantep (en Turquie). Ils sont connus, tracés, identifiés, ils viennent de groupes jihadistes qui opèrent dans la région d'Alep »

https://www.lefigaro.fr/international/des-combattants-syriens-jihadistes-au-karabakh-selon-macron20201001(

2

 Emmanuel Macron a confirmé, le 30 septembre dernier qu’il était « établi qu’il y (avait) eu des tirs venant de l’Azerbaïdjan » https://www.lefigaro.fr/flash-actu/macron-preoccupe-par-des-messagesguerriers-de-la-turquie-sur-le-karabakh-20200930(

3

 https://www.lemonde.fr/international/article/2020/10/06/haut-karabakh-amnesty-denonce-lutilisation-de-bombes-a-sous-munitions-interdites-depuis-2010_6054976_3210.html )

                                      *****                                           

           PROPOSITION DE RÉSOLUTION

    Article unique

1) L’Assemblée nationale,

2) Vu l’article 34-1 de la Constitution,

3) Vu l’article 136 du Règlement,

4) Affirme sa volonté de concourir à l’effort de paix dans le Caucase du Sud ;

5) Constatant l’ardente volonté de la diplomatie française à rechercher, depuis 1994, une solution négociée au conflit du Haut-Karabakh, dans le cadre du groupe de Minsk dont elle assure la co-présidence aux côtés de la Russie et des États-Unis ;

6) Constatant la guerre des quatre jours du 2 au 6 avril 2016 au Haut-Karabakh, l’extension du conflit au territoire souverain de la République d’Arménie au mois de juillet 2020 ;

7) Constatant l’alliance entre l’Azerbaïdjan et la Turquie visant à favoriser une solution militaire comme en atteste la reprise des combats le 27 septembre 2020 dont elle fut à l’origine ;

8) Constatant le recrutement de mercenaires, ayant servi au sein de groupes djihadistes en Syrie, dans les rangs de l’armée azerbaïdjanaise et leur implication dans les combats ayant débuté le 27 septembre 2020 ;

9) Constatant que la minorité arménienne placée sous administration azerbaïdjanaise a été soumise de façon répétée à des massacres organisés notamment à Soumgaït du 25 au 27 février 1988, Kirovabad le23 novembre 1988), Bakou du 12 au 19 janvier 1990, et Maragha le 10 avril 1992, et que, par conséquent, leur sécurité n’est pas garantie dans le territoire de la République de l’Azerbaïdjan ;

10) Constatant les rapports de la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance du Conseil de l’Europe (ECRI) et du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale de l’ONU (CERD) attestant de manière implacable de l’impossibilité des populations arméniennes de vivre librement en Azerbaïdjan ;                                                               

11) Constatant la position constante de neutralité de la France dans le conflit du Haut-Karabakh en raison de son engagement diplomatique comme co-présidente du Groupe de Minsk où elle promeut un processus négocié par étape, et, en outre, que celui-ci est durablement entravé par le recours de l’Azerbaïdjan à la solution militaire ;

12) Constatant la menace que constituerait un conflit armé de grande ampleur au Caucase du Sud, mettant aux prises des puissances régionales à la porte du Moyen-Orient ;

13) 1. Prend acte du refus du gouvernement azerbaïdjanais de privilégier une solution négociée au conflit du Haut-Karabakh ;

14) 2. Souligne le caractère exceptionnel du conflit du Haut-Karabakh, en raison des belligérants et de ses implications régionales, qui appelle une solution adaptée ;

15) 3. Affirme l’urgente nécessité d’aboutir à un règlement définitif du conflit garantissant la sécurité durable des populations civiles ;

16) 4. Affirme la nécessité absolue que le Haut-Karabakh assure sa pleine souveraineté en dehors de toute administration azerbaïdjanaise sous peine d’une éradication des populations arméniennes, au sein de frontières finales déterminées dans une négociation multilatérale incluant les autorités de l’Artsakh ;

17) 5. Invite le Gouvernement à procéder sans délai à la reconnaissance de la République d’Artsakh et à l’établissement de relations diplomatiques avec ses autorités en vue d’obtenir un règlement définitif du conflit.


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samedi 14 novembre 2020

Pourquoi Pashinyan doit démissionner immédiatement pour « annuler cet accord », asbarez

 Pourquoi Pashinyan doit démissionner immédiatement pour « annuler cet accord », asbarez

Date : 14 novembre 2020

Auteur: HYE PRESS

par Asbarez


Ce qui suit est une interview avec Garo Maenlian, ARF Western US Central Committee par Asbarez.


Asbarez: Il est évident que tous les Arméniens du monde entier sont bouleversés par les termes de l’accord désastreux signé par Pashinyan, mais pouvez-vous nous donner quelques-unes des questions spécifiques ?

Garo Maenlian: En plus des 7 régions entourant Artsakh qui ont été en cause lors des négociations de règlement au cours des deux dernières décennies, cet accord concède également les parties sud d’Artsakh, y compris Hadrut et jusqu’à et y compris Shushi. 2 de ces 7 régions établissent une nouvelle ligne de contact et de frontière par laquelle l’Arménie devient extrêmement vulnérable aux attaques azéris. En outre, il crée un couloir de transport à travers l’Arménie de Nakhichevan à l’Azerbaïdjan non seulement permettant un accès sans entrave pour les Azerbaïdjanais, mais aussi reliant la Turquie à l’Azerbaïdjan et via l’Azerbaïdjan au reste des peuples turcs à l’est de la Caspienne. C’est quelque chose que la Turquie et plus particulièrement Erdogan, a voulu depuis la chute de l’Empire ottoman pour faire avancer son programme pan-turaniste. Pour l’Arménie, en plus d’être entourée de Turcs qui poursuivent les politiques de génocide, cela crée essentiellement l’occasion pour une coalition azéri-turque de sceller la frontière entre l’Arménie et l’Iran en créant un nœud coulant autour du cou de l’Arménie qu’ils peuvent resserrer à tout moment.

Asbarez: Cet accord de cession garantit-il effectivement des parties d’Artsakh, y compris Stepanakert, Askeran et Martuni, et permet-il aux gens de rentrer chez eux ?

G.M.: Sur le papier, il donne l’impression d’établir une sécurité temporaire, mais comme le statut final d’Artsakh n’est pas confirmé, toutes ces régions peuvent et très probablement être placées sous contrôle azerbaïdjanais. Dans les deux cas, si cet accord catastrophique n’est pas inversé, il serait presque impossible d’imaginer la population arménienne retourner chez elle car elle devrait faire confiance aux Casques bleus pour tenir à distance les forces azéri-turques et les mercenaires djihadistes syriens de l’Etat islamique. Ils seraient entourés d’ennemis sans soldats arméniens pour les protéger. La route vers et depuis l’Arménie et Stepanakert serait également contrôlée par ces mêmes casques bleus, mais resterait vulnérable aux forces azéris occupant Shushi. Shushi a toujours été la clé de la paix et de la stabilité dans la région en raison de son emplacement stratégique au-dessus de Stepanakert d’où, même sans leurs drones israéliens et turcs, les Azéris peuvent lancer des offensives à grande échelle et des missiles de pluie sur la population civile de Stepanakert et ailleurs, comme ils l’ont fait jusqu’à ce que Shushi soit libéré. Et nous savons tous que les Azéris ont commis des crimes de guerre contre des civils, des églises, des écoles et des hôpitaux avec des bombes à sous-munitions et des frappes de missiles pendant cette guerre, qui sont tous bien documentés, et ils sont plus que disposés et capables de continuer à le faire. Le Premier ministre lui-même a déclaré que les gouvernements azéris-turcs poursuivaient le génocide arménien et qu’il était donc inimaginable qu’il suggère maintenant aux Arméniens de revenir dans ces conditions et de faire face à de tels risques.

Ce qui complique encore les choses, c’est que l’accord prévoit le retour des personnes déplacées, y compris les Azéris qui affirment avoir jusqu’à 800 000 personnes prêtes à déménager, y compris à Shushi et dans les régions environnantes.

Asbarez: Comment voyez-vous l’affirmation de Pashinyan selon laquelle il a sauvé la vie de 25 000 soldats arméniens en acceptant ces conditions difficiles ?

G.M.: Tout d’abord, nous ne pouvons pas compter sur l’exactitude du nombre de soldats qu’il a déclarés parce que lors d’une seule émission en direct, il a annoncé trois totaux différents, dont le plus élevé était de 25 000. De plus,. Il a une expérience de tromper le public en général, et surtout pendant cette guerre quand lui et les porte-parole du ministère de la Défense a déclaré à plusieurs reprises que nous étions en train de gagner, puis brusquement remis Shushi et a affirmé que nous avons perdu tout ce temps. Ou en appelant des combattants volontaires sans faire respecter un projet, puis en fermant la route de Goris à Stepanakert bien avant qu’il ne rende Shushi. Maintenant, il peut également annoncer divers numéros pour confondre l’ennemi, mais il a déjà signé l’accord capitulant à leurs termes et a appelé à un retrait militaire. Il y avait beaucoup plus d’incohérences, mais un indicateur principal de ses priorités est son programme populiste pour conserver son bureau, qui ressemble à une campagne publicitaire, comme quand il a fait une affiche se dépeignant comme le personnage central victorieusement menant la nation arménienne hors de cette guerre alors que nos soldats étaient réellement se battre et mourir sur les lignes de front. Nous souhaitons tous que sa campagne de relations publiques soit vraie et qu’il sauve Artsakh, mais malheureusement ce n’était pas le cas, et il nous a vendus.

Bien sûr, chaque vie arménienne est précieuse pour nous, mais nous sommes entourés d’ennemis et avons une armée complète avec des soldats qui servent à grand risque et péril pour eux-mêmes dans le but de défendre notre peuple et nos frontières.

Asbarez: Que peut-on faire pour renverser ce tragique accord et contribuer à la situation ?

G.M.: Tout d’abord, nous devons rester forts et unis pour Artsakh et l’Arménie, et faire tout notre possible pour renverser cet accord que tous les Arméniens trouvent désastreux et doivent condamner. Nous devons adopter une approche à plusieurs volets où l’Arménie doit reprendre immédiatement les pourparlers avec la Russie, qui peut encore jouer un rôle clé avec sa présence militaire et peut prendre des mesures concrètes sur le terrain pour relancer les négociations. Un facteur important à considérer ici est la difficulté de l’Azerbaïdjan à atteindre Shushi en raison de l’accès limité en raison de son emplacement, ce qui soulève également des questions sur la reddition rapide de Pashinyan.

L’Arménie doit également entamer rapidement des discussions avec la France et les États-Unis dans le lignée des efforts de l’ANCA et de l’EAFJD, qui ont tous deux déjà lancé des campagnes parallèles aux États-Unis et en Europe, et nous encourageons tout le monde à se joindre aux alertes d’action et à y participer.

Les trois pays coprésidents du Groupe de Minsk de l’OSCE ont leurs propres intérêts dans la région, mais ils peuvent s’aligner sur l’Arménie pour créer de meilleures conditions à un accord de cessez-le-feu.

Pour ce faire et pour l’avenir d’Artsakh et de l’Arménie, Pashinyan doit tenir compte des appels à sa démission et permettre le transfert immédiat et pacifique du pouvoir; une étape nécessaire pour relancer les négociations. Seule une personne autre que quelqu’un qui a accepté de tout donner aux Turcs peut entreprendre le processus pour annuler cet accord ou changer ses termes.

Bien sûr, nous avons la crise humanitaire avec plus de 100 000 personnes déplacées, des soldats et des civils blessés, et les familles de nos héros qui ont fait le sacrifice ultime pour défendre la patrie et le peuple arméniens. Nous avons l’obligation et le devoir de les aider à trouver des conditions de vie, des nécessités de base, de l’éducation, des emplois et des soins médicaux.

Asbarez: L’ARF en Arménie avec d’autres organisations ont déjà appelé à la démission de Pashinyan, est-ce quelque chose que l’ARF dans l’ouest des États-Unis soutient ?

G.M.: Notre annonce qui a été publiée hier montre clairement que le Comité central de l’ARF dans l’ouest des États-Unis est en plein accord avec l’ARF en Arménie et soutient complètement ses initiatives, en particulier à cet égard. Pashinyan est le premier ministre et le commandant en chef des forces armées et est en fin de compte responsable de cet échec catastrophique, que certains appelleraient la trahison, et devrait être tenu responsable, sans entrer dans tous les autres problèmes intérieurs et les questions de politique étrangère qu’il a créé au cours des 2 et 1/2 dernières années. Il a conclu l’accord et ne peut pas maintenant reprendre les négociations en déclarant simplement qu’il a changé d’avis, et il n’a montré aucune capacité à communiquer efficacement avec Moscou, ou même la France et les États-Unis.

Il ne s’agit pas d’une approbation de l’un ou l’autre des régimes passés qui ont tous eu leur part de problèmes, et les appels à sa démission ne sont pas de faire avancer tout programme politique interne, comme tout ce qui a été mis de côté pour l’effort de guerre. Il s’agit simplement de sauver un problème inimaginable et dévastateur créé par le régime actuel.

Oui, nous soutenons la position de l’ARF Arménie de tout cœur et nous nous joignons à l’appel à la démission de Pashinyan, pour le bien de notre nation et pour annuler cet accord désastreux.

Que l’on sache que tout Arménien qui donne nos terres ou met Artsakh en danger est un traître. Tout Arménien qui est complice de cela, ou soutient une telle trahison est aussi un traître à la nation arménienne et apportera à jamais la honte au nom de leur famille.

Asbarez: Vous avez mentionné que nous devons tous rester unis et rester forts avec et pour Artsakh et l’Arménie, ne pas appeler à la démission du Premier ministre créer la division au lieu de favoriser l’unité ?

G.M.: non. Nous demandons une mesure drastique pour éviter une calamité inévitable créée par l’acquiescement du Premier ministre à un accord de reddition intenable avec l’ennemi.

La nation arménienne s’est levée pour défendre notre peuple et nos terres, unie comme jamais auparavant, et combattre cette guerre sur tous les fronts de la Patrie et de la diaspora et devrait continuer à le faire ensemble. Nous poursuivrons ce combat pour Artsakh.

Nous appelons à l’unité, non seulement pour être unis, mais pour nos objectifs nationaux basés sur nos priorités, qui est aujourd’hui Artsakh, et non pour un seul individu. Notre appel à l’unité reste ancré dans notre agenda national; la sécurité d’Artsakh et sa reconnaissance par la communauté internationale, et tout Arménien qui ose franchir cette ligne brillante serait légitimement considéré comme un traître.

Et pour rester unis dans cet objectif, nous ne pouvons pas nous rassembler autour de l’individu qui a induit en erreur le peuple qui a ensuite remis Artsakh, et probablement Meghri, à l’ennemi, et qui arrête actuellement les dissidents et tente de faire taire les critiques au lieu de faire face à la crise humanitaire, politique et militaire tout en cherchant encore d’autres à blâmer.

Sur la base de l’ordre du jour et des priorités nationaux, tous les Arméniens devraient être unis pour tenter de remplacer le Premier ministre arménien et annuler l’accord qu’il a conclu avec l’ennemi.