dimanche 27 février 2011

Ciel de novembre

Ciel de novembre
les nuages ont gagné l'horizon ;
dans la chambre
la chandelle est morte aussi
tout est devenu gris.
J'ai lu la dernière page du livre
que je referme
puisqu'il le faut.
Tristes pensées, coeur morose
c'était si beau.

samedi 26 février 2011

Film réalisé par Isabelle Yvos - " Un bout de chemin avec toi "

Un film réalisé dans le Centre pour Autistes "Alternance" de Bourg la Reine (92), jour après jour, relatant le travail poursuivi avec patience, avec amour, par  Catherine Boni, professeur de chant. C'était un incroyable pari qu'un tel projet : faire participer tous ces enfants particuliers au spectacle qui serait le point d'orgue de cette magnifique expérience.
Le spectacle eut lieu.
 Aucun mot ne pourrait traduire ce que chacun a pu vivre, ressentir,
 artistes et spectateurs, en ces instants.  

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Quelques extraits
   





d'autres extraits à venir ...

Les voici :



   

vendredi 25 février 2011

Instantané : dans le train

Paris - Gare de Lyon

Je cherchais ma place dans le compartiment encore plongé dans l'obscurité. Et je l'aperçus ; une ombre qui me dit : "il m'a conduit de bonne heure, il n'y avait encore personne ..." je découvre la place que je devrai occuper, durant cinq heures, côté fenêtre ... près d'elle - car c'est une vieille dame - "je préfère le côté couloir pour ..." ses explications se perdent car je me détourne. Je ne réponds pas ;  je subodore son désir de bavardage. D'autres voyageurs occupent maintenant le wagon  ; alors elle commente pour qui veut l'entendre, tout et rien :" il fait sombre vous ne trouvez pas ? " Et "y a-t-il du chauffage ?" "regardez près de vous ... qu'est-ce que c'est sur la vitre ..." - moi : je ne vois rien - Elle : Ah ! Déçue de ses tentatives restées vaines. Je pense "tu n'es pas très urbaine Dzovinar ..." oui je sais, mais je n'ai pas envie.

Je me plonge dans la lecture du livre de Camus "Le premier homme" avec l'espoir de désamorcer définitivement ses velléités d'échanges verbaux. Elle se tait et je l'oublie ... dés les premières pages une irrépressible compassion m'étreint en même temps qu'une impression de "déjà vécu" m'accompagne dans le récit des souvenirs de l'auteur ; son attachement à son ami à qui il avoue tout devoir, ainsi que le désespoir de ce dernier, aux portes de la vieillesse, qui affleure, l'évocation de son enfance, des jeux dont la misère développe l'ingéniosité, les brimades et rebuffades familiales dont il garde une empreinte dénuée d'amertume, et surtout, l'évocation pleine de tendresse d'une mère héroîque sans le savoir ... Chaque page conduit le lecteur sur le chemin d'un pélerinage qui pourrait être le sien, pour peu qu'il  y reconnaisse les stigmates que laisse une enfance vécue dans la pauvreté - heureuse pourtant !

-" Ah ! ces tunnels, je ne les supporte pas, c'est qu'ils sont longs ... fait chier !" agrémentés d'accent catalan, les mots agacés de ma voisine m'arrachent à ma lecture ... Je soupire, regarde l'heure : 13 h - Sandwich et quart de rouge pour calmer la faim le temps d'une pause. Dehors tout est noyé dans le gris, le ciel, les champs, les arbres qui défilent ... quand je retournerai à ma lecture, tout à l'heure, je retrouverai, avec la misère joyeuse de l'enfance, le soleil de Camus...

jeudi 24 février 2011

Obsidienne d'Arménie (Dzovinar) - L'éclat noir de l'arménité (Nikos Lygeros)

La montagne scintillait
au lointain
au soleil de midi
j'ai cru à un mirage ;
le rêve d'une vie
s'affichait sous mes yeux
approcher, toucher,
 en convaincre 
chaque fibre de mon être ;
à quelques pas seulement
l'obsidienne, magnifique,
m'attendait ;
de tout temps
elle était là
...pour moi ...
Je l'ai prise avec respect.

Dans ses striures, chaque jour,
je lis l'histoire des âmes blessées.
Quand je caresse ses aspérités
que les siècles ont poli
me parviennent de sa mémoire
d'insoutenables vérités


Dzovinar




L'éclat noir de l'arménité


L'obsidienne n'était pas seulement noire comme l'histoire.
Elle était aussi tranchante que le crime.
Seulement c'était sa diaphanéité et sa pureté
qui emportaient mon regard dans le tréfonds de sa passion.
L'éclat noir de l'arménité
celui qui avait marqué les dragons
s'enfonçait peu à peu dans la mémoire
pour ne pas oublier l'essentiel.
Paradoxe minéral,
mémoire oubliée,
lutte inégale
et grandeur humaine.
Telle était la leçon de la pierre d'antan.


Nikos Lygeros


http://www.pouvoirdespierres.com/obsidienne.php

mercredi 23 février 2011

Un parcours en Arménie - Rémy Prin


Un site remarquable, pour re-découvrir un écrivain, Rémy Prin,  un conteur, dont la langue descriptive, d'une rare poésie, a enchanté jour après jour, les lecteurs - dont j'étais - du site de Denis Donikian "Yevrobatsi" (site aujourd'hui fermé).

Écrit par Rémy Prin   
Voyage durant l'été 2004 sur les terres arméniennes, mais aussi voyage dans la mémoire et la culture : peut-on regarder de l'extérieur ce qui fait l'identité d'un peuple, comprendre les sourires et les douleurs, les brisures de l'histoire, l'exceptionnelle résistance de ces gens... ?

http://www.parole-et-patrimoine.org/armenie/component/content/article/1-debut/1-un-parcours-en-armenie.html

Roissy
Près du comptoir d'enregistrement, nous attendons les employés de Czech Airlines."Vous allez à Prague? demande l'homme.
- Oui, à Prague, puis à Erevan." Le visage doux de l'homme.
"À Erevan, vous aussi? Vous êtes Arméniens?
- Non, c'est juste pour le voyage, pour les églises, l'architecture..."
Ils se regardent l'homme et la femme, heureux, incrédules presque. Ils se retiennent, puis soudain:
"Mais vous restez à Erevan?
- Quelques jours, puis on va faire le tour du pays, voir les villages aussi, les territoires...
- Ah ! Mais alors, vous avez du courage..."

**Prenez le temps de feuilleter ces pages et laissez-vous emporter ...

http://www.parole-et-patrimoine.org/portail/les-infos/81-les-pierres-a-lame.html

LE LIVRE AUSSI :

Les pierres & l'âme
"Les pierres & l'âme, fragments arméniens" est le titre du nouveau livre publié par Rémy Prin aux éditions Parole Ouverte, à la fois récit de voyage en Arménie et en Turquie, rencontre poétique avec les pierres et les hommes, et réflexion sur la place du patrimoine aujourd'hui, dans le devenir des peuples.

Ouvrage préfacé par Denis Donikian :

“Ainsi, lecteurs, sommes-nous tenus en haleine constamment, pris entre deux mondes qui se parlent, l'un sensible, l'autre en naissance, et saisis sans cesse dans l'émerveillement premier du geste humain qui a bâti, creusé, et somme toute édifié une forme de foi. C'est dire combien ce livre devait voir le jour. Il manquait au voyageur amoureux pour qu'il écoute la force cachée des monuments séculaires arméniens. Il manquait... Le voici.”