lundi 20 mai 2019

N. Lygeros: Conférence sur les 100 ans du Génocide des Grecs du Pont. Brussels, 19/05/2019

N. Lygeros: Conférence sur les 100 ans du Génocide des Grecs du Pont. Brussels, 19/05/2019



N. Lygeros: Conférence sur les 100 ans du Génocide des Grecs du Pont. Brussels, 19/05/2019

Ν. Λυγερός: 100 χρόνια από την Γενοκτονία των Ελλήνων του Πόντου. Βρυξέλλες, 19/05/2019


dimanche 19 mai 2019

Photos du Khatchkar de Perpignan (P.O) - détails

Khatchkar sculpté par Maître Meroujan NALBANDYAN
béni par Derayr KOMITAS

Inauguré le 24 AVRIL 2019 à PERPIGNAN








Prière qui figure au dos du khatchkar

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19 MAI 2019 - COMMEMORATION DU GENOCIDE DES GRECS PONTIQUES

Déportation des Grecs Pontiques, 1914
© www.pontian.info
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1 – Ingénieur et pianiste canadien, Raffi Bedrosyan, relève ( in The Armenian Weekly, 02 juillet 2014) qu’en 1915, en même temps que les Arméniens, furent massacrés 250 000 Assyriens, tandis qu’à partir de 1916 furent éliminés les Grecs Pontiques sur la côte de la mer Noire. Mais ceux-ci, témoins du sort des Arméniens, organisant leur autodéfense dans les montagnes, eurent « seulement » 150 000 victimes, soit le tiers de la population pontique jusqu’à la fin de la guerre. La seconde phase du massacre coïncida avec l’arrivée de Mustafa Kemal Ataturk à Samsun, le 19 mai 1919 et la collaboration de Topal Osman et Ipsiz Recep pour vider le nord de la Turquie des Grecs Pontiques.

2 – La population masculine grecque pontique étant installée dans les montagnes, Topal Osman et Ipsiz Recep s’en prirent aux femmes et aux enfants grecs, restés dans les villages. Ils étaient conduits par villages entiers dans des grottes pour y être brûlés vifs ou gazés par asphyxie. Les mâles grecs étaient jetés vivants, par les cheminées, dans les chaudières à charbon des navires à vapeur. On enfermait les Grecs dans les églises avant d’y mettre le feu. L’horreur des massacres choqua tellement la population musulmane locale qu’elle demanda au gouvernement d’Ankara d’éloigner les criminels. Rappelé auprès d’Ataturk, Osman devint son garde du corps avant d’être exécuté pour avoir critiqué et menacé son maître.

3 – Les « tribunaux de libération » [İstiklâl Mahkemeleri], mis en place pour juger les rebelles grecs, prenaient des décisions arbitraires aboutissant invariablement à des condamnations à mort par pendaison. Enseignants grecs des écoles américaines et grecques de la région, dirigeants communautaires, religieux se comptèrent par centaines parmi les victimes de ces tribunaux qui ne permettaient ni de se défendre, ni de faire appel. Connu aussi pour ses penchants sadiques, Nurettin Pacha, nommé par Ataturk commandant de l’Armée centrale, détruisit des milliers de villages grecs sans défense. C’est lui qui, à la tête des unités militaires, entra dans Izmir (Smyrne), en 1922, où il organisa le lynchage du métropolite grec, avant de mettre le feu à toute la ville.

4 – De 1919 et à la fin 1922, la population grecque pontique fut décimée à raison de 353 000 victimes. Un certain nombre de survivants furent convertis de force à l’islam et turcisés sous la menace. Lors du traité de Lausanne en 1924, les quelques Grecs Pontiques restants furent inclus dans les 1 250 000 Grecs anatoliens, puis « échangés » contre des musulmans en Grèce. La région de la mer Noire fut ainsi vidée de sa civilisation grecque historique. Tous les noms grecs des villages et villes prirent des noms turcs nouveaux et la langue turque fut imposée à tous les Grecs convertis, aux Arméniens hamchènes, aux Laz et aux minorités géorgiennes.

5 – La portée raciste de cette politique de l’État unique, de la nation unique et de la langue unique, apparaît dans cette déclaration du ministre de la Justice d’alors, Mahmut Esat Bozkurt : « Les Turcs sont les maîtres de ce pays. Les populations restantes n’ont qu’un seul droit dans ce pays : être les serviteurs et les esclaves des véritables Turcs ! » Topal Osman, considéré comme un héros par les Turcs nationalistes a eu l’honneur d’une statue érigée à Giresun. En 1994, le Parlement grec a reconnu le génocide des Grecs Pontiques, lors du 75ème anniversaire des évènements de 1919

(Petite encyclopédie - Denis Donikian - 2015)

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mercredi 15 mai 2019

Sol : Le témoin de la catastrophe - La : Choc mental - La nouvelle ramification - N. Lygeros (3)






























Sol : Le témoin de la catastrophe
N. Lygeros
Traduit du Grec par A.-M. Bras

L’homme de haute taille n'était pas musicien et la bibliothécaire ne lisait pas la musique, alors les explications du petit homme furent rendues encore plus difficiles. Ils s'assirent tous trois autour de sa table et apportèrent des encyclopédies de la musique pour lire pour la première fois l’oeuvre du musicien. Les trois ensemble, chacun avec ses connaissances, commencèrent à trouver des éléments pour une synthèse par le biais de son oeuvre. Sur la table, la musique retentit pour la deuxième fois sans qu’ils sachent exactement quels étaient les instruments qui jouaient. Les doigts du petit homme jouèrent les premiers mouvements mais rapidement ils utilisèrent un ordinateur pour écouter les différents choix d'instruments. Ils numérisèrent les premières compositions et petit à petit se rendirent compte qu'il s'agissait des chapitres d'un livre qui relatait un ancien crime contre l'Humanité. Les partitions étaient des codes qui disaient la vérité sur les événements oubliés. Ainsi, le livre, qui semblait innocent au début, commença à se muer, grâce au travail des trois, en témoin de la catastrophe interdite.

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La : Choc mental
N. Lygeros
Traduit du Grec par A.-M. Bras

Le livre verrouillé avec les partitions était l'histoire qu’avait vécue le musicien dans le village de pierre. Et ensemble, tous les trois, après de nombreuses difficultés, ils commencèrent à décoder les compositions. Ils écoutèrent ainsi la lamentation du musicien qui avait créé des nœuds pour que ne soient pas oubliées les victimes et l'histoire des génocidés. Le musicien avait beaucoup de connaissances pour son époque et avait placé tous les éléments dont il disposait pour permettre à un inconnu du futur non seulement d’apprendre ce qui s'était passé, mais également de condamner le système qui avait commis ce crime barbare.
Mais les événements qu'il avait entrelacés étaient si durs que les trois hommes subirent un choc mental. Ils apprirent l'existence d'une histoire interdite qui avait été oubliée et ne purent résister aux descriptions cachées par les partitions. Chacun donnait du courage aux autres pour continuer leur oeuvre. Ils sentaient que c'était leur devoir, et quand ils réussirent à mettre au clair les milliers de pages, apparut la ramification attendue par le musicien. L'Humanité n'avait pas oublié les siens et maintenant l'avenir allait changer.

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La nouvelle ramification
N. Lygeros
Traduit du Grec par A.-M. Bras


L’homme à la haute taille avait quitté la vie depuis des années. La bibliothécaire avait pris sa retraite et n’allait plus à la bibliothèque. Le petit homme n'était plus petit et était devenu plus humain pour enseigner aux étudiants ce que le système avait fait à l'époque où il ne vivait pas. Et le livre interdit était maintenant exposé dans un Musée consacré au génocide inconnu afin qu'il soit accessible à tous ceux qui aimaient l'Humanité. Maintenant, d'autres hyperstructures, nées bien après le petit homme qui avait été impliqué à fond dans leur programmation, le protégeaient. Ainsi ils apprirent jouer les partitions du musicien car ils avaient utilisé des algorithmes depuis des siècles et avaient réussi à découvrir les instruments cachés derrière l'anonymat. La nouvelle ramification apparut lorsque l’oeuvre du musicien fut entendue pour la première fois avec de vrais instruments d’époque à l'occasion de l'anniversaire du Musée, car alors on entendit même sa voix qui dirigeait les instruments comme Gould les entendait quand il interprétait Bach. Et ils vécurent bien et nous encore mieux.

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(3) - Suite des premières nouvelles ci-dessous

2 - https://dzovinar.blogspot.com/2019/05/do-le-livre-des-enigmes-re-la-clef.html

1 - https://dzovinar.blogspot.com/2019/05/mi-linterdiction-de-linconcevable-fa-la.html




vendredi 10 mai 2019

MI: L'interdiction de l'inconcevable - FA : La résurrection séculaire N. Lygeros






MI: L'interdiction de l'inconcevable
N. Lygeros
Traduit du Grec par A.-M. Bras

Finalement, quelqu'un dénonça le musicien et le système le mit en prison. L’accusation était simple. Il avait commis un délit car il continuait à écrire même s'il s'agissait d'un écrit incompréhensible. Toutes les partitions disaient quelque chose. Et ils voulaient savoir quoi. Alors ils torturèrent le musicien, mais lui resta muet jusqu'à ce qu’il expire. Le livre resta seul. Le service secret qui l'avait récupéré du musicien ne le brûla pas car il voulait connaître ses secrets, il y mit un verrou cependant pour que personne ne puisse l'ouvrir sans autorisation. Le livre resta donc emprisonné pendant des décennies. Lorsque le système tomba et que le service s'effondra, les suivants démolirent le bâtiment et découvrirent ainsi le livre verrouillé dans les ruines. Mais ils croyaient qu’il appartenait au système et ils le gardèrent comme preuve de tout ce que celui-ci avait fait lorsqu'il était au pouvoir. Ainsi, le livre fut retrouvé dans les archives par un porteur anonyme qui ne savait pas de quoi il s’agissait. Après l'interdiction, le livre vécut dans l’indifférence.

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FA : La résurrection séculaire
N. Lygeros
Traduit du Grec par A.-M. Bras

Après des années d'indifférence, le livre se retrouva dans une bibliothèque de province. C’est là que le petit homme, qui lisait constamment, allait. Et un jour, là où il recherchait les livres les plus étranges pour découvrir des notions rares, celui-ci tomba entre ses mains. Il demanda à la bibliothécaire pourquoi il était verrouillé mais, même elle, ne le savait pas. Cependant un homme de haute taille l’entendit et intervint étrangement. Il leur expliqua qu'il l'avait apporté à la bibliothèque des années auparavant, car il avait compris que c'était important, mais sans parvenir à le déverrouiller. C'était comme un patrimoine secret. Alors, le petit homme demanda s'il pouvait essayer de l'ouvrir sans l’abîmer bien sûr. La bibliothécaire qui le connaissait depuis longtemps accepta qu’il le ramène chez lui et l’homme de haute taille se réjouit qu'il y ait quelqu'un intéressé, après tant d'années, par cette trouvaille. Ainsi, quand il réussit à l'ouvrir, il le ramena à la bibliothèque pour que les deux autres voient ce qu'il contenait. Et quand il entra dans la bibliothèque, ils sourirent tous deux en comprenant qu'il l'avait ouvert.

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