dimanche 15 juillet 2018

Autres actions de Me Krikorian de portée nationale concernant le droit


Autres actions de Me Krikorian
de portée nationale concernant le droit

"J’ai eu, en effet, entre autres actions, l’honneur d’intervenir, le 17 Avril 2018 écoulé, pour Le GRAND BARREAU DE FRANCE - GBF - que je préside, devant le Conseil constitutionnel ( v. décision ci-jointe, du 04 Mai 2018 ).

C’est, aussi, au nom du GBF que j’ai saisi le Conseil d’Etat, le 20 Mai 2018 dernier d’une requête tendant à l’édiction d’un décret en Conseil d’Etat d’application de l’article 21 de la loi n°71-1130 du 31 Décembre 1971 portant réforme de certaines professions judiciaires et juridiques ( personnalité civile des barreaux ).

Aussi surprenant que cela puisse paraître, ce texte, plus de quarante-six ans après sa publication, n’est jamais entré en vigueur!

De fait, aucun des cent soixante-quatre barreaux de France, hormis le GBF, n’a la personnalité juridique.

*******

CONSEIL D'ETAT statuant au contentieux RECOURS POUR EXCES DE POUVOIR REQUETE INTRODUCTIVE D'INSTANCE A MESDAMES ET MESSIEURS LES PRESIDENT ET MEMBRES DU CONSEIL D'ETAT STATUANT AU CONTENTIEUX POUR: LE GRAND BARREAU DE FRANCE – GBF – groupement volontaire d'Avocats libres, indépendants et démocrates oeuvrant dans l'intérêt des justiciables et la défense des droits fondamentaux – organisé sous la forme d'une association régie par la loi du 1er Juillet 1901, déclarée le 27 Juillet 2017 à la Préfecture des Bouches-du-Rhône et rendue publique par insertion au Journal officiel du 05 Août 2017 – annonce n°146, dont le siège social est sis 14, Rue Breteuil – BP 70212 – 13178 MARSEILLE CEDEX 20 (Cabinet de Maître Philippe KRIKORIAN, Avocat à la Cour - Barreau de Marseille ), pris en la personne de son Président-Fondateur en exercice ayant, aux termes de l'article 15.1, 1° des Statuts signés le 27 Juillet 2017 ( pièce n°1 ), « le pouvoir de représenter le Grand Barreau de France dans tous les actes de la vie civile » et dûment habilité ( mandat ad agendum ) par résolution 1/2018 du Bureau du GRAND BARREAU DE FRANCE - GBF - pièce n°2 ) aux fins de saisir le Premier ministre et le Conseil d'Etat d'une demande d'édiction d'un décret en Conseil d'Etat ayant pour objet d'appliquer l'article 21 de la loi n°71-1130 du 31 Décembre 1971 portant réforme de certaines professions judiciaires et juridiques – JORF 05 Janvier 1972, p. 131 - Représenté devant le Conseil d'Etat par Maître Philippe KRIKORIAN, Avocat à la Cour ( Barreau de Marseille ), dont le Cabinet est sis 14, Rue Breteuil 13001 MARSEILLE – adresse postale BP 70212 – 13178 MARSEILLE CEDEX 20 - Tél. 04 91 55 67 77 - Fax 04 91 33 46 76 - Courriel Philippe.KRIKORIAN@wanadoo.fr – Site internet www.philippekrikorian-avocat.fr, inscrit à Télérecours et au RPVA; ( mandat ad litem devant le Conseil d'Etat en date du 26 Avril 2018 – résolution 1/2018 du Bureau du GRAND BARREAU DE FRANCE - GBF - pièce n°2 ); …

/... 2/165 CONTRE : L'ETAT, pris en la personne de Monsieur le Premier ministre, domicilié Hôtel de Matignon, 57, Rue de Varenne 75700 PARIS, A raison du refus de prendre un décret en Conseil d'Etat ayant pour objet, conformément à l'article 53, 3° de la loi n°71-1130 du 31 Décembre 1971 portant réforme de certaines professions judiciaires et juridiques, de fixer les conditions d'application de l'article 21 de ladite loi, dont l'alinéa 1er, exprimé en termes généraux, insuffisamment clairs et précis, dispose « Chaque barreau est doté de la personnalité civile. » * 



mardi 10 juillet 2018

De la part de Me Philippe Krikorian

Philippe Krikorian
CONSEIL D'ETAT

statuant au contentieux AM N° 392400, 404850

__________

ASSOCIATION POUR LA NEUTRALITE DE

L'ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE TURQUE

DANS LES PROGRAMMES SCOLAIRES

__________

M. Bruno Bachini

Rapporteur

__________

M. Frédéric Dieu

Rapporteur public

__________

Séance du 18 juin 2018

Lecture du 4 juillet 2018

__________

REPUBLIQUE FRANÇAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS

Le Conseil d'Etat statuant au contentieux
(Section du contentieux, 4 ème et 1ère chambres réunies) Sur le rapport de la 4ème chambre de la Section du contentieux N° 392400 - 2 -

Vu les procédures suivantes :

1° Sous le n° 392400, par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 6 août 2015 et 22 janvier 2016 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, l'association pour la neutralité de l'enseignement de l’histoire turque dans les programmes scolaires demande au Conseil d'Etat :

1°) d’annuler pour excès de pouvoir la décision implicite de la ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche refusant d’abroger l’arrêté du 15 juillet 2008 fixant le programme d’enseignement d’histoire-géographie-éducation civique pour les classes de sixième, de cinquième, de quatrième et de troisième du collège en tant qu’il prévoit l’évocation du « génocide des Arméniens » en classe de troisième

2°) d’enjoindre au ministre de l’éducation nationale d’abroger, dans cette même mesure, cet arrêté ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761- 1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- le code pénal ;
- le code de l’éducation ;
- la décision du 19 octobre 2015 par laquelle le Conseil d’Etat, statuant au contentieux, n’a pas renvoyé au Conseil constitutionnel la question prioritaire de constitutionnalité soulevée par l'association pour la neutralité de l'enseignement de l’histoire turque dans les programmes  scolaires ;
- la décision du 13 janvier 2017 par laquelle le Conseil d’Etat, statuant au contentieux, n’a pas renvoyé au Conseil constitutionnel la question prioritaire de constitutionnalité soulevée par l'association pour la neutralité de l'enseignement de l’histoire turque dans les programmes scolaires ;
- le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de M. Bruno Bachini, maître des requêtes,
- les conclusions de M. Frédéric Dieu, rapporteur public ;
1. Considérant que les requêtes visées ci-dessus présentent à juger des questions semblables ; qu’il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule décision ;
Sur le refus d’abroger l’arrêté du 15 juillet 2008 en tant qu’il prévoit l’enseignement du « génocide des Arméniens » :

2. Considérant que les dispositions de l’arrêté du 15 juillet 2008 fixant le programme  d’enseignement d’histoire-géographie-éducation civique pour les classes de sixième, de cinquième, de quatrième et de troisième du collège dont l’association requérante a demandé l’abrogation à la ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, ont été abrogées par l’article 4 de l’arrêté du 9 novembre 2015 de la même ministre fixant les programmes d’enseignement du cycle des apprentissages fondamentaux, du cycle de consolidation et du cycle des approfondissements ; que, par suite, les conclusions par lesquelles cette association demande l’annulation de ce refus ont, en cours d’instance, perdu leur objet ; qu’il n’y a plus lieu d’y statuer ;

Sur le refus d’abroger l’arrêté du 9 novembre 2015 en tant qu’il prévoit l’enseignement du « génocide des Arméniens » :

3. Considérant que l’annexe III de l’arrêté du 9 novembre 2015 déjà mentionné au point 2 fixe, pour le programme d’histoire en classe de troisième, le « Thème 1 : l’Europe, un théâtre majeur des guerres totales (1914-1945) », pour lequel elle prévoit notamment, au titre des « Démarches et contenus d’enseignement », les éléments suivants : « (…) En mobilisant les civils aussi bien que les militaires, la Grande Guerre met à l’épreuve la cohésion des sociétés et fragilise durablement des régimes en place. Combattants et civils subissent des violences extrêmes, dont témoigne particulièrement le génocide des Arméniens en 1915. En Russie, la guerre totale installe les conditions de la révolution bolchevique, le communisme soviétique stalinien s’établit au cours des années 1920(…) » ;
 que l’association requérante demande l’annulation de la décision implicite par laquelle la ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche a refusé d’abroger ces dispositions en tant qu’elles comportent l’enseignement, au titre du programme d’histoire, des faits qu’elles qualifient de « génocide des Arméniens » ;

4. Considérant, en premier lieu, qu’il ne ressort pas des pièces du dossier, et n’est d’ailleurs pas sérieusement soutenu, que le choix d’inscrire, dans le programme d’histoire en classe de troisième, l’enseignement des faits et événements s’étant déroulés en 1915 au sein de l’empire ottoman serait entaché d’erreur manifeste d’appréciation ;

5. Considérant, en deuxième lieu, que le recours aux termes « le génocide des Arméniens en 1915 » pour désigner ces faits et événements n’a pas pour effet de juger leurs auteurs coupables des faits prévus et réprimés par l’article 211-1 du code pénal ; que, par suite, l’association requérante n’est pas fondée à soutenir qu’il entache, pour ce motif, l’arrêté litigieux d’incompétence ;

6. Considérant que l’association requérante soutient, en troisième lieu, que l’arrêté attaqué porte atteinte aux libertés d’expression, de conscience et d’opinion des élèves, ainsi qu’à la neutralité du service public de l’éducation, en raison de l’usage de l’expression « génocide des Arméniens » et de l’orientation que celui-ci confère à l’enseignement des faits en question ; que, d’une part, la seule utilisation de ces termes, dont il ressort des pièces du dossier qu’ils se bornent à reprendre une formulation courante, notamment de la part d’historiens, et d’ailleurs reprise par la loi n° 2001-70 du 29 janvier 2001 relative à la reconnaissance du génocide arménien, n’est pas, par elle-même, de nature à porter atteinte à ces principes ; que, d’autre part, l’objet même du programme d’histoire, tel que le fixe l’arrêté litigieux, est de faire enseigner aux élèves l’état des savoirs tel qu’il résulte de la recherche historique, laquelle repose sur une démarche critique, fondée sur la liberté de soumettre à débat toute connaissance ; que, par suite, la prescription d’un tel enseignement par l’arrêté attaqué est, en elle-même, insusceptible de porter atteinte aux libertés d’expression, de conscience et d’opinion des élèves, ou de méconnaître la neutralité du service public de l’éducation ;

7. Considérant qu’il résulte de tout ce qui précède que l’association requérante n’est pas fondée à demander l’annulation du refus implicite opposé par la ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche ; que ses conclusions à fin d’injonction ne peuvent, dès lors, qu’être également rejetées ;

8. Considérant que les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que, dans l’instance introduite  contre l’arrêté du 9 novembre 2015, une somme soit mise à ce titre à la charge de l’Etat, qui n’est pas la partie perdante ; qu’il n’y a pas lieu, dans l’instance introduite contre l’arrêté du l’arrêté du 15 juillet 2008, de faire droit aux conclusions présentées, au titre de ces mêmes dispositions, par l’association pour la neutralité de l’enseignement de l’histoire turque dans les programmes scolaires ;

D E C I D E :
--------------
Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête n° 392400 de l’association pour la neutralité de l’enseignement de l’histoire turque dans les programmes scolaires dirigées contre l’arrêté du 15 juillet 2008 fixant le programme d’enseignement d’histoire-géographie-éducation civique pour les classes de sixième, de cinquième, de quatrième et de troisième du collège.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête n° 392400, présenté au titre des dispositions de l’article L.761-1 du code de justice administrative, est rejeté.

Article 3 : La requête n° 404850 de l’association pour la neutralité de l’enseignement de l’histoire turque dans les programmes scolaires est rejetée.

Article 4 : La présente décision sera notifiée à l’association pour la neutralité de l’enseignement de l’histoire turque dans les programmes scolaires.

****************************************

LES LOIS RESTAURATIVES ET LE JUS COGENS

« ( … ) la volonté générale est dans chaque individu un acte pur de l'entendement qui raisonne dans le silence des passions sur ce que l'homme peut exiger de son semblable, et sur ce que son semblable est en droit d'exiger de lui ; ( … ) »- ( Denis DIDEROT - Encyclopédie - article Droit naturel ).

Les démocrates de tous les pays ne peuvent que se féliciter de l'arrêt rendu le 04 Juillet 2018 par le Conseil d'Etat. Ainsi, les professeurs pourront, conformément aux programmes scolaires,
continuer à enseigner aux élèves des collèges français, entre autres crimes contre l'humanité, la réalité historique du Génocide Arménien. Ce crime d'Etat sans précédent demeurera emblématique de la Première guerre mondiale ( la guerre totale ), comme les crimes nazis le sont de la Seconde guerre mondiale. Dans les deux cas on retrouve la même proportion : 10% des morts de la guerre sont dus au génocide ( v. VERS LA GUERRE TOTALE – Le tournant de 1914-1915, sous la direction de John HORNE, Editions Tallandier 2010 ).

Mon grand ami, Maître Bernard KUCHUKIAN, éminent membre du Barreau de Marseille et Vice-Président Fondateur du GRAND BARREAU DE FRANCE – GBF –, avec lequel nous sommes allés défendre, ensemble, le 08 Décembre 2015, devant le Conseil constitutionnel, chacun pour ses mandants, l'honneur des 1 500 000 victimes arméniennes innocentes, se réjouira, tout comme moi, de cette jurisprudence, qui mérite d'être approuvée, dans le dispositif de l'arrêt précité.

Faut-il, à cet égard, rappeler que dans sa décision n°2015-512 QPC du 08 Janvier 2016 ( M.Vincent R. ), le Conseil constitutionnel, qui y reconnaît expressément le droit du législateur de qualifier certains faits de l'histoire de « crime contre l'humanité », comme peut le faire une « juridiction française ou internationale reconnue par la France » ou « une juridiction autre » ( § 10 ), a irrévocablement consacré la pleine et entière normativité de la loi n°2001-70 du 29 Janvier 2001 relative à la reconnaissance du génocide arménien de 1915 ( JORF 30 Janvier 2001, p. 1590 ) qu'il vise en première page ? L'article 62, alinéa 3 de la Constitution du 04 Octobre 1958 dispose, en effet, que « Les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d'aucun recours. Elles s'imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles. »

De même qu'il existe, dans le Code de procédure pénale ( article 10-1 créé par l'article 18 de la loi n°2014-896 du 15 Août 2014 relative à l'individualisation des peines et renforçant l'efficacité des sanctions pénales ) une justice restaurative, de même le législateur inaugurait-il, avec la loi précitée n°2001-70 du 29 Janvier 2001 relative à la reconnaissance du génocide arménien de 1915, une législation restauratrice de la dignité des victimes de crimes de génocides et crimes contre l'humanité. Suivra la loi n°2001-434 du 21 Mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité ( JORF 23 Mai 2001, p. 8175 ).

« Lois restauratives » ou « lois restauratrices » ( de la dignité humaine ) ( du latin restaurare – réparer ) seraient des formules beaucoup plus appropriées à cette problématique relevant d'un intérêt supérieur de civilisation, que l'expression galvaudée « lois mémorielles », laquelle connote des lois qui seraient, selon leurs détracteurs, privées de normativité ou des lois seulement « pour mémoire ».

L'analyse juridique non contredite ( v. article de Maître Philippe KRIKORIAN « Le droit à la dignité humaine et la liberté d'expression face aux crimes contre l'humanité », Recueil Dalloz n°29/7258 du 03 Août 2006, p. 1980 ) dément de telles fausses assertions et permet à un être rationnel ( « Le Droit est la Raison universelle », disait PORTALIS ) de rapidement se convaincre que les lois de reconnaissance de crimes contre l'humanité se rattachent au JUS COGENS ( droit contraignant ) et sont des lois à part entière, totalement et authentiquement normatives.

Le spectre de la prétendue dictature des idées accréditées par le législateur, qu'agitent certains esprits querelleurs, relève de la pure fantasmagorie. Il suffit de se reporter à l'article 1er, 1 c) de la décision-cadre 2008/913/JAI du Conseil du 28 Novembre 2008 sur la lutte contre certaines formes et manifestations de racisme et de xénophobie au moyen du droit pénal pour constater que le délit de négationnisme n'est constitué que si le comportement en cause ( « l'apologie, la négation ou la banalisation grossière publiques des crimes de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre » ) « risque d'inciter à la violence ou à la haine à l'égard d'un groupe de personnes ou d'un membre d'un tel groupe. »

Ce n'est, donc, qu'en cas d'abus caractérisé de la liberté d'expression qui dénature celle-ci, que la répression pénale pourra être mise en œuvre. Le négationnisme procède beaucoup plus de la violence et de la haine que de la liberté d'expression, qui n'est plus, ici, qu'un support dévoyé.

Les historiens de bonne foi, conscients de leur devoir  d'objectivité, n'ont, à l'évidence, rien à craindre d'un tel dispositif supranational que la France, prompte à dénoncer, dès le 24 Mai 1915, avec l'Angleterre et la Russie, ce crime de lèse-humanité, doit transposer en droit interne, notamment en application de l'article 88-1 de notre Constitution.

Ajoutons que dans sa décision n°2016-745 DC du 26 Janvier 2017, Loi relative à l'égalité et à la citoyenneté, le Conseil constitutionnel a, au visa des articles 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 Août 1789 et 34 de la Constitution du 04 Octobre 1958, reconnu derechef au législateur le pouvoir « ( … ) d'instituer des incriminations réprimant les abus de l'exercice de la liberté d'expression et de communication qui portent atteinte à l'ordre public et aux droits des tiers. ( … ) ».

Il appartient, dès lors, au législateur de définir clairement et précisément le ou les génocides, crimes contre l'humanité ou crimes de guerre dont il entend incriminer et réprimer la contestation, lorsque celle-ci s'accompagne d'un risque d'incitation à la violence ou à la haine. L'un des critères légaux pourra être la qualification par la loi elle-même d'un tel crime. Il est même, sans aucun doute, le moins contestable, puisque issu directement de la Souveraineté nationale.

LACORDAIRE ne s'y était pas trompé : « Entre le fort et le faible ( … ) c'est la liberté qui opprime, c'est la loi qui affranchit. »,

ni, avant lui, les Républicains de 1793 : « La liberté est le pouvoir qui appartient à l'homme de faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d'autrui : elle a pour principe la nature ; pour règle la justice ; pour sauvegarde la loi ; sa limite morale est dans cette maxime : Ne fais pas un autre ce que tu ne veux pas qu'il te soit fait. » ( article 6 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 24 Juin 1793 ), lesquels s'engageaient, dans la même Déclaration ( article 123 ), à honorer « la loyauté, le courage, la vieillesse, la piété filiale, le malheur. »

Le GENOCIDE ARMENIEN relève de l'évident ( opinion dissidente des juges SPIELMANN, CASADEVALL, BERRO, DE GAETANO, SICILIANOS, SILVIS et KURIS, page 126/139, § 2 de l'arrêt rendu le 15 Octobre 2015 par la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l'homme, n°27510/08 ), appartient à l'ordonnancement juridique français et s'écrit sans guillemets.


Philippe KRIKORIAN
Avocat à la Cour ( Barreau de Marseille )
Président-Fondateur en exercice
du GRAND BARREAU DE FRANCE - GBF

Tél. 04 91 55 67 77
Courriel Philippe.KRIKORIAN@wanadoo.fr
Site Internet www.philippekrikorian-avocat.fr
BP 70212 – 13178 MARSEILLE CEDEX 20


dimanche 1 juillet 2018

PANTHEON POUR MISSAK MANOUCHIAN - QUAND ?

Stèle Missak Manouchian, à Ivry 

MISSAK MANOUCHIAN  ET SON GROUPE ?

quatre grands noms de la Résistance : Jean Zay, Pierre Brossolette, Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz. Tous les quatre feront leur entrée au Panthéon, cette nécropole des grands hommes et femmes de la République française, située au cœur de Paris, dans le Ve arrondissement.

http://museedelaresistanceenligne.org/media6561-Missak-Manouchian
Missak Manouchian, d’origine arménienne, est né en 1906 à Adiyaman. Ses premières années sont marquées par la perte de ses proches, emportés par la politique génocidaire de la Turquie contre son peuple et qui fit entre huit cent mille et plus d’un million de victimes. Après avoir séjourné dans un orphelinat français en Syrie, Missak Manouchian parvient à venir en France en 1925, à l’âge de dix-neuf ans. D’abord menuisier, Missak Manouchian devient tourneur aux usines Citroën. Mais la crise de 1929 précipite son licenciement. En 1934, sensible aux combats politiques, il rejoint un groupe communiste arménien et dirige le journal, le Zangou.

Militant actif, il est souvent confronté à la police et subit des affectations dans les usines du Morbihan puis de la Sarthe à l’heure de la défaite et de l’instauration du régime de Vichy. En 1940, après un internement au camp de Compiègne, Missak Manouchian décide de se consacrer à la résistance armée. Aussi, en février 1943, il intègre à Paris les francs-tireurs et partisans – main d’œuvre immigrée (FTP-MOI), adepte de l’action de résistance. Son groupe de résistants est exclusivement composé d’étrangers. Italiens, Polonais, Hongrois et Arméniens, ils sont, pour la plupart, de confession juive.

Ils accomplissent des dizaines d’attentats. Leur coup d’éclat le plus marquant est l’exécution du général Julius Ritter (1893-1943), nommé en France pour y superviser le recrutement de la main d’œuvre destinée au service du travail obligatoire (STO).

Missak Manouchian est finalement arrêté le 16 novembre 1943, comme vingt-deux autres de ses compagnons. Leur procès se déroule en février 1944 et fait l’objet d’une vive propagande nazie, via une affiche placardée sur les murs de Paris, qui dénonce Missak Manouchian et ses camarades. Contre toute attente des autorités allemandes, celle que l’on surnomme l’Affiche rouge devient le symbole de l’engagement des étrangers dans la Résistance. Manouchian et ses compagnons sont fusillés le 21 février 1944, au mont Valérien… Là même où un millier d’autres résistants furent fusillés au cours de ces années noires. Missak Manouchian meurt à l’âge de 37 ans. À ce jour, Arsène Tchakarian est le dernier survivant du groupe Manouchian, symbole de cet engagement en France des étrangers dans la Résistance.

  • Poèmes autour de l'Affiche Rouge
  • ***************
  • Poème de Paul Eluard au groupe Manouchian 
  • LEGION

  • Si j’ai le droit de dire,
  • en français aujourd’hui,
  • Ma peine et mon espoir, 
  • ma colère et ma joie
  • Si rien ne s’est voilé, 
  • définitivement,
  • De notre rêve immense 
  • et de notre sagesse

  • C’est que ces étrangers,
  • comme on les nomme encore,
  • Croyaient à la justice,
  • ici-bas, et concrète,
  • Ils avaient dans leur sang
  • le sang de leurs semblables
  • ces étrangers savaient
  • quelle était leur patrie.

  • La liberté d’un peuple
  • Oriente tous les peuples
  • Un innocent aux fers 
  • enchaîne tous les hommes
  • et, qui ne se refuse à son cœur,
  • sait sa loi.
  • Il faut vaincre le gouffre
  • Et vaincre la vermine.

  • Ces étrangers d’ici
  • Qui choisirent le feu
  • Leurs portraits sur les murs
  • Sont vivants pour toujours. 
  • Un soleil de mémoire
  • Eclaire leur beauté.
  • Ils ont tué pour vivre,
  • Ils ont crié vengeance.

  • Leur vie tuait la mort
  • Au cœur d’un miroir fixe
  • Le seul vœu de justice
  • A pour écho la vie
  • Et, lorsqu’on n’entendra 
  • Que cette voix sur terre
  • Lorsqu’on ne tuera plus
  • Ils seront bien vengés ;

  • Et ce sera justice.

  • Paul ELUARD Cinq ans après

  • *****
  • Strophes pour se souvenir
  • Vous n’avez réclamé la gloire ni les larmes
  • Ni l’orgue ni la prière aux agonisants
  • Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
  • Vous vous étiez servi simplement de vos armes
  • La mort n’éblouit pas les yeux des Partisans
  • Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
  • Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
  • L’affiche qui semblait une tache de sang
  • Parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles
  • Y cherchait un effet de peur sur les passants
  • Nul ne semblait vous voir Français de préférence
  • Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
  • Mais à l’heure du couvre-feu des doigts errants
  • Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
  • Et les mornes matins en étaient différents
  • Tout avait la couleur uniforme du givre
  • À la fin février pour vos derniers moments
  • Et c’est alors que l’un de vous dit calmement
  • Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
  • Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand
  • Adieu la peine et le plaisir adieu les roses
  • Adieu la vie adieu la lumière et le vent
  • Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
  • Toi qui va demeurer dans la beauté des choses
  • Quand tout sera fini plus tard en Erivan
  • Un grand soleil d’hiver éclaire la colline
  • Que la nature est belle et que le coeur me fend
  • La justice viendra sur nos pas triomphants
  • Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
  • Et je te dis de vivre et d’avoir un enfant
  • Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
  • Vingt et trois qui donnaient leur cœur avant le temps
  • Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
  • Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
  • Vingt et trois qui criaient la France en s’abattant.
  • Louis Aragon, Le roman inachevé
  • Editions Gallimard, 1956.

  • *****
  • Le miroir et moi

  • Dans tes yeux de la fatigue et sur ton front tant de rides,
  • Parmi tes cheveux les blancs, vois, tant de blancs, camarade…
  • Ainsi me parle souvent l’investigateur miroir
  • Toutes les fois que, muet, je me découvre seul en lui.
  • Tous les jours de mon enfance et les jours de ma jeunesse
  • Je - cœur parfois tout disjoint - les brimais pour l’holocauste
  • Sur l’autel des vanités tyranniques de ce temps,
  • Naïf - tenant pour abri l’espoir tant de fois promis.
  • Comme un forçat supplicié, comme un esclave qu’on brime
  • J’ai grandi nu sous le fouet de la gêne et de l’insulte,
  • Me battant contre la mort, vivre étant le seul problème…
  • Quel guetteur têtu je fus des lueurs et des mirages !
  • Mais l’amertume que j’ai bue aux coupes du besoin
  • S’est faite - fer devenue - que révolte, qu’énergie :
  • Se propageant avec fureur mon attente depuis
  • Enfouie jusqu’au profond du chant m’est cri élémentaire.
  • Et qu’importe, peu m’importe:
  • Que le temps aille semant sa neige sur mes cheveux !
  • Cours fertile qui s’élargit et qui s’approfondit
  • Au cœur de toute humanité très maternellement.
  • Et nous discutons dans un face-à-face, à «contre-temps»,
  • Moi naïvement songeur, lui ironique et lucide;
  • Le temps ? Qu’importe ce blanc qu’il pose sur les cheveux:
  • Mon âme comme un fleuve est riche de nouveaux courants.

  • Missak anouchian

  •  http://www.groupemarat.com/pdf/marat-poemes_affiche_rouge.pdf

samedi 30 juin 2018

Première interview d'Isabelle Yvos - à propos du Parti animaliste


Première interview d'Isabelle Yvos

"Les animaux doivent-ils avoir les mêmes droits que nous ?" (Accropolis :  Rencontre avec le Parti animaliste)

Extrait de l'émission : https://youtu.be/zZTakzTqrG8
"D'où vient l'argent des partis ? [Partis Time du 28/06/2018] | Accropolis Replays"

********************************
C'est comme tout : cela s'apprend (pas facile de rassembler ses esprits pour faire passer les messages essentiels !) 

Mais tu travailleras, seule comme d'habitude - sans "coach" comme en bénéficie le monde politique sponsorisé -

à l'instinct, en autodidacte, sans crainte,
 car tu peux tout ma fille !


mardi 26 juin 2018

L’État turc a le dirigeant qu’il mérite - ARA TORANIAN

L’État turc a le dirigeant qu’il mérite
25 juin 2018

Le dictateur réélu incarne les rêves d’une domination ottomane retrouvée tout en permettant d’assumer avec aplomb les horreurs du passé. Analyse. 

 Par Ara Toranian




Ainsi l’électorat turc a-t-il reconduit le 25 juin le «dictateur» à la tête de l’État. Mieux : il lui a accordé des pouvoirs renforcés qui lui permettront d’avoir les coudées encore plus franches pour discriminer, emprisonner, massacrer. Vu de l’extérieur cette sorte de masochisme revêt une dimension surréaliste. Mais pas quand on est Français d’origine arménienne. C’est-à-dire descendant des réfugiés du génocide de 1915. Car, on sait dès lors que la réélection du dictateur s’inscrit dans le droit fil d’un État qui n’a de cesse de se retourner depuis 100 ans contre telle ou telle autre catégorie de la population, avec la bénédiction d’une «majorité» galvanisée par un tropisme nationaliste et religieux aussi brutal que tyrannique. Ainsi s’est-il toujours trouvé dans ce pays une «majorité» pour approuver le génocide des Arméniens, l’anéantissement des chrétiens (grecs, assyro-chaldéens), les massacres répétés contre les Kurdes, les Alévis, la haine des Juifs, la répression contre les syndicats, les journalistes, les fonctionnaires, les avocats. Bref, contre toute forme d’altérité à l’endroit d’une société historiquement façonnée par une succession de crimes et de spoliations, et qui ne déteste rien tant que la «minorité». Cette majorité ultra-conservatrice, qui a vécu du recel de ces abominations, s’est reconstituée le 25 juin pour donner un blanc seing au despote qui lui promet de renouer avec les bonnes vieilles traditions ancestrales. En ne reniant rien du passé, mais en faisant au contraire miroiter la possibilité d’un retour à la folie des grandeurs, Erdogan savait qu’il pouvait jouer sur un inconscient collectif d’autant plus enclin à la mégalomanie, qu’il en a toujours été récompensé. Ses boucs émissaires sont cette fois-ci plus particulièrement Kurdes. Mais la haine antiarménienne sur laquelle s’est construite la Turquie moderne n’est jamais loin. Idem pour l’antisémitisme, le panislamisme et le panturquisme. Qui se soucie de l’extermination des Arméniens quand on a déjà oublié Afrine ? Qui s’inquiète des déclarations d’Erdogan sur Israël ? De ses visées sur un islamisme mondial en quête de leader ? De ses prétentions sur l’Union européenne ? De sa propension à faire du chantage une seconde nature de l’État dans les relations internationales. Chantage à l’ouverture des «vannes de l’immigration» sur Bruxelles. Chantage permanent à changer de camp (soutien alternatif à Daech ou à Poutine), vis-à-vis de  l’OTAN. Chantage politico-commercial sur les pays qui s’aventurent à reconnaître le génocide des Arméniens, dont la négation est l’ultime fierté du «patriotisme» turc. Il n’est pas jusqu’à la «diplomatie des otages» dont ne fasse usage le sultan. En atteste un rapport publié le mois dernier par l’ex-parlementaire turc Aykan Erdemirn, qui travaille désormais aux États-Unis au sein du centre de réflexion Foundation for Defense of Democracies. Selon lui, 55 ressortissants étrangers ou binationaux qui ont été arrêtés et emprisonnés depuis le coup d’État avorté de juillet 2016 ont été utilisés comme monnaie d’échange ou comme gages, souvent pour obtenir des concessions en faveur d’Ankara. Le résultat de ce scrutin le montre: la posture turque de puissance, à laquelle rien n’a résisté depuis un siècle reste éminemment flatteuse pour au moins 50% de la population qui voit dans son leader réélu celui qui incarne les rêves d’une domination ottomane retrouvée tout en lui permettant d’assumer avec aplomb toutes les horreurs du passé. De quoi largement combler les aspirations conservatrices de la partie la plus archaïque de cette société rurale et patriarcale jusqu’à l’outrance qui forme le socle électoral du président turc. Une masse qui impose jusqu’à aujourd’hui à la quasi totalité de la classe politique turque (hormis le HDP) l’essentiel de ses valeurs. À quand, pour reprendre une expression chère à Bernard-Henri Lévy, la dénazification du pays ? À cette heure, l’État turc a le dirigeant qu’il mérite.

http://armenews.com/article.php3?id_article=160935



lundi 25 juin 2018

Notre corps - Les réactions - Pour corriger - N. Lygeros


Notre corps

N. Lygeros
Traduit du Grec par A.-M. Bras

Notre corps
est toujours
au service
de la patrie
quand il existe
un risque
et nous ne craignons pas
de nous retrouver
au coeur
de la bataille
aussi difficiles
que soient
les conditions
parce que nous savons
qu’en montrant
l’exemple
on change
et le monde
de même.

*****
Les réactions

N. Lygeros
Traduit du Grec par A.-M. Bras

Les réactions
et la colère
doivent
se transformer
en réactions stratégiques
pour provoquer
déplacement 
et portée
car grâce
à cela
les données
changeront
et
le chemin
de la solution
sera
complètement
différent.

*****

Traduit du Grec par A.-M. Bras

Pour corriger
les choses
il n’y a plus
qu’une seule solution
et 
c'est
l'action
car
seuls des actes
et non
des mots
peuvent
remettre
à leur place
les données
que d'autres
ont essayé
de voler.

*****
(1) http://dzovinar.blogspot.fr/p/blog-page.html
(2) http://dzovinar.blogspot.fr/p/la-page-de-nikos-lygeros-2.html
(3) Autres poèmes : mes choix**
 http://dzovinar.blogspot.fr/p/la-page-de-nikos-lygeros-3-autres-poemes.html
(4) textes - poèmes (suite)
http://dzovinar.blogspot.fr/p/la-page-de-nikos-lygeros.html
(5) textes - poèmes (suite)
http://dzovinar.blogspot.fr/p/la-page-de-nikos-lygeros-5.html
(6) Nouvelles
http://dzovinar.blogspot.fr/p/la-page-de-nikos-lygeros-6-nouvelles.html
(7) textes - poèmes (suite)
http://dzovinar.blogspot.fr/p/la-page-de-nikos-lygeros-7.html
(8) textes - poèmes (suite)
https://dzovinar.blogspot.fr/p/la-page-de-nikos-lygeros-8.htm

samedi 23 juin 2018

LOTO DU PATRIMOINE (Nouvelles d'Arménie Magazine)

Aux négationnistes, révisionnistes et autres porte-cotons de la Turquie stupéfiante de Pierre Loti
 par Armand Sammelian


Plus d’un siècle que l’ordre fut donné par la dictature Jeune-Turque d’exterminer le peuple arménien . Plus d’un siècle que la Communauté Internationale ( ?) , incapable de nommer le Mal par son nom , un GENOCIDE , baisse les yeux devant une Turquie qui se moque de la Vérité . Et plus d’un siècle que les enfants des rescapés vivent comme une humiliation un négationnisme qui s’obstine à nier l’évidence , fut-elle ignorée par l’illustre dépravé , antisémite et arménophobe , de la marine française .

ALORS QUE LES FAITS PARLENT D’EUX-MÊMES 

A commencer par la cinquantaine de télégrammes codés dit “ANDONIAN“ envoyés par TALAAT pacha aux gouverneurs de province , ordonnant l’élimination de tous les arméniens sans exception , où qu’ils se trouvent et quels que soient leurs âges !!! Ou encore d’innombrables témoignages occulaires confondants , de notes avérées , de rapports documentés , de confessions et de mémoires étayés et concordants , d’ouvrages de référence probants , rédigés par d’éminentes personnalités , diplomatiques , militaires , caritatives , religieuses ..... se trouvant en poste en Turquie en 1915 et qui , toutes , dénoncent les atrocités subies par le peuple arménien , notamment :

- HENRY MORGENTHAU , ambassadeur américain à CONSTANTINOPLE de 1913 à 1916 
- LESLIE DAVIS , consul américain à KHARPOUT de 1913 à 1917 
-Le pasteur allemand JOHANNES LEPSIUS - L’ambassadeur allemand WANGENHEIM à CONSTANTINOPLE 
- Le général allemand LIMAN VON SANDERS , chef d’état - major de l’armée OTTOMANE pendant TOUTE la 1e GUERRE MONDIALE
- Monseigneur DOLCI , nonce apostolique du Pape BENOIT XV pour l’empire Ottoman
- Les centaines de photos prises sur place par le sous-lieutenant Armin WEGNER , infirmier militaire de l’armée allemande . 
- ou le LIVRE BLEU officiel britannique de Lord BRYCE et de l’historien TOYNBEE - Ou bien l’avertissement lancé le 24 mai 1915 par la FRANCE , la RUSSIE et l’ANGLETERRE , 4 semaines après le début des massacres , intimant aux 3 PACHAS qu’ils auraient à rendre compte personnellement des “Crimes de lèse-humanité “ commis contre les arméniens , formule utilisée pour la première fois dans l’Histoire .
-Citons aussi “l’hommage à l’Arménie“ organisé , le 16 avril 1916 , à “LA SORBONNE“ sous la présidence de Paul DESCHANEL , Anatole FRANCE clôturant le meeting au cours duquel Paul PAINLEVE le ministre de l’Instruction Publique dira : “les massacres qui ensanglantent le peuple arménien dépassent par leur ampleur et leur cruauté les plus atroces légendes de tous les lieux et de tous les temps“ . Mais aussi , entre autres :
- Les déclarations de Kémal ATATURK en personne , lequel a d’abord qualifié les massacres d’arméniens “d’acte honteux“ avant de les poursuivre au Caucase et en Cilicie en 1920 et 1921 . 
- Et encore le“ Firman “ émis en 1917 par HUSSEIN IBN ALI le Chérif de LA MECQUE , Gardien des Lieux Saints , condamnant l’extérmination des arméniens au nom du DJIHAD , comme contraire au CORAN .
- ou le diplomate norvégien Fridjof NANSEN , prix Nobel de la Paix en 1922 qui dira : “ il semble que pour tout gouvernement ou homme d’état américain ou européen , la Question Arménienne soit résolue , noyée dans le sang de manière préméditée , méthodique et obstinée par les jeunes-turcs “
- Sans parler du nouveau ministre de l’intérieur turc MUSTAFA ARIF qui , le 13 décembre 1918 , a pu déclarer : “Pendant la guerre , les Jeunes-Turcs ont appliqué , avec une intention criminelle , une loi de déportation qui surpasse les forfaits des brigands les plus sanguinaires . Ils ont décidé d’extérminer les arméniens et ils les ont extérminés“ .
C’est dire combien le génocide des arméniens ne fait l’objet d’aucune contestation à la fin de la Grande Guerre : une stèle commémorative est d’ailleurs érigée en avril 1919 à CONSTANTINOPLE , à l’initiative du Sultan MEHMET VI , en souvenir des victimes arméniennes de 1915 , en attendant les procès des coupables , procès devenus incontournables devant le scandale international soulevé par les carnages de masse pérpétrés par les jeunes-turcs sur des populations civiles inoffensives ..................

EN EFFET , 
les procès turco-ottomans tenus à CONSTANTINOPLE à la fin de la Grande Guerre sont d’une importance extrême par la précision et la richesse des preuves collectées outre que c’est la seule et unique fois en 5 siècles que des dirigeants turcs sunnites sont traduits en justice pour avoir organisé des massacres de chrétiens , d’une ampleur sans précédent .
Rappellons succintement la chronologie des actes :

- l’armistice de MOUDROS est signé le 30 octobre 1918 entre les turcs et les Alliés .

- Une commission d’enquête officielle , créée un mois et demi plus tard , le 16 décembre 1918 sur ordonnance impériale , sous la direction d’un homme remarquable “MAZHAR bey“, UN JUSTE , est chargée d’instruire 130 dossiers à travers 62 procédures criminelles dont les chefs d’accusations CARACTERISES à l’encontre des bourreaux JEUNES TURCS sont éloquents 
 : - abus contre l’honneur des femmes 
- confiscations de propriétés privéesV - profits personnels illégaux
- exécutions de civils sur fausses allégations
- déportations et travail forcé
-pillages et massacres de masse

- Des milliers de documents originaux seront réunis , correspondances simples ou cryptées , courriers secrets , ordres divers codés , missives consulaires , télégrammes chiffrés , photographies , dépositions innombrables comme autant d’éléments accablants que la presse turque relaiera durant 2 ans entre 1919 et 1920 . Outre les journeaux turcs SABAH - ALENDAR - IKDAM - ZAMAN - YENI GAZETE - les minutes de ces procès sont publiées au Journal Officiel turc où les qualifications de “destruction volontaire “ et“ d’annihilation planifiée du peuple arménien“ sont explicitement citées dès 1919 . En Occident , le TIMES de Londres , la GAZETTE DE LAUSANNE , le BOSTON GLOBE , le PETIT PARISIEN , le FIGARO ou l’ HUMANITE les reprendront régulièrement en temps réel et le NEW YORK TIMES publiera près de deux cents articles entre 1915 et 1922 alors que l’Allemagne imposera une censure absolue à sa presse !

- Sur le plan procédural , la chambre des députés Jeune-Turque , seule instance apte à saisir la “Haute Cour de Justice Ottomane“ pour juger les criminels , étant dissoute , le Sultan choisit le biais de 3 Cours de Justice Militaire . Elles siégeront à CONSTANTINOPLE à travers 8 procès à partir du 8 mars 1919 :
- un premier procès vise 24 principaux dirigeants unionistes du Comité Central du CUP , le Comité “Union et Progrès“ au pouvoir , les véritables ordonnateurs du génocide .
- un 2e procès est dirigé contre 36 responsables régionaux .
- 6 autres procès portent sur les circonstances précises des massacres et des déportations des 6 provinces d’ASIE MINEURE de YOZGAT - TREBIZONDE - BAYBOURT - KHARPOUT - OURFA et ERZINDJAN .

- Les premières instructions étant achevées par la commission “MAZHAR“, les plus hauts dignitaires unionistes sont donc déférés , à partir du 8 mars 1919 , devant la Cour Martiale de Constantinople et , du 5 juillet 1919 à la fin 1920 , 20 CONDAMNATIONS A MORT sont prononcées à l’encontre des criminels , la plupart par contumace en raison de leur exfiltration par les réseaux jeunes-turcs , 20 condamnations à mort que nul ne conteste alors que 150 autres criminels sont transférés sur l’ile de MALTE par les britanniques dans l’attente d’un procès international ........... qui n’aura jamais lieu.............. !
Car , le 13 janvier 1921 , ces procès seront suspendus par ATATURK avant qu’il n’interrompe définitivement le processus judiciaire en 1922 , ordonne la démolition de la stèle commémorative érigée à CONSTANTINOPLE , instaure un roman national enchanteur , réhabilite les égorgeurs jeunes-turcs , obtienne leur libération et pour couronner le tout , leur confie des rôles majeurs dans la Nouvelle République d’ANKARA en 1923 en guise de récompense : ils seront ministres , conseillers d’état , généraux , magistrats , hauts fonctionnaires ..........

Certains d’entre eux seront élevés au rang de martyrs de la nation turque : des rues , des avenues , des écoles , des facultés , des parcs , des places et des mausolées , non seulement portent le nom de ces racailles mais font l’objet de recherches universitaires célébrant leur grandeur quand ils ne sont pas l’objet d’une glorification nationale , encore aujourd’hui !!! Imagine t’on un instant HITLER , HIMMLER , GOEBBELS , HESS , MENGELE et tous les autres salopards célébrés de la sorte en Allemagne jusqu’à aujourd’hui !
C’est pourquoi , en l’absence de véritable châtiment , à trois exceptions près pendues par la justice ottomane , les arméniens , délaissés et floués à la fois par les turcs et par les Alliés , n’auront d’autre choix que de se substituer à l’autorité judiciaire turque défaillante et APPLIQUER eux-mêmes les sentences de mort laissées sans suite , prononcées par les Cours Martiales Ottomanes .
Furent ainsi traqués , retrouvés et exécutés par un commando de justiciers arméniens dans le cadre de l’opération “NEMESIS“ :
- TALAAT pacha , DJEMAL pacha , ENVER pacha , Dr CHAKIR , DJEMAL AZMI , SAID HALIM , AZIZ bey , Dr NAZIM , MEHMET AZNI , 
Tous ces SALAUDS , condamnés à mort par la justice du Sultan , avaient amassé des fortunes considérables , fruit des spoliations des biens arméniens , comptes bancaires , contrats d’assurances , bijoux et numéraires , pensant couler des jours heureux , incognito , sous d’autres cieux , les poches pleines après leurs forfaits .

La “Commission des Responsabilités des Auteurs de la Guerre “ créée par les Alliés avait pourtant soulevé spécifiquement le cas de l’extérmination des Arméniens pendant la CONFERENCE DE LA PAIX de PARIS en janvier 1919 . Elle avait conclu à l’existence de “crimes commis contre les lois de l’Humanité “ dans son rapport premier daté du 5 mars 1919 . Qui plus est , le représentant officiel turc DAMAD FERID pacha à la dite Conférence déclarera explicitement en séance plénière “ qu’il s’était produit contre les arméniens sur le territoire ottoman des méfaits qui feront trembler pour toujours la conscience de l’humanité“, tant et si bien que la Conférence de Paris prévoira la création d’un “HAUT TRIBUNAL INTERNATIONAL “ chargé de traduire en justice les criminels Jeunes-Turcs .

Ce “procès de NUREMBERG“ arménien ne verra jamais le jour malgré une ultime déclaration de WINSTON CHURCHILL : “En 1915 , le gouvernement Jeune-Turc commença et mena à bonne fin une oeuvre infâmante : le massacre et la déportation générale des arméniens d’Asie Mineure . La suppression de ce peuple ancien fut aussi complète qu’un tel acte pouvait l’être à une aussi grande échelle“ . 

Si cette machinerie d’anéantissement n’est pas un GENOCIDE , comment qualifier ALORS cette entreprise de destruction systématique et planifiée des deux tiers du peuple arménien , un million et demi de civils innocents , torturés , pillés , assassinés , déportés et relégués dans des camps de concentrations où les quelques survivants étaient achevés parce qu’ils étaient arméniens et chrétiens !

C’est , en tous cas , l’exacte définition du néologisme “GENOCIDE“ telle que conçue en 1943 par le juriste juif polonais RAPHAEL LEMKIN sur la référence explicite des abominations subies par les arméniens en 1915 , je cite : “ l’élimination intentionnelle et programmée de tout ou partie d’un groupe ethnique ou religieux “ .
Au reste , dès 1997 ,“ l’Association Internationale des Historiens des Génocides“ adoptait à l’unanimité une résolution formelle affirmant la réalité indiscutable du génocide des arméniens et invitait les démocraties occidentales à le reconnaitre.
Ce qu’ont fait , devant l’avalanche de preuves , le VATICAN et une TRENTAINE d’états dans le monde , des dizaines de parlements nationaux , régionaux et même municipaux , sans parler de 48 états américains sur 50 ainsi que le Parlement Européen à 3 reprises mais aussi le Parlement Latino-Américain représentant 23 états sud-américains ou encore les PAYS-BAS le 22 fevrier 2018 . 
Il y a encore plus !
Il y a l’aveu , par le Président de la République Fédérale Allemande JOACHIM GAUCK en 2015 à l’occasion du centenaire , de “l’IMPLICATION du 2e REICH dans le GENOCIDE DES ARMENIENS“ .

il y a le vôte en 2016 par le BUNDESTAG , le parlement allemand , à l’unanimité moins une voix ( une députée d’origine turque ! ) , de la reconnaissance de la “COMPLICITE ALLEMANDE dans l’EXECUTION du GENOCIDE des ARMENIENS“ en 1915 par les jeunes-turcs .
Il y a la déclaration d’ANGELA MERCKEL , la chancelière allemande , qui a dit : “le sort des arméniens pendant la 1e guerre mondiale est un exemple de l’histoire des meurtres de masse , des nettoyages éthniques et , oui de “GENOCIDE “ au cours du 20e siècle“ . Au surplus , et pour en terminer , il y a la preuve des preuves !
il y a le “CARNET NOIR“ tenu par TALAAT lui-même , écrit DE SA MAIN et conservé secrètement par sa veuve depuis 1920 dans la doublure d’une vieille malle , puis confié en 1982 par sa petite-fille au journaliste et historien nationaliste turc MURAT BARDAKCI qui finira par le publier fin 2008 en fac-similé et qui atteste irrévocablement , région par région , en quelques dizaines de pages manuscrites , le plan de déportation et de liquidation des arméniens qu’il avait lui-même ordonné et qu’il suivait assidûment force chiffres , tableaux , graphiques , cartes , état de démembrement des convois au fil des jours ..........car la BETE tenait un cahier détaillé dans lequel il dénombrera lui-même 972.000 arméniens “manquants“ ou “disparus“ , pour reprendre ses termes choisis !!!
La BETE tenait personnellement les comptes afin qu’aucun arménien n’en réchappe , y compris dans les camps de concentrations ultimes de RAKKA , DEIR- EZ -ZOR et RAS - EL- AIN où les derniers survivants décharnés ont été achevés sur ses ordres !
Le ministre des affaires étrangères russe SAZONOV traitera TALAAT de “plus grand scélérat que la terre ait jamais porté“ .

OUI , LES FAITS PARLENT D’EUX MEMES !

LA QUESTION N’EST PAS DE SAVOIR SI LE GENOCIDE DES ARMENIENS A EXISTE MAIS POURQUOI LA COMMUNAUTE iNTERNATIONALE NE L’A TOUJOURS PAS SANCTIONNE ALORS QUE , DE SURCROIT , LES COUPABLES ONT ETE JUGES ET CONDAMNES A MORT PAR LA JUSTICE MARTIALE OTTOMANE SUR LE FONDEMENT DE PREUVES IRREFUTABLES CONSIGNES AU JOURNAL OFFICIEL TURC QU’ IL SUFFIRAIT DE CONSULTER A PREMIERE LECTURE ?! 
Le génocide , puis son déni et enfin son impunité constituent une triple MONSTRUOSITE définitivement impardonnable , une injure à la Vérité , une tache indélébile sur le front vérolé de la Communauté Internationale et particulièrement de la Cour Européenne des Droits de l’Homme depuis 2015 , une insulte aux victimes qu’elles soient grecques , assyro-chaldéennes ou arméniennes , un affront à notre dignité et UN ENCOURAGEMENT A LA RECIDIVE .......

Il est temps que CESSE cette immunité politique pitoyable garantie par les anglo-américains pour un plat de lentilles , INSOUTENABLE ni moralement ni juridiquement ni historiquement .

Il est temps que le négationnisme soit enfin lourdement sanctionné contre tous ces courtisans cupides qui font leur miel sur le dos de nos martyrs et ce libidineux “capitaine de vessie“* honoré par la France .

ARMAND SAMMELIAN
Le 21 JUIN 2018

*de Victorien Sardou /rapporté par Christan Gury dans son livre “Lyautey-Charlus“ -éditions Kimé -1998

samedi 23 juin 2018,
Ara ©armenews.com