mardi 8 avril 2014

Les hommes de la terre - poème

 Artsakh

Les hommes de la terre
construisent les cathédrales
comme autant d'actes d'amour
qu'ils dédient à leur foi
et leurs coeurs affligés
trouvent alors le refuge
où partager
le poids trop lourd
de leurs souffrances.
Montagnes éternelles,
depuis la nuit des temps
sur nos terres ancestrales,
votre front sans faiblir
a bravé toutes les tempêtes
forgeant ainsi notre âme d'airain.
Quand mon regard se lève
plein d'espoir vers vos cimes
qu'il voit sur vous de lourds nuages
s'amonceler puis disparaître,
je comprends alors
qu'en vous j'ai trouvé mon refuge 
 que c'est vous, désormais, qui êtes 
ma Cathédrale.

Dzovinar

jeudi 3 avril 2014

Appel de la Suisse auprès de la Cour européenne à propos du génocide arménien

-Le dragon arménien -(pastel Dzovinar)

 texte de l’appel de la Suisse auprès de la Cour européenne à propos du génocide des arméniens 

Harut Sassounian
The California Courier le 3 avril 2014.
Éditorial du 3 avril 2014
Il y a deux semaines – le dernier jour du délai de trois mois – le gouvernement suisse a décidé de faire appel dans le cadre du procès Perincek c. Suisse, devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).
Bien que le texte de l’appel suisse ait été conservé sous scellés en attendant l’examen de la CEDH, j’ai été en mesure d’obtenir une copie en français. C’est la première fois que le contenu de l’appel suisse apparaît dans les médias.
Le 17 décembre 2013, la CEDH avait rendu un jugement indiquant que la Suisse avait violé les droits de Dogu Perincek, le leader d’un petit parti turc, qui s’était rendu en Suisse en 2005 avec l’objectif explicite de nier le génocide arménien. Il avait mis les autorités suisses au défi de l’arrêter pour avoir affirmer que le génocide arménien était « un mensonge international ».
Suite à sa condamnation pour violation de la loi suisse sur la discrimination raciale, la négation des génocides et autres crimes contre l’humanité, Perincek avait fait appel de sa peine jusqu’au Tribunal fédéral, la plus haute cour de Suisse, qui avait confirmé sa condamnation. Il avait alors déposé plainte auprès de la Cour européenne des droits de l’homme, accusant la Suisse de violer plusieurs de ses droits, dont celui de la liberté d’expression. Fait surprenant, cinq des sept juges de la CEDH avaient exonéré Perincek, estimant que la Suisse violait certaines dispositions de la Convention européenne.
Si le jugement de la CEDH n’avait pas été contesté, cela aurait constitué un sévère revers pour la reconnaissance du génocide arménien, en particulier à la veille des commémorations mondiales du centenaire du génocide arménien, qui auront lieu le 24 avril 2015. Encore plus important, en dépassant le cadre de leur mandat sur les violations présumées des droits de Perincek, la majorité des juges de la CEDH a soulevé des questions sur la validité du génocide arménien. Les juges ont également établi des distinctions injustifiées et artificielles entre le génocide arménien et le génocide juif, statuant que sanctionner les négationnistes du premier était illégal, mais condamner les négationnistes du second était correct.
Étant donné les conséquences néfastes de ce verdict injustifié sur la cause arménienne, le gouvernement de l’Arménie, les communautés arméniennes dans le monde, et en particulier la communauté arméno-suisse, ont fait du lobbying auprès de la Suisse pour s’assurer qu’elle fasse appel de la décision de la CEDH dans l’affaire Perincek. En réalité, les autorités suisses n’auraient pas eu besoin d’être poussées par les Arméniens, car elles ont obligation de défendre les jugements de leurs propres cours, y compris ceux du Tribunal fédéral, ainsi que l’intégrité du système juridique de leur pays !
L’appel de six pages de la Suisse, déposé le 17 mars 2014, a fait valoir que le verdict de la CEDH soulevait « des questions graves relatives à l’interprétation et à l’application » de la Convention européenne des droits de l’homme pour les trois raisons suivantes :
-- Le verdict touche une question – le génocide arménien –n’ayant pas encore été examinée par la CEDH. Ce procès soulève notamment deux questions juridiques fondamentales que la CEDH n’a jamais traitées : la qualification juridique du génocide arménien et la portée de la liberté d’expression, lorsqu’un État signataire de la Convention, dans le cadre de la lutte contre le racisme, incrimine la négation d’un génocide.
-- Le jugement réduit de manière indue « la marge d’appréciation » dont disposait la Suisse selon la jurisprudence de la CEDH. Perincek a répété à plusieurs reprises qu’il ne changerait jamais sa position sur le génocide arménien. La manière de présenter sa conviction négationniste était « particulièrement offensive ». En argumentant qu’une telle personne apporte une certaine valeur « au débat et à la recherche historique » sur cette question, « la Chambre s’est écartée de la jurisprudence établie et équilibrée de la Cour. »
-- Ce verdict créé des « distinctions artificielles. » Perincek a non seulement contesté l’utilisation du terme génocide, mais il a également qualifié les massacres des Arméniens de « mensonge international ». En outre, bien qu’il n’y ait pas eu de verdict international dans le cas du génocide arménien, en 1919, le jugement du tribunal turc contre les instigateurs du génocide arménien « constitue un élément de preuve digne de foi attestant de faits ou de comportements défavorables au sens de la jurisprudence de la Cour internationale de justice. » En outre, même le Tribunal de Nuremberg n’a pas fait mention du terme de génocide et n’a pas condamné les responsables nazis pour génocide, mais « pour crimes contre la paix, crimes de guerre et/ou crimes contre l’humanité. »
L’appel de la Suisse a fourni des arguments irréfutables et des preuves convaincantes, montrant que cinq des sept juges de la CEDH avaient fait de graves erreurs de jugement et factuelles en rendant un verdict en faveur de Perincek et contre la Suisse.
Un collège de cinq nouveaux juges de la CEDH va à présent décider si l’appel de la Suisse sera renvoyé devant les 17 juges de la Grande Chambre, pour une décision définitive.
©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 3 avril 2014 –www.collectifvan.org

mercredi 2 avril 2014

Anoush (Armen Tigranian) - 1912 (Vidéo de l'opéra)




Opéra d’Armen Tigranian sur un poème d’Hovhannes Toumanian.

Une belle histoire, simple. Une belle histoire d’amour contrarié par un père trop rigoureux, un frère jaloux, des paysans âpres.

Le pont, l’eau bleue, les jeunes filles, la nuit. 

Anoush, ou l’histoire tragique d’une jeune amoureuse : l’oeuvre est 
fondatrice en Arménie.

NE PAS MANQUER LE DERNIER AIR D'ANOUSH ...

Très beau

mardi 1 avril 2014

Une lumière soudain


Certains jours
 des pensées pleines de grandeur
imprévisibles apparaissent 
miracles inattendus 
qu'on n'imaginait plus
trop impliqués que nous sommes
dans la laideur d'un monde
qui se ferme chaque jour davantage
à la plus élémentaire 
humanité
un monde
qu'il faut pourtant supporter.
Et ces mots faits pour
porter l'espérance
illuminer la vie
montrer le chemin
trouvent celui du coeur 
comblant un moment
le néant du monde.

Dzovinar


Cadeau du jour de Nikos Lygeros ...

Photo Isabelle-Achrenka Yvos

...ces magnifiques poèmes ...comme je les aime ...

Le soleil de Savoie
N. Lygeros

Le soleil de Savoie
ne se cache pas
sur la place du marché
sous le toit pentu
mais illumine les arbres
désormais en fleur
grâce à ton regard
toujours émerveillé
face à la puissance
du printemps recommencé
qui n'hésite jamais
à vaincre l'hiver
toujours trop blanc
pour imposer la couleur
de la nature qui revient
pour reprendre le dessus
sur la rudeur
afin de donner
aux hommes libres
le pouvoir de vivre
à nouveau de la lumière.

*****
L'aventure de la lumière
N. Lygeros

L'aventure de la lumière
commence au bord
d'un échiquier en bois
sous la musique
d'une époque révolue
mais toujours vivante
dans notre esprit
car elle a touché
de plein fouet notre coeur
au moment où nous vivons
sans avoir conscience
du cadeau de la vie
offert dans un amphithéâtre
d'un soleil bleu
mais se poursuit
à travers les décennies
pour maîtriser l'art
de la contemplation
et comprendre
l'essentiel de la vie
toujours partagée.

*****
Le vert tendre des arbres
N. Lygeros

Le vert tendre des arbres
nous rappelle sans cesse
que ce que nous croyons
être définitivement mort
n'est en réalité qu'un retour
dans une continuité
de l'évolution temporelle
de la polycyclicité
où chaque geste
n'est qu'un acte de plus
dans une pièce
qui se veut être
l'essence d'une vie
nécessairement multiple
pour accomplir
l'exploit humain
de supporter
les souffrances
pour l'ensemble des hommes
qui font leurs prières
sous la croix.

*****
La nature de la résistance
N. Lygeros

La nature de la résistance
est bien moins complexe
qu'elle ne semble
si tu tiens compte du sacrifice
de la dignité humaine
aussi attarde-toi
sur cette notion première
pour comprendre réellement
l'essence fondamentale
qui gouverne nos vies
car elle naît de la mort
et de la mémoire
qui est nécessaire
pour le transcender
afin de changer
l'hyperstructure
de l'ouverture temporelle
qui se ramifie
pour exploiter
toutes les dimensions.

*****
Dans le tunnel temporel
N. Lygeros

Dans le tunnel temporel
nous extrapolons notre vie
pour atteindre des contrées
encore inconnues
tels des explorateurs
qui vivent de la nouveauté
dans le regard de la nature
sans jamais oublier
leur entité humaine
pour donner une étincelle
à l'obscurité des astres
qui ne cessent de briller
malgré le néant apparent
afin de montrer la voie.