jeudi 30 avril 2015

Communiqué du Conseil National d’Arménie Occidentale - Armenag Abrahamian

Armenag Abrahamian

JOURNEE DE DEUIL NATIONAL EN ARMENIE OCCIDENTALE 

Cette année particulièrement, le 23 avril 2015 une délégation du gouvernement
d’Arménie Occidentale s’est rendue à l’Eglise Sourp Khatch d’Aghtamar près de Van,
afin de commémorer en Arménie Occidentale les victimes du génocide perpétré
contre le peuple arménien.

Ce jour même où l’église arménienne canonise les victimes du génocide à
Etchmiadzine, afin de réunifier l’esprit des vivants et l’âme des morts (1),

Ce jour même où le monde entier s’apprête à rendre hommage aux victimes du
génocide,

Ce jour même où des centaines d’Arméniens d’Arménie Occidentale débutent un jeûne
de 48 heures, sans boire, ni manger pour être spirituellement avec leurs ancêtres.

Ce jour même où le président de l’Allemagne Joachim Gauck, déclare reconnaître
le génocide des Arméniens, soulignant « une coresponsabilité, et même,
potentiellement, une complicité » allemande dans ce crime (2).



Ce jour, près d’une centaine de personnes ont participé à une messe en présence de
Monsieur Arménag Aprahamian Président de la République d’Arménie Occidentale, de
Monsieur Armen Ter Sarkisyan Président du Parlement d’Arménie Occidentale, de
Monsieur Hrach Pelibossian membre du gouvernement d’Arménie Occidentale et de
plusieurs autres personnalités. 




Arnouville les Gonesses - 18 avril 2015 - Conférence Arménie occidentale

Arnouville les Gonesses
18 avril 2015
Ecole Hrant Dink




Conférence organisée par Armenag Abrahamian




Exposé sur la situation et les projets concernant

l'Arménie occidentale

Armenag Abrahamian et Nikos Lygeros



Nikos Lygeros développant le thème "Arménité et 

Humanité"


Puis dépôt de gerbe au Mémorial édifié à Arnouville les Gonesses - poursuite de la conférence -





 "Arménité et Humanité". Nikos Lygeros - 18/04/2015. Arnouville.
https://www.youtube.com/watch?v=myq7FIGeuyw
1ère Grande Journée de Solidarité en faveur de l'Arménie Occidentale. 18/04/2015 
https://www.youtube.com/watch?v=N9tGZme0R90

dimanche 26 avril 2015

24 AVRIL 2015 ....PLACE DE L'ETOILE - PARIS

24 AVRIL 2015 ....PLACE DE L'ETOILE - PARIS

COMMEMORATION DU CENTENAIRE DU GENOCIDE DES ARMENIENS
1915 - 2015


Le cortège arrive Place de l'Etoile et attend sagement l'autorisation de traverser la place pour rejoindre l'Arc de Triomphe - Des véhicules (voitures, moto) pavoisés font une ronde effrénée autour de la place en attendant l'ouverture de la cérémonie -Enfin, on peut traverser et rejoindre la place, drapeaux en bannières...Parmi la foule, émue, recueillie, mon anouchigue Achrène -Précédé par la fanfare Nationale, le cortège, officiels en tête, enfants scouts arméniens,et les petits choristes qui interviendront, franchissent l'espace de l'Arc de Triomphe. Harnachés, les gardes ...Une fièvre transporte la foule tandis qu'après les dépôts de gerbe, la fanfare nous réserve une éclatante surprise en interprétant l'hymne arménien, puis "Erebouni" accompagné des voix de tous les arméniens réunis - dont moi, vous pensez bien ! C'était absolument fabuleux ! Et puis, car rien n'est fini, le but n'est pas encore atteint : ce rappel d'un autocollant sur la voiture de mon anouchigue aghtchig !
Des autocars a disposition transporteront jusqu'à la Place du Canada, ceux qui le souhaitent, pour la suite prévue - dont le discours de M. Valls après le dépôt de gerbes au Mémorial Komitas...




 
 

samedi 18 avril 2015

Huiles - Nikos Lygeros


Vishap
(ou le Dragon arménien)
(Huile sur toile de lin 5P, 35x24).


Holodomor
 (Huile sur toile de lin 5P, 35x24)

vendredi 17 avril 2015

jeudi 16 avril 2015

Articles recours européens par Nikos Lygeros


Le long travail de notre ami Nikos Lygeros,
depuis de nombreuses années déjà,
apportant ses réflexions sur l'approche stratégique
du génocide des Arméniens

 http://www.lygeros.org/articles?n=1541&l=fr
http://www.lygeros.org/articles?n=1566&l=fr
http://www.lygeros.org/articles?n=1672&l=fr
http://www.lygeros.org/articles?n=2496&l=fr
http://www.lygeros.org/articles?n=2083&l=fr
http://www.lygeros.org/articles?n=1196&l=fr
http://www.lygeros.org/2341-fr.php
http://www.lygeros.org/2450-fr.php



Mille mercis




mercredi 15 avril 2015

Quand la vie n'est pas un long fleuve tranquille (témoignage)

Koarig (seconde épouse d'Avédis), Avédis (mon grand-père) 
et Achkhène (ma mère)
Témoignage

ou

quand la vie n'est pas un long fleuve tranquille


Lorsque maman me racontait son enfance, elle revenait quelquefois sur ce terrible épisode
que fut le génocide des arméniens et dont "maman Koarig" sa belle-mère, rescapée, en  avait été
l'une des innombrables victimes.

 "Je suis née à Konia en 1899 ou 1900. Je me nomme Koarig Sinanian. Nous étions trois enfants  : ma soeur aînée 18 ans, moi 16 ans et notre petit frère Lévon 12 ans à l'époque de la grande 
catastrophe **(medz yeghern). 

Mes parents tissaient des tapis à la maison pour le compte d'un commanditaire et
 si nous en vivions chichement, notre sort n'était pas malheureux.
Jusqu'à ce terrible jour où des soldats, faisant irruption avec fracas dans notre maison, nous en ont brutalement fait sortir. Leur visage était barbouillé de sang, celui des victimes déjà exécutées, un sang qu'ils exhibaient tel un trophée de leurs immondes besognes. Ils ont tué mes parents distribuant leurs coups  aveuglément de telle sorte que leurs corps, en  s'abattant sur nous - mon petit frère et moi - furent le rempart qui nous cacha aux yeux des barbares.  Nous disparûmes sous leur corps mais j'eus le temps de voir avec épouvante celui de ma soeur aînée tranché en deux, à la taille. Lorsqu'ils s'éloignèrent, leurs macabres besognes accomplies, mon frère et moi émergeâmes de dessous
 les cadavres de nos pauvres parents. 

Nous avons erré par les rues et, quand nous aperçûmes la cohorte des Arméniens qui fuyaient en emportant ce qu'ils pouvaient, nous nous joignîmes à eux. Ce que fut notre existence sur ce chemin de l'exil, Deir ez Zor, en Syrie, est impossible à décrire. La faim, la soif, l'effroi, l'humiliation, une inhumaine fatigue, furent notre quotidien. La constitution de mon petit frère n'y résista pas et il mourut. 

Des images horribles me hantaient : j'avais vu ces barbares s'emparer de très petits enfants et les trancher comme des volailles puis suspendre leurs membres menus avec des "mandal"* à une corde à linge ! Et puis, tuer, tuer, tuer de façon atroce, encore et encore !    

Je fus sauvée de ce cauchemar par une tribu nomade arabe qui se déplaçait à dos de chameau. Le maître de la tribu me prit pour épouse et me marqua comme telle avec des tatouages sur le visage que je portai avec honte, toute ma vie, car rien ne put les effacer... 

Un jour pourtant,  alors que j'étais venue vendre au marché le sel que récoltait ma tribu, des membres de la Croix Rouge arménienne qui écumaient tous les lieux à la recherche d'orphelins, me virent et m'emmenèrent avec eux jusqu'à un orphelinat établi en Syrie. C'est là que des bourgeois arméniens venus de Bulgarie me prirent pour servante ; C'est ainsi que je les accompagnai lors de 
leur retour dans leur pays. 

Une autre servante qui venait laver le linge de la maisonnée me vit et me présenta son fils, Avédis, père d'une petite fille de 5 ans. Je l'épousai et un an plus tard, nous partîmes pour la France où
 nos cinq enfants virent le jour. " 

Aujourd'hui Koarig n'est plus. En épousant Avédis, elle avait aussi pris en charge l'avenir d'une petite fille en quête de maman : ma mère, qui recueillit les douloureux souvenirs de Koarig 
dont elle m'a  fait le récit. 

** Medz yeghern : grande catatosphe (Plus tard Raphaêl Lemkin créa le 
terme "génocide" pour traduire la destruction intentionnelle d'un peuple)
 * Mandal : mot turc désignant une pince à linge

*****

mardi 14 avril 2015

Naître et vivre en ignorant sa véritable origine ! (Centenaire du génocide des Arméniens)


Armen © L'héritage du silence / Anna Benjamin et Guillaume Clere

Écrit et réalisé par Anna Benjamin et Guillaume Clere // Produit par Découpages et Capa.

Le calendrier de diffusion sur Mediapart. 

Lundi 13 avril : Les enfants perdus. 
À la mort de son père, Armen découvre la vérité sur son histoire familiale. Yasar part sur les traces de son arrière-grand-père qui a survécu au génocide.

Mercredi 15 avril : Soufre divin. Armen a retrouvé les registres d’État qui prouvent que sa famille était chrétienne avant 1915. La conversion à l’islam de tous les survivants complique les recherches de Yasar.

Vendredi 17 avril : Le pont du diable. 
Nazli demande à sa mère pourquoi elle lui a caché la vérité. Dogukan revient sur son enfance marquée par la honte et Yasar se confronte à la dure réalité du passé.

Lundi 20 avril : Cordes sensibles. La mort de Hrant Dink a créé un électrochoc qui a libéré la parole. Yasar insiste sur la nécessité de partager ses souffrances. Armen a trouvé la paix entre les murs d’une église arménienne.

Mercredi 22 avril : Chaînon manquant. Dogukan surmonte sa peur et se convertit au christianisme. Nazli mène un combat pour transmettre l’arménien à son fils et faire revivre la culture de ses ancêtres.

Vendredi 24 avril : Retour à la source. Grâce à leur courage, Nazli, Dogukan, Armen et Yasar ont brisé le silence. Ils incarnent l’espoir d’une Turquie qui se confronte enfin à son passé.


Naître et vivre en ignorant sa véritable origine !

Une série de vidéos réalisées avec des témoignages bouleversants

En regardant ces films, on mesure l'ampleur du crime
commis, crime toujours honteusement nié par la Turquie,
crime qui s'est prolongé dans le temps ... 

A voir ici :    


Le monde d’après… Denis Donikian



Le monde d’après…

Chacun savait que l’année 2015 allait connaître un pic dans l’indignation que suscite le déni du génocide des Arméniens depuis cent ans. Mais personne n’aurait osé imaginer l’ampleur des manifestations commémoratives, couplées à des revendications de plus en plus pressantes, non seulement de la part des Arméniens dans le monde, mais aussi des démocraties et des humanistes qui voient sous leurs yeux comment le silence sur les événements de 1915 a encouragé leur répétition. Ainsi à l’heure où nous écrivons ces lignes, le pape François vient lui-même de prononcer ces mots que lançait dans le silence général le si méconnu Centre d’Études Arméniennes : «  le premier génocide du XXème siècle ». De même, chaque jour des figures se lèvent contre l’oubli, des livres se publient pour prouver encore et encore, des manifestations s’affichent en criant : «  Premier génocide du XXème siècle ». C’est dire qu’en ce mois d’avril, la fièvre va monter d’un cran chaque jour et la Turquie négationniste n’aura d’autre choix que de baisser la tête et rentrer dans son trou. Et toutes les galipettes à la Gallipoli qu’elle voudra dresser contre ce déferlement n’y pourront rien. Erdogan lui-même deviendra inaudible. C’est l’honneur des Arméniens et des démocrates de rester fermes et dignes au regard des monstres qui érigent l’histoire en mensonge et finaudent pour faire croire que l’humanité se construit sur la barbarie, quitte à se virginiser ensuite par la diplomatie, le chantage et l’argent. Car non contents de nier leur crime, nos criminels affichent encore leur arrogance sans la honte que devraient leur inspirer leur bassesse et leur hypocrisie. Pour preuve, la présence du Premier ministre Davutoglu en première ligne lors des manifestations officielles en faveur de Charlie Hebdo n’aura pas empêché quelques mois plus tard la Turquie d’inculper deux journalistes du quotidien Cumhuriyet, Ceyda Karan et Hikmet Cetinkaya, pour avoir illustré leur éditorial d’une caricature controversée du prophète Mahomet extraite de l’hebdomadaire satirique français.

Il reste que cette année ne devrait apporter aucune réponse ni morale, ni politique aux inquiétudes arméniennes. Penser que la Turquie va lâcher les vannes après cent ans de constipation historique, c’est croire qu’une poule pourrait pondre des œufs en cube. Autrement dit, le trop qui se produira en cette année du centenaire, tant en livres qu’en manifestations, risque de voir le ballon se crever de son propre excès de fièvre. On se demande même si les années qui vont suivre ne seront pas des années de relâchement. Or, à nos yeux, le plus important doit venir après le centenaire. C’est en 2016 que les publications et les manifestations devraient faire la preuve que les Arméniens ne lâchent rien, ni la bride commémorative, ni la justice pour l’ombre de l’oubli. De fait, l’année 2016 sera cruciale car ils vont devoir s’inventer une existence collective fondée sur la revendication par le droit et sur la survie par la culture.

Avec le centenaire, les Arméniens auront acquis d’être reconnus d’une manière définitive et indubitable dans leur malheur et leurs spoliations. Or, cette année du centenaire devrait leur permettre de jouer un jeu complémentaire à celui de la remémoration, à savoir de rappeler partout où la Turquie souhaiterait faire son entrée dans le concert des grandes nations démocratiques qu’elle a d’abord le contentieux arménien à résoudre. Cette stratégie d’empêchement est essentielle car à la moindre faiblesse de la communauté arménienne, la Turquie pourrait en tirer profit pour ouvrir une brèche et les pays se laisser aller à n’entendre que leurs intérêts stratégiques et économiques. Le peuple arménien a un devoir de rappeler ces mêmes pays où il se trouve à un impératif éthique quant à sa cause. Tant que cette cause ne sera pas résolue, la civilisation restera malade et incapable de grandir. Car si la civilisation veut avoir un sens elle devra en passer par là. Si l’humanité souhaite la pacification des conflits, elle ne peut faire l’économie du génocide arménien.

Parallèlement, les Arméniens de la diaspora vont devoir continuer à dire que leur origine géographique les rend aptes à entretenir le dialogue sur des bases saines avec la société civile turque qui sait bien que l’obstination négationniste de ses gouvernants conduit à des pathologies qui à la longue affecteront en premier lieu les enfants. En maintenant le mensonge historique, les conflits intergénérationnels au sein de la société turque relativement à la question arménienne vont immanquablement gripper toute démarche vers plus d’évolution démocratique. On est en droit de se demander même si le formatage des esprits par les fictions officielles se substituant à la réalité historique ne va pas enrayer aussi l’évolution psychique des Turcs eux-mêmes. Les jeunes Turcs appelés voyager seront obligatoirement confrontés au regard désapprobateur des étrangers désormais au fait du crime commis en 1915 et de son déni. La «  faute » qui va peser sur la société turque ne va pas manquer de perturber une jeunesse de plus en plus en désir de normalité au sein du monde actuel.

Le danger qu’a déjà soulevé Taner Akçam serait que la Turquie laisse parler du génocide sans pour autant se mettre dans l’obligation d’un revirement politique vers une reconnaissance officielle. De la sorte, les Arméniens seront confrontés au ventre mou d’une Turquie qui fera bonne figure sans jamais changer d’un iota le négationnisme profond qui maintient les assises de la nation. Or, c’est justement dans cette phase de tolérance indifférente que devront œuvrer la diaspora et l’Arménie. A savoir, harceler la Turquie pour l’acculer au mur de sa propre responsabilité.

De fait, c’est l’européanisation de la Turquie qui permettra de résoudre bien des problèmes, tant ceux qui relèvent de l’ouverture des frontières que celui d’une reconnaissance assortie de réparations. L’Europe ! L’Europe ! L’Europe ! Voilà le champ des idées où les Arméniens pourraient porter leur action.

Denis Donikian


mardi 7 avril 2015

Ton combattant - N. Lygeros




Ton combattant

N. Lygeros
Traduit du Grec par A.-M. Bras

Tu prends le soleil pour brûler la mer
tu déclenches l’orage mais ne le vois pas
car tu es fière, tu penses trop vite
mais souviens-toi que je suis le Dernier.
Tu es ma guerre,
je suis ton combat
tu es mon étoile
je suis ta nuit
Je suis ton Chevalier
tu es ma cible
je suis ton âme
tu es ma lumière.
Alors prends mon Temps, apporte-moi ton passé
pour briser l’Espace, Je suis la rafale.
Je mourrai pour toi avec mon épée
et tu commenceras à croire notre Seigneur