samedi 20 mars 2021

POUR CEUX QUI NE CONNAISSENT PAS L'HISTOIRE DES ARMENIENS

                       

                 Un bon résumé historique - Les jeunes Turcs

Le congrès de Vienne se tint en 1815 suite à la chute du grand Empire napoléonien.

Il avait pour objet de redessiner une nouvelle carte de l’Europe et établir un nouvel ordre en réponse aux douleurs de peuples dévastés par vingt années de guerre totale.

Il accouchera de la restauration des anciennes monarchies, brisant les promesses politiques et sociales de la Grande Révolution de 1789.

En frustrant les peuples du printemps espéré, le Congrès va jeter les bases des nouvelles révoltes qui vont secouer l’Europe du XIXe siècle.

Une société secrète insurrectionnelle va s’illustrer dans cette lutte pour l’éveil des consciences nationales et le triomphe des valeurs démocratiques et républicaines.

Sur le modèle de la franc-maçonnerie, la « Charbonnerie » emmenée par les bons-cousins Garibaldi, Lafayette et Mazzini, sous la bannière de « Jeune Europe » va essaimer entre autres en « Jeune Espagne », « Jeune Belgique » et « Jeune Italie » pour porter haut les valeurs issues des Lumières.

Dans l’Empire ottoman déclinant, les « Jeunes Ottomans » vont appeler dès 1865 l’instauration d’une monarchie constitutionnelle apte à suppléer les insuffisances des anciennes « capitulations » et des rescrits impériaux des Tanzimat.

Ils inspireront la naissance d’un mouvement clandestin similaire, la « Jeune Turquie », le 14 juillet 1889, jour anniversaire de la prise de la Bastille, au cœur de l’Académie de Médecine Militaire de Constantinople dont la poignée de fondateurs va rapidement s’enrichir de quelques dizaines d’officiers de l’armée turque et de hauts fonctionnaires.

En adhérant à la Franc-Maçonnerie, notamment à Salonique, berceau du mouvement et bastion de l’opposition au Sultan, cette élite « Jeune Turque » va grossir la dizaine de loges saloniciennes d’obédiences occidentales, seules capables d’assurer leur sécurité par le biais des ambassades, particulièrement « Macédonia Risorta » et « Vedata » du Grand Orient d’Italie, « Perseveranza » du Grand Orient d’Espagne et « Veritas » du Grand Orient de France.

À la fin du XIXe siècle, environ 2000 Frères disséminés dans l’Empire ottoman, fréquentent les loges du Grand Orient de France, d’essence laïque, athée et égalitaire, tant à Smyrne et Beyrouth qu’à Lattaquié, Salonique ou Constantinople où se réunit la loge « Ser » (Amour) essentiellement composée de Frères Arméniens qui inspireront la « Constitution Nationale Arménienne de 1863 ».

Pendant que l’« Homme malade de l’Europe » s’émiette sous les coups de boutoir des mouvements nationalistes poussés par les grandes puissances - France - Russie - Angleterre, les Frères de la loge « Le Progrès » de Constantinople, vont conduire la rédaction de la constitution ottomane de 1876 afin d’ouvrir la Sublime Porte à la modernité.

Suspendue dès 1878 par le Sultan Abdul Hamid II, les « Jeunes Turcs » à l’instar de leurs aînés « Jeunes Ottomans » sont contraints à l’exil au Caire, à Genève ou à Paris où ils vont tenir leur premier congrès en 1902.

Se considérant comme les représentants des idéaux de la révolution française en orient, cette jeune génération, cultivée et éduquée, va solliciter l’appui des puissances occidentales pour réformer le régime à travers des journaux engagés comme le « Mechveret » à Paris, ou le « Mizan » et « l’Osmanli » à Genève.

Au 2e congrès de décembre 1907, les sections Jeunes-Turques décident de fusionner pour former le « Comité Union et Progrès » (CUP), un parti révolutionnaire clandestin décidé à abattre l’absolutisme du Sultan par la force.

Trois courants déterminants le traversent d’emblée :

• Un courant occidental, libéral, décentralisé et fédéraliste.

• Un courant islamiste.

• Un courant nationaliste et jacobin.

Turcs, Arabes, Juifs, Kurdes, Grecs et Arméniens, tous ces unionistes acquis aux idéaux carbonari et maçonniques aspirent à un régime libéral, à la séparation entre le politique et le religieux, au respect mutuel ainsi qu’à l’égalité des droits dans le cadre d’une nation ottomane unissant toutes les minorités ethniques et religieuses.

Le rite d’admission au CUP est calqué sur le rituel maçonnique, la prestation de serment se faisant les yeux bandés en cape longue noire, la main sur le Coran surmonté d’une épée.

Si la majorité de ses membres était de confession musulmane, la direction était autrement constituée : trois étaient musulmans, trois étaient juifs (CARASSO, CAHEN et FARAGGI) et neuf étaient dönmehs (DJAVID Bey, Dr NAZIM, OSMAN, TALAAT, BALDGI, Kiani IPECK, KARAKASCH, KIAZIM et Osman ADIL) descendants des Marranes Juifs Sépharades chassés d’Espagne, membres d’une secte secrète endogame apparue à Salonique au XVIIe siècle qui pratiquait une mystique mêlant Cabale juive et Soufisme. Ils seront chassés par les Grecs en 1913 et se refugieront à Constantinople, Ankara, Brous et Izmir, villes dans lesquelles ils constitueront l’élite socio-professionnelle.

Prônant une économie capitaliste, une éducation laïque, des vertus humanistes issues des Lumières et l’égalité homme-femme, l’adhésion aux mêmes principes dans une même ville, Salonique, allait rendre inévitable la rencontre entre Dönmehs, Jeunes-Turcs et Franc-Maçonnerie, alors même que l’immense majorité des Unionistes de l’Empire provenait de tous milieux et confessions et se multipliait au fil de la déconfiture de l’Empire, des Balkans à l’Afrique du Nord, créant un climat insurrectionnel.

Le 24 juillet 1908, une armée partie de Salonique, commandée par les officiers Jeunes-Turcs Enver et Niazi, pénètre dans Constantinople, restaure le Parlement et la Constitution sous la devise « Liberté - Égalité - Fraternité - Justice » et embastille le Sultan Rouge, soulevant un vent de liberté et la promesse d’un monde nouveau égalitaire, multi-ethnique et fédéraliste.

Les effectifs du CUP passent de quelques centaines à des dizaines de milliers en quelques mois, au point que les élections enfiévrées de décembre 1908 voient les députés turcs remporter 216 sièges sur 262 dont dix Arméniens parmi lesquels les frères de loge Krikor ZOHRAB et Vartkes SERINGULIAN.

Ce triomphe électoral écrasant va déclencher la réaction hystérique des Jeunes Turcs augurant le cauchemar qui s’annonce. En proclamant le principe de la supériorité de la nation dominante sur les minorités qu’elles soient chrétienne, juive, arabe, druze ou chiite, dès leur accès au pouvoir, les futurs Pachas TALAAT, ENVER et DJEMAL, vont activer clubs, cercles et associations unionistes au nom d’une renaissance turque sans partage en réponse aux pertes territoriales qui ne cessent de rétrécir l’Empire Ottoman.

Enfermée dans un délire identitaire convulsif, cette turcité « über alles » va se traduire par le massacre de 20000 Arméniens d’Adana dès avril 1909, nouvelle réplique au séisme sanglant qui en 1894-1896 décima 250000 Arméniens d’Anatolie, véritable Acte un du génocide arménien. Jean-Jaurès dira : « L’humanité ne pourra vivre éternellement avec dans sa cave le cadavre d’un peuple assassiné. ».

Sous la férule de l’idéologue pantouranien Ziha GÖKALP et d’ENVER, le 3e congrès du CUP de 1910 va entériner l’effrayante mutation opérée par son Comité Central dont le programme affiché consiste dorénavant en la turquification des populations de l’Empire en lieu et place de leur ottomanisation et en un panturquisme tourné vers l’est anatolien, l’Irak et le nord de l’Iran, scellant ainsi le destin du peuple arménien comme obstacle géographique et humain à leur nouveau projet hyper nationaliste d’homogénéisation et d’expansion.

L’assassinat du Grand Vizir Mahmout CHEVKET Pacha le 21 juillet 1913, servira de prétexte au triumvirat pour instaurer d’une part une véritable dictature militaire avec TALAAT Pacha comme Grand Vizir, expulser les inspecteurs généraux hollandais et norvégien de Constantinople d’autre part et enfin signer le 2 août 1914 un accord secret confiant le haut commandement de l’armée turque au « grand frère » allemand.

Dans la foulée, l’entrée en guerre aux côtés de l’Allemagne le 31 octobre 1914 sera suivie en novembre par la proclamation du Djihad, la « guerre sainte », afin de radicaliser les foules islamiques contre les infidèles et régler une bonne fois la question arménienne sous la houlette des komitaji, imprécateurs violents et cyniques passé maîtres en machination.

Dès février-mars 1915, le directoire secret du CUP présidé par TALAAT décide de procéder à l’éradication totale du peuple arménien à travers une note confidentielle de dix commandements, précisant les modalités de sa mise en œuvre et ne laissant aucun doute sur l’impensable et imminent destin dévolu aux Arméniens.

Le 24 avril 1915 la rafle de l’élite arménienne de Constantinople marque la fin du rêve de la société fraternelle qui devait rassembler la mosaïque des peuples d’Asie Mineure.

En quelques mois, les deux tiers des Arméniens sont saignés comme des bêtes, victimes d’un nettoyage racial hérité des théories dégénérées pseudo-darwinistes, véritables bombes à retardement fascistes acquises durant la période d’exil parisien selon lesquelles les races pures font les nations supérieures.

Ainsi, après des siècles de sous-citoyenneté, d’humiliations et de chicanes incessantes, de rackets, de pillages et de vols, 1,5 million de civils arméniens femmes, enfants et vieillards inoffensifs, accusés de rébellion et de traitrise, seront extraits de leurs 3000 villages, déportés en convois dans des camps de concentration et méthodiquement éliminés, torturés, décapités, démembrés par des tribus kurdes, des déserteurs, trafiquants, gendarmes supplétifs et des hordes exaltées de Tchétés, misérables brigands auxquels l’Organisation Spéciale (OS) a lâché la bride. 120000 soldats arméniens sont désarmés et fusillés et des dizaines de milliers de femmes violées, éventrées et pour les plus « chanceuses » d’entre elles, converties, jetées dans des harems ou vendues comme esclaves.

Le 24 mai 1915, relayées par les articles circonstanciés du « New York Times », du « Petit Parisien » et du « Figaro », les grandes puissances horrifiées par ce « Crime contre l’humanité et la civilisation » préviennent les Jeunes Turcs par l’intermédiaire de l’agence Havas qu’ils seront traduits devant les tribunaux dès la fin de la guerre.

Néanmoins, sous le contrôle du docteur Behaeddin CHEKIR, la loi « TEHCIR » votée le 27 mai 1915 par le Parlement Ottoman autorise la déportation et offre un cadre légal à la spoliation des biens dits « abandonnés », chasse gardée du « Djemiet », un Conseil restreint économique et financier dirigé par le chef comptable TALAAT, chargé de gérer les confiscations, les comptes de dépôt, les assurances-vie et les coffres pillés. Aujourd’hui encore, les archives cadastrales de 1915 à 1923 sont toujours rigoureusement interdites d’accès.

Trois semaines après l’armistice de Moudros, le CUP dissous, l’ordre est effectivement donné le 21 novembre 1918 par le Sultan Mehmet VI de juger ses dirigeants par devant trois cours martiales siégeant à Constantinople. Sur la base de témoignages, télégrammes, ordres télégraphiques et correspondances collectées par les enquêtes minutieuses de la commission « MAZHAR Bey », près de 150 suspects seront arrêtés et déférés par ordonnance impériale le 8 mars 1919.

Huit procès seront audiencés entre 1919 et 1920, un premier visant les membres du Comité Central du CUP, un deuxième visant les responsables régionaux et six autres portant sur les déportations et massacres des sandjaks de Yozgat, Trébizonde, Buyuk Dere, Kharpout, Ourfa et Erzincan. De multiples peines de mort et de prison seront prononcées et nombre des prévenus seront exilés à Malte avant d’être libérés par les Anglais en échange du pétrole de Mossoul et de l’île de Chypre. Les minutes de ces procès turco-turcs, classées très sensibles, sont édifiantes sur la planification du génocide.

Le Livre Bleu britannique de Lord BRYCE et de l’historien Arnold TOYNBEE, les rapports secrets du pasteur LEPSIUS, les mémoires de l’ambassadeur américain Henry MORGENTHAU, les correspondances du vicaire apostolique romain Monseigneur DOLCI, les rapports du ministre des affaires étrangères russe SAZONOV viendront corroborer l’organisation, la planification et l’exécution d’une barbarie sans précédent. CHURCHILL pourra dire : « En 1915 le gouvernement turc commença et mena à bonne fin, sans ménagement, une œuvre infamante, le massacre et la déportation des Arméniens d’Asie Mineure (...) La suppression de cette race fut à peu près aussi complète qu’un tel acte pouvait l’être à une aussi grande échelle (...) ».

Et LLoyd GEORGE premier ministre anglais : « Dans les provinces arméniennes, Abdul HAMID et les Jeunes-Turcs ont délibérément choisi de simplifier le problème arménien en exterminant et en déportant le peuple tout entier... ».

Le 5 juillet 1919, les trois Pachas et leur éminence grise le docteur NAZIM chargé de l’OS ainsi que Mehmet AZNI commandant des Tchétés sont condamnés à mort par la cour martiale de Constantinople « in absentia », les réseaux Jeunes Turcs les ayant exfiltrés à bord du « Lorelei » à travers la Mer Noire dans la nuit du 2 au 3 novembre 1918... avant leur traque...

Pendant ce temps, dès juin 1919, un certain Mustapha Riza Efendi dit Mustapha KEMAL, Jeune Turc et frère de la loge « Vedata » depuis 1907 a engagé la phase offensive de la guerre d’indépendance turque jusqu’à la victoire finale à l’automne 1922, brisant les dernières espérances du « Foyer National Arménien de Cilicie » sous mandat français.

Il fait cesser les procès de Constantinople le 13 janvier 1921 pour une version officielle préfigurant le négationnisme d’État turc, selon laquelle la faim, les épidémies, l’épuisement et des actes de violence incontrôlés ont causé les dénommés « incidents de 1915 », sortes de dommages collatéraux inévitables en temps de guerre...

Les mesures de restitution des biens spoliés prises par le Sultan le 8 janvier 1920 sont annulées purement et simplement le 14 septembre 1922 par le gouvernement kémaliste.

La présence du personnel politique, administratif et militaire du défunt CUP dans les rouages du régime d’Ankara démontre sans conteste l’adhésion de Kemal ATATÜRK à la politique d’extinction des Arméniens. Cette large porosité prouve sa hantise d’avoir à restituer les biens spoliés à leurs propriétaires légitimes et sa crainte d’avouer les atrocités sur lesquelles repose la nouvelle république turque d’Ankara.

Hormis les tués sur le champ de bataille entre armées régulières, il est clair qu’aucune accusation, aucune théorie, aucune démonstration, ne justifiera jamais l’assassinat, la déportation, la spoliation de populations civiles, hommes, femmes, enfants et vieillards innocents et inoffensifs.

Le Traité parjure de Lausanne du 24 juillet 1923 entérinera l’effacement des 7 provinces historiques composant la nation arménienne et permettra à la gangrène unioniste de reprendre force et vigueur au plus haut niveau de l’État kémaliste.

On y dénombre notamment :

• Sükrü KAYA, organisateur de la déportation, ministre de l’Intérieur, Jeune-Turc.

• Mustafa Abdulhalik RENDA, ancien préfet de Bitlis et d’Alep qui a brûlé vif des milliers d’Arméniens dans la région de Mouch, ministre puis président de la Grande Assemblée Nationale Turque, Jeune-Turc.

• Arif FEVZI, responsable des massacres de Diyarbakir, ministre de 1922 à 1923, Jeune-Turc.

• Ali CENANI Bey, ministre du commerce de 1924 à 1926, chargé de la disparition des cadavres arméniens, Jeune-Turc.

• Kazim ÖZALP, président de la Grande Assemblée Nationale Turque de 1924 à 1935, lui aussi fit brûler vive la population de Mouch, Jeune-Turc.

• Ali Fehti ÖKYAR, 1er ministre en 1924 et 1925, dirigeant de l’OS, Jeune-Turc.

• Celal BAYAR, 1er ministre de 1937 à 1939 et président de la République Turque de 1950 à 1960, Jeune-Turc.

• Refik SAYDAM, 1er ministre de 1939 à 1942, membre de l’OS, Jeune-Turc.

• Sükrü SARACOGLU 1er ministre de 1942 à 1946 et président de la Grande Assemblée Nationale Turque de 1948 à 1950, Jeune-Turc.

• Kazim KARABEKIR, président de la Grande Assemblée Nationale Turque de 1946 à 1948, Jeune-Turc.

• Ismet INONÜ, 1er ministre et président de la république, Jeune-Turc depuis 1906.

En octobre 1927, le père des Turcs prononcera un discours délirant de 36 heures portant sur l’histoire officielle revue et corrigée du grand peuple turc, passant à la trappe le sort des Arméniens d’Asie Mineure et ouvrant la voie à l’enseignement d’un négationnisme d’État turc qui n’a jamais cessé.

Aujourd’hui encore, quiconque s’aviserait de remettre en question cette mystification historique serait passible de poursuites judiciaires au motif d’atteinte à la sureté de l’État. Cette occultation, fruit d’une primauté de la propagande sur l’information, laissera la franc-maçonnerie turque muette et assujettie jusqu’à son interdiction en 1935. On ne l’entendra pas davantage après sa réouverture en 1948 tellement son intrication avec les Jeunes-Turcs implique ses fondateurs.

En 1943, Ismet Inönû obtiendra d’HITLER le transfert des restes de TALAAT de Berlin à Istanbul où un mausolée et des avenues lui sont dédiés comme si la célébration de ce monstre valait occultation du passé ou pire encore son approbation.

Sous le patronage de la sainte alliance anglo-américaine dont le business-plan préserve toute condamnation de la Turquie, nez avancé de l’OTAN et carrefour des affaires, le général EVREN relancera de plus belle la thèse négationniste en accusant les Arméniens de génocide envers les Turcs dans un discours prononcé à Amasya le 12 juin 1982, le comble de la perversion ! Cette dernière infamie en cachait une ultime : l’appel à l’arbitrage d’une commission d’historiens, un piège visant à éterniser le déni.

Au total, l’œuvre noire des Jeunes Turcs se solde par une suite de trahisons qui hantent toujours les strates profondes de cet État de non-droit :

• Envers leurs aînés « Jeunes Ottomans » épris de l’idéal de justice sociale carbonari et de la déclaration des droits de l’homme de la Révolution Française.

• Envers les idéaux maçonniques du Grand Orient de France utilisé comme couverture, alibi et vivier de recrutement.

• Envers les Kurdes, bras séculier des massacres, en attente de l’autonomie promise au Traité de Sèvres le 10 août 1920.

• Envers les minorités chrétiennes grecques et assyro-chaldéenne massacrées pour ce qu’elles étaient.

• Envers la nation arménienne dépecée, déracinée de ses terres ancestrales, spoliée, déportée, anéantie.

TALAAT Pacha alias Ali SALIEH, Jeune Turc grand chef de l’Ittihad, Dönmeh, grand Vizir, « HITLER turc », franc-maçon initié en 1903, frère des loges « Veritas » et « Macedonia Risorta » à l’Orient de Salonique, commanditaire notamment de l’assassinat de ses « frères » VARTKES et ZOHRAB, Grand Maître fondateur en 1909 du « Grand Orient Ottoman » aujourd’hui devenu « Grande Loge Régulière de Turquie » n’est toujours pas banni par sa propre obédience, ni par son obédience de tutelle « La Grande Loge Unie d’Angleterre » depuis 1974, ni par « La Grande Loge Libérale de Turquie » son émanation depuis 1966, elle-même reconnue par le « Grand Orient de France » dont il a été membre actif.

Après la reconnaissance du Pape François le 12 avril 2015, celle de la Bulgarie et celle réitérée du Parlement Européen, à la suite des aveux accablants de l’Allemagne et de l’Autriche, héritières du IIe Reich de Guillaume II, complice voire co-responsable du génocide arménien, le temps est venu pour ces gardiennes de la Morale que sont les obédiences maçonniques, de choisir sans détours sémantiques sophistiqués, entre la vérité et le mensonge, la Lumière et les Ténèbres, le Soleil ou la Lune.

Armand SAMMELIAN

Juillet 2015

paru le vendredi 3 juillet 2015

© armenews.com 2021

dimanche 14 mars 2021

Hingala (titre arménien) - Diane Minassian et Vincent Baguian (vidéo)


Diane Minassian et Vincent Baguian --- "Je suis une tombe "- texte français Vincent Baguian

sur le thème d'un chant arménien "pastoral" : "hovive saroun dekhrets, anouch yerke nevaquets" : le chant mélancolique du berger a attristé les monts, jouant ce doux chant ...)  

En arménien "   Hovive saroum dekhrèts • Siro yèrke nevakèts • Yèrke var aydérin, yèrke pots atchérin, yèrke zevart orérin • Aha yégav nor karoun • Dzarignérov zartaroun • Kouyn kouyn zarignère siroum èm ha, ha, ha • Kouyn kouyn zarignère • Ay, khéghdj hoviv kèz pajin khor tsoroum, menatsir • Hingala, Hingala • Yèrke var aydérin, yèrke pots atchérin, yèrke zevart orérin"

 

vendredi 29 janvier 2021

Mooshegh Abrahamian - Le temps nous est compté

 Le temps nous est compté

Dans 3 mois le 24 avril…..Certains, comme si rien ne s’était passé pendant 45 jours,

préparent la rituelle commémo, peaufinent leur éternel discours célébrant devant quelques

élus d’astreinte l’amitié des peuples arménien et français, appelant à la « vigilance » contre

les ambitions d’Erdogan ou contre quelques loups gris qui menacent les « vâleurs » de la

république.

Comme si rien ne s’était passé, certains nous invitent même à nous souvenir du 18 janvier

2001, date de la reconnaissance du génocide du bout des lèvres par l’assemblée nationale.

Pourquoi pas une commémo de plus ?

Ceux qui fondaient l’espoir que nous serions secourus par l’Occident ou par la Russie doivent

se rendre à l’évidence : nous n’avons aucune monnaie d’échange pour les nombreux Etats

qui préfèrent courtiser ceux qui veulent nous anéantir. Le Royaume-Uni, constant dans sa

politique anti-russe bi-séculaire, a ouvertement encouragé Erdogan à la guerre en lui

envoyant Richard Moore, chef du MI6.

Plus insupportable, le double langage des autorités françaises. Macron affirme que les Turcs

ont franchi la « ligne rouge » en envoyant des djihadistes syriens en Artsakh. En même

temps des avions Mirage 2000 sont envoyés ….. vers les côtes russes de la Mer Noire pour

chatouiller la moustache de Poutine, sans doute au nom de l’Otan. En même temps, le

ministre Le Drian affirme que la France doit rester neutre puisque co-présidant le groupe de

Minsk!!! Cerise sur le gâteau amer : la France envoie une aide médicale identique à

l’Arménie et à l’Azerbaïdjan !!

Que dire alors des médias français ? Ils ont presque tous choisi les thèses de l’agresseur. La

toponymie : Karabagh et non Artsakh, Choucha et non Chouchi, Kelbadjar et non Karvadjar….

Le qualificatif pour nommer les combattants de la liberté: séparatistes. Le « Droit » :

référence sans aucun scrupule au découpage stalinien.

Posons-nous la question : de quel poids a pesé la diaspora dans ce combat pour la survie du

peuple arménien ? Plus précisément, quelle pression a-t-elle exercé sur le pouvoir et les

médias pour faire bouger les lignes ? Oui René Dzagoyan, nous sommes SEULS. Les appels à

la solidarité compassionnelle, humaniste ou civilisationnelle sont des attrape-nigauds.

Il est temps de rompre avec la pensée unique. Il est temps de dépasser ce foisonnement

d’associations réduit à l’impuissance quand il s’agit de rien moins que de la survie de la

mère-patrie. Il convient de remettre sur le métier l’excellent projet du CFA. Créer, enfin, un

organe représentatif unique et démocratique.

Pourquoi ne pas commencer, via un forum unique, par exemple organisé par les NAM, à

répondre à la question essentielle : comment la diaspora doit-elle s’organiser pour mobiliser

les talents et les énergies au profit de la mère-patrie ? Nos héros de la diaspora nous ont

montré le chemin : ceux qui sont allés combattre ou soigner, ceux qui ont crié drapeau en

main Artsakhe mern é.

Sans la diaspora, l’Arménie n’a pas d’espoir et la guerre qui vient sera peut-être la dernière.

Déjà l’ennemi organise des manœuvres militaires azéro-turques à Kars.

Oui Monseigneur Norvan Zakarian, apprendre la langue sera indispensable pour s’identifier

pleinement à nos frères du Caucase.

Oui René, à deux – diaspora et mère-patrie- nous sommes déjà moins seuls !

Un travail de longue haleine nous attend pour que demain, nos jeunes puissent aller «

planter des arbres fruitiers », créer des pôles d’excellence, et « fabriquer des drones pour

protéger le tout » comme tu dis.

Nous sommes seuls et le temps nous est compté.

Mooshegh Abrahamian le 27/01/2021

mardi 26 janvier 2021

Villes de France jumelées avec des villes de Chine... - Nil Agopoff - Conseiller historique auprès de l'Association nationale des Anciens Combattants et Résistants Arméniens de France, l'ANACRA fondée à Paris en 1917

 Villes de France jumelées avec des villes de Chine... sachant les anciennes relations historiques entre la France, l'Arménie et la Chine. Qu'en est-il de leurs Conseils municipaux reconnaissant l'indépendance de la République arménienne du Karabagh, l'...

Comités municipaux de jumelage des communes de France jumelées avec des communes de Chine : 


~ 49000.Angers // avec Yantai

~ 33000.Bordeaux // avec Wuhan

~ 38300.Bourgoin-Jallieu // Wujiang (Suzhou)

~ 06150.Cannes // avec Sanya

~ 83240.Cavalaire-sur-mer // avec Jimei_District

~ 21000.Dijon // avec Nanchang

~ 85000.La-Roche-sur-Yon // avec Zibo

~ 76600.Le Havre // avec Dalian

~ 68100.Mulhouse // avec Jining

~ 44000.Nantes // avec Qingdao

~ 58000.Nevers // avec Taizhou, Jiangsu

~ 84100.Orange // avec Weifang

~ 64000.Pau // avec Xi'an

~ 77160.Provins // avec Pingyao

~ 29000.Quimper // avec Yantai   

~ 35000.Rennes // avec Jinan

~ 76000.Rouen // avec Ningbo

~ 31000.Toulouse // avec Chongqing

~ 37000,Tours // avec Luoyang

~ 59300.Valenciennes // avec Yichang

~ 18100.Vierzon // avec Dongxihu District


Mesdames, Messieurs des Comités municipaux de jumelage,

Nous sommes sensibles aux Conseils municipaux des communes jumelées respectivement 

~ de 38000.Grenoble avec Suzhou -- de 92130.Issy-les-Moulineaux avec Chongwen District  -- de 13000.Marseille avec Shanghai -- de 34000.Montpellier avec Chengdu et de 42000.Saint-Étienne avec Xuzhou

~ d'avoir reconnu l'indépendance de la jeune république arménienne du Karabagh, l'Artsakh. 

En effet, la République arménienne du Karabagh a été gravement agressée par son puissant voisin autocrate, l'Azerbaidjan –pourvu en pétrodollars, s'étant équipé d'une armée technico-moderne déstructive, faisant appel aux mercenaires syro-djihadistes et bénéficiant de la logistique d'Ankara.

Cette réalité a fait exprimer le Sénat français et l'Assemblée nationale dans leurs résolutions respectives du 25 novembre et du 3 décembre 2020.

Après les pogroms de 1905 suivis de ceux de 1918~1920~1990 et du crime génocidaire de 1915-18 imprescriptible (en déni turc permanent), l'Axe Ankara-Bakou 

~ s'est retrouvé aujourd'hui en fusion doctrinale du panturquisme ;

~ jadis en symbiose avec l'imaginaire nazi parmi ses réminiscences récurrentes du passé ;

~ que l'on peut trouver dans des publications historiographiques.

Les négationnismes industrialisés et exportés par le couple Ankara-Bakou en structures étatiques, instrumentalisent et exploitent les mutismes en realpolitik géostratégique de la part de différents appareils d'États. 

Une telle politique anti-arménienne de la part de Bakou, peut aller jusqu'à la corruption de certains élus parlementaires de l'Union européenne comme ce fut le cas  en Allemagne (2017) ou en en Italie (2021).


En contraste avec les agissements délétères du panturquisme à l'encontre des Arméniens, les relations arméno-chinoises et sino-arméniennes se situent historiquement et culturellement dans des riches registres culturels constructifs / Page ADIC :



~ onze pages webes de références bibliographiques illustrées sur les sources arméniennes du V au XIII siècles concernant la Chine ;
~ Chinese Dragons and Phoenixes among the Armenians (D. Kouymjian, Paris & USA)
~ ANDIN, Armenian Journey Chronicles << film 128 mn / penser à faire sous-titrer en français
~ Le.Nouvel.Hay.Paris/ Chine, Arménie, histoire de l'Orient : les secrets
~ au XIX siècle, les Arméniens ont côtoyé les Chinois à Singapour dont l'Église arménienne est la plus ancienne église de la ville ;
~ quelques données bibliographiques sur les Arméniens à Hong Kong avant 1937.
 Le Génocide de 1915 a eu des échos jusque dans la presse francophone de Chine / anciennes coupures de presse conservées à la Bibliothèque nationale d'Arménie (Collection Archag Tchobanian) :

. Le Journal de Pékin :
  La situation des Arméniens / 13.X.1915  
  La tragédie arménienne / 17.VII.1916.

. L'Écho de Chine:
  Chrétiens, oui ! , mais... / 2.XII.1915
  L'Arménie et la Russie / 29.V.1917

~ China as Refuge for Armenian Genocide Survivors

~ au début du XX siècle : l'ambassadeur arménien de l'Union soviétique en Chine, Lev_Karakhan (1889-1937) ;

~ Academic Seminar on 'Silk Road'. Yerevan July 12 2019 (Youtube with interviews in Russian, Armenian & English) // Armenia presents film tracing 'Silk Road' (ShanghaiDaily Sept 09,2014)


. Հայերը Չինաստանում ~ wikipedia : Armenia–China Relations -- Armenians in China -- Facebook.ChinaHAY 

~ Villes jumelées (Chine # Arménie) : (Xi'an # Gyumri) -- (Zhuzhou # Vanadzor)

Vous remerciant de votre attention à notre démarche citoyenne et culturelle, 
. Mesdames, Messieurs des Comités municipaux de jumelage, nous ne manquons pas de rendre grâce aussi :
. aux municipalités d'Aix-en-Provence, de Grenoble, d'Issy-les-Moulineaux, de Marseille, de Montpellier et de Saint-Étienne, 
. d'avoir apporté leur aide humanitaire aux réfugiés arméniens du Karabagh, l'Artsakh.

Face à la pandémie, ne manquons pas aussi d'être attentifs à nos distanciations et au port du masque -quand nous sortons pour des choses essentielles.


Avec nos sincères salutations. 

Nil Agopoff - Conseiller historique auprès de l'Association nationale des Anciens Combattants et Résistants Arméniens de France, l'ANACRA fondée à Paris en 1917 

# PS - Pour des informations historiques supplémentaires, voir auprès des centres arménologiques de France :
 
~ Paris / SEA / Société des études arméniennes --- Paris / Bibliothèque Nubar-Ugab --- Paris / Bibliothèque de l'Église arménienne --- Campus numérique arménien de Lyon ---
Lyon / CNMA / Centre national de mémoire arméniennes --- Marseille / ARAM / Association pour la recherche et l'Archivage de la Mémoire arménienne. 

~ et aussi auprès de : Fund for Regional Development of Chinese-Armenian Relations --- China~Eurasia#Council for Political and Strategic Research ; 

# Copies envoyées, en cours ou prévues :
~ aux deux délégations de la Chine et de l'Arménie auprès de l'Unesco ;
~ aux Instituts sinisants et aux associations franco-chinoises socio-culturelles et professionnelles de France ;
~ aux groupes d'amitié parlementaire France-Chine de l'Assemblée nationale et du Sénat



jeudi 14 janvier 2021

Les ARMÉNIENS et le GÉNIE du GÉNOCIDE. "OU JE MEURS RENAIT LA PATRIE" — denisdonikian

 

(Photographie : Jean-Bernard Barsamian, copyright)


I 
De fait, tout porte à croire que le génocide, loin de n’inspirer que du génie aux Arméniens, leur aurait aussi inoculé quelque poison relevant du démoniaque. Comme si cette catastrophe en avait déréglé plus d’un, et non des moindres, au point qu’elle les aurait conduits à « suicider » les Arméniens. A croire que le fait d’avoir été impunément massacrés par les fielleux ottomans aurait transformé nos « malades de la raison patriotique » en massacreurs symboliques ou physiques de leur propre peuple. A moins qu’en voulant inconsciemment compenser l’humiliation subie, sinon cette déshumanisation extrême à laquelle les Arméniens ont été poussés, ils aient perdu tout sens de la mesure, tout sens de l’empêchement moral en donnant libre cours à une mentalité de prédation identique à celle de nos bourreaux. (Pas étonnant d’ailleurs que Kotcharian ait été souvent traité de Turc). Tant il semblerait que, marqué au sceau d’un génocide, le peuple arménien nourrirait en son sein comme un panier de crabes où les uns, généreux par leur ingénierie salvatrice, batailleraient contre les autres, pernicieux, habiles en mille diableries. Enfin, c’est à se demander si cette catastrophe n’aurait pas exercé en chacun comme une alchimie secrète orientant les premiers vers des réactions de survie et les seconds vers des profits meurtriers, les uns réparant et les autres détruisant. Eternel combat entre éros et thanatos dont les Arméniens ne sont pas épargnés.
 
Dans cet ordre d’idées, on peut dire que les ex-présidents et leurs affidés, en braconnant impunément sur les terres de la nation arménienne, ont contribué à l’avènement de Pachinian. Dès lors, quel autre devoir sanitaire pour notre petit Hercule que celui de consacrer l’un des douze travaux de son programme politique au nettoyage des écuries de nos insanes et infâmes Augias, tant leur « merde arménienne », qu’ils ont répandue impunément pendant trente ans, a fini par empuantir l’Arménie tout entière ?
 
Aujourd’hui, les chamailleries que les Arméniens exposent aux yeux du monde entier sont d’autant plus catastrophiques qu’elles ajoutent du désastre au désastre. Après avoir donné aux démocraties une image de combattants magnifiques, dotés d’une foi rougie à blanc au dernier stade du désespoir, voici que les Arméniens montrent l’envers sombre de leur nature, celui d’une passion destructrice mâtinée de fanatisme patriotique sous l’illusoire prétexte de vouloir corriger une débâcle que les circonstances auraient déjà soldée comme irréversible. En fait, ceux qui veulent la peau de Pachinian au nom de l’intérêt national ne font rien d’autre que de dévoyer le principe démocratique de la contestation dans le sens où les animent des arrière-pensées purement claniques. Légitime en tant de paix, cette contestation qui se décline aujourd’hui en violences physiques et verbales sape l’urgence de faire bloc au nom du principe qui exige l’unité de la nation quand sa survie est menacée. Or, les gourmandises inassouvies d’un ennemi impatient de bouffer nos frontières, malgré la présence de soldats russes, pourraient bien profiter du chaos arménien pour grignoter du terrain sur l’Arménie même. Au vrai, les vieilles ganaches qui se sont maintenues au pouvoir en pervertissant les principes démocratiques et qui ont été balayées par la révolution de velours tentent de revenir dans le jeu politique en cherchant à gonfler la contestation anti-Pachinian par l’usage impudique des ruses véreuses qui avaient contribué à leurs succès électoraux. Tout est bon pour ces pirates du pire qui voudraient pousser la nouvelle gouvernance à rendre des comptes à la nation. Dès lors, quoi de plus expéditif que d’accuser de traître leur adversaire politique pour avoir paraphé des conditions dommageables que leurs propres forfaitures avaient programmées de longue date ? Et pourquoi ne pas exploiter le deuil de ceux qui ont perdu un fils ou un frère à la guerre afin qu’ils consentent à grossir leurs rangs et ainsi à démolir le pelé, le galeux, le maudit animal de Pachinian d’où viendrait tout le mal de la nation arménienne.
 
De fait, la Peste qui se répand aujourd’hui en Arménie pousse tous les gens querelleurs à dévouer au sacrifice l’âne le moins suspect d’entre eux dans l’espoir d’obtenir la guérison commune. Mais Pachinian a le souci du droit, même s’il a une part de responsabilité dans cette déconfiture contre l’Azerbaïdjan. Or, ceux qui aujourd’hui exigent sa démission n’ont juridiquement aucun mandat populaire pour le faire étant donné qu’ils ont tous été balayés par les urnes lors des législatives de 2018.
 
Les trois présidents ne devraient-ils pas d’ailleurs avoir la décence de se taire en souvenir de leurs magouilles pour accéder au pouvoir et s’y maintenir ? Mais non ! Ils s’acharnent sur le Premier ministre qui a réussi ce qu’ils n’ont jamais obtenu eux-mêmes, à savoir la confiance de la plus grande partie du peuple arménien. Tous ont violé les Arméniens par les urnes, qui aujourd’hui veulent faire voler en éclats le vote de 2018 : Levon Ter Pétrossian, mais surtout Robert Kotcharian, homme de safaris, qui prend l’Arménie pour son terrain de chasse, et Serge Sarkissian qui perd au casino ce qu’il vole à son pays. En réalité, le plus grotesque est que les grossiers accusateurs de Pachinian cherchent à profiter d’une défaite dont ils le rendent responsables pour faire oublier leur propre culpabilité et par le même coup diluer ou annuler les procès en cours ou à venir quant à leur illégitimité ou leurs propres turpitudes.
 
Quant au Président Armen Sarkissian, on ne se demande pas qui l’a choisi car on sait qui l’a nommé dans un tour de passe-passe dont il est coutumier, aux yeux et à la barbe de tous les Arméniens. Président honorifique, si honorifique d’ailleurs que chacun ignore les contours de son honorable fonction, à commencer par lui-même qui préfère passer les fêtes de fin d’année à Londres auprès de ses petits-enfants, dans une Angleterre covidisée à mort, au lieu de se tenir au chevet de nos soldats blessés qui n’ont pas l’opportunité de se faire soigner à l’étranger.
 
Mais le pompon revient à Karékine II, le moins vénérable des Arméniens, dont aucun ne voudrait comme modèle de sainteté, plus mystificateur que mystique, plus prévaricateur que prieur, plus oligarchique qu’anagogique. Celui qui, au dire de l’archevêque de Moscou Tiran Gyureghian, aurait été abusivement nommé par Vazgen Sargsyan et devrait être démis pour que notre Église retrouve propreté et dignité. De fait, après un sommeil politique de vingt ans et complice d’un pouvoir fait à son image, probablement pour mieux se protéger et épaissir en douce son magot suisse, manger bon et vivre propre, le voici qu’il secoue les saintes poussières de sa soutane pour l’ouvrir :  « Pachinan dehors ! » Forcément, vu que Pachinian sait à qui le catholicos HSBC doit sa place. Des fois qu’il lui prendrait l’idée de rendre le siège d’Etchmiadzine à un homme pur, à un saint homme, à un compatissant ! Mieux vaut prendre les devants, en ce cas.
 
Bref, tous ces grandes gueules, qui l’ouvrent pour dévorer le seul qui ait été normalement élu par la nation arménienne depuis presque trente ans, sont des gens que les Arméniens subissent et que leurs voix n’a pas portés pour les représenter, leur donner du bonheur et des droits et pour sauvegarder la nation.