jeudi 4 août 2011

UNE EMOUVANTE COUTUME à Stepanakert (Artsakh)


En attendant l'heure de l'embarquement pour Erevan, à l'aéroport Ch. de Gaulle, à Paris, Je vis s'approcher un groupe constitué d'une soixantaine de jeunes gens au moins, garçons et filles, portant tous le même tee-short violet sur lequel éclatait la blancheur des lettre de notre langue : "notre langue, notre terre" (ou quelque chose d'approchant !). Ils arrivaient des Etats-Unis pour aller à la rencontre de leur origine. Un flot d'émotion me serra la gorge !
  
***
Des tableaux dans les couloirs de l'hôtel Naïri à Stepanakert





Admirative de ces oeuvres, toute occupée à les fixer dans la mémoire
de l'appareil-photo - mon plus fidèle compagnon -
j'en ai oublié de noter le nom de l'artiste !

***
Ici, se situe un magnifique épisode

***

LES TRADITIONS SE PERPETUENT

La journée s'annonçait agréable en ce jour de mai 2010 et le regard matinal,
hypnotisé par l'horizon, les senteurs d'herbe mouillée et de roses, et surtout l'air pur
de nos montagnes emplissant les poumons, prédisposaient à une lente 
dégustation d'un jour particulier  
   


Mon jeune ami Armen de Shoushi à qui j'avais demandé son aide
pour des formalités de visa et autres à accomplir sur place
avait concocté une surprise
que je ne suis pas près d'oublier
 - Nous allons à l'école, m'annonça-t-il, énigmatique ...

Dans la cour de l'école, une foule dense se pressait : toutes les familles
de Stepanakert semblaient s'être données rendez-vous,
briquées, lustrées, coiffées, vêtues de neuf ...
Armen explique alors : tous les ans, une cérémonie clôture l'année scolaire ;
tous les enfants, pour rendre hommage à leurs professeurs et les remercier
de leurs enseignements, offrent des cadeaux à chacun d'eux ainsi que des
bouquets de fleurs, qui sont de véritables oeuvres d'art !
(Les vacances sont fixées du 21 juin au 1er septembre)

Alors commence le spectacle longuement préparé :


Une chorale de jeunes filles entonnent des chants patriotiques ; puis,
 certaines déclament des poèmes d'une voix vibrante,  chargée d'émotion, 
surprenant pour de si jeunes filles, pénétrées qu'elles sont du sens des mots ...


Inévitablement, suit la danse à laquelle les spectateurs peuvent se joindre


D'une voix assurée, juste, éclatante, il chante les mélodies d'antan

Puis, un tout jeune garçon, haut comme trois pommes, entame une danse effrénée  et révèle un vrai talent ! Un danseur chevronné n'aurait pas mieux fait ! Quel brio ! la foule emportée par le rythme et la fougue du petit, dansait sur place, claquant des mains, scandant la musique ... c'était magnifique !



... Et vient l'instant final, celui autour duquel était orchestée cette émouvante cérémonie

"la dernière cloche"
  
Portée haut, une ravissante fillette juchée sur les épaules de son père (si fier !)
faisait tinter sans discontinuer une clochette au son argentin, tandis que son père
 entamait un tour de cour sous les applaudissements nourris de l'assistance ...
 Symbolique d'un peuple pour qui l'éducation, la culture,
 représentent une impérative nécessité.

Instants magiques d'une ineffable beauté
que seules les larmes libératrices on pu exprimer !

***

Sur la route du retour



Askeran - forteresse perse datant du XVIIIe s


Et puis, des paysages


grandioses ...


des monts couverts de végétation dense et verdoyante en ce mois de mai


des sommets neigeux, encore


... si ce n'est pas un sein ...


 ... ça lui ressemble bien !

Je revois le regard de mon gentil chauffeur, Samvel, qui voulait me faire
remarquer la "chose" et ne savait comment s'y prendre ! Comme nos hays sont
 pudiques tout de même ! Il me dit : *"kides intch e gourtsk , he ? guini gourtsk ..." Je le laissais patauger un moment, en souriant et finis par lui répondre, à son grand
 soulagement,** "ayo, lav kidem !"

* Tu sais ce qu'est une poitrine ? Une poitrine de femme ...
** oui, très bien !


 Sur la route qui me ramenait de Stepanakert à Erevan, que nous suivîmes
sans nous presser, Samvel prit le temps de s'arrêter pour aller chercher,
une herbe, une fleur, dont il m'expliquait les bienfaits thérapeutiques :
 il tenait de son père la science des herbes ; en suivant ses conseils avisés,
je devais ne plus avoir de problèmes de santé et vivre au moins cent ans !
 Sa femme Aïda, après m'avoir invitée à sa table garnie de ce qu'elle avait
 de meilleur, lors de l'étape à Goris, où le couple habitait, m'offrit un
petit livre saint :  - mais, je suis athée Aïda !
- ça ne fait rien, ce livre te protégera, toi et ta famille !
Impossible de refuser ... Elle ajouta :
- tu pourras revenir ici, avec tes enfants, te reposer, parcourir
les sentiers et respirer le meilleur air qui se puisse trouver, celui de Goris !

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