vendredi 30 mai 2014

ANI - La ville aux mille et une églises ... (Arménie)

Dessin de la ville d'Ani,  capitale du royaume médiéval arménien de la dynastie Bagratuni (961 CE) connue comme "la ville aux 1001 Églises» et «la ville aux 40 portes". Avec 100.000 habitants Ani était en son temps la rivale de Constantinople et du Caire. 

En savoir plus sur Ani: http://peopleofar.wordpress.com/2014/01/13/ani-city-of-1001-churches-2/


http://peopleofar.wordpress.com/2014/01/13/ani-city-of-1001-churches-2/ # comment-2414

- Extraits -


Il ya quelques milliers d'années, l'ancienne capitale arménienne Ani rivalisait avec  Constantinople, Bagdad et le Caire en taille et en influence. Historiquement Ani a été le fondement de l'existence arménienne depuis des temps immémoriaux. Elle est d'abord mentionnée dans les chroniques arméniennes (5ème siècle) comme un château fort construit sur une colline. Ani est devenue la capitale de la Bagratuni Uni en 961 AD. et au 11ème siècle comptait plus de cent mille personnes. Réputée pour sa splendeur et magnificence, Ani était connue comme "la ville aux 40 portes" et "la ville aux 1001 églises." Elle deviendra plus tard le champ de bataille pour divers Empires rivaux, qui la conduira à sa destruction, à son abandon. Aujourd'hui Ani reste en grande partie une ancienne ville fantôme arménienne oubliée en Turquie moderne. Les voyageurs, écrivains et autres aventuriers à travers les âges ont décrit Ani qu'ils tenaient en haute estime. Je pense qu'il n'y a pas de meilleure façon de décrire Ani qu'à travers les impressions exprimées par des personnes qui ont visité le site. Par conséquent, ci-dessous une sélection de ces appréciations réconfortantes.
Konstantin Paustovski un écrivain soviétique de Russie, un candidat pour le Prix Nobel décrit Ani en 1923 avec les citations suivantes:
"Qu'est-ce qui fait que l'on aime Ani ? Il ya des choses au-delà de la description,  et peu importe les moyens employés pour le faire comprendre ".
"Sur l'autre rive, nous avons vu des basiliques, des dômes arméniens carrelés et une absence totale d'êtres humains. Ce sont les ruines de l'ancienne capitale de l'Arménie, Ani - l'une des véritables merveilles du monde ".



Le membre du parlement britannique et homme d'affaires HFB Lynch en 1893 décrit également la ville d'Ani dans son livre "Arménie, voyages et études.":
"Mais une leçon de portée plus large, au-delà de la sphère de l'histoire de l'architecture, peut être tirée d'une visite dans la capitale de la dynastie Bagratid, et de l'étude de la preuve vivante d'une civilisation disparue qui est perçue par le voyageur qui chemine dans ses murs. Ses monuments jettent une vive lumière sur le caractère du peuple arménien, et ils mettent en exergue des caractéristiques importantes de l'histoire arménienne. Ils ne laissent aucun doute sur le fait que ce peuple peut compter parmi le petit nombre de races qui se sont montrées sensibles à la plus haute culture ".
"Les toits ainsi que les murs sont composés de pierre, et, comme d'habitude dans les églises arméniennes, ni bois ni métal n'ont été utilisés. Même de nos jours les maçons arméniens sont  d'une habileté exceptionnelle; et leurs dons naturels ont été ici confirmés par des conceptions de génie.
Les mérites du style sont la diversité de ses ressources, l'élégance de l'ornement en bas-relief, l'exécution parfaite de chaque partie ».
«Nous admirons ces bâtiments aujourd'hui qui forcent l'admiration et comblent notre regard ainsi qu'ils ont comblé celui des monarques arméniens il ya neuf siècles. Un tel site dans les pays occidentaux occuperait une petite ville ou un village; la solitude de Ani témoin d'une culture  disparue lui interdit tout partage.".

 Eglise du Rédempteur, en Ani
Un historien italien, voyageur et diplomate Luigi Villari en 1905 raconte Ani comme suit:
"Nous avons marché sur une ou deux nervures brunes, et tout à coup arrivâmes en vue des murs d'Ani. Ils étaient là, énormes piles de maçonnerie qui s'étend sur près d'un mile, avec d'énormes tours rondes à de courts intervalles, témoins muets des fastes d'autrefois ".
«Nulle part, sauf à Constantinople, je n'ai vu des défenses plus splendides de la ville médiévale.   Les deux tiers d'un mile environ sont encore debout, et les fragments brisés s'étendent sur toute la longueur de la circonférence de la ville et descendent dans le ravin de l'Arpa. "
"La ville merveilleuse montre des signes d'une puissance de construction et compétence architecturale de la part des anciens Arméniens de premier ordre, et nous permet de réaliser que ce peuple, en dépit de la lamentable histoire des six derniers siècles, est une nation avec un noble passé.
Aujourd'hui, cette place, où les rois fiers  habitaient dans les demeures splendides et régnaient sur les terres prospères et les sujets civilisés, où la vie publique était active et vigoureuse, est un désert triste à pleurer.  Séjour d'un vieux prêtre et d'une famille paysanne dans l'enceinte, et même le pays voisin, autrefois si fertile et bien peuplé, est maintenant presque inhabitée, et est devenu en grande partie un désert aride. L'est d'Ani symbolique de la nation arménienne, est-il destiné à disparaître ou à être absorbé dans les autres races, d'autres religions? Je ne le pense pas, car avec toutes les souffrances et les persécutions subies par les arméniens, ils conservent encore une vie nationale vigoureuse. Beaucoup d'entre eux ont été massacrés, mais les survivants ne sont pas absorbés. Leur industrie est plus active que jamais, l'éducation fait de grands progrès. Ils ont construit le commerce du pétrole de Bakou, ils monopolisent le commerce de Tiflis et à Rostoff-sur-le-Don, Bakou, Odessa, Moscou, Kishinieff, Constantinople, Bombay, Calcutta, et de nombreuses autres villes loin de leur ancestrales maisons, ils forment des communautés commerciales industrieuses, intelligentes, et prospères. Un peuple avec un tel passé et un présent aussi prometteur n'a aucune raison de désespérer de son avenir ".
Petite Villari ignorait alors que seulement 10 ans après ces mots les Arméniens devaient affronter les  jours les plus sombres de toute leur histoire : les événements horribles du génocide arménien. Pourtant, presque prophétiques, ses mots sont devenus une réalité : les arméniens ont même surmonté  ces terribles événements et aujourd'hui, il existe encore un pays (plus petit certes que son territoire historique) que l'on appelle l'Arménie.



. Sir EA Wallis Budge, Londres 1928 raconte la visite des moines chrétiens nestorien  Sawma et Markos Ani dans les années 1270:
"Et quand ils sont arrivés à la ville de Animto (Ani) et vu les monastères et les églises qui y sont, ils furent à la grande étendue des bâtiments et à leur magnificence."
Eglise du Rédempteur d'environ 1040 AD.
William J. Hamilton en 1836  décrit les techniques de construction  de l'artisan arménien, comme êtant capables de durer pendant des siècles. Il dit:
«Il y avait quelque chose d'impressionnant et presque terrible dans la vue d'une ville chrétienne, construite dans un style si particulier  et propre à lui-même, en dehors des normes de l'Europe moderne,  restée aujourd'hui dans un état  proche de celui dans lequel ses bâtisseurs l'avaient laissée il ya huit siècles."
"Il est n'est pas une église à Ani  qui ne soit couverte d'inscriptions arméniennes."

Église d'Ani, r. Grégoire de Tigran Honents

 Les Arméniens qui ont visité le site de l'ancienne capitale arménienne abandonnée avaient souvent du mal à retenir leurs émotions. Basmadjian en 1903 décrit ainsi ses impressions :
"Voyageur ou pèlerin, si vous venez à cheval, en voiture, ou même à pied, avant d'arriver à cette ville en deuil, regarde vers le site de mille pensées. Il est impatient; il brûle de la voir - même pour un instant - même de loin - on ne sait pas si c'est pour ressentir une satisfaction intérieure ou pour satisfaire les désirs de nombreuses années. C'est un sentiment puissant, un désir inexplicable, qui brûle, qui sommeille au cœur de tous les Arméniens et  touche même ceux des voyageurs étrangers.
Et puis vos compagnons crient "ANI" C'est comme si une bombe avait explosé soudainement, ou qu'un courant électrique traverse votre corps! Vous tremblez; le flux régulier de votre respiration est altéré; votre coeur s'ouvre; vos nerfs se détendent; vous êtes remplis d'émotions et vos yeux commencent à se mouiller de larmes; vous n'êtes plus votre maître; les larmes que vous avez retenues jusque là peuvent désormais s'écouler, inonder vos joues. Tu pleures comme un enfant, devant ces murs délabrés, ces bâtiments à demi détruits, ces tas de mousse recouverts de pierres qui éveillent des souvenirs anciens et si puissants en vous. "
  Ani ruines - voir Vers l'Arménie







Église Saint-Grégoire construit en 1001 



Ani église de Saint-Grégoire (1215)





Sources:

samedi 24 mai 2014

Concert à Tautavel (P.O.) - Diego TOSI ...

Au Festival "Tautavel en Musique"
du 23 au 25 mai 2014
***

Tautavel est connu pour son Musée. Profitant de cette notoriété, 
la ville a créé le Festival de musique de chambre Tautavel en Musique s'alliant avec bonheur au Conservatoire à Rayonnement Régional de Perpignan accordant ainsi une place de choix à la musique, depuis trois "saisons" déjà. 

La nouvelle édition du festival coïncide avec le 50ème anniversaire du site de fouilles de la Caune de l'Arago de Tautavel générant ainsi des "concerts promenades" au musée de la préhistoire.
En ouverture du Festival, au Palais des Congrès: 
Les Cordes virtuoses - Diego Tosi, violon soliste
Avec l'Ensemble instrumental de Corse, direction
Alexandre Benderski
pour un programme mettant à l'honneur
deux grands compositeurs romantiques, tous deux passionnés de Mozart:
 - Félix Mendelssohn et le "grand concerto" pour violon, en mi mineur - oeuvre sublime où s'exprime, comme chez Mozart, une alternance entre douleur et exubérance.
- Piotr Ilitch  Tchaïkovski, au tempérament anxieux, émotif, partageant des instants de bonheur dans son incomparable musique, toute chargée de réminiscences populaires et intellectuelles : Souvenirs de Florence.

***
Diego Tosi, enfant du pays dont nous avons pu suivre la progression au fil des années, est devenu aujourd'hui le remarquable virtuose qui soulève l'enthousiasme  à chacune de ses prestations.
Cette fois encore, associé à l'Ensemble Instrumental à cordes de Corse, de réputation internationale, il ne nous a pas déçu.

 Diego Tosi
et l'Ensemble Instrumental à cordes de Corse - Direction Alexandre Benderski 

 En seconde partie "Souvenirs de Florence" 


Il manque le son, et je le regrette, car la magie a totalement opéré.

Nous avons quitté la salle de concert, la tête dans les nuages, des étoiles pleins les yeux, le coeur heureux.

LA BEAUTE SAUVERA LE MONDE !

jeudi 22 mai 2014

Spleen...

Ivan Aivazovsky-1899- Pleine lune

Je ne devrais plus écouter Mozart
et le Requiem 
ça me rend trop triste ...
Je ne devrais plus lire les poèmes
ils vrillent mon coeur 
Je ne devrais plus regarder films, vidéos
 génocide
ni laisser monter les larmes
Et puis la joie des autres aussi
laboure mon âme
 Mais alors, quoi ?
 Embarquer pour un voyage
 sans retour


Dzovinar



mercredi 21 mai 2014

N'oublie pas - N. Lygeros



N'oublie pas
la phrase de Jaurès
sur le courage
qui relie
à la vérité
ainsi tu comprendras
combien il est important
de chercher la vérité
et la dire
sans rien craindre
de tes ennemis
puisque tu ne dois
te battre
que pour l'Humanité
et l'honneur
de l'esprit humain
sans jamais
t'agenouiller
devant la barbarie.

*Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire ; c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. Jean Jaurès 


mardi 20 mai 2014

Pensée du jour


Il est peut-être vrai que les mots
nous cachent davantage les choses invisibles
qu'ils nous révèlent les visibles ...

Albert Camus