jeudi 14 décembre 2017

Si tu n'as pas le temps N. Lygeros


Si tu n'as pas le temps

N. Lygeros
Traduit du Grec par A.-M. Bras

Si tu n’as pas le temps
de profondes
respirations
pense
à la mer
avec la vague
qui effleure
la côte
et regarde
comment
la caresse
du bleu
change
la couleur
de la terre
puisque
grâce
à elle
vit
le sel
que tu mets
dans ta bouche
quand
tu goûtes
l’essence
de l'immensité.

*****

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mercredi 13 décembre 2017

Ecoute la musique - Dans la crèche - N. Lygeros


Ecoute la musique

N. Lygeros
Traduit du Grec par A.-M. Bras

Écoute la musique
et surtout
l'Adagio
pour sentir
ce que signifie
le toucher
de l’âme
pour l’avenir
sinon
tu penseras
que
la vie
n'est
que
l'existence
alors que
c'est
la transcendance
qui te conduit
au plus proche
de l’oeuvre
de l'Humanité
et te touche
avec la délicatesse
d’une caresse.

*****
Dans la crèche

N. Lygeros
Traduit du Grec par A.-M. Bras

Dans la crèche
la présence
du Christ
a
du sens
seulement après
le 24 décembre
sinon
c'est
une tradition
qui a
dégénéré
et ne sait plus
ce qu'est
le sens
du symbole
que nous avons
gardé là
durant des siècles
car jamais
nous n'avons oublié
le sacrifice
même
s’il était
seul
sur la Croix.

*****

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Avis de gros temps - Ara Toranian

EDITORIAL - Ara Toranian



Avis de gros temps

Peut-on imaginer ce qu’aurait été le sort de l’Etat d’Israël, s’il avait été géographiquement situé entre l’Allemagne et l’Autriche en 1935 ? Eh bien, c’est un peu ce que vit aujourd’hui l’Arménie avec ses voisins turcs et azerbaïdjanais. Tandis que l’hystérie nationaliste et son corollaire négationniste n’en finissent pas de ravager les esprits dans ces deux pays, leur stratégie d’étouffement de l’Arménie se poursuit avec méthode.

L’inauguration le 31octobre de la nouvelle voie ferroviaire Bakou-Tbilissi-Kars, qui ambitionne de rapprocher l’Asie de l’Europe en contournant l’Arménie, constitue le dernier épisode de leur plan d’ostracisation à son endroit. Mais ce n’est pas tout. Un article du géopoliticien azerbaïdjanais Zaur Shiriyev, paru récemment dans Eurasianet.org, attire l’attention sur un autre aspect de leur politique commune, bien plus inquiétant. Elle se traduit en effet par un programme de militarisation à outrance du Nakhitchevan, cette enclave limitrophe de la Turquie et l’Iran qui avait été attribuée par Staline à RSS d’Azerbaïdjan...

Ce territoire, peuplé de près de 50 % d’Arméniens avant sa soviétisation, et qui n’en compte plus aucun aujourd’hui, est en effet en passe de devenir une véritable rampe de lancement militaire dirigée contre le pays. Fort déjà de 20 000 soldats et d’environ 400 véhicules blindés, il dispose désormais d’une nouvelle unité dans laquelle la Turquie voisine est largement présente.

Bakou y a, de plus, mis en place tout un arsenal d’armement lourd, en particulier des missiles Smerch, des T-300 Kasirga, des systèmes de lance-roquettes multiples T-122 Sakarya. Autant d’armes qui placent Erevan à porté de tir du Nakhitchevan. Une telle éventualité entraînerait certes une guerre totale, qui mettrait Bakou et ses installations pétrolières sous le feu des redoutables Iskanders arméniens, achetés l’an dernier à la Russie. Elle pourrait provoquer également l’entrée dans le conflit de cette dernière, en vertu du partenariat stratégique qui oblige les deux pays. Il n’empêche que l’extension au Nakhitchevan de la course aux armements lancée par Bakou, avec les risques de prise en tenaille qu’elle implique, constitue un nouveau défi, et de taille, pour la sécurité de l’Arménie.

Faut-il y voir, en sus de la situation au Haut-Karabagh, une cause supplémentaire de sa forte tendance à la militarisation ? En tout cas, dans ses sphères dirigeantes, l’heure n’est pas au pacifisme. Le ministre de la Défense continue à promouvoir dans ses discours et dans sa pratique le concept de « nation-armée ». Son budget pour 2018 est en augmentation de 18 %. Et Serge Sarkissian a déclaré de son côté fin octobre que la modernisation de l’armée était « l’une des plus importantes, sinon la plus importante, tâches de l’État », tandis que le parlement votait une loi durcissant brutalement les conditions du sursis pour les étudiants. Tout va donc dans le même sens. D’autant plus sans doute que depuis un peu plus d’un an le système d’alliance de l’Arménie donne des signes de flottement.

À peine a-t-on avalé la couleuvre des ventes massives d’armes russes (son principal partenaire stratégique) à l’Azerbaïdjan qu’on découvre à la faveur du réchauffement des relations entre Poutine et Erdogan, la vente de missiles russes S-400 à la Turquie (en dépit de son appartenance à l’OTAN). Ce qui est pour le moins troublant. D’autant qu’on assiste parallèlement, depuis l’élection de Hassan Rouhani à la présidence iranienne, à un rapprochement entre Téhéran et Bakou et que la diplomatie tripartite (Moscou-Ankara-Téhéran) qui s’est construite autour de la question syrienne pourrait s’étendre à d’autres domaines.

Dans ce contexte, les rumeurs relatives à un supposé plan Poutine sur le Karabagh, qu’on dit désavantageux pour l’Arménie (il n’octroierait qu’une indépendance de facto et non de jure à la RHK au sein de l’Azerbaïdjan), ne laissent pas d’interroger. Car si la Russie tire un certain profit de la guerre larvée entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, selon la logique du « diviser pour mieux régner », elle pourrait aussi avoir intérêt à une « pacification » de la région, à la condition que celle-ci permette de faire revenir l’Azerbaïdjan dans son giron (notamment par son intégration à l’Union eurasienne) tout en lui donnant la possibilité de s’installer militairement autour du Haut-Karabagh dans le cadre d’une mission de maintien de la paix qui serait par exemple confiée à l’OTSC ( l’organisation du traité de sécurité collective). Tout cela n’est certes pas encore dans les tuyaux. Mais c’est dans l’air.

L’Arménie se trouve donc à nouveau dans une situation inconfortable, avec d’un côté des forces qui conspirent à sa perte et de l’autre un allié imprévisible. Dans ces circonstances, la petite ouverture qu’elle s’est créée avec l’Europe, si elle ne saurait répondre à sa problématique sécuritaire, élargit tout de même un peu son horizon et rompt l’isolement dans lequel on voudrait l’enfermer. Il n’y a rien là de très euphorisant. Mais, dans ce monde de brutes, elle n’a de toute manière pas l’embarras du choix...

mercredi 6 décembre 2017,
Ara ©armenews.com

samedi 9 décembre 2017

Cour européenne des droits de l’homme: Contrairement au génocide juif, le génocide des chrétiens arméniens peut être nié


Cour européenne des droits de l’homme: Contrairement au génocide juif, le génocide des chrétiens arméniens peut être nié


Article publié le 02.12.2017

Rappel éclairant d'un fait qui date de 2015 et qui démontre toute la fourberie immonde de cette institution, hiérarchisant les morts chrétiens comme étant moins importants. C'est une position clairement raciste.

Et qui donc milite pour que cette cour soit prise en considération en Suisse? La gauche.

**********

La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a jugé, jeudi 15 octobre, que le fait de nier l’existence du génocide arménien ne devait pas être passible de poursuites.

Un raisonnement que les juges de Strasbourg n’appliquent pas, en revanche, aux discours négationnistes portant sur la Shoah.

Quelles limites à la liberté d’expression ? Délicate en soi, la question l’est encore plus lorsqu’elle porte sur le sujet très sensible du génocide. Depuis la loi Gayssot (1990), la France sanctionne les discours niant la réalité de la Shoah mais se refuse, en revanche, à faire de même pour les autres génocides (arménien et rwandais) ou les crimes contre l’humanité (traite négrière).

Non sans donner lieu à controverses. Pour preuve, le Conseil constitutionnel devra dans les prochaines semaines se prononcer sur cette disparité de traitement entre les différents auteurs de discours négationnistes. Dans ce contexte, la décision rendue par la CEDH s’avère cruciale.

Le raisonnement de la CEDH

Les juges européens ont sanctionné la Suisse pour avoir condamné un homme politique turc, Dogu Perinçek, qui avait déclaré que les déportations et massacres subis par les Arméniens en 1915 ne constituaient pas un génocide. Par cette condamnation, la Suisse a, selon la CEDH, porté une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression consacrée par la convention européenne des droits de l’homme.

Les juges précisent par ailleurs que des poursuites peuvent être engagées lorsque des propos négationnistes s’accompagnent d’un discours de haine ou d’intolérance. Mais, en l’espèce, ils estiment que ce n’était pas le cas.

(...)

Quid de la Shoah ?

La décision des juges européens était par ailleurs attendue du fait d’une autre actualité : la saisine toute récente du Conseil constitutionnel sur la loi Gayssot. Les Sages doivent en effet se prononcer tout prochainement sur le fait de savoir s’il est ou non conforme à la constitution de pénaliser les discours négationnistes visant la Shoah, et non ceux portant sur le génocide arménien.

« La CEDH réserve un sort à part à la Shoah », décrypte Nicolas Hervieu, juriste en droit public et spécialiste du droit européen. Au détour d’une phrase en effet, les juges précisent ainsi que « dans les affaires concernant des propos se rapportant à l’Holocauste, la Cour a – pour des raisons tenant à l’histoire et au contexte – invariablement présumé qu’ils pouvaient être regardés comme une forme d’incitation à la haine ou à l’intolérance. » Les Sages du Conseil constitutionnel reprendront-ils à leur compte un tel argumentaire ? Réponse dans les semaines à venir.


vendredi 8 décembre 2017

Hovhannès Toumanian Ecrivain - Poète

Hovhannès Toumanian

Né le 19 février 1869
Dsegh (Empire russe)

Décédé le 23 mars 1923 
Moscou (URSS)


Le grand  poète H. Toumanian défendait déjà la cause animale, il y a un siècle. Voici deux de ses quatrains.


1917
Երազումս մի մաքի
Մոտս եկավ հարցմունքի,
Աստված պահի քո որդին,
Ոնց էր համը իմ ձագի...

Dans mon rêve une brebis
Vint jusqu'à moi et me dit:
"Que Dieu garde ton enfant!
Quel goût avait le mien, dis?"

 (traduction Denis Donikian)


1918
Մի հավք զարկի ես մի օր.
Թըռավ, գնաց վիրավոր:
Թըռչում է միշտ իմ մըտքում
Թեւը արնոտ ու մոլոր:

J’ai tiré un oiseau un jour, 
Il s’envola au ciel blessé.
Dans ma tête il vole toujours,        
L’aile en sang et désemparé.

(Traduction J. V. Guréghian)