jeudi 11 septembre 2014

Zabel Essayan 1878 - 1943 - Une femme d'exception


Une femme d'exception
Zabel Essayan
1878 - 1943

Zabel Essayan est née à Scutari (quartier de Constantinople) en 1878. A l'âge de dix-sept ans, elle s'installe à Paris où elle étudie la philosophie et la littérature à la Sorbonne. Très vite, elle partage sa vie entre Paris et Constantinople. Très active dans les milieux littéraires de la capitale turque, elle est considérée comme la principale femme de lettres arménienne de sa génération. Elle écrit Dans les ruines, son oeuvre majeure, en 1909 (publié en 1911). En 1915, elle fuit une Turquie en proie au génocide arménien. Installée en Arménie en 1933, elle est victime des purges staliniennes en 1937, et disparaît sur la route de sa déportation en 1943.


Le livre
"Dans les ruines"
Les massacres d'Adana, 1909

Avril 1909. La ville d'Adana et sa plaine si fertile ne sont plus que champs de ruines. Accompagnant la Croix-Rouge, la romancière et journaliste Zabel Essayan conte par le menu ce que ses yeux distinguent, ce que ses oreilles entendent, ce que son coeur ressent. Et que voit-elle ? La destruction des quartiers chrétiens d'Adana par une population turque fanatisée. Religieux, notables et hommes du peuple massacreront en quelques jours plus de trente mille Arméniens en Cilicie.
Empreint de la violence qui l'entoure, le récit de la journaliste décrit avec une puissance rare l'atrocité des massacres et l'impuissance d'une civilisation aux abois face au nationalisme délirant des Jeunes-Turcs. Livre halluciné, Dans les ruines est un témoignage à résonance universelle, il parle pour tous les génocides d'hier et d'aujourd'hui.
**Un récit qui décrit le déroulement des massacres d'Adana, perpétrés en 1909 sous l'instigation du parti nationaliste des Jeunes Turcs du Comité Union et Progrès, en voie de prendre le pouvoir dans l'Empire ottoman. En quelques jours, plus de vingt mille Arméniens sont tués par une population fanatisée. L'auteure témoigne de cette violence, prélude au génocide qui se déroulera six ans plus tard.

 Georges Festa  propose dans son blog un résumé de la vie de Zabel Essayan
(lien ci-dessous)

http://armeniantrends.blogspot.fr/2014/09/decouverte-dun-document-inedit-sur-le.html

"ISTANBUL - Durant leurs recherches à la Bibliothèque Nubar, à Paris, l'historien turc Umit Kurt et le journaliste Alev Er ont découvert un document, jusque là inédit, sur le génocide arménien, et qui a pour auteur Zabel Essayan, la grande écrivaine d'alors.

Ce document de 11 pages relate en détail le sort réservé aux Arméniens en 1915 et ensuite. Zabel Essayan soumit ce document au représentant de la délégation arménienne à la Conférence de Paris, Boghos Nubar Pacha, d'après un article paru dans le périodique arménien Agos, basé à Istanbul, qui en a présenté des extraits.

Essayan relève notamment que, depuis le début de la guerre, le parti Ittihat ve Terraki [Union et Progrès] a systématiquement exterminé la population non musulmane de l'empire. Les jeunes femmes et les enfants, dont le nombre dépasse les 200 000, furent enlevés de force.

Romancière talentueuse, Zabel Essayan naquit en 1878 à Scutari, un district de Constantinople. Très tôt, elle ambitionna d'être écrivaine et, à l'âge de 17 ans, publia un court texte dans une revue littéraire. Elle poursuivit des études supérieures à Paris, où elle s'inscrivit à la Sorbonne, corrigeant un dictionnaire franco-arménien et écrivant des articles et des nouvelles pour des revues françaises et arméniennes. Elle revint à Constantinople à l'âge de 30 ans pour y mener une vie littéraire active, reconnue pour son talent. Les Jeunes-Turcs la rangèrent aux côtés de Zohrab, Zartarian, Siamanto et Varoujan, inscrivant son nom - la seule femme écrivain - sur leur liste de mort. Elle s'enfuit en Bulgarie et, de là, parvint à gagner le Caucase, où elle documenta nombre d'atrocités en cours. En 1918, elle partit en Egypte, puis en Cilicie et à Paris, au service de la Délégation arménienne pour la paix.

Désabusée, elle devint communiste et exhorta l'ensemble des Arméniens de diaspora à reconnaître l'Arménie soviétique comme leur seule et unique patrie.

En 1927, elle visite l'Arménie soviétique, pour la première fois. Peu après, elle est invitée à s'y établir de façon permanente. En 1933, à l'âge de 55 ans, elle quitta sa vie parisienne confortable et s'installa en Arménie soviétique, avec sa fille, Sophie, et son fils, Hrant. A Erevan, elle enseigna la littérature comparée et la littérature française à l'université, écrivant de nombreux articles et publiant de façon prolifique. **L'on pense, mais cela n'est pas certain, qu'elle s'est noyée et qu'elle est, très probablement, morte en exil, quelque part, en 1943." 
Source :

Traduction : © Georges Festa - 09.2014

**Les circonstances réelles de sa fin de vie restent soumises  à diverses versions en l'absence de documents vérifiables. 

Vous trouverez ici d'autres informations quant à son importante production littéraire :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Zabel_Essayan#.C5.92uvre

2 commentaires:

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