Si la France m'a vu naître c'est en Arménie que sont mes racines. Aujourd'hui plus que jamais elles se rappellent à moi.
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mardi 16 avril 2013
Les contes arméniens
A propos de "Lumineuse et le Dragon"
de Nikos Lygeros
À première lecture, les contes arméniens sont toujours surprenants. Ce n’est pas tellement la chute elle-même qui provoque cette surprise mais plutôt l’approche du récit. Les contes arméniens sont empreints d’une gravité qui les rend très humains. Il est difficile de penser qu’ils sont conçus pour des enfants. Il est plus vraisemblable que leur auditoire soit en réalité tout le peuple arménien. C’est pour cette raison que nous sommes si sensibles à l’anthologie de notre amie Louise Kiffer qui s’y connaît si bien en fleurs sauvages. Et sans doute l’un est-il lié à l’autre. Car les contes arméniens sont comme les fleurs sauvages. Nous ne les trouvons pas dans un jardin à la française ou à l’anglaise. Ils sont libres et appartiennent à la nature arménienne. Il faut donc aller les chercher sur place, sans avoir la possibilité de les trouver dans un lieu connu. Les contes arméniens sont aussi une forme de diaspora dans la narration arménienne. Chaque auteur a voulu enrichir le patrimoine arménien sans attendre de récompense en retour. Le sourire, la joie et la surprise des enfants suffisent à sa peine. Le reste est superflu. Car le conte est avant tout un don, un don anonyme. Voilà l’un de ses paradoxes les plus profonds. Il est créé dans un cadre social mais transcende sa condition pour s’adresser à la graine de l’humanité, les enfants. Après tout, Jacques Brel, l’a bien chanté même s’il a fallu entendre Charles Aznavour pour le comprendre. Les enfants sont tous les mêmes, ce n’est qu’après, longtemps après… Voilà pourquoi il est difficile de comprendre pourquoi les contes arméniens nous touchent autant. Car quelques détails suffisent à nous émouvoir. Comme si nous étions devant les broderies d’un costume traditionnel. Est-ce notre manière à nous de découvrir l’oubli d’une réalité, est-ce notre façon de rechercher cette réalité passée ou est-ce notre conscience de l’arménité ? Dans tous les cas, nous ne pouvons rester indifférents au récit, comme s’il puisait dans nos entrailles pour révéler les trésors de la terre des pierres. Comme si le narrateur sculptait dans notre nature humaine pour découvrir la croix nouée cachée en nous. Dans les contes arméniens, il faut avoir de grands yeux noirs pour être capable de pleurer devant l’émotion des enfants. Ainsi nous retrouvons en nous l’âme de Papik, et Tatik au moment où ils racontaient des histoires aux petits que nous étions dans le temps. Car c’est justement cet ancrage dans le temps qui nous caractérise. Innocents ou justes, survivants de la diaspora, nous sommes tous conscients que, malgré la volonté de la sublime horreur, nous sommes toujours là, à œuvrer pour l’humanité d’un peuple mais aussi pour le peuple de l’humanité. C’est l’ensemble de cela que nous retrouvons dans l’âme du conte arménien et c’est à cette âme que nous avons voulu rendre hommage avec le conte Lumineuse et le dragon. N. Lygeros
dimanche 14 avril 2013
samedi 13 avril 2013
"Le combat continue" et "Refuser la loi sur le génocide arménien" - Nikos Lygeros
Le combat continue !
Le combat continue ! Tel aurait été le mot d'ordre d'un homme comme Albert Camus, s'il avait pu être témoin du débat en France de la proposition de loi sur la pénalisation de la négation des génocides. Car rien n'est joué encore. Et cette proposition de loi représente bien un acte de résistance par rapport au système de la barbarie, contre lequel il a toujours lutté. Pour ceux qui mélangent tout, Albert Camus est un point de référence afin de ne pas tomber dans l'absurde. Car ici l'absurde constituerait la fin d'un processus. Certains sont capables de défendre les bourreaux et de faire des amalgames, pour justifier leur inaction face à un problème de dignité humaine. Alors qu'il leur suffirait de se demander quelle serait la position d'Albert Camus. S'ils se contentent d'écouter les menaces d'un premier ministre d'un pays qui n'a toujours pas accepté l'existence d'un multiple génocide qui a eu comme victimes des Arméniens, des Assyro-Chaldéens, des Juifs et des Pontiques, alors c'est certain, leur opinion sera nécessairement absurde. Aussi nous ne pouvons pas nous suffire d’un tel positionnement dépourvu de sens, sur le plan des droits de l'Homme. La proposition de loi est cohérente dans le sens où elle complète le processus de la reconnaissance des génocides. De plus, elle met en évidence le fait que ce qui gêne véritablement les états coupables du génocide de la mémoire, ce n'est pas la reconnaissance qui demeure avant tout symbolique mais bien la pénalisation, car seulement cette dernière a un coût réel. De cela, ils en sont bien conscients lorsqu'ils tentent de corrompre ou d'acheter les hommes politiques. La notion d'homme révolté, développée par Albert Camus, est fondamentale pour comprendre les faits qui sont en jeu dans le cadre de cette proposition de loi. La prise de position dans des moments de crise, ou même d'état d'urgence, représente le critère véritable pour juger un homme politique dans son rôle. Et la France, ne serait-ce qu'avec Jean Jaurès, a déjà donné le ton de sa contribution dans la lutte contre les crimes contre l'Humanité, à l'époque où la notion de génocide n'avait pas encore été inventée par Raphaël Lemkin. À présent, les hommes politiques français doivent prendre la relève et monter au créneau pour défendre nos positions sur les droits de l'Homme. Il ne s'agit aucunement de donner des leçons comme l'affirment certains hommes de main de pacotille, mais bien de ne pas oublier les pages de l'histoire même si celles-ci font partie des plus noires. Des hommes comme Albert Camus représentent des signets pour l'humanité. Car malgré les actes d'oubli et d'indifférence, leur esprit est toujours parmi nous pour nous rappeler à l'ordre de la dignité humaine et nous montrer ces pages que certains voudraient nous voir oublier sans préciser que de cette manière nous tuons pour une seconde fois, mais cette fois, de nos propres mains, leur mémoire. Pour ne pas être coupable, c'est facile lorsque nous sommes nés des décennies après le crime, mais c'est difficile de ne pas être un collaborateur des bourreaux, car il est nécessaire cette fois de combattre le génocide de la mémoire. La pénalisation de la négation, c'est justement l'une de nos armes. Voilà pourquoi le combat continue, à la mémoire des victimes en hommage aux Justes du passé.
Albert Camus "Les Justes" - N. Lygeros
Refuser la loi sur le génocide arménien, c'est se placer sous l'influence de la propagande turque
La constitution des hommes n'est pas une vue de l'esprit, pas même une abstraction. Elle correspond à une réalité axiologique aussi elle ne risque pas de craindre des questions de principes. Sa position est claire et elle consiste à défendre les hommes et non pas à servir de prétexte pour défendre les lois. La problématique de la pénalisation de la négation des génocides met en évidence non seulement la couardise et la lâcheté de certains, ce qui était une évidence en raison de l'existence des sociétés de l'oubli mais surtout la volonté de certains de se restreindre dans un cadre juridique qui se place au-dessus des hommes et de leurs droits. Certaines personnes agissent comme si elles étaient au-dessus des lois humaines alors qu'elles sont censées les représenter et les protéger.
Nous avons pu constater à l'aide des motions de censure et des amendements combien de personnes ne se préoccupent pas des droits fondamentaux des hommes de toute origine. Cette attitude n'est pas seulement inadmissible sur le plan démocratique mais elle est insupportable sur le plan humain. Sans accuser personne d'être influencé ou même soudoyé, nous voulons affirmer clairement notre indignation en tant que défenseur des droits de l'homme.
Le projet de loi sur la pénalisation de la négation n'est pas illégal. Il représente bien un processus existant dans des pays comme la Suisse et la Slovaquie en Europe mais aussi l'Argentine et l'Uruguay en Amérique du Sud. Il ne s'agit donc pas d'une première à proprement parler. Et dans le cas particulier de la Suisse, nous savons ce qu'il est advenu au moment de la condamnation et de l'efficacité de cette dernière puisque la négation officielle a complètement disparu dans ce pays. Aussi considérer cette loi comme un risque majeur de conflit entre la France et la Turquie c'est simplement la répétition des arguments du système turc qui se doit de menacer de la sorte pour justifier l'ensemble de sa diplomatie sur les affaires étrangères. Il s'agit donc d'un subterfuge qui, sous couvert de constitutionnalité, agit sous l'influence du dogme et de la propagande turques.
Ces arguments fallacieux ne trompent personne comme vient de le démontrer la décision récente du conseil de l'Europe avec sa résolution sur la nécessité pour la Turquie de reconnaître le multiple génocide à l'encontre des Arméniens, des Assyro-Chaldéens et des Pontiques. Nous voyons que le vent tourne dans ce domaine car de plus en plus de pays considèrent qu'il est inadmissible de la part de la Turquie de ne pas reconnaître ces faits du passé.
Plus concrètement, il s'agit pour ce pays de prendre du recul et d’accepter des faits historiques. Sinon il risque d'être accusé de négationnisme actif. En effet, personne n'accuse la Turquie actuelle d'avoir commis ou de commettre un génocide. Cependant si la Turquie continue à l'heure actuelle d’influencer des sénateurs et des parlementaires d’autres pays pour promouvoir indirectement le négationnisme, alors elle risque ouvertement d’être accusée de commettre un génocide de la mémoire. Quant à ses défenseurs de tous bords, ils risquent eux aussi sinon d'être considérés comme des bourreaux de la mémoire, au moins d’être des collaborateurs de ce crime contre la mémoire de l'Humanité.
mardi 2 avril 2013
Pensées jour après jour , pêle-mêle ...
pour tenter de comprendre une femme, ou un homme,
c'est mission impossible, si l'on n'a pas compris
qu'il ne s'agit pas de transformer,
selon l'idée que l'on se fait de ce qu'il devrait être,
l'objet de son amour, mais de l'aimer assez
pour l'accepter tel qu'il est..
Dzovinar
*******
Matin d'ivoire
dans la tour
Nuit d'orage
dans l'alcôve
quand les rouges
s'affrontent
tout le jour ...
Dzovinar
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Il y a toujours une partie de
"Vérité" dans "Je plaisante"
"Sentiment" dans "C'est rien"
"Douleur" dans "Je vais bien"
"Blessure" dans "Ce n'est pas un problème"
"Amertume" dans "Ne t'inquiète pas pour moi"
Et beaucoup de mots dans chaque silence ...
Anonyme
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"C'est cela l'amour, tout donner, tout sacrifier sans espoir de retour."
Les Justes - Albert Camus
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"Si je savais quelque chose utile à ma famille et qui ne le fût pas à ma patrie, je chercherais à l'oublier. Si je savais quelque chose utile à ma patrie, et qui fût préjudiciable à l'Europe, ou bien qui fût utile à l'Europe et préjudiciable au genre humain, je le regarderais comme un crime."
Montesquieu
*********
Il en va de l'amitié comme de l'amour :
l'un peut l'oublier d'un coeur léger,
l'autre y renoncer le coeur lourd
Dzovinar
********
Si nous vivons notre vie dans un monde
dont la toile de fond est son absurdité
nous la possédons néanmoins
et cette réalité peut suffire
pour essayer,
dans ce bref instant qu'est
l'existence humaine
de la remplir
- ne serait-ce que pour la beauté du geste -
de tout ce qui nous semble
essentiel
pour sa plénitude.
Dzovinar
********
Prendre pleinement conscience
de son humanité
nécessite
l'apprentissage de la souffrance
ressentie
au plus profond de sa chair.
S'impliquer dans des idéaux
par la seule pensée
n'y suffit pas.
Car si le verbe a le pouvoir
de la transmission
il ne peut convaincre
que chargé du poids
du douloureux
sacrifice
qui l'aura construit
lui donnant sens.
Dzovinar
********
Il arrive parfois,
alors que l'on n'attendait rien,
qu'un moment de partage - inespéré
s'invite, apportant joie, chaleur.
Il faut seulement l'accueillir et le savourer,
en sachant bien
que ce n'est qu'un moment
sans lendemain ...
C'est là le secret du bonheur
et, sans aucun doute,
le début de la sagesse !
Dzovinar
********
Lorsque l'on se retourne sur son passé,
c'est que, bien souvent, l'on n'a plus de perspectives d'avenir.
Dzovinar
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"Etre humain, c'est créer de l'amour et de la conscience"
Patrick Viveret, comment réenchanter le monde?
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"Il y a des instants qu'on voudrait voir durer la vie entière. Cela
tient à une secrète plénitude, à un mystérieux apaisement en nous
de l'inquiétude, cette autre forme du désir".
Jean-Paul Pinsonneault - Extrait de "Les Abîmes de l'aube"
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"Il y a des instants qu'on voudrait voir durer la vie entière. Cela
tient à une secrète plénitude, à un mystérieux apaisement en nous
de l'inquiétude, cette autre forme du désir".
Jean-Paul Pinsonneault - Extrait de "Les Abîmes de l'aube"
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